{"id":112975,"date":"2023-02-18T10:32:15","date_gmt":"2023-02-18T09:32:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=112975"},"modified":"2023-02-19T17:55:06","modified_gmt":"2023-02-19T16:55:06","slug":"le_double_voyage-01_la_nuit_d_avant-voyage-a","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le_double_voyage-01_la_nuit_d_avant-voyage-a\/","title":{"rendered":"#voyages | Voyage A"},"content":{"rendered":"\n<p>#5 NB, neuf<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ligne droite<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color\" style=\"color:#38308e\">J\u2019avais pourtant v\u00e9rifi\u00e9 du haut de l\u2019\u00e9cran de l\u2019ordi, \u00e7a paraissait facile. C\u2019est en le faisant en marchant sur mes deux pieds, l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, que rejoindre Dolus du Chateau s\u2019av\u00e9ra\u2026un poil plus long que pr\u00e9vu. Plus monotone que dans mes souvenirs, plus froid qu\u2019anticip\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019antre du diable<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Rue du moulin, pr\u00e9cision&nbsp;: aujourd\u2019hui rue du moulin au bourg. Je reconnais parfaitement les lieux, la v\u00e9g\u00e9tation, les murs, les sols. Mais tout est tellement\u2026petit&nbsp;! La maison ressemble presque \u00e0 une maison de poup\u00e9es, mais je ne connaissais pas encore Denton. Comment a-t-on pu tenir \u00e0 autant dedans\u2026&nbsp;? Pour un \u00ab antre du diable&nbsp;\u00bb, je m\u2019attendais \u00e0 quelque chose de plus\u2026grand, d\u00e9j\u00e0. Le glauque y est, ce n\u2019est pas le souci. Mais il a l\u2019air mal en point. Je plaindrais presque les murs de la maison qui semblent \u00eatre inexorablement pouss\u00e9s vers le centre de la terre comme pour s\u2019excuser de n\u2019\u00eatre pas \u00e0 la Hauteur du mythe. Pas de photos.<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019\u00e9glise<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La porte de l\u2019\u00e9glise, ferm\u00e9e. Je n\u2019essaye m\u00eame pas de la pousser. Il doit y avoir, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019int\u00e9rieur, d\u2019autres portes, secr\u00e8tes, menant vers des salles sombres, des rituels r\u00e9sonnants, une robe du dimanche, blanche \u00e0 carreaux rose avec un petit tablier blanc brod\u00e9 de fils de couleurs. La peur&nbsp;? Non, ce n\u2019est pas de la peur. C\u2019est bien plus que cela. Pas de photos.<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019\u00e9cole maternelle<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une ann\u00e9e pass\u00e9e ici, j\u2019aimerais aller voir si les \u00e9normes lettres sont encore dans le jardin, je me souviens de ce \u00ab&nbsp;B&nbsp;\u00bb \u00e9norme o\u00f9 Matthieu s\u2019\u00e9tait assis. L\u2019image est l\u00e0, s\u00e9pia. Mais je crois que je ne supporterais pas que ces lettres-l\u00e0 aient rapetiss\u00e9es. Des cris, des hurlements.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La grand-m\u00e8re<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi pas&nbsp;? Elle n\u2019habite plus sur l\u2019\u00eele, depuis. Elle vit dans un taudis de Rochefort. Les odeurs, la crasse, la petitesse des lieux. Comment&nbsp;? Comment ont-ils os\u00e9 la laisser l\u00e0&nbsp;? \u00ab&nbsp;C\u2019est ton oncle qui m\u2019a offert le salon&nbsp;!!!&nbsp;\u00bb, et elle y croit encore. Comment&nbsp;? Comment peut-elle encore y croire&nbsp;? Un salon achet\u00e9 en bois massif certes, mais c\u2019est bien tout ce qu\u2019il lui a laiss\u00e9. Et sa fille&nbsp;? N\u2019est jamais venue. Elle m\u2019emm\u00e8ne \u00e0 la boulangerie. \u00ab&nbsp;C\u2019est ma petite-fille&nbsp;!!! elle est venue me voir&nbsp;!!!