{"id":111627,"date":"2023-02-20T21:45:44","date_gmt":"2023-02-20T20:45:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=111627"},"modified":"2023-02-20T21:45:46","modified_gmt":"2023-02-20T20:45:46","slug":"le_double_voyage-prologue-the-event-will-go-on-rain-or-shine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le_double_voyage-prologue-the-event-will-go-on-rain-or-shine\/","title":{"rendered":"#voyages #04 | Cimeti\u00e8res &#8211; Voyages plus ou moins r\u00e9els"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>La halte<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au virage, deux hommes sont accroupis sur un sol pel\u00e9 et caillouteux. Un ruban que tendent de minces tiges de m\u00e9tal d\u00e9limite une surface rectangulaire. C&rsquo;est au virage. Ce sont deux hommes. C&rsquo;est comme dans Blake et Mortimer. C&rsquo;est que c&rsquo;est l&rsquo;Irlande peut-\u00eatre. C&rsquo;est qu&rsquo;au virage on est au sommet de la butte et au sommet de la butte, on ne sait pas, mais ils disent les deux hommes pench\u00e9s sur le carr\u00e9 d\u00e9limit\u00e9 par des fils, avec des petites \u00e9tiquettes \u00e7a et l\u00e0 qui semblent jaillir du sol, ils disent que c&rsquo;est le sommet d&rsquo;une gigantesque n\u00e9cropole. Ils disent c&rsquo;est classique, ce sont des strates de temps, il y a les restes des tombes puis il y a les restes de la vie dans la tombe, parce que les autres l\u00e0, apr\u00e8s, ils sont venus vivre dans les tombes, c&rsquo;est que c&rsquo;\u00e9tait voyez-vous, c&rsquo;\u00e9tait des temps de famines et c&rsquo;est souvent ainsi, des morts et des vivants puis un jour la petite surface d\u00e9limit\u00e9e par les fils.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai toujours aim\u00e9 les cimeti\u00e8res et aussi les fronti\u00e8res, et aussi les strates et les restes, et les miettes et les traces de gras sur la table. J&rsquo;aime aussi les reflets douteux de la lumi\u00e8re \u00e0 travers les verres mal lav\u00e9s. J&rsquo;aime quand \u00e7a sent le rance et \u00e7a sent le suspect. Dans le petit cimeti\u00e8re, c&rsquo;est un peu de tout \u00e7a, et c&rsquo;est doux aussi. J&rsquo;ai bien mal au pied alors je m&rsquo;assois. Il disait, chaque cimeti\u00e8re est un peu diff\u00e9rent au fond, mais c&rsquo;est un peu pareil aussi. Je ne comprenais pas toujours, au fond ce qu&rsquo;il disait. Sur la tombe il y a la trace \u00e0 moiti\u00e9 effac\u00e9e d&rsquo;un visage dans un petit cadre rond coll\u00e9 contre la pierre. On voit qu&rsquo;il est l\u00e0, sur son brancard peut-\u00eatre ou dans un fauteuil. C&rsquo;est un Allemand peut-\u00eatre puisqu&rsquo;ici on dit c&rsquo;est le cimeti\u00e8re allemand abandonn\u00e9. Les frondaisons obscurcissent les lignes des tombes, c&rsquo;est comme un tableau aux contours nets, encr\u00e9s, gras. La lumi\u00e8re est diffuse et nimbe le marbre d&rsquo;un \u00e9clat mouill\u00e9 travers\u00e9 d&rsquo;or et de phosphorescences vertes. Il y a un fil dans chaque voyage, reconstitu\u00e9 \u00e0 chaque halte, un fil color\u00e9. Il est des voyages d&rsquo;or et des voyages bleut\u00e9s. Celui-l\u00e0 est vert, d&rsquo;un vert intense, et puis roux, il est de printemps et d&rsquo;automne, fondamentalement, obstin\u00e9ment, de mi-saison, il veut se diriger vers le grand froid coupant, il s&rsquo;\u00e9tire mollement pourtant entre deux notes Il est des voyages justes et d&rsquo;autres \u00e9raill\u00e9s.Celui l\u00e0 chante faux. Mes chaussettes ont un trou au talon. A travers les feuilles, la lumi\u00e8re s&rsquo;affaiblit. On ne distingue plus le visage sur le portrait \u00e0 moiti\u00e9 effac\u00e9. L&rsquo;homme sourit encore. Il fait nuit. