{"id":112484,"date":"2023-02-25T03:56:04","date_gmt":"2023-02-25T02:56:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=112484"},"modified":"2023-02-25T03:59:34","modified_gmt":"2023-02-25T02:59:34","slug":"le-double-voyage-prologue-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-double-voyage-prologue-7\/","title":{"rendered":"#voyages #05 | Balembouche"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>#05 | <strong>hommage \u00e0 Nicolas Bouvier<\/strong><\/strong> : <strong>Balembouche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">PORTAIL<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019entr\u00e9e du domaine. Pas grandiloquent. Modeste. Pas vigoureux. Accueillant. Juste une fronti\u00e8re de bois qu\u2019on pousse facilement, ouverte le plus souvent. Une invitation \u00e0 entrer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">ALLEE D\u2019ARBRES<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis devant soi, une fois le portail franchi, une all\u00e9e d\u2019arbres v\u00e9n\u00e9rables et doux \u00e0 fois, et d\u2019herbes, une v\u00e9g\u00e9tation amie, un peu d\u00e9sordonn\u00e9e, juste ce qu\u2019il faut. Ca vibrionne \u00e7a chatoie \u00e7a bruit \u00e7a hume. C\u2019est bon. On est ailleurs d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">MAISON COLONIALE<\/p>\n\n\n\n<p>Une haute maison de bois toute blanche et sa galerie qui lui court tout autour. Au sol des tommettes, dans les pi\u00e8ces aux plafonds hauts c\u2019est color\u00e9, c\u2019est le bazar joyeux, \u00e7a vit. Au vol un sourire. Trois femmes, trois g\u00e9n\u00e9rations s\u2019affairent, accueillent le voyageur, attablent, r\u00e9galent et la maison s\u2019anime. Un enfant court pieds nus et crie tr\u00e8s fort. Je sursaute.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">ESPACE HERBU<\/p>\n\n\n\n<p>Un peu plus loin encore, un vaste espace herbu l\u00e9g\u00e8rement en pente bord\u00e9 d\u2019arbres et, en son centre, une vieille maison en bois et en pierre fen\u00eatres ouvertes sur les quatre fa\u00e7ades travers\u00e9es de vents et de pluie de soleil et de brume de papillons de nuit. Pas de volets. Un plancher de bois \u00e0 l\u2019\u00e9tage. Au rez-de-chauss\u00e9e, le vrac d\u2019un \u00e9tabli. Des rideaux color\u00e9s volent au vent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">MARES AUX NENUPHARS<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la gauche, pente herbue qui descend \u00e0 bout de champ vers deux mares. Les fleurs s\u2019ouvrent dans la chaleur matinale, roses ou blanches dans le vert, et le soir, frileuses, se referment.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">RUINE DE SUCRERIE<\/p>\n\n\n\n<p>En contrebas encore, dans le secret d\u2019une for\u00eat, chaos et effondrements de bois et de pierres submersibles&nbsp;: la roue du moulin, les blocs qu\u2019on enjambe, les anciens seuils que l\u2019on franchit mang\u00e9s de terre, d\u2019herbe et de foug\u00e8res arborescentes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">FIGUIER MAUDIT<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis l\u00e0 tout soudain la vision fantastique de la pierre aux prises avec les racines d\u2019un figuier maudit. Tout en haut perch\u00e9 un bout de ciel bleu troue la verdure. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">SENTIER<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis la for\u00eat, nous rejoignons un petit sentier de pierre, de sable, de terre, et de coraux blancs coupants. C\u2019est le sentier qui trace vers le large. La v\u00e9g\u00e9tation est plus basse. On respire. Au bout du sentier, les raisiniers bords de mer tout sal\u00e9s d\u2019embruns.