&nbsp;\u00bb. Je regarde la boulang\u00e8re, surprise, interdite, nos yeux se croisent, dans les miens mille et une excuses\u2026pour mille et deux raisons ignor\u00e9es. Mais le sentiment de culpabilit\u00e9 ancr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le repas<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Des pommes de terre \u00e0 l\u2019eau, mon repas pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Un peu de p\u00e2t\u00e9 de foie. Je prends un peu de p\u00e2t\u00e9 pour mettre sur la patate d\u00e9coup\u00e9e encore ti\u00e8de. J\u2019adore \u00e7a, mais je ne le fais jamais. C\u2019est l\u2019occasion. \u00ab&nbsp;Ah&nbsp;!!! comme ton grand-p\u00e8re&nbsp;!!! il faisait toujours \u00e7a&nbsp;!!!&nbsp;\u00bb. Ah&nbsp;? Ah\u2026vous reprendrez bien un peu de honte pour faire passer tout \u00e7a&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Tu reviendras&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je ne te promets rien, m\u00e9m\u00e9. Je ne sais pas.&nbsp;\u00bb Je ne suis jamais revenue.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le phare de Chassiron<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce vent&nbsp;!!! de diou&nbsp;!!! Allez, hop, deux photos&nbsp;de mes cheveux !!! Je m\u2019amuse bien. J\u2019ai reconnu le phare d\u00e8s qu\u2019on s\u2019en est approch\u00e9 en voiture. L\u2019oc\u00e9an devant. Allez, une photo. J\u2019ai pourtant h\u00e9sit\u00e9, puis j\u2019ai fini par lui demander de prendre la pose, devant l\u2019oc\u00e9an. J\u2019en aurais au moins une. Je pourrais la montrer quand je parlerais de lui. Pas souvent, mais quand \u00e7a m\u2019arrivera, je pourrais dire \u00ab&nbsp;attends&nbsp;!!! voil\u00e0 mon p\u00e8re&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La gare<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aimerais revenir. Mais je sais d\u00e9j\u00e0 que je ne reviendrai pas. Elle est pourtant tr\u00e8s belle la gare de Rochefort, petite mais belle. Il n\u2019y a que cela de beau d\u2019ailleurs \u00e0 Rochefort. Le reste est comme une pellicule de film oubli\u00e9e dans de mauvaises conditions de conservations. A moiti\u00e9 moisi. Pour le restaurer, il faudrait 10 budgets pour monter d\u2019autres films. Alors \u00e0 choisir, autant monter d\u2019autres films. Je ne reviendrai pas. Avant tr\u00e8s longtemps. Avant d\u2019avoir mont\u00e9 d\u2019autres films.<\/p>\n\n\n\n<p>#4 Les autonautes de la cosmoroute<\/p>\n\n\n\n<p>Passer une semaine sur une \u00eele, fut-elle maternelle, c\u2019est long. Surtout sans permis.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/premiere-photo-plage-2013-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-115098\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/premiere-photo-plage-2013-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/premiere-photo-plage-2013-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/premiere-photo-plage-2013-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/premiere-photo-plage-2013-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/premiere-photo-plage-2013-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re photo de la recherche. Le samedi 02 f\u00e9vrier 2013. Ce dont je me souviens c\u2019est l\u2019abattement du non-aboutissement, le d\u00e9but de la prise de conscience de l\u2019impossible entreprise. Puis, quand m\u00eame, une photo. Une trace de la non-trace. C\u2019est b\u00f4 quand m\u00eame. C\u2019est une plage avec l\u2019oc\u00e9an. J\u2019ai sorti ma tablette, et j\u2019ai pris une photo. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a. C\u2019est pas rien. Mais ce n\u2019est pas ce que je cherche. Les vents calment mes col\u00e8res et autres auto-d\u00e9ceptions de n\u2019avoir pas assez bien pr\u00e9par\u00e9 ce voyage. J\u2019ai vraiment cru qu\u2019il allait suffire que je vienne pour qu\u2019elle m\u2019attende, l\u00e0 ou l\u00e0. Et que je n\u2019aurais qu\u2019\u00e0 la chercher pour la trouver. C\u2019est tr\u00e8s mauvais, de croire qu\u2019on sait ce qu\u2019on cherche, tr\u00e8s mauvais. \u00c7a fait des n\u0153uds dans la pelote, comme s\u2019il n\u2019y en avait pas d\u00e9j\u00e0 suffisamment pour occuper deux ou trois vies. C\u2019est tr\u00e8s mauvais, mais \u00e7a me semble aujourd\u2019hui in\u00e9vitable, n\u00e9cessaire. Paradoxalement, c\u2019est \u00e7a que j\u2019\u00e9tais venue chercher. Et que je ne trouverai pas. L\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Loin de tout, loin de moi, quelque part o\u00f9 je me sente \u00ab&nbsp;chez moi&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Si on ne peut m\u00eame pas se fier \u00e0 ses propres ou sales images, comment&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>O\u00f9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ni l\u00e0-haut, ni ici, ni l\u00e0-bas.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors o\u00f9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>O\u00f9 se reposer?<\/p>\n\n\n\n<p>#&nbsp;3 impossible retour<\/p>\n\n\n\n<p>La plage.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;qui cache son fou meurt sans voix&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026ce n\u2019est toujours pas celle-l\u00e0. Combien y-a-t-il de plages sur une \u00eele&nbsp;? Trop ou pas assez&nbsp;? Je la veux elle, celle qu\u2019on entend depuis le bas de la dune sans la voir, celle qu\u2019on sent dans l\u2019air et sous les pieds le sable sans la voir, je suis venue pour elle, principalement, s\u00fbrement, assur\u00e9ment. O\u00f9 est-elle&nbsp;? Il y a la petite cabane qui vend des glaces et des chouchous avant de la gravir, la dune. Il y en aura d\u2019autres de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, mais les pr\u00e9voyants ou les impatients s\u2019arr\u00eatent ici, en bons sherpas, pour se ravitailler avant d\u2019entamer l\u2019escalade. Je le sais, je le vois. L\u00e0, sous mes yeux, dans mes yeux, derri\u00e8re mes yeux, floue, vague, olfactive, sensitive\u2026mais o\u00f9 est-elle maintenant que le froid a ferm\u00e9 les baraques, que les morts ont vendus leurs maisons, que les Zhommes sont pass\u00e9es sans laisser de traces&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Je marche des heures pour en tenter une. Jamais la bonne. O\u00f9 est la bonne&nbsp;? Je m\u2019y arr\u00eate quand m\u00eame, il y a la mer, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a. Mais pas la bonne.<\/p>\n\n\n\n<p>Je voulais toutes les essayer \u00e0 pied. Mais l\u2019entreprise impossible fut relay\u00e9e par un p\u00e8re en automobile. Il m\u2019a emmen\u00e9 sur toutes les plages auxquelles peut \u00eatre\u2026mais non. Combien&nbsp;? Au moins. Mais pas elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne l\u2019ai jamais retrouv\u00e9. Je pensais sinc\u00e8rement, jusque-l\u00e0 et depuis que je l\u2019avais quitt\u00e9 la derni\u00e8re fois, que je la retrouverai un jour. Il faudra bien me rendre \u00e0 l\u2019\u00c9vidence. Je ne la retrouverai jamais. Pas ici.