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;impossible retour<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Elle l\u00e8ve la t\u00eate, je descends, elle regarde ailleurs. Elle regarde par la fente t\u00e9nue de ses petits yeux. On dit : \u00e9tr\u00e9cis. A travers les fines lignes qui se plissent et se collent comme un baiser sale, coule un regard jaune. La lumi\u00e8re filtre \u00e0 travers l&#8217;embrasure ce jour o\u00f9 quelque chose de pas beau se d\u00e9roule \u00e0 l&rsquo;entresol. A travers le carreau tourne la grande roue de la f\u00eate foraine. Ils sont enferm\u00e9s dans les cabines. La roue s&rsquo;interrompt. On dit : enclav\u00e9s. Parfois, ils restent toute la nuit. On dit : romantique. Elle m&rsquo;observe quand je remonte. D&rsquo;autres gravissent les escaliers. L&rsquo;enfant me fr\u00f4le. Il est lent. Il est vieux. Il a les doigts gras lui aussi. Ils ont tous les doigts gras. Je le vois le matin, dans le salon. Des tra\u00een\u00e9es partiellement effac\u00e9es s&rsquo;enroulent autour du verre, des aurores bor\u00e9ales de gras dans le ciel opaque.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il ne faut pas inventer dit-il parfois, il faut d\u00e9crire. Pas qu&rsquo;il soit l\u00e0, non, pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce moment o\u00f9 ses paroles te reviennent. Il faut d\u00e9crire. Tu te dis que c&rsquo;est sage. Et tu cesses de penser. C&rsquo;est le soir pesant dans la ville, quand l&rsquo;arriv\u00e9e n&rsquo;est plus si proche, quand le d\u00e9part pas n&rsquo;est pas si loin. Encore que&#8230; Tu longes les murs hauts et parcours le quadrillage uniforme du quartier moderne. Les hommes ne mettent plus de chapeau. Il faut d\u00e9crire ce qui est, dit-il et pas ce qui n&rsquo;est pas. C&rsquo;est alors que tu t&rsquo;appr\u00eates \u00e0 \u00e9voquer les palais de m\u00e9moire qu&rsquo;il hausse les \u00e9paules et s&rsquo;en va. Pas qu&rsquo;il soit l\u00e0 non, pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cet instant o\u00f9 tu te rem\u00e9mores la porte qui se ferme. C&rsquo;est r\u00e9el et dense comme le souvenir de ce qui n&rsquo;a jamais exist\u00e9. Pourquoi donc les hommes, ne mettent-ils plus de chapeau ? Tu es dans la boutique, une boutique, un restaurant, un entre deux, tu t&rsquo;assieds. Quatre personnes parlent dans une langue slave dans le fonds, entre des dentelles et des chats en porcelaine. Les abats-jours se balancent l\u00e9g\u00e8rement sous l&rsquo;effet de la chaleur des radiateurs. Il fait nuit. Derri\u00e8re la vitrine est la longue esplanade qui m\u00e8ne au lieu important o\u00f9 les choses se d\u00e9cident. Les petites et les grandes. O\u00f9 se d\u00e9cide le calibre de la courgette qui se situe dans ton assiette, cette courgette qui est pr\u00e9alablement d\u00e9coup\u00e9e pour fondre dans l&rsquo;appareil d&rsquo;une quiche que tu paies plus de quinze euros. Il y a ensuite l&rsquo;h\u00f4tel et la m\u00eame lumi\u00e8re d&rsquo;or un peu terne comme un miroir vieilli. Dans la ville, il y a peut-\u00eatre ceux qui cultivent la courgette que tu ing\u00e8res, peut-\u00eatre pas. Il est si compliqu\u00e9 de d\u00e9cider des petites et grandes choses qu&rsquo;il vient un moment o\u00f9 plus personne n&rsquo;a d&rsquo;app\u00e9tit. C&rsquo;est fort heureux car il n&rsquo;y a plus rien dans les armoires, dans les vitrines non plus. Les quatre personnes \u00e9changent quelques mots en slave, les coudes sur la table, le teint jaune au-dessus d&rsquo;une assiette vide et d&rsquo;une d\u00e9coction qui fait l&rsquo;effet de contenir quelques feuilles d&rsquo;ortie. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;arriv\u00e9e dans la ville<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La ligne droite est exclue, c&rsquo;est en spirale que tu avances, en longues circonvol<em>i<\/em>tions : dit-on pour d\u00e9signer les courbes enchev\u00eatr\u00e9es \u00e0 l&rsquo;infini d&rsquo;un d\u00e9sir qui, incertain et h\u00e9sitant, tendu vers la crainte de sa propre disparition, peine \u00e0 s&rsquo;acheminer vers son assouvissement et se tra\u00eene, ondule, se pelotonne et s&rsquo;\u00e9lance \u00e0 nouveau. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en premier lieu tu pars vers le nord, puis vers l&rsquo;est, puis au nord, puis vers l&rsquo;est, empreinte des d\u00e9tours sinueux. A la sortie du train, le quai est semblable \u00e0 tous les quais. Tu prends les escalators et les tunnels sont semblables \u00e0 tous les tunnels. La vie digestive, sanguine, toute en min\u00e9ralit\u00e9 et en flux pulse sous la surface. Les bus se croisent \u00e0 la gare routi\u00e8re. Croissants et vendeurs refl\u00e8tent une lumi\u00e8re artificielle, jaune et hypnotique, \u00e0 travers les vitrines, tels les cr\u00e9atures baignant dans le formol au fond des salles noires du mus\u00e9e de Maisons-Alfort. Tu entends des bribes de conversation dans une langue que tu te surprends \u00e0 reconna\u00eetre comme \u00e9tant du fran\u00e7ais. Le fond de la phrase te reste \u00e9tranger. C&rsquo;est que la langue elle-m\u00eame n&rsquo;y suffit pas et que le mot seul ne fait pas ancre lorsque l&rsquo;amarre est rompue. C&rsquo;est ainsi que, toujours, \u00e0 chaque d\u00e9part, tu imagines l&rsquo;arriv\u00e9e, la profusion, la d\u00e9charge et l&rsquo;aspiration \u00e0 une forme de stase dans laquelle corps et bagages glissent et se d\u00e9posent. La petite fille aux cheveux boucl\u00e9s parle italien. Elle se hisse. Elle regarde \u00e0 travers la serrure d&rsquo;une porte. Le caniche roux lui arrive \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule et para\u00eet g\u00e9ant \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. La rue descend en ligne droite apr\u00e8s le caf\u00e9. Les b\u00e2timents dans le lointain, courbes des d\u00f4mes et parlements, lignes coupantes, accident\u00e9es des b\u00e2timents modernes, malls et quartiers d&rsquo;affaires, composent un fouillis d&rsquo;ombres bleut\u00e9es. Le tram glisse dans un crissement m\u00e9tallique puis s&rsquo;arr\u00eate. Trois passagers sortent.Tu te laisses emporter dans le flot ininterrompu des caf\u00e9s, des h\u00f4tels, des visages. D&rsquo;autres voyages d\u00e9filent dans le m\u00eame flux, int\u00e9rieur celui-l\u00e0. Un fil de pens\u00e9e encombr\u00e9 laisse appara\u00eetre \u00e7a et l\u00e0, trous d&rsquo;eau et spirales tel un courant s&rsquo;enfon\u00e7ant en contrebas de la pile d&rsquo;un pont, objet lourd, massif, une autre pens\u00e9e plus souterraine, informul\u00e9e vers laquelle s&rsquo;acheminent les souvenirs flottants, h\u00e9t\u00e9roclites, multicolores. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>C&rsquo;est une ville qui fait le ciel orange, gorg\u00e9e d\u2019une lumi\u00e8re qui se d\u00e9verse comme un suc, comme le miel sous le couvercle mal ferm\u00e9, comme le miel dans le sac \u00e0 dos et qui a coul\u00e9. Aux abords de la ville sont les espaces tant\u00f4t sans forme, tant\u00f4t quadrill\u00e9s, \u00e0 mi chemin elle est, la ville, entre banlieue et rizi\u00e8re, la campagne qui grignote la ville qui la grignote en retour, les friches, les champs, les traces au sol de b\u00e2timents disparus, le b\u00e9ton travers\u00e9 de m\u00e9tal rouill\u00e9. Comme \u00e0 Mokkatam, aux abords de la ville, les grandes infrastructures routi\u00e8res s&rsquo;\u00e9lancent et se recourbent, l&rsquo;\u00e9changeur, le pont, elle ressemble la ville \u00e0 une maille mal