{"id":112199,"date":"2023-02-17T11:23:05","date_gmt":"2023-02-17T10:23:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=112199"},"modified":"2023-05-22T22:16:39","modified_gmt":"2023-05-22T20:16:39","slug":"voyages-prologue-loin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/voyages-prologue-loin\/","title":{"rendered":"#voyages #05 | Quelques points presque solides"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Quelques points presque solides<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"620\" height=\"700\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/iran2.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-115629\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/iran2.jpeg 620w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/iran2-372x420.jpeg 372w\" sizes=\"auto, (max-width: 620px) 100vw, 620px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Pourquoi lorsque je dis \u00ab&nbsp;je suis all\u00e9e en Iran&nbsp;\u00bb j&rsquo;ai du mal \u00e0 me croire? T\u00e9h\u00e9ran, Tabriz, Yazd, Ispahan, Shiraz ; c\u2019\u00e9tait pourtant l\u00e0 que tu \u00e9tais avec moi. Sur la carte les villes sont des points qui ne bougent jamais, dans la m\u00e9moire les distances fondent, les lieux d\u00e9teignent. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Un souk<br><\/strong>Pass\u00e9 la fronti\u00e8re tee-shirt sur la t\u00eate. Je suis d\u00e9j\u00e0 trop regard\u00e9e. Choisir un tissus qui ne glisse pas. Ma main caresse presque toutes les \u00e9toffes pendant qu\u2019\u00e0 l\u2019autre bout tu ach\u00e8tes un pantalon vert. Il faudra trouver des alliances factices.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un lit double<br><\/strong>Nous sommes tout pr\u00e8s du d\u00e9but. Les lits sont encore assez grands pour deux, notre sueur a d\u00e9j\u00e0 cette odeur d\u2019\u00e9pices brais\u00e9es. Plus tu t\u2019enfonceras dans les terres, plus les lits r\u00e9tr\u00e9ciront. Les yeux se colleront \u00e0 ta peau, tu seras dessaisi d\u2019une part de toi que tu peineras \u00e0 nommer.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un mur<\/strong><br>Ici les rues sont faites pour passer. Les gens courent vers quatre murs. Les rues sont en apn\u00e9e, c\u2019est dedans qu\u2019ils respirent. Touriste, tu cherches \u00e0 voir. Par hasard, tu croises une vue. Il n\u2019y a pas de banc, il n&rsquo;y a rien qui oriente et cadre ton regard. Alors tu t\u2019appuies contre ce vague mur pour avoir en face le ciel jaune, le minaret, la montagne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un mausol\u00e9e<\/strong><br>L\u00e0 : <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40jours-07-tombe\/\">https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40jours-07-tombe\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un portrait<\/strong><br>Sur la fa\u00e7ade, un visage de douze \u00e9tage. Sa barbe est fournie, il devise les avenues comme un p\u00e8re. Tu t\u2019amuses \u00e0 en trouver d\u2019autres. La ville en regorge, les p\u00e8res veillent jusque dans la nuit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un bus de jour<\/strong><br>La vue c\u2019est toi. Je me noie dans un ban d\u2019yeux cercl\u00e9s de noir au fond du bus, nous te regardons plisser les tiens, rieurs et bleus parmi les barbes. Tu me souris, elles me regardent. Ici les yeux font corps, ils sont ventre, ils sont intestins, ils sont jambes agiles, \u00e9paules douces, t\u00e9tons. Tu es fatigu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un bus de nuit<\/strong><br>L\u00e0 : <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies-06-une-nuit-persane\/\">https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies-06-une-nuit-persane\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un drap bleu ciel<\/strong><br>Tu te souviendras de la mosqu\u00e9e d\u2019Ispahan, du drap bleu dont je dois m\u2019envelopper jusqu\u2019aux pieds pour entrer. Nous commen\u00e7ons \u00e0 peine \u00e0 trouver notre respiration dans l\u2019articulation de ce monde \u2014 se cacher pour voir.