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudra donc que j\u2019\u00e9conomise les images que j\u2019en fais, voil\u00e0 tout ce qu\u2019il m\u2019en restera jamais.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>En route pour l\u2019\u00eele.<\/p>\n\n\n\n<p>Janvier\/f\u00e9vrier 2013<\/p>\n\n\n\n<p>En partant, j\u2019avais demand\u00e9 au Ma\u00eetre si je pouvais faire les exercices dans le sable, si j\u2019avais le niveau, si je n\u2019allais pas me blesser b\u00eatement, seule, sur l\u2019\u00eele. Je ne lui avais pas demand\u00e9 comme \u00e7a, mais j\u2019avais repris le sport depuis seulement quelques mois, et mon corps reprenait \u00e0 peine quelques r\u00e9flexes. Il avait approuv\u00e9 de la t\u00eate, plusieurs fois, en souriant, comme toujours. J\u2019avais 37 ans et \u00e0 peine 50 kg toute mouill\u00e9e. Comme j\u2019\u00e9tais soulag\u00e9e d\u2019avoir enfin un Ma\u00eetre. Pourtant, si on m\u2019avait dit, juste un an avant que je m\u2019y inscrive, que je ferais un jour du Kung-Fu, j\u2019aurais ri, mais ri. Du fin fonds des tripes. De ce rire qui dit <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=iVn75z6HPMs\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=iVn75z6HPMs\" target=\"_blank\">\u00ab&nbsp;vous entravez que dalle, vous \u00eates vraiment trop con, bande de sous-merdes de soubassement de cul de basse fosse.&nbsp;<\/a>\u00bb, ou \u00e0 peu pr\u00e8s. Parce que le Kung-Fu, c\u2019\u00e9tait le sport de mon fr\u00e8re. Enfin les rares fois o\u00f9 je l\u2019ai vu utilis\u00e9 son Nunchaku apr\u00e8s avoir regard\u00e9 les films de Bruce Lee. Je le trouvais\u2026ridicule. Alors en faire moua. Certainement pas. Je ne veux pas \u00eatre ridicule. Il aura fallu que, pour la deuxi\u00e8me fois de ma vie, je passe sous la barre des 50kg pour m\u2019y r\u00e9soudre. Pour ne plus rire du tout, sardonique-ment ou autre-ment. Et j\u2019avais d\u00e9couvert, d\u00e8s la premi\u00e8re s\u00e9ance, que j\u2019adorais \u00e7a. Pas les autres, pas m\u00eame la comp\u00e8te avec les autres. Mais moua d\u00e9fiant moi. Suer, avoir mal, se d\u00e9passer, d\u00e9passer les premi\u00e8res douleurs, les fausses, pour atteindre les autres, les vraies, s\u2019entendre craquer de l\u2019int\u00e9rieur. Et il y avait un Ma\u00eetre pour voir quand j\u2019allais trop loin. Il \u00e9tait v\u00e9ritable moine Shaolin, d\u00e9froqu\u00e9 car mari\u00e9 \u00e0 une fran\u00e7aise. Il \u00e9tait plus petit et presque aussi fin que moi. Mais quand il vous mettait un petit coup, vous d\u00e9colliez de 2 m\u00e8tres. Alors on peut \u00eatre petit, souriant, et se d\u00e9fendre. Tout \u00e7a, juste en travaillant avec son corps. C\u2019\u00e9tait id\u00e9al. Alors c\u2019\u00e9tait d\u00e9cid\u00e9, j\u2019allais y aller. Seule. J\u2019avais pris les tickets de train, puis de bus, expliqu\u00e9 \u00e0 ma compagne de l\u2019\u00e9poque que \u00ab je dois y aller seule d\u2019abord. Peut-\u00eatre plus tard, on ira ensemble. Mais l\u00e0, je dois y aller seule. Tu comprends ? \u00bb. Non, elle ne comprenait pas. Comment aurait-elle pu comprendre que je me prenne une semaine de vacances sur l\u2019\u00eele d\u2019Ol\u00e9ron au d\u00e9but f\u00e9vrier, sans pr\u00e9venir, et sans elle, ou inversement. Alors qu\u2019on \u00e9tait en couple depuis deux ans et qu\u2019on n\u2019\u00e9tait jamais parti plus loin que Jou\u00e9-les-Tours. Ah si, une fois, elle \u00e9tait venue en Bretagne, pour l\u2019enterrement de mon beau-p\u00e8re. Mais je ne sais pas si \u00e7a compte\u2026 &nbsp;J\u2019avais essay\u00e9 de lui dire, de lui expliquer. Mais les mots ont des limites. Ils ne peuvent que nous renvoyer \u00e0 notre propre ou sale r\u00e9alit\u00e9. Le