tricot\u00e9e. Le pont \u00e0 hauban bondit et ondule sous le flot des voitures. Aux abords de la ville, il y a les filets d&rsquo;eau t\u00e9nus, vaseux, qui ne font jamais de grandes rivi\u00e8res, et dans les filets d&rsquo;eau il y a le plomb, le mercure, et les enfants les doigts dans la boue r\u00e9visent le tableau p\u00e9riodique des \u00e9l\u00e9ments. L&rsquo;air sent fort la mer et l&rsquo;usine, un peu moins la ferraille<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Il dit souvent, toutes les arriv\u00e9es se ressemblent, il dit c&rsquo;est un peu comme les d\u00e9parts aussi. Il dit les arriv\u00e9es c&rsquo;est poudreux, comme un d\u00e9part, poudre de sommeil, de m\u00e9moire, le go\u00fbt de la terre sous la langue avant la sensation de la terre sous le pied. Il dit m\u00eame quand c&rsquo;est bitum\u00e9 tu sais, c&rsquo;est poudreux, tu trouves toujours sur la route, le chemin, quelque r\u00e9sidu de poussi\u00e8re, et la poussi\u00e8re c&rsquo;est bien et c&rsquo;est mal, on ne sait pas trop, c&rsquo;est la trace au sol d&rsquo;une vie morte, c&rsquo;est les germes peut-\u00eatre d&rsquo;une vie future. Il dit imagine les ballots de poussi\u00e8re sur Mars sous de gigantesques rafales d\u00e9pla\u00e7ant des volumes d&rsquo;un quelque chose qui n&rsquo;est pas de l&rsquo;air. Il n&rsquo;est pas l\u00e0 quand il dit \u00e7a, mais c&rsquo;est tout comme. Il n&rsquo;est pas l\u00e0 alors que puis-je dire moi, et comment r\u00e9pondre que \u00e7a n&rsquo;a aucun rapport et que je n&rsquo;y comprends rien ? C&rsquo;est long de monter les pentes d&rsquo;Olympus Mons, c&rsquo;est beaucoup trop long et \u00e0 quoi bon pour voir un ciel noir et les traces de l&#8217;empire abandonn\u00e9, les traces de la station thermale martienne, les colonnes effondr\u00e9es. Les empires il dit, toujours laissent derri\u00e8re eux des stations thermales d\u00e9peupl\u00e9es. Il n&rsquo;est pas l\u00e0, pas l\u00e0 pour entendre que je r\u00e9ponds qu&rsquo;il radote.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>La densit\u00e9 augmente \u00e0 mesure que l&rsquo;on avance vers le centre et le fleuve au milieu qui se jette bient\u00f4t dans l&rsquo;oc\u00e9an, para\u00eet plus profond. Les poids lourds glissent vibrants, menacent de renverser le v\u00e9lo. De part et d&rsquo;autre de la voie rapide, des art\u00e8res grimpent le long des coteaux o\u00f9 se serrent en grappes de grandes barres verticales. Le scaphandre qui fuit, le v\u00e9lo qui d\u00e9rape, le corps qui vrille et se vide. Mais c&rsquo;est beaucoup trop long les pentes d&rsquo;Olympus Mons&#8230; vingt kilom\u00e8tres en c\u00f4te&#8230; Dans la rue qui part \u00e0 gauche, le silence tombe brutal, comme une averse. Depuis des kilom\u00e8tres, des fa\u00e7ades, des sols, des \u00e9tendues planes, des usines, des v\u00e9hicules, gros et petits. Vingt kilom\u00e8tres sur les pentes d&rsquo;Olympus Mons, jusqu&rsquo;au ciel tout noir, l&rsquo;\u00e9clat des \u00e9toiles, et le corps minuscule, les rafales agitent un quelque chose qui n&rsquo;est pas de l&rsquo;air et qui enveloppe dans son tourbillon le corps minuscule. Quelque chose peut-\u00eatre attend dans le centre ville lessiv\u00e9. Les b\u00e2timents d\u00e9sormais, ont des noms, les rues \u00e9galement. Les caract\u00e8re cyrilliques d\u00e9filent. Apr\u00e8s les grands malls \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la ville, il y a quelques magasins de quincaillerie. L&rsquo;h\u00f4tel bient\u00f4t. Les noms \u00e7a ne suffit pas, il est d&rsquo;autres surfaces \u00e0 d\u00e9chiffrer, un autre langage plus familier et plus tactile, il y a les voix bien s\u00fbr peut-\u00eatre. Depuis l&rsquo;or\u00e9e de la ville, il n&rsquo;y a