{"id":111788,"date":"2023-01-10T10:50:12","date_gmt":"2023-01-10T09:50:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=111788"},"modified":"2023-01-13T16:03:36","modified_gmt":"2023-01-13T15:03:36","slug":"double-voyage-prologue-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/double-voyage-prologue-1\/","title":{"rendered":"#voyages #prologue |\u00a0rose des vents"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Est Nicosie, et cette pension bleus \u00e9taient les tours des fen\u00eatres, grande chambre au premier il y en avait trois qui donnaient sur la cour, le ventilateur au plafond dont les pales tournent lentement sur les amours<br>Sud Larnaca les basses grasses des bars \u00e0 entra\u00eeneuses russes la vodka \u00e0 flot &#8211; il y fait toujours nuit quelle que soit l&rsquo;heure &#8211; et les jambes maigres qui sortent d\u2019un short sport foot blanches de l\u2019oligarque \u00e0 la montre et dents d&rsquo;or<br>Ouest Gibraltar (pas de marin en vue) (pas non plus de comptes de Brassens) mais un kilo d\u2019oranges, c\u2019est avec les dents qu\u2019on entamait de les \u00e9plucher<br>Ouest Faro (je n&rsquo;y vois gu\u00e8re de phare) la lagune et dessus le bateau jaune qui glisse doucement sans bruit en arri\u00e8re plan l\u2019Afrique<br>Nord c\u2019est <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets-individuels-le-bruit\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets-individuels-le-bruit\/\" target=\"_blank\">cet arbre<\/a>, \u00e0 Santiago de Canc\u00e8m, non loin de la maison de H.* &#8211; jamais, jamais je ne suis all\u00e9 \u00e0 Setubal<br>Plus haut, sur l&rsquo;autre rive, c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;Alfama, elle avait pos\u00e9 sa main sur la table couverte d&rsquo;une toile cir\u00e9e, des oiseaux bleus y volaient, doucement, et elle chantait cette maison pour toujours ferm\u00e9e, la croix trac\u00e9e sur la porte et la cl\u00e9 qu&rsquo;il avait jet\u00e9e dans le fleuve &#8211; et les gens mangeaient et buvaient<br>Nord encore, La Corogne le stade plein \u00e0 craquer des drapeaux des cris des chants des voix surtout d\u2019hommes qui hurlent s\u2019invectivent comme par jeu boivent comme des trous et la sueur et les humeurs et les salives au bord des l\u00e8vres et les cris encore les cris<br>Nord encore le ch\u00e2teau de Lat\u00e9co\u00e8re (qui rime avec Fred Astaire, et Henri Salvador qui vivait place Vend\u00f4me) &#8211; et le <em>green<\/em> du golf o\u00f9 Y. souriait en lui pin\u00e7ant doucement les joues<br>il y a les \u00eeles la plage de Sablanceaux o\u00f9 furent tourn\u00e9s, dix-sept ans apr\u00e8s celui de quarante-quatre, les plans du d\u00e9barquement durant ce <em>jour le plus long<\/em> (Darryl Zanuck qui vivait au quarante-quatre rue du Bac, les forces fran\u00e7aises, Messmer et John Wayne et tout le bataclan)<br>un peu plus \u00e0 l\u2019Ouest, Mol\u00e8ne, pour la peine, plus loin je n\u2019y ai pas vu mon sang, il para\u00eet que ce devait \u00eatre le cas, le bateau qui fait halte sur l\u2019\u00eelet, le blanc de l\u2019\u00e9cume le vent, au loin ces pr\u00e9cipitations qui sur nous fondent et bient\u00f4t la pluie drue<br>vers l\u2019Est Alderney, Guernesey (elle avait pris ce pli dans son \u00e2ge enfantin) Jersey Chausey le picnic sur la c\u00f4te sauvage, comme plus haut (au nord) \u00e0 Br\u00e9hat \u00e0 Watt ou Houat et Belle-\u00cele, \u00e0 Batz ou \u00e0 Sieck, l\u2019Aber Wrac\u2019h et Saint-Pabu<br>Nord encore, continent Berck et Fort-Mahon, Quend et le camping des Pins, les chansons jusqu\u2019au matin, <em>Just a gigolo<\/em> et cet amour formidable de dingue c\u0153ur en chamade, et ce film <em>\u00ab&nbsp;C\u2019eravamo tanto amati&nbsp;\u00bb<\/em> (si tu savais comme je t&rsquo;ai aim\u00e9e, tu te serais enfuie en courant) <br>La plage \u00e0 nouveau, o\u00f9 <em>on voyait les chevaux de la mer qui fon\u00e7aient la t\u00eate la premi\u00e8re<\/em> Jean-Roger, le Trocad\u00e9ro et sa fille, l\u00e0, \u00e0 cinq du qui sourit et embauche, <em>ni gris ni vert<\/em> comme partout&#8230; <br>La Frise, \u00e0 Moddergat, <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"589\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-du-2023-01-10-06-19-19-1024x589.