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un h\u00f4tel<\/strong><br>Tu dors dans la chambre sovi\u00e9tique, le muezzin \u00e9paissit l\u2019air du matin. La fin est proche. Je voudrais \u00e9crire quelque chose qui ne tourne pas autour du noeud d\u2019yeux qui m\u2019enserre, qui s\u2019interpose et gagne \u00e0 chaque fois. Je voudrais sortir et fumer sans qu\u2019on me regarde. Je voudrais qu\u2019on m\u2019oublie. Le g\u00e9rant derri\u00e8re son guichet rouge me souhaite le bonjour avec un mot farsi qui dit&nbsp; \u2014 \u00ab&nbsp;en esp\u00e9rant que la nuit ne fut pas trop mauvaise&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un voyage<\/strong><br>Je suis all\u00e9e en Iran, phrase de sable qui s\u2019enfuit toujours.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">On n\u2019\u00e9chappe pas aux ponts<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"773\" height=\"886\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/3.homme-contemporain.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-114296\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/3.homme-contemporain.jpeg 773w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/3.homme-contemporain-366x420.jpeg 366w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/3.homme-contemporain-768x880.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 773px) 100vw, 773px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Lisa Diez, collage, 2002<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Non loin de la fronti\u00e8re, on pend les gens sous les ponts.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Monterrey, il est fr\u00e9quent de croiser trois, quelquefois quatre pendus s\u2019il est moins de huit heures. Et plus l\u2019endroit est fr\u00e9quent\u00e9, incontournable, plus les chances sont accrues. La m\u00e9thode est connue ; on vous kidnappe puis vos proches re\u00e7oivent une demande de ran\u00e7on &#8211; qu\u2019ils la payent ou non, votre sort est \u00e9crit : pendu. Les rares rescap\u00e9s deviennent maires ou s\u00e9nateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Les futurs pendus sont choisis au d\u00e9tail : la coupe d\u00e9mod\u00e9e d\u2019une veste, un chignon mal ajust\u00e9, quelques salet\u00e9s dans les yeux, un sourire trop blanc. \u00c0 peine la raison du rapt est-elle connue qu\u2019elle a d\u00e9j\u00e0 chang\u00e9, mais dans le doute, on fait attention \u00e0 sa mine, \u00e0 sa mise; les passants sont impeccables. On en voit peu cependant, et certains sont si v\u00e9loces qu\u2019on les distingue \u00e0 demi.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La peur des ponts, douloureuse, vous incite \u00e0 manger \u00e0 toute heure, gras, sucr\u00e9, piquant, pour distraire \u00e0 la fois les id\u00e9es et sens. Des petites cuisines mobiles, color\u00e9es, aux odeurs enivrantes sont post\u00e9es un peu partout \u00e0 cet effet. Un pont, un pendu et hop! Elles apparaissent, vous r\u00e9confortent avec un encas presque gratuit, tendre, chaud, p\u00e9tillant qui s\u2019avale tout seul et creuse l\u2019estomac. Vous pleurez, vous en redemandez, vous \u00eates foutus.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Et lorsque vous comprenez qu\u2019on ne quitte la ville qu\u2019\u00e0 la condition de ne plus avoir peur, il est d\u00e9j\u00e0 trop tard.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Innocent, imb\u00e9cile, vous esp\u00e9rez au d\u00e9but que la peur est domptable ; vous tentez le passage en empruntant les ruelles, les toits, vous rasez les murs, \u00e9vitez les centres commerciaux et soudain malgr\u00e9 vous, vous levez les yeux. Il suffit d&rsquo;une poussi\u00e8re. La surprise vous \u00e9trangle. Vous maudissez vos pupilles. Vous saisissez ce que tout le monde sait ici : on n\u2019\u00e9chappe pas aux ponts.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Autrefois on se per\u00e7ait les yeux. Le geste est aujourd\u2019hui interdit par la loi, passible de lourdes peines.<\/p>\n\n\n\n<p>Les citoyens les plus ais\u00e9s ach\u00e8tent les services de coaches r\u00e9put\u00e9s (qu\u2019on appelle depuis peu chamanes), poign\u00e9es de centenaires aux seins jaunes qui sortent du d\u00e9sert la nuit venue. Au moyen d\u2019amulettes, d\u2019oeufs, de champignons sp\u00e9ciaux et en \u00e9change d\u2019une grosse somme en liquide, elles vous enseignent l\u2019art de ranger la peur dans une cavit\u00e9 m\u00e9connue, tout pr\u00e8s des intestins.