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">PLAGE SAUVAGE<\/p>\n\n\n\n<p>La voil\u00e0. Jamais tr\u00e8s loin. A fleur de c\u00f4te. Tout autour. On ne peut pas vivre sans. Elle bouillonne ici. On peut s\u2019avancer sur une petite jet\u00e9e naturelle. Des enfants jouent. Quelques bois flott\u00e9s \u00e0 glaner. C\u2019est une belle journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#04 | <strong>halte sur cosmoroute, Julio Cort\u00e1zar &amp; Carol Dunlop<\/strong><\/strong> <strong>: haltes en gare<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pieds sur la valise cabine. Une dame \u00e2g\u00e9e passe dans le champ. Elle cherche son chemin. Se caler dans le si\u00e8ge en plastique orange et regarder passer regarder vivre regarder transiter. Courants d\u2019air et gens de passages. Retrouvailles. D\u00e9parts. Arriv\u00e9es. La voix si famili\u00e8re qui annonce. On lui pardonnerait presque les retards. Un jeune homme tr\u00e8s beau joue quelques airs au piano. C\u2019est doux. Elle somnole. Des cris la font sursauter. Trois enfants se poursuivent avant d\u2019\u00eatre rattrap\u00e9s par le p\u00e8re. Enfin, elle imagine que c\u2019est le p\u00e8re. N\u2019a pas l\u2019air commode. Comme son p\u00e8re. Elle se redresse un peu. Faudrait pas louper la correspondance. Se l\u00e8ve et va se chercher un caf\u00e9. S\u2019installe \u00e0 une petite table ronde vue sur quai. Des gens courent apr\u00e8s leurs rep\u00e8res, d\u2019autres attendent. Un train arrive. &nbsp;La sc\u00e8ne est silencieuse comme un film muet. Elle trouve \u00e7a \u00e9trange et amusant. Dans l\u2019angle tout pr\u00e8s de la baie vitr\u00e9e, un homme en chemise de b\u00fbcheron \u2013 r\u00e9chauff\u00e9 qu\u2019elle se dit \u2013 \u00e9crit. Sur les deux chaises de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la table, un habit de travail bleu et un baudrier jaune fluo. Il a l\u2019\u00e2ge de la retraite. Travaille peut-\u00eatre \u00e0 la gare. Mais l\u00e0 il est assis au caf\u00e9 de la gare et il \u00e9crit. Elle aimerait savoir quoi. Le num\u00e9ro du quai s\u2019affiche. Elle se l\u00e8ve.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est assis au caf\u00e9 de la gare. Comme tous les midis. Son heure de pause. Il la passe \u00e0 regarder les gens. Les gens qui voyagent. Qui prennent le train. Certains pour travailler.&nbsp;Mais c\u2019est d\u00e9j\u00e0 un voyage selon lui. Lui qui n\u2019a jamais voyag\u00e9. Qui n\u2019a jamais quitt\u00e9 sa ville. Ou presque. Mais gr\u00e2ce aux gens, aux passagers, il voyage. Doublement&nbsp;: il les regarde voyager et il \u00e9crit leur voyage. Assis \u00e0 sa table carr\u00e9e de bois clair. Il quitte le costume&nbsp;: bleu de travail et baudrier jaune fluo. Et il mange et il regarde et puis il \u00e9crit. Au d\u00e9but des notes. Eparses. Des fragments de gens de visages de gestes de conversations saisies \u00e0 la vol\u00e9e dans le vrac du quotidien. Et puis peu \u00e0 peu \u00e7a s\u2019est construit. Des portraits. Et puis c\u2019est parti. Des bouts de r\u00e9cits de voyage. Invent\u00e9s. Imagin\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#03 | l&rsquo;impossible retour : \u00e7a la retient<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les jours gris la retenaient. Ferme. <em>Il fallait patienter. Il fallait se contraindre.<\/em> <em>Il fallait accepter.<\/em> Il fallait attendre. Que \u00e7a passe. Serrer les dents. Contenir les n\u0153uds dans le ventre. Les dissoudre les jours bleus. Compter et attendre. Ca viendrait bien un jour. Elle pourrait alors partir. Repartir. Elle ne pensait pas qu\u2019on pouvait. A ce point. <strong>Le pi\u00e8ge s\u2019\u00e9tait referm\u00e9.<\/strong><\/strong> <strong>Elle \u00e9tait pourtant arriv\u00e9e de son plein gr\u00e9. Pouss\u00e9e par ce d\u00e9sir d\u2019ailleurs. Et puis c\u2019est arriv\u00e9. Englu\u00e9e dans les jours gris. Sur la plage deux nasses pos\u00e9es sur les galets. C\u2019\u00e9tait \u00e7a. Le voyage et puis la nasse. <em>Il fallait pouvoir tout recommencer<\/em>. Autrement. Ailleurs. Dans le ciel les nuages filaient.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Elle ne pourrait plus partir. Il y avait des trains, des bus, des avions. Mais elle ne pourrait plus partir tant qu\u2019il serait l\u00e0. Tant qu\u2019elle n\u2019aurait pas vid\u00e9 l\u2019absence qui formait comme un grand trou au milieu du ventre. Parfois elle s\u2019arr\u00eatait en pleine rue et criait silencieusement dans son poing. Parfois elle s\u2019asseyait sur un banc public et pleurait sans bruit. Les larmes l\u2019emp\u00eachaient de marcher. Alors elle pr\u00e9f\u00e9rait les laisser couler dans le bruit des arbres et les jeux d\u2019ombre et de lumi\u00e8re. <em>Il fallait patienter. Il fallait se contraindre.