r\u00e9el, lui, \u00e9chappe \u00e0 toutes syllabes, \u00e0 toutes lettres, \u00e0 tout signes. Les chiffres et les nombres peut \u00eatre, et encore. Je n\u2019avais certainement pas le niveau n\u00e9cessaire pour l\u2019entr\u2019apercevoir de loin, et je ne l\u2019ai toujours pas. Je voulais juste qu\u2019elle comprenne que je ne pouvais emmener personne. Rien que moi et moua, y\u2019avait d\u00e9j\u00e0 de l\u2019exc\u00e9dent de bagages. Je prends le train sur le quai de la gare de Tours, belle gare, je crois que c\u2019est l\u00e0 que je m\u2019en suis rendue compte pour la premi\u00e8re fois. \u00c9tait-elle avec moi sur le quai&nbsp;? Je ne sais plus. Vrai-ment. L\u2019int\u00e9rieur d\u2019abord. L\u2019ext\u00e9rieur, ce sera pour plus tard, bien plus tard. Je ne sais plus quelle image j\u2019ai vu en premier ce jour-l\u00e0. Peut-\u00eatre qu\u2019en y retournant. Je crois qu\u2019elle \u00e9tait \u00e0 droite en entrant. Je crois. Avec une m\u00e9moire comme la mienne, j\u2019aurais d\u00fb partir en Suisse travailler dans l\u2019industrie du gruy\u00e8re, j\u2019aurais fait carri\u00e8re, ou meule. <em>\u00ab&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.patrimoine-environnement.fr\/restauration-de-la-gare-de-tours\/\" target=\"_blank\">Un diagnostic r\u00e9alis\u00e9 en 2013 a conclu \u00e0 l\u2019urgence de la n\u00e9cessit\u00e9 de restaurer ces tableaux menac\u00e9s par d\u2019importants probl\u00e8mes d\u2019adh\u00e9rence.<\/a><\/em>&nbsp;\u00bb Tu m\u2019\u00e9tonnes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019h\u00f4tel Lafayette de Rochefort. Une nuit avant de. J\u2019aurais pu m\u2019arr\u00eater l\u00e0. Apr\u00e8s tout, j\u2019y suis n\u00e9e. Mais non, ce n\u2019\u00e9tait pas ma destination finale. Pourquoi et comment je n\u2019avais pas r\u00e9ussi \u00e0 y aller directement sans passer une nuit dans cette ville. Ou peut \u00eatre l\u2019avais-je fait expr\u00e8s. Une nuit \u00e0 Rochefort, ma naissance vaut bien \u00e7a. L\u2019h\u00f4tel \u00e9tait joli, un peu pr\u00e9tentieux dans une ville qui avait perdu toutes les siennes. Un peu moderne aussi dans une ville qui s\u2019\u00e9tait fait une id\u00e9e toute particuli\u00e8re de la modernit\u00e9. Une ville arr\u00eat\u00e9e sur des images de film qui l\u2019avait captur\u00e9 juste avant que. Mais que la ville est basse. A part l\u2019h\u00f4pital o\u00f9 je suis n\u00e9e qui hurle l\u2019architecture urbaine des ann\u00e9es 70 en pleine souffrance abandonnale. \u00ab&nbsp;<em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/ch-rochefort.fr\/fr\/rochefort\/presentation-generale\/le-nouvel-hopital\/historique\/\" target=\"_blank\">Son architecture massive et impersonnelle, ses mat\u00e9riaux, ses couleurs et ses lignes verticales offrent un violent contraste avec le tissu urbain ancestral de la vieille ville et s\u2019affiche comme un symbole de renouveau et plonge Rochefort dans l\u2019\u00e8re de la modernit\u00e9.<\/a>&nbsp;<\/em>\u00bb Un violent contraste, c\u2019est \u00e7a. Surtout depuis qu\u2019ils l\u2019ont abandonn\u00e9-e-nt-z-etc. Et pour la plong\u00e9e, je crois qu\u2019ils sont encore au fonds, ils ne sont jamais remont\u00e9s. La chambre d\u2019h\u00f4tel est petite, j\u2019ai r\u00e9serv\u00e9 pour une personne. \u00c7a ne m\u2019emb\u00eate pas du tout. Quand je suis seule, je pr\u00e9f\u00e8re les petites pi\u00e8ces. Je n\u2019ai pas besoin de beaucoup de place, au contraire, \u00e7a me paralyse. J\u2019aime que tout soit \u00e0 port\u00e9e. Ne serait-ce qu\u2019en apparence.