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les plus d\u00e9munis quant \u00e0 eux se r\u00e9signent, apprennent \u00e0 s\u2019effacer, \u00e0 effacer les ponts. \u00c0 force de n\u00e9gocier avec la peur, la plupart deviennent kidnappeurs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Seuls les enfants \u00e9chappent \u00e0 la peur. Il n&rsquo;est pas rare de les voir jouer \u00e0 la marelle ou \u00e0 la marchande sous un pendu. Et puisqu\u2019ils n\u2019ont pas envie de partir, c\u2019est parmi eux qu\u2019on embauche les douaniers. L\u2019adulte qui enjambe la fronti\u00e8re un tant soit peu apeur\u00e9 se fera donc tirer comme un lapin par une nu\u00e9e d\u2019enfants aux yeux noirs. Vid\u00e9s de tout, ils \u00e9limineraient p\u00e8re et m\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On s\u2019habitue peu \u00e0 peu \u00e0 leurs rires tonitruants qui r\u00e9sonnent jusqu\u2019\u00e0 la vieille ville, au petit matin.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">d\u00e9barquements<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1007\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/choix7-1007x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-113985\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/choix7-1007x1024.jpg 1007w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/choix7-413x420.jpg 413w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/choix7-768x781.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/choix7-1510x1536.jpg 1510w, 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d\u00e9j\u00e0 la pudeur des regards la musique de la langue que j\u2019imite mais l\u2019oeil est surpris malgr\u00e9 moi je capture par \u00e9clairs les hommes en rang qui attendent en fumant les montagnes de soda les plis luisants d\u2019un poignet la torsion d\u2019un magnolia la figure d\u2019un enfant pendant que je d\u00e9gringole poings serr\u00e9s dans la ville inconnue<\/p>\n\n\n\n<p>d\u00e9barquons enfin \u00e0 la fronti\u00e8re du premier cercle o\u00f9 il a plant\u00e9 hier une croix gobons en souriant nuages de moustiques fruits d\u00e9moniaques \u00e9changeons porcs contre paquets d\u2019esclaves poules \u00e9tranges l\u00e9zards \u00e9normes apprenons merci dans cette langue absurde baptisons les femmes et les porteurs align\u00e9s soudain l\u2019oeil de ma monture la traverse elle a peur sa peau est huil\u00e9e ses mains sont longues ses ongles ronds elle entend peut-\u00eatre chanter le sable dans ma barbe c\u2019est elle que je veux et je l\u2019appelle Beatriz<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">qui vive<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/IMG_0857-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-113160\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/IMG_0857-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/IMG_0857-420x315.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/IMG_0857-768x576.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/IMG_0857-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/IMG_0857-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Lisa Diez, Canet-Plage, 2021<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>plus rien n\u2019a de nom les mots se d\u00e9collent de la mati\u00e8re le monde se s\u00e9pare de lui m\u00eame il tourne d\u00e9j\u00e0 sa propre langue j\u2019allume la lumi\u00e8re caresse mes listes grignot\u00e9es par le jaune de la terre le p\u00e2le des cactus la douceur des canyons le silence des r\u00e9ponses et le rythme des vents je dois me taire je sais que toutes les images me tiennent dans l\u2019attente de leur d\u00e9litement je sais que c\u2019est \u00e0 \u00e7a que servent les images je sais ce que je vais apprendre mais je ne sais pas ce que je vais savoir demain mes pauvres id\u00e9es seront noy\u00e9es demain ma peau mon nez mes cheveux ma taille seront scrut\u00e9s je me pr\u00e9pare d\u00e9j\u00e0 \u00e0 ma propre \u00e9tranget\u00e9 j\u2019ai senti l\u2019autre rentrer j\u2019ai senti sa solitude changer mon poids j\u2019ai senti sa route creuser mon qui vive et je la vois pour la premi\u00e8re fois sillonner les t\u00e9n\u00e8bres avaler ma nuit j\u2019ai peur je suis ravie j\u2019ai peur je suis ravie ce n\u2019est pas moi c\u2019est moi le voyage d\u00e9j\u00e0 siphonne vide embraye tend \u00e9lance fabrique les ailes d\u2019une autre demain le monde aura tourn\u00e9 dans mon lit&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">elle entend presque mon appel depuis la nuit d\u2019avant que le monde ne se retourne comme un gant depuis la nuit d\u2019avant les mots sur les surfaces depuis la nuit d\u2019avant Jesus elle se