que les klaxons et le ressac de la pluie qui cogne les carrosseries et les pare brises et d\u00e9gouline le long de la toile cir\u00e9e. Ici c&rsquo;est comme Olympus Mons, tu avances, tu avances, sur des kilom\u00e8tres. Il y a le vent, il y a le sol, c&rsquo;est la g\u00e9om\u00e9trie des confins, c&rsquo;est brutal et min\u00e9ral. Mais au bout il y a l&rsquo;h\u00f4tel, et \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel il y a enfin, quelque chose en courbe, ravin\u00e9 comme une orni\u00e8re. C&rsquo;est ind\u00e9finissable, brun, jaune, rose p\u00e2le, c&rsquo;est sem\u00e9 de t\u00e2ches, et comme l&rsquo;eau sous le soleil c&rsquo;est anim\u00e9 \u00e0 chaque mouvement de dr\u00f4les d&rsquo;\u00e9clats. Je crois que c&rsquo;est chaud. C&rsquo;est comme une maille mal tricot\u00e9e, c&rsquo;est l&rsquo;envers de la ville. Des vagues souples y glissent parfois, lancinantes comme une musique. A l&rsquo;h\u00f4tel, il y a un visage \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 d&rsquo;un corps et deux bras, et des mains \u00e0 la peau fine et des doigts travaill\u00e9s par le temps qui laissent des traces grasses sur les trousseaux de cl\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La nuit d&rsquo;avant<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tu ne sais pas bien pourquoi tu y vas, il fait froid l\u00e0-bas. On dit &#8211; 40\u00b0C. \u00c7a n&rsquo;a pas de r\u00e9alit\u00e9 &#8211; 40\u00b0C&#8230; Tu penses \u00e0 cette exp\u00e9dition au p\u00f4le&#8230; Quel aventurier d\u00e9j\u00e0?  Au vingti\u00e8me si\u00e8cle, ils sont deux. L&rsquo;un veut voyager laissant derri\u00e8re lui la technique : il emm\u00e8ne la lourde pelisse, les chiens de tra\u00eeneau, une structure en bois. L&rsquo;autre use des solutions les plus modernes. La technique gagne. Le premier meurt. C&rsquo;est au petit mus\u00e9e d&rsquo;Oslo qu&rsquo;ils racontent cela, juste apr\u00e8s la salle avec les gigantesques drakkars. Ou alors c&rsquo;est encore un autre mus\u00e9e. Le mus\u00e9e du Kon-Tiki. Thor Heyerdhal, c&rsquo;est beau un tel nom, un tel pr\u00e9nom, \u00e7a sonne comme le bronze d&rsquo;une porte qui claque et fait r\u00e9sonner les murs. Il faut bien \u00eatre explorateur avec un tel nom, inventeur, h\u00e9ros ou dieu&#8230; ou soci\u00e9t\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 ou bureau de contr\u00f4le. Il fait froid l\u00e0-bas, le paquetage est bien maigre. Tu n&rsquo;es pas explorateur. Tu pars parce que pourquoi pas, avec ce ridicule petit paquetage. Tout y est tass\u00e9. Au sortir du sac, tout regonfle et te promet une douce pellicule d&rsquo;air bien chaud. La neige aussi est tass\u00e9e l\u00e0-bas sur les chemins, au-devant des for\u00eats noires. Tu les imagines piquet\u00e9es de baies rouges et lumineuses : des sapins de no\u00ebl orn\u00e9s de boules scintillantes. Au ciel, de longues tra\u00een\u00e9es vertes, filandreuses comme des algues ondulent et tournent sur elles-m\u00eames dans le silence bleu. Est-ce bien raisonnable d&rsquo;aller jusque l\u00e0 ? Le chuintement du tra\u00eeneau dans la nuit, les chiens joyeux et empress\u00e9s. Une fen\u00eatre allum\u00e9e \u00e7a n&rsquo;a pas le m\u00eame sens ici : la chaleur, le feu qui flambe, le bois qui craque, on croirait entrant s&rsquo;\u00e9chapper d&rsquo;une cath\u00e9drale. Le monde ext\u00e9rieur tout entier : une cath\u00e9drale de glace. Ils ont dit, on y va. Tu as dit pourquoi pas ? C&rsquo;est cela, c&rsquo;est que tu poses toujours les mauvaises questions. Tu n&rsquo;as pas dit pourquoi ? Tu as dit pourquoi pas ? La nuit est courte, il est d\u00e9j\u00e0 bien tard, mais le petit paquetage est pr\u00eat. Le corps s&rsquo;enfonce dans le matelas. Il y a bient\u00f4t le caf\u00e9 et la porte que l&rsquo;on referme, le dernier regard sur l\u2019appartement, et la nostalgie d&rsquo;une vie sans d\u00e9part.   