<\/em> <em>Il fallait accepter. <\/em>Elle pourrait alors partir. Repartir. Elle ne pensait pas qu\u2019on pouvait. A ce point. En si peu de temps. Il fallait. Vider la ville de lui. Qu\u2019elle retrouve l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de l\u2019arriv\u00e9e, brute de sensations neuves. Sans lui. Il fallait. <em>Il fallait pouvoir tout recommencer<\/em>. Autrement. Ailleurs. Elle renversa son visage. Dans le ciel les nuages filaient.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#02 | arriv\u00e9e dans la ville<\/strong> <strong>: c&rsquo;est ailleurs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Elle est entr\u00e9e dans la ville un apr\u00e8s-midi de plein soleil et elle ne s\u2019attendait pas \u00e0 \u00e7a. Depuis l\u2019autre bord, voil\u00e0 des mois qu\u2019elle se la figurait pourtant&nbsp;: toute blanche et toute claire surgie du plan du guide touristique bleu. Elle avait b\u00e2ti et fait grossir, et habit\u00e9 une ville de bord de mer avec son Boulevard maritime et son Boulevard du Front de mer, \u00e9blouie de lumi\u00e8re, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une ville m\u00e9diterran\u00e9enne dont elle \u00e9tait pourtant peu famili\u00e8re. En arrivant en voiture, elle avait d\u2019abord eu du mal \u00e0 comprendre o\u00f9 commen\u00e7ait la ville o\u00f9 elle finissait. Elle avait fini par trouver une indication de centre-ville mais l\u00e0 encore, elle avait eu du mal \u00e0 ajuster l\u2019id\u00e9e qu\u2019elle s\u2019en faisait &#8211; repli anim\u00e9 autour d\u2019une \u00e9glise et d\u2019une mairie, de petits commerces, de places et de caf\u00e9s &#8211; avec ce qu\u2019elle d\u00e9couvrait ici&nbsp;: un \u00e9tirement sans fin de boutiques toutes ferm\u00e9es \u00e0 cette heure, une mairie et une \u00e9glise se faisant face tout de m\u00eame, une ville d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment d\u00e9serte et poussi\u00e9reuse, \u00e9cras\u00e9e de chaleur sous le cuit du soleil d\u2019apr\u00e8s-midi. Une impression d\u2019abandon, de ville-fant\u00f4me. Tout ce qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait imagin\u00e9 dans un p\u00eale-m\u00eale d\u2019images fantasm\u00e9es dans l\u2019attente du voyage et de cette vie nouvelle devait \u00eatre repens\u00e9. Elle \u00e9tait ailleurs. Des d\u00e9tritus \u00e7a et l\u00e0 sur les trottoirs. Le long du front de mer des maisons basses, une halle grise ferm\u00e9e de deux grilles, une poubelle \u00e9ventr\u00e9e, des cases en t\u00f4le. Et le vent chaud tout aussi cuisant dans la torpeur des rues. &nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Chaos de la foule et des bagages dans l\u2019a\u00e9roport. Se frayer un passage dans le bruit, dans les langues, dans les corps en attente en transit en partance en exil. Sortir tant bien que mal et trouver un taxi. Comprendre que la file c\u2019est ici. Et puis d\u00e9couvrir la ville \u00e0 la vitesse du taxi. Les rues, les routes. Diff\u00e9rentes. Plus grandes, plus larges. Comment il fait. Tout est langue nouvelle. Absorber le chaos de lumi\u00e8res blanches bleues rouges dans la nuit de l\u2019arriv\u00e9e. Panneaux indicateurs, enseignes commerciales, fast food. A la fois identique et diff\u00e9rent. Accroch\u00e9 au r\u00e9troviseur, un chapelet. Ecouter la radio et ne rien comprendre de ce qui se dit. Accepter l\u2019inattendu. S\u2019installer dans le surprenant. Echapper ainsi au quotidien \u00e0 la routine. Apr\u00e8s tout c\u2019est ce dont elle avait besoin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#01 | la nuit d\u2019avant<\/strong> : <strong>avant la travers\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>elle partait \u00e0 l\u2019aube pour une double travers\u00e9e d\u2019ouest en est