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-111789\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-du-2023-01-10-06-19-19-1024x589.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-du-2023-01-10-06-19-19-420x241.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-du-2023-01-10-06-19-19-768x441.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-du-2023-01-10-06-19-19.png 1244w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">on pourrait en mettre vingt<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">la petite chambre aux rideaux jaunes, le petit d\u00e9jeuner roboratif et on reprenait la voiture rouge, les enfants chantaient <em>il faisait si beau il faisait si doux<\/em> (Jean-Roger, \u00e0 nouveau)<br>Une autre fois, ce serait le mus\u00e9e des drakkars \u00e0 Frederikshavn, et cette petite incisive qui flottait \u00e0 sa m\u00e2choire quand elle riait, en deux mille, elle avait d\u00e9j\u00e0 sept ans<br>Et puis le Spitzberg et cette tente qui ne voulait pas se monter, la lumi\u00e8re toute la nuit, pas de nuit, toute la nuit, fumer boire rire l\u2019amour toujours<br>Descendant au sud, sur le pont qui va \u00e0 Malm\u00f6 le long tunnel qui part de l\u2019a\u00e9roport, les douanes, les flots les bateaux en contrebas si loin au sud, si loin si doux si beau<br>Oui vers le sud (en route pour le soleil et la gloire) au loin la mer Noire au bord de laquelle elle et son fr\u00e8re allaient s\u00e9journer, les cicatrices \u00e0 peine visibles derri\u00e8re les oreilles (elle riait tant quand je lui demandais de me les montrer), les clopes au bout de li\u00e8ge (mais elle, elle ne fumait que des brunes), ils se sentent mieux, ils sont vivants, rajeunis, joyeux<br>vivants<br>Mais entre ces deux derni\u00e8res \u00e9tapes, ni d\u2019Italie ni de Gr\u00e8ce (je le regrette profond\u00e9ment), mais aux for\u00eats de bouleaux, comme au nord-ouest de cette ville qui vit mourir Goethe, comme tant et tant, ailleurs<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>alors chuttt... pose doucement un doigt devant ta bouche - \u00e9coute <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=zDyw9U-flxg\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=zDyw9U-flxg\" target=\"_blank\">une minute de silence<\/a><\/code><\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code has-black-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background\"><code>Le type prend un avion, il voyage en premi\u00e8re, d\u00e9part Orly-Ouest (pas de num\u00e9ro, pas de \u00ab&nbsp;classe affaire&nbsp;\u00bb pas de Concorde \u00e0 la con comme DF, pas de paquebot transatlantique chant\u00e9 par l\u2019autre abruti, non), il va vers le sud, il est sept heures du matin et le temps est beau, hello ladies and gentlemen this is captain speaking \n\nIl y a toujours cet aspect des choses qui pointe vers une esp\u00e8ce d\u2019attente \u2013 ce docteur maudit qui cherchait en des fantasmes au sujet des jumeaux s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9 quelque part, sa maison jouxte celle de Norma par le jardin, et \u00e0 un moment dans cette histoire-l\u00e0 il n\u2019en peut plus de se cacher \u2013 mais on comprend bien qu\u2019il ne peut simplement plus \u2013 il est trop \u00e2g\u00e9 fatigu\u00e9 il ne bouge plus gu\u00e8re, du fauteuil au lit tout au plus \u2013 il ne s\u2019agit que d\u2019un mis\u00e9rable petit tas d\u2019os \u2013 et d\u2019organes \u2013 une esp\u00e8ce d\u2019ordure \u2013 il trouve refuge quelque part du c\u00f4t\u00e9 de Sao Paulo (Br\u00e9sil) \n\nce que je n(e m)\u2019explique pas, c\u2019est \u00e0 quel point son amour est grand, \u00e0 ce point-l\u00e0 c\u2019en est presque pathologique \u2013 c\u2019est la raison de son hygi\u00e8ne d\u00e9mesur\u00e9e \u2013 elle ne parviendra pas \u00e0 l\u2019effacer \n\nsi tu savais comme elle l'a aim\u00e9, sans jamais qu'il lui ait vraiment parl\u00e9, ils ne se comprenaient pas, elle ne parlait plus depuis tant d'ann\u00e9es, il ne parlait pas son langage, il \u00e9tait juste assis sur son fauteuil, sous la v\u00e9randa, et elle, chaque matin que faisait qui peut bien savoir qui, elle lui portait deux biscottes sur lesquelles auparavant elle avait \u00e9tendu sous une couche de beurre de cacahu\u00e8tes deux tranches fines de tomates\n\nsi tu savais, tu lui pardonnerais \n\nDans l\u2019histoire vraie, si elle a jamais exist\u00e9, ce docteur meurt noy\u00e9, se baignant sur la plage \u00e0 Bertioga\n\nLe type est descendu \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de la Victoire, son contrat se r\u00e9alise en commen\u00e7ant par aller dans une banque ou une officine de l\u2019avenue Achieta, chercher ce dont il a besoin\nil a d\u00fb changer d\u2019avion, en prendre un autre allant en Am\u00e9\/f\/rique du Sud, probablement l\u2019Uruguay ou l\u2019Argentine, il est descendu \u00e0 la gare prendre un train qui l\u2019emm\u00e8ne un peu loin, quelques centaines de kilom\u00e8tres vers le nord, au Lesotho ou en Eswatini\n\nil y a de nombreux lieux o\u00f9 ce docteur s\u2019est arr\u00eat\u00e9, Buenos Aires, Sarmento (Br\u00e9sil), Engelberg (Suisse), Olivos (Br\u00e9sil), Encarnation (Paraguay), Nova Europa (Br\u00e9sil), il se cachait, s\u2019en allait assez rapidement de l\u2019un pour aller \u00e0 l\u2019autre puis encore un autre, puis encore, on l\u2019a retrouv\u00e9 \u2013 la tentative en Suisse a failli tourner au cauchemar&nbsp;: on pourrait raconter effleurer cette histoire-l\u00e0 \n\nnon, c\u2019est plus son histoire \u00e0 elle, qui vit dans cette banlieue de grande ville, il se peut que ce soit vers Le Cap aussi bien, il faudrait trouver inventer le moyen de comprendre son passage ici \nNon loin de ces deux maisons, l\u2019une dans les bleus,l\u2019autre dans les verts, une \u00e9picerie qui ressemble \u00e0 celle qu'il y avait au bout de la rue qui n'avait pas de nom alors, donnant dans l\u2019avenue, il y avait l\u00e0 la d\u00e9l\u00e9gation   \nderri\u00e8re la porte de la Mer se trouve l\u2019h\u00f4tel de la Victoire qui l\u2019abrite, est-ce que c\u2019est vraiment la peine d\u2019essayer de comprendre l\u2019emplacement, le nom de cette petite rue (Es Sadikia ou des Glaci\u00e8res)  \n\net puis, et puis<\/code><\/pre>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>: merci \u00e0 toi Helena<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Est Nicosie, et cette pension bleus \u00e9taient les tours des fen\u00eatres, grande chambre au premier il y en avait trois qui donnaient sur la cour, le ventilateur au plafond dont les pales tournent lentement sur les amoursSud Larnaca les basses grasses des bars \u00e0 entra\u00eeneuses russes la vodka \u00e0 flot &#8211; il y fait toujours nuit quelle que soit l&rsquo;heure <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/double-voyage-prologue-1\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#voyages #prologue |\u00a0rose des vents<\/span><span 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