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>#2 Plus qu&rsquo;un pont<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de prendre le bus de Rochefort \u00e0 l\u2019\u00eele d\u2019Ol\u00e9ron, je me d\u00e9cide enfin \u00e0 appeler mon p\u00e8re. La question \u00e9tait encore en suspens hier soir, ce matin en cherchant le nectar noir serr\u00e9 qui m\u2019ouvrira les poumons afin de recueillir les premi\u00e8res bouff\u00e9es de fum\u00e9e, sur le chemin en allant \u00e0 la gare routi\u00e8re. J\u2019ai trouv\u00e9 une cabine, je crois, pourquoi une cabine&nbsp;? Je me souviens que je l\u2019ai appel\u00e9 d\u2019une cabine. Pourquoi&nbsp;? Pourquoi ce souvenir&nbsp;? Son num\u00e9ro, comment l\u2019avais-je eu&nbsp;? Pas d\u2019images.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00bb&nbsp;<em>Allo&nbsp;? Papa&nbsp;? C\u2019est Alexia.<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Autant dire que les deux secondes qui suivirent furent longues, mais longues. Je lui laissais le temps de repasser en t\u00eate tous les visages connus pouvant porter ce pr\u00e9nom avant d\u2019arriver jusqu\u2019\u00e0 celle qui devait plus ou moins me repr\u00e9senter dans sa m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<em>Ah\u2026comment \u00e7a va&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;<em>Ca va. Ca va\u2026<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Ca c\u2019est s\u00fbr. Parce que c\u2019est toujours comme \u00e7a avec mon p\u00e8re. Il me demande toujours comment \u00e7a va comme il le demanderait \u00e0 un vieux pote qu\u2019il n\u2019a pas vu depuis 10 ans. Et je lui r\u00e9ponds toujours que \u00e7a va bien, comme je le r\u00e9pondrais \u00e0 un vieux pote que je n\u2019aurais pas vu depuis 10 ans. Sans y penser quoi.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab\u00a0\u2026et toi&nbsp;?\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a, c\u2019est moins s\u00fbr, mais \u00e7a fait mieux. Demander aux autres comment ils vont, j\u2019ai rarement l\u2019id\u00e9e qui me traverse l\u2019esprit. Je ne sais pas pourquoi, mais \u00e7a ne m\u2019int\u00e9resse absolument pas. En fait, ce n&rsquo;est pas que \u00e7a ne m&rsquo;int\u00e9resse pas, c&rsquo;est la question qui est inint\u00e9ressante au possible. \u00c7a se voit quand quelqu&rsquo;un va \u00ab\u00a0bien ou mal\u00a0\u00bb ou quelque part entre les deux, ou bien au-del\u00e0 des deux. Bref, \u00e7a se voit. Pourquoi se poser cette question? Pourquoi s&rsquo;alourdir? Et alors le fait qu&rsquo;on est cens\u00e9 r\u00e9pondre \u00e0 chaque fois \u00ab\u00a0\u00e7\u00e0 va, \u00e7a va\u00a0\u00bb, alors l\u00e0, je l\u00e2che l&rsquo;affaire. Sauf pour lui. Parce que je ne saurai vraiment pas quoi dire d&rsquo;autre. Je n&rsquo;ai aucune intention de le blesser de quelques mani\u00e8res que ce soit.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s quelques banalit\u00e9s d\u2019usages&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab\u00a0Je t\u2019appelle parce que je suis \u00e0 Rochefort. Je suis venu pour une semaine. J\u2019ai lou\u00e9 une maison sur l\u2019\u00eele.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Re-deux secondes interminables. \u00c7a fait beaucoup d\u2019informations apr\u00e8s 10 ans de silence, peu ou prou.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00bb&nbsp;-ah\u2026&nbsp;tu veux venir \u00e0 la maison&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;<em>Non, non, je te dis, j\u2019ai lou\u00e9 une maison. Mais je voulais te dire que j\u2019\u00e9tais dans le coin, si tu veux, on pourrait boire un caf\u00e9 un de ces quatre, dans la semaine.