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Quand on aime il faut partir<em> dit-il. Il le r\u00e9cite souvent ce po\u00e8me. Quand on n&rsquo;aime pas tout aussi bien je dis moi. Quand on aime moins. Quand on aimerait bien aussi. Il en est beaucoup \u00e0 vrai dire des raisons de partir, tout autant peut-\u00eatre aussi que des raisons de rester. Ou alors plus ? Partir c&rsquo;est ouvrir. Rester c&rsquo;est fouiller. Il en faut un museau bien pointu, un museau renifleur. Fouir on dit, j&rsquo;ai toujours confondu avec fouailler. Attaquer avec le museau, remuer la terre, chercher les truffes, sentir ce qui pousse en dessous. Rester c&rsquo;est moins romantique. C&rsquo;est inventer du mouvement \u00e0 partir de rien. Il dit aussi, moi je peux rester l\u00e0, au bord de la mer, parce que \u00e7a bouge toujours, alors moi je n&rsquo;ai pas besoin de bouger. Il dit \u00e7a encore ce soir-l\u00e0. Pas qu&rsquo;il soit l\u00e0, \u00e0 dire cela, mais il se trouve que ce soir l\u00e0, alors que moi, je regarde par la fen\u00eatre, il dit \u00e7a, pas qu&rsquo;il soit l\u00e0 non plus vraiment, dans la pi\u00e8ce, mais il dit \u00e7a, c&rsquo;est souvent comme \u00e7a quand il parle, il n&rsquo;est pas l\u00e0, pourtant il en dit des choses, c&rsquo;est un peu comme n&rsquo;en point dire aussi, une fois que c&rsquo;est dit \u00e7a r\u00e9sonne, \u00e7a r\u00e9sonne tout autant peut-\u00eatre que ce qui n&rsquo;est pas dit, \u00e7a donne \u00e0 l&rsquo;air des \u00e9paisseurs bizarres, des vapeurs, des densit\u00e9s, \u00e7a ondule tout comme l&rsquo;air chaud juste au-dessus des rails. Ils sont l\u00e0 dehors, luisants dans la nuit. Il y passe des trains de voyageurs. Quand j&rsquo;imagine le grand d\u00e9part pourtant, je vois la course et le corps qui s&rsquo;\u00e9lance, je vois un train de marchandises. Je vois des \u00e9tendues am\u00e9ricaines. Je vois l&rsquo;attaque aussi deux jours plus tard. Mais ce sont des TGV ici, \u00e7a ne s&rsquo;appelle plus ainsi, on dit Inoui. L&rsquo;air est argent\u00e9. Parfois les trains passent et secouent les murs. Je ne sais pas bien o\u00f9 il l&rsquo;a vue la mer et ce qu&rsquo;il veut dire quand il dit qu&rsquo;il peut rester l\u00e0, juste devant la mer, que \u00e7a bouge pour lui. Peut-\u00eatre il confond avec la secousse du train qui fait vibrer les murs toute la journ\u00e9e, la nuit un peu moins. Alors il faut bien y monter c&rsquo;est tentant, monter ainsi dans le train. Mais j&rsquo;aime la provocation. A la vitesse j&rsquo;oppose la lenteur, \u00e0 la facilit\u00e9 j&rsquo;oppose la t\u00e9nacit\u00e9 un peu lourde. J&rsquo;ai le petit v\u00e9lo, un peu rouill\u00e9 par endroits et les deux sacoches. On voyage lent \u00e0 deux pas du train, sur le petit sentier, on ne s&rsquo;\u00e9loigne pas trop ainsi de l&rsquo;itin\u00e9raire balis\u00e9. Peut-\u00eatre vers la mer, peut-\u00eatre vers la montagne. C&rsquo;est le col qui se dessine et qui s&rsquo;ouvre, un col impossible que longe la voie ferr\u00e9e, et le petit v\u00e9lo qui obstin\u00e9ment avance et grimpe. Ou c&rsquo;est un \u00e2ne dans le sentier, un peu plus loin, en contrebas de la voie ferr\u00e9e. C&rsquo;est le paysage qui s&rsquo;ouvre, une or\u00e9e lumineuse, qui ouvre vers&#8230; C&rsquo;est la nuit sur la voie ferr\u00e9e. Il y a le col, il y a l&rsquo;horizon et il y a la lumi\u00e8re qui tombe comme une poudre dor\u00e9e. C&rsquo;est comme un tableau, et le tableau je crois que je l&rsquo;ai vu, mais je ne me souviens plus. Demain, il y a le v\u00e9lo, le long de la voie ferr\u00e9e, la