de part en part d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre la premi\u00e8re fois qu\u2019elle partait si loin seule elle est arriv\u00e9e t\u00f4t dans la gare routi\u00e8re odeur d\u2019\u00e9t\u00e9 de carburant de nourriture le voyage avait commenc\u00e9 dans le ventre le d\u00e9sir du d\u00e9part de l\u2019ailleurs de la travers\u00e9e des fronti\u00e8res loin seule avec un sac \u00e0 dos bleu pour tout bagage pos\u00e9 l\u00e0 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle sur l\u2019un des si\u00e8ges orange plastique fatigu\u00e9s eux d\u2019\u00eatre l\u00e0 immuables dans le mouvement perp\u00e9tuel des voyageurs fatigu\u00e9s des d\u00e9parts des sommeils intermittents dans la fraicheur des nuits et le gris de la gare lieu de transit travers\u00e9 de tant et tant de vies dans la nuit de la gare des cris d\u2019enfants des pleurs de b\u00e9b\u00e9s des chuchotements des langues des accents qui d\u00e9j\u00e0 la bercent loin et seule et pourtant d\u00e9j\u00e0 accueillie dans la communaut\u00e9 des voyageurs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>dans la gare elle attendait le train de nuit dehors il pleuvait une pluie fine et froide qui raturait rageusement le halo des r\u00e9verb\u00e8res la chaleur du gobelet br\u00fblant de caf\u00e9 traversait ses gants comme une petite bouillotte elle avait un peu froid encore dans l\u2019humidit\u00e9 et les courants d\u2019air du grand hall mais ce n\u2019\u00e9tait pas grave elle n\u2019arrivait pas \u00e0 lire ni \u00e0 \u00e9couter de la musique il lui fallait absorber la vie de la gare le voyage avait commenc\u00e9 depuis qu\u2019elle avait rempli son sac \u00e0 dos bleu contre lequel elle s\u2019adossait \u00e0 pr\u00e9sent pour se r\u00e9chauffer et palper le d\u00e9part pr\u00eate pour la double travers\u00e9e depuis les for\u00eats de l\u2019enfance jusqu\u2019\u00e0 l\u2019oc\u00e9an tout l\u00e0-bas de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 d\u2019un bord de terre \u00e0 un bord de mer d\u2019une lisi\u00e8re \u00e0 l\u2019autre en route vers le grand Est la gare se vidait pour laisser errer les voyageurs de nuit les pas r\u00e9sonnaient les bistrots fermaient l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre un balayeur r\u00eaveur les derni\u00e8res arriv\u00e9es bient\u00f4t elle serait seule avec la gare la nuit d\u2019hiver le train et ce grand d\u00e9part elle aimait cette id\u00e9e elle n\u2019avait pas peur<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Prologue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>D&rsquo;un voyage&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De <strong>I\u00e9na&nbsp;<\/strong>: ville-m\u00e9andre \u00e0 l\u2019ombre des for\u00eats en balcon d\u2019anciens champs de bataille des Plattenbau au bout de ligne de tram<\/p>\n\n\n\n<p>De <strong>Trois-Rivi\u00e8res<\/strong>&nbsp;: villes-\u00eeles de la Cara\u00efbe entre Qu\u00e9bec et Montr\u00e9al pieds dans l\u2019eau des lacs fleuves rivi\u00e8res t\u00eate dans l\u2019\u0153il du cyclone et les temp\u00eates de neige des grands hivers tropicaux<\/p>\n\n\n\n<p>De <strong>Cuzko <\/strong>: ville-pierre dans le bleu du ciel \u00e0 port\u00e9e de main dans l\u2019aube et le cr\u00e9puscule les d\u00e9coupures de la Cordill\u00e8re des Andes<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019<strong>Arequipa<\/strong>&nbsp;: ville-volcan de pierres blanches disparue une fois l\u00e0-haut tout l\u00e0-haut si haut qu\u2019on croirait toucher le ciel au bout de tant de pas essouffl\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p>De <strong>New-York<\/strong>&nbsp;: ville-monde verticale et fourmillante entre les gouttes de mon parapluie transparent<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019<strong>Ushua\u00efa<\/strong> : ville du bout du monde o\u00f9 l\u2019on tutoie l\u2019aventure et l\u2019inconnu malgr\u00e9 cartes et mappemondes<\/p>\n\n\n\n<p>De <strong>Kyoto <\/strong>: ville-labyrinthe, d\u00e9dale de rues et de ruelles dans la blancheur des cerisiers<\/p>\n\n\n\n<p>De la <strong>Patagonie atlantique&nbsp;<\/strong>: langue de terre et de mer travers\u00e9e de finca, de phoques, de vent, d\u2019\u00e9l\u00e9phants de mers, de bois p\u00e9trifi\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p>De <strong>La Havane<\/strong>&nbsp;: battements d\u2019aile d\u2019un papillon sur une \u00e9paule nue dans le soleil d\u2019un patio languissant<\/p>\n\n\n\n<p>De Natashquan : ville du bout du monde o\u00f9 s\u2019arr\u00eater, se poser, lire \u00e9crire et ne plus partir<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>&#8230;\u00e0 l&rsquo;autre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">De <strong>La Mer morte<\/strong> : mer de sel gorg\u00e9 des larmes de la Jordanie, d\u2019Isra\u00ebl et de la Palestine<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Des fjords de Norv\u00e8ge<\/strong> : dentelles de terre et d\u2019eau o\u00f9 vagabondent les trolls<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Du d\u00e9sert de Gobi<\/strong>&nbsp;: montagnes de sable et steppe aride travers\u00e9e de peuples nomades \u00e0 dos de chameaux<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">De <strong>Tombouctou&nbsp;<\/strong>: ville de sable aux trois minarets balay\u00e9e par les vents du Sahara<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">De <strong>Lhassa&nbsp;<\/strong>: dans la cit\u00e9 interdite sur les traces d\u2019Alexandra David-N\u00e9el aux mille vies<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">De <strong>la Vall\u00e9e des Touim\u2019s<\/strong>&nbsp;: les Falaises bleues, les Arbres-maisons, la For\u00eat au monstre endormi, le Pays qui est derri\u00e8re, l\u2019Observatoire o\u00f9 regarder la mer depuis la derni\u00e8re pierre, <em>O&rsquo;Messi-Messian, le plus vieil arbre aux oiseaux qui r\u00eave de devenir un livre<\/em>, les Arbres-\u00e0-bateaux pour des destinations sans fin<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Des <strong>Monts d\u2019Arr\u00e9e<\/strong>&nbsp;: g\u00e9ant endormi de landes, de tourbi\u00e8res et de roches dont le souffle enveloppe les hameaux de brume et de vent<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Du <strong>Cap Vert<\/strong>&nbsp;: de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 d\u2019une ligne imaginaire les Antilles, d\u2019un archipel \u00e0 l\u2019autre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">De <strong>Rome&nbsp;<\/strong>: d\u00e9ambuler dans les rues et les ruelles, fl\u00e2ner, s\u2019asseoir \u00e0 une terrasse de caf\u00e9 et sourire du calme retrouv\u00e9 <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Du <strong>Groenland&nbsp;<\/strong>: pays de glace et de glaciers o\u00f9 guetter la course du soleil, o\u00f9 s\u2019arr\u00eater, se poser, lire \u00e9crire et ne plus partir<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#05 | hommage \u00e0 Nicolas Bouvier : Balembouche PORTAIL C\u2019est l\u2019entr\u00e9e du domaine. Pas grandiloquent. Modeste. Pas vigoureux. Accueillant. Juste une fronti\u00e8re de bois qu\u2019on pousse facilement, ouverte le plus souvent. Une invitation \u00e0 entrer. ALLEE D\u2019ARBRES Et puis devant soi, une fois le portail franchi, une all\u00e9e d\u2019arbres v\u00e9n\u00e9rables et doux \u00e0 fois, et d\u2019herbes, une v\u00e9g\u00e9tation amie, un <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-double-voyage-prologue-7\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#voyages #05 | Balembouche<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4168,4094],"tags":[],"class_list":["post-112484","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-05_bouvier","category-le_double_voyage-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112484","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=112484"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112484\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=112484"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=112484"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=112484"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}