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;<em>Ah\u2026ben aujourd\u2019hui, je peux pas, je vais \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour des examens\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>-\u00c7a<em> tombe bien parce qu\u2019aujourd\u2019hui non plus je peux pas, je vais prendre les clefs de la maison sur l\u2019\u00eele. Je prends le bus dans 20 minutes l\u00e0. T\u2019inqui\u00e8tes pas, on a tout le temps pendant la semaine, je voulais juste te pr\u00e9venir.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;<em>Ah\u2026tu es l\u00e0 demain alors&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>-ben oui, je te dis, j\u2019ai lou\u00e9 une semaine\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;<em>ah\u2026ben alors demain&nbsp;! on peut se voir demain\u2026tu sais o\u00f9 tu loges exactement&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;<em>je te dis, j\u2019y vais l\u00e0, j\u2019ai pas encore les clefs. J\u2019ai pris une petite maison au Ch\u00e2teau, je voulais pas aller trop loin non plus. Je vais devoir aller prendre mon bus l\u00e0, je te rappelle ce soir pour te donner l\u2019adresse si tu veux&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;<em>ah ben oui, oui\u2026&nbsp;! tu me rappelles ce soir alors, hein&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;<em>oui, t\u2019inqui\u00e8tes, je te rappelle ce soir. A ce soir.<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Il me restait 20 minutes, mais j\u2019ai des rituels. Je n\u2019aime pas arriver o\u00f9 que ce soit au dernier moment. J\u2019ai au moins deux clopes \u00e0 fumer avant de monter dans le bus.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aurais aim\u00e9 vous parler du trajet en bus. Je vois un peu la gare routi\u00e8re de Rochefort, les arr\u00eats de bus qui s\u2019alignent, probablement la ligne 6 E, probablement vers 15h52, histoire d\u2019arriver avant la nuit. J\u2019aurais aim\u00e9 vous parler des arr\u00eats \u00e0 Marennes, \u00e0 Bourcefranc, vous dire ce qu\u2019est la porte d\u2019Ors au Ch\u00e2teau d\u2019Ol\u00e9ron, et le pont entre les deux. J\u2019aurais aim\u00e9, mais je n\u2019ai que des images de pluie cognant f\u00e9brilement sur les fen\u00eatres du bus, une petite pluie mais qui emp\u00eache tout embellissement de l\u2019acte h\u00e9ro\u00efque en cours justement. Une vache&nbsp;? peut-\u00eatre, une blanche et noire. Je les aime bien les blanches et noires. Elles me rappellent\u2026quelque chose, mais quoi. Je ne sais pas. Des claires? Moins s\u00fbr. Sur le pont, le vent surtout, je sens mon corps osciller avec le bus. Tu m\u2019\u00e9tonnes que mon cerveau ait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 tout effacer. Aquaphobe. Peut-\u00eatre un coup d\u2019\u0153il en arrivant du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00eele qui n\u2019en est plus une du coup, vers l\u2019ancien parc \u00e0 hu\u00eetre de mon grand-p\u00e8re. L\u00e0 o\u00f9 quelques ann\u00e9es auparavant \u00ab\u00a0on\u00a0\u00bb a jet\u00e9 quatre roses qui form\u00e8rent un A \u00e0 la surface de l\u2019eau tout en accompagnant les cendres dudit qui ne s\u2019\u00e9taient pas envol\u00e9es dans l\u2019\u0153il de ma petite s\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai grand-p\u00e8re dans l\u2019\u0153il\u2026&nbsp;!&nbsp;\u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Il doit y avoir, dans la mithocondrie, un g\u00e8ne de la repartie. Ou dans la repartie, une g\u00eane dans la mytho-condrie. R\u00e9sultat&nbsp;: on a ri, mais on a ri.