tient avec moi sur le qui vive elle verra demain le rivage de sable qu\u2019ils ont baptis\u00e9 ce matin elle verra demain le bras d\u2019oc\u00e9an et les yeux d\u2019\u2019\u00eele et les nu\u00e9es de moustiques et le volcan qui sait tout et la route encombr\u00e9e de montagnes qu\u2019ils p\u00e9n\u00e8treront demain avec le reste et moi bien s\u00fbr je la tiens tout pr\u00e8s dans son dernier sommeil mon dernier sommeil peupl\u00e9 de r\u00e9ponses \u00e0 des questions inconnues je plonge dans le ma\u00efs je plonge dans ma m\u00e8re je plonge dans mon nom dans les nuits qui ne cesseront pas d\u2019\u00eatre des nuits dans le vent qui soul\u00e8vera nos cheveux dans le feu qui nettoie et le sable et les crabes et la crasse et la mort qui nous visitera en r\u00eave sous la forme d\u2019un p\u00e9lican au sexe gigantesque demain sa solitude sera plus \u00e9paisse que n\u2019importe quel mot<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">loin | me voil\u00e0<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"762\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/carte-1024x762.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-112203\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/carte-1024x762.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/carte-420x312.jpg 420w, 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chaussures les odeurs d\u2019Ispahan les cachettes de Yazd o\u00f9 voil\u00e9e je fume la fatigue et ce go\u00fbt de voyage dans la bouche aux fronti\u00e8res interminables leur brouillard d\u2019aube loin Irun loin Port-Bou loin Tatvan sur les si\u00e8ges froids tu me tends une poign\u00e9e de cacahou\u00e8tes tandis que les cavaliers ocres traversent la colline loin les nuits aux langues incomprises o\u00f9 chantent les n\u00e9ons de Plattsburgh o\u00f9 la poitrine a froid sous l\u2019oeil des tamponneurs loin Lisbonne loin Cholula loin le fleuve ses crocodiles par paquets bruns de cauchemar loin les ciels longtemps&nbsp;regard\u00e9s parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien d&rsquo;autre \u00e0 faire <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"819\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Metissage24x30-1024x819.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-112207\" 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fracturent le rivage me voil\u00e0 dans l\u2019eau br\u00fblante les requins guettent me voil\u00e0 entre deux villes noires je ne sais pas laquelle choisir me voil\u00e0 sur la plus longue route d\u2019Am\u00e9rique le paysage est invisible me voil\u00e0 dans un ch\u00e2teau en Su\u00e8de je rencontre d\u2019autres femmes me voil\u00e0 en Asie les enfants sont bruyants me voil\u00e0 dans un monast\u00e8re en Provence je lis mon histoire<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelques points presque solides Pourquoi lorsque je dis \u00ab&nbsp;je suis all\u00e9e en Iran&nbsp;\u00bb j&rsquo;ai du mal \u00e0 me croire? T\u00e9h\u00e9ran, Tabriz, Yazd, Ispahan, Shiraz ; c\u2019\u00e9tait pourtant l\u00e0 que tu \u00e9tais avec moi. Sur la carte les villes sont des points qui ne bougent jamais, dans la m\u00e9moire les distances fondent, les lieux d\u00e9teignent. Un soukPass\u00e9 la fronti\u00e8re tee-shirt sur <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/voyages-prologue-loin\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#voyages #05 | Quelques points presque solides<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":350,"featured_media":115629,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4095,4107,4111,4129,4168,4094],"tags":[],"class_list":["post-112199","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-00_prologue","category-01_la_nuit_d_avant","category-02_arrivee_dans_la_ville","category-03_michaux_impossible_retour","category-05_bouvier","category-le_double_voyage-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112199","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/350"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=112199"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112199\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/115629"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=112199"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=112199"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=112199"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}