voie toute trac\u00e9e qui plonge dans le tableau. C&rsquo;est ce que je dis ce soir, c&rsquo;est ce que j&rsquo;imagine. Mais il est \u00e9vident que non, \u00e7a ne se passe pas comme \u00e7a. Il est \u00e9vident que ce n&rsquo;est pas le tableau. Il y a tout l\u00e0-bas, aussi, un autre ailleurs, c&rsquo;est un petit bord de mer. Et je n&rsquo;en connais que le nom. Il faut traverser tout le continent. Il faut prendre le train, et un autre train, et un autre train et puis le ferry aussi au bout. Il est si loin que l&rsquo;on ne sait plus \u00e0 qui il appartient. Et avant la mer, il y a des volcans. C&rsquo;est tout au bout \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9. Il en faut du temps pour y arriver. Il y a ces id\u00e9es romantiques sur le petit bord de mer, mais il y a aussi peut-\u00eatre essentiellement sur l&rsquo;\u00eele, de gigantesques complexes militaro-industriels. Il faut aller y voir pour savoir. Il reste la nuit pour se d\u00e9cider, pour le v\u00e9lo ou pour le train, pour le tableau ou pour le petit bord de mer.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Prologue<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>Tu fais des claquettes sur le pont Saint Charles, tu fais des claquettes dans la crypte des saints Cyrille et M\u00e9thode et des claquettes au Vy\u0161ehrad&#8230; des claquettes encore en mangeant les beignets fourr\u00e9s aux fruits rouges&#8230; des claquettes en mangeant le medovnik. Smetana c&rsquo;est pas de la musique : d&rsquo;abord de la cr\u00e8me fra\u00eeche&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Tu es l&rsquo;\u00e9boueur de Mokkatam, tu creuses dans la roche l&rsquo;\u00e9glise, au ciel, tu es l&rsquo;\u00e9leveur de pigeon, au ciel, le pigeon, tu roucoules dans la fum\u00e9e des ordures, c&rsquo;est un son net et roux, tu viens puis tu repars vers la cit\u00e9 des morts.<\/p>\n\n\n\n<p>Tu es \u00e0 New York, tu voudrais bien mais tu as le vertige, et puis c&rsquo;est du chiqu\u00e9, sur la high line, les rails sont faux, alors \u00e0 Boston, o\u00f9 tu vois la baleine.<\/p>\n\n\n\n<p>A Tbilissi \u00e7a sent les oeufs, \u00e7a sent le soufre. <\/p>\n\n\n\n<p>Tu vois la roue de f\u00eate foraine au loin \u00e0 Kouta\u00efssi et la fa\u00e7ade sculpt\u00e9e du grand march\u00e9, aussi les thermes abandonn\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les empires, \u00e7a laisse derri\u00e8re, toujours, des stations thermales d\u00e9peupl\u00e9es&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p>Il y a Pomp\u00e9i, il y a Karlsbad, les murs d\u00e9cr\u00e9pits de Saint Honor\u00e9 les Bains, les palais surdimensionn\u00e9s de la Bourboule. <\/p>\n\n\n\n<p>Quand il n&rsquo;y a plus rien tu es encore l\u00e0, le corps sur la roche chaude, les orteils dans l&rsquo;eau br\u00fblante. <\/p>\n\n\n\n<p>Les petits beignets fourr\u00e9s de Ni\u0161, manger encore, manger encore, la table ne d\u00e9semplit pas, l&rsquo;hospitalit\u00e9 menace : mangez, mangez, mangez, faites honneur \u00e0 cette table&#8230; Grassouillet invit\u00e9, tu es trop sucr\u00e9, tu d\u00e9bordes de miel, ne va pas dormir. Manger, manger encore, la table se remplit \u00e0 nouveau, invit\u00e9 grassouillet, laisse le beignet aux choux, laisse le g\u00e2teau d&rsquo;amande, ne vide pas le verre, grassouillet invit\u00e9 \u00e0 la paupi\u00e8re lourde, dans les cuisines de Ni\u0161, on aiguise les couteaux&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Au-dehors dans le jardin calme, les meutes de chien, la queue dress\u00e9e, l&rsquo;air gai, tourne autour des montagnes un peu puis redescend, plus loin vers Istanbul, la confiture de rose, le sommeil sur les toits, la gr\u00e2ce des chats et l&rsquo;\u00e9clat ti\u00e8de du Bosphore. Tu sais toi, qu&rsquo;\u00e0 Byzance les empereurs pleurent ? <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">C<em>reuse en dessous, creuse comme \u00e0 Mokattam, les galeries souterraines, sous le d\u00e9troit, les grandes catacombes, le sol mit\u00e9 de tunnels, bien malin qui dirait, o\u00f9 finit l&rsquo;Europe, o\u00f9 commence l&rsquo;Asie, sous la terre l&rsquo;air est frais, on d\u00e9bouche les amphores.