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ris beaucoup moins en descendant du bus, presque plus de pluie, des nuages bas, un temps d\u2019avril. Est-ce pour cela que j\u2019\u00e9tais persuad\u00e9e d\u2019y \u00eatre all\u00e9e en avril&nbsp;? Un peu plus loin, une seule voiture gar\u00e9e sur le parking. Je m\u2019avance, une femme sort de la voiture. Elle va m\u2019emmener \u00e0 la maison lou\u00e9e. Une maison pour 6 personnes, elle me demandera cinq ou six fois si je suis bien seule. Je r\u00e9pondrais cinq ou six fois \u00ab&nbsp;oui&nbsp;\u00bb. Une bribe de \u00ab&nbsp;je viens juste pour retrouver quelques images de mon enfance\u2026&nbsp;\u00bb, \u00e0 peu pr\u00e8s. Elle n\u2019a pas l\u2019air de bien conna\u00eetre le coin, elle n\u2019a pas reconnu mon nom. Quelques commodit\u00e9s, un magasin Super U, le Ch\u00e2teau \u00e0 dix minutes \u00e0 pied. Je commencerai par l\u00e0. J\u2019ai vu un tabac en arrivant. Et avec un peu de chance, je retrouverai celui de mon enfance. Celui o\u00f9 il y avait des petites boites de puzzle en forme de bo\u00eetes d\u2019allumettes pour chemin\u00e9es d\u2019aujourd\u2019hui. Au sol, dans un carton. Je n\u2019ai pas beaucoup d\u2019images, mais les rares que j\u2019ai sont\u2026toujours assorties de sensations\u2026\u00e0 peine descriptibles en mot. Pour celle-l\u00e0, il fait jaune, comme si j\u2019entrais dans une photo s\u00e9pia, le temps s\u2019arr\u00eate quand je pose les yeux sur les bo\u00eetes. En-ai-je demand\u00e9 une&nbsp;? En-ai-je eu une&nbsp;? Je ne sais pas. Je crois que oui, mais en r\u00e9alit\u00e9, je ne sais pas. Le tour de la maison, deux chambres, des draps\u2026oui, oui. Le canap\u00e9 me fait d\u00e9j\u00e0 de l\u2019\u0153il, je passerais tout le s\u00e9jour dedans. Moins une nuit. Moment de bravoure intense, mais \u00e9court\u00e9 par le vent dans le toit qui fait jouer des claquettes \u00e0 mes dents du dedans. Ils sont nombreux. Je ne sais pas pourquoi, mais \u00e7a, je ne l\u2019avais vraiment pas anticip\u00e9. Ou pas vraiment.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#5 NB, neuf<\/p>\n<p>Ligne droite<\/p>\n<p>J\u2019avais pourtant v\u00e9rifi\u00e9 du haut de l\u2019\u00e9cran de l\u2019ordi, \u00e7a paraissait facile. C\u2019est en le faisant en marchant sur mes deux pieds, l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, que rejoindre Dolus du Chateau s\u2019av\u00e9ra\u2026un poil plus long que pr\u00e9vu. Plus monotone que dans mes souvenirs, plus froid qu\u2019anticip\u00e9. <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le_double_voyage-01_la_nuit_d_avant-voyage-a\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#voyages | Voyage A<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":522,"featured_media":113052,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4107,4111,4129,4157,4168,4094],"tags":[],"class_list":["post-112975","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-01_la_nuit_d_avant","category-02_arrivee_dans_la_ville","category-03_michaux_impossible_retour","category-04_cortazar","category-05_bouvier","category-le_double_voyage-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112975","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/522"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=112975"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112975\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/113052"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=112975"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=112975"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=112975"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}