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Tu creuses encore, tu glisses sur les plaques, tu fonds, tu fusionnes, tu t&rsquo;enfonces et tu remontes, tu te sens inerte, tu te sens si plat, le corps plaqu\u00e9 au fond de la fosse des Mariannes, une m\u00e9duse de plastique flotte, tu la sais blanche dans le noir.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Tu remontes brutalement, tu te dilates, tu t&rsquo;\u00e9parpilles&#8230;<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Tu prends le volant du rover, tu gravis les pentes d&rsquo;Olympus Mons. Au fond de la caldeira, les colonnes effondr\u00e9es, la roche lisse couverte de poussi\u00e8re, les contours des bancs et des anciens bassins. Les empires tu sais, toujours laissent derri\u00e8re eux&#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>De retour, tout para\u00eet si petit, si vivant, si brouillon, m\u00eame la folie g\u00e9om\u00e9trique des fa\u00e7ades dans les rues de G\u00f6rlitz si propres et si rang\u00e9es, \u00e0 la crois\u00e9e des trois fronti\u00e8res, manger manger manger, les tables \u00e0 nouveau s&#8217;emplissent, ici l&rsquo;odeur, ici le son&#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Au cimeti\u00e8re des Magnolias de Charleston, repars alors vers d&rsquo;autres fouillis, vers les deltas, l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;eau mange la terre, l\u00e0 o\u00f9 la terre mange l&rsquo;eau, o\u00f9 les plantes marchent, l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a grouille et \u00e7a pourrit&#8230; Au cimeti\u00e8re des Magnolias, la marche des fant\u00f4mes de la guerre civile se met en mouvement. The event will go on RAIN OR SHINE.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La halte Au virage, deux hommes sont accroupis sur un sol pel\u00e9 et caillouteux. Un ruban que tendent de minces tiges de m\u00e9tal d\u00e9limite une surface rectangulaire. C&rsquo;est au virage. Ce sont deux hommes. C&rsquo;est comme dans Blake et Mortimer. C&rsquo;est que c&rsquo;est l&rsquo;Irlande peut-\u00eatre. C&rsquo;est qu&rsquo;au virage on est au sommet de la butte et au sommet de la <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le_double_voyage-prologue-the-event-will-go-on-rain-or-shine\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#voyages #04 | Cimeti\u00e8res &#8211; Voyages plus ou moins r\u00e9els<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":403,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4095,4107,4111,4129,4157,4094],"tags":[],"class_list":["post-111627","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-00_prologue","category-01_la_nuit_d_avant","category-02_arrivee_dans_la_ville","category-03_michaux_impossible_retour","category-04_cortazar","category-le_double_voyage-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/111627","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/403"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=111627"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/111627\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=111627"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=111627"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=111627"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}