{"id":113282,"date":"2023-04-15T13:34:49","date_gmt":"2023-04-15T11:34:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=113282"},"modified":"2023-05-21T16:04:03","modified_gmt":"2023-05-21T14:04:03","slug":"voyage-01-la-nuit-davant-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/voyage-01-la-nuit-davant-12\/","title":{"rendered":"#voyages | un d\u00e9tour vers l&rsquo;avenir"},"content":{"rendered":"\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"#prologue\">prologue<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#d\u00e9part\">#01|la nuit d&rsquo;avant<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#l'arriv\u00e9e\">#02|l&rsquo;arriv\u00e9e dans la ville<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#impossible-retour\" data-type=\"internal\" data-id=\"#impossible-retour\">#03|impossible retour<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#halte\">#04|halte sur la cosmoroute<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#rep\u00e8res\">#05|rep\u00e8res<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#raconte\">#06|qui raconte \u00e0 qui<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#petitvoyage\">#07|tout petit voyage<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#reconstitutions\">#08|reconstitutions<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#histoires\">#09|histoires<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#\u00e9clats\">#10|\u00e9clats<\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/IMG_5407-1024x576.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-115394\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/IMG_5407-1024x576.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/IMG_5407-420x236.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/IMG_5407-768x432.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/IMG_5407-1536x864.jpeg 1536w, 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voile de pollution, je suis \u00e0 Chicago, verri\u00e8re et luminosit\u00e9 accrue au 209 South LaSalle Street, je suis \u00e0 Karachi, 1992, couvre-feu et un taxi file dans la ville, je suis \u00e0 Montr\u00e9al, son r\u00e9seau souterrain et un hiver sans jour, je suis \u00e0 Albuquerque, sur les traces de Walter White, je suis \u00e0 Dakar, voil\u00e0 pourquoi ce chien s\u2019appelait Yoff, je suis \u00e0 Petra, la magie du message du vent dans tes cheveux, je suis \u00e0 Chino, cette photo de ce vieux DC3, je suis \u00e0 Venise, en dehors de la foule \/\/\/ je suis \u00e0 Kyoto, pour sentir le souffle de la ville, je suis \u00e0 Berlin, pour revivre l\u2019underground, je suis \u00e0 Irkoutsk, pour r\u00eaver du transsib\u00e9rien, je suis \u00e0 Reykjavik, pour se rapprocher d\u2019Erlendur, je suis \u00e0 S\u00e9ville, pour explorer la route jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Alhambra, je suis \u00e0 Specchia, pour se lover au c\u0153ur des Pouilles, je suis \u00e0 Istamboul, pour se souvenir de ses fa\u00efences murales, je suis \u00e0 Lisbonne, pour marcher sur tes traces, je suis \u00e0 Essaouira, pour v\u00e9rifier que ton nom en vaut la peine, je suis \u00e0 Missoula, pour p\u00eacher \u00e0 la mouche des truites, je suis \u00e0 Olinda, pour se souvenir de cet instant magique, je suis \u00e0 Valapraiso, pour explorer sa folie, je suis \u00e0 Ouessan, pour retrouver un sens \u00e0 la solitude, je suis \u00e0 Kiruna, pour l\u2019exp\u00e9rience du d\u00e9placement d\u2019une ville<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/IMG_5407-1024x576.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-115379\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p id=\"d\u00e9part\"><strong>la nuit d&rsquo;avant<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"d\u00e9part\">S\u2019arracher au quotidien, vivre une aventure au-del\u00e0 des fronti\u00e8res, ressentir l\u2019\u00e9motion de ces lieux qui envo\u00fbtent l\u2019esprit et hantent les vies pour toujours. S\u2019\u00e9vader et explorer l\u2019espace sans aucune limite, dire&nbsp;<em>je pars<\/em>, tourner la cl\u00e9 dans la serrure de la porte et tout laisser derri\u00e8re soi, juste se mettre en mouvement et peu importe le but, car dans cette aventure, le voyage compte plus que la destination.&nbsp;Les nuits d\u2019avant se ressemblent toutes ou presque. C\u2019est la m\u00eame agitation int\u00e9rieure, la m\u00eame excitation du d\u00e9part proche, le m\u00eame sentiment d\u2019abandon, la m\u00eame angoisse de l\u2019inconnu qui tiraillent l\u2019int\u00e9rieur du corps, de l\u2019esprit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Dans cette chambre cabine d\u2019un h\u00f4tel a\u00e9roportuaire \u00e0 la d\u00e9coration impersonnelle, alors qu\u2019elle n\u2019aspire qu\u2019\u00e0 un ailleurs proche trop souvent fantasm\u00e9, presque us\u00e9, elle a la sensation que les murs se resserrent, lui offrent une vision restreinte de la pi\u00e8ce, rentrent dans le c\u0153ur m\u00eame de son cerveau. La nuit va \u00eatre longue. Dans le couloir, des portes claquent, des \u00e9clats de rire, tout se m\u00e9lange et fait \u00e9cho. Ses bagages s\u2019entassent dans un coin. Le moment vient de faire et refaire mentalement la check-list de ce qu\u2019il lui semblait utile d\u2019emporter, un bout de sa vie. Allong\u00e9e sur le dessus de lit, son corps pr\u00e9sent dans cette r\u00e9alit\u00e9, elle ne peut s\u2019emp\u00eacher d\u2019anticiper la route \u00e0 venir. Son esprit a d\u00e9j\u00e0 fait le saut. Elle nage dans un entre-deux d\u00e9routant. Les yeux coll\u00e9s au plafond, c\u2019est l\u2019attente impos\u00e9e, cette sensation qui creuse \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. La fatigue engourdit son corps, elle d\u00e9compte les heures jusqu\u2019au r\u00e9veil matinal, trop matinal. Sur les murs se projette l\u2019ombre intrusive de la lumi\u00e8re crue des r\u00e9verb\u00e8res, une enseigne rouge n\u2019a de cesse de clignoter. L\u2019heure de programmation de la sonnerie de son portable une nouvelle fois v\u00e9rifi\u00e9e, elle finit par sombrer dans un demi-sommeil entre ici et l\u00e0-bas.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"l'arriv\u00e9e\"><strong>l\u2019arriv\u00e9e dans la ville<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Arriver quelque part un matin d\u2019hiver, un soir d\u2019\u00e9t\u00e9 et sentir les vibrations de la ville au loin tel un aimant qui invite \u00e0 la d\u00e9couverte, \u00e0 la curiosit\u00e9 d\u2019un lieu, d\u2019un espace et ressentir au fond de soi ce petit picotement int\u00e9rieure comme un appel \u00e0 poursuivre. La ville est l\u00e0, offerte \u00e0 qui sait \u00e9couter, regarder, sentir et peu importe par quelle entr\u00e9e on l\u2019aborde, elle deviendra docile d\u00e8s lors que la confiance en elle deviendra palpable.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a tellement de pays \u00e0 explorer qu\u2019il est impossible de se mettre en chemin pour une destination en particulier. Dans quelle direction partir, elle ne l\u2019a jamais su, le contexte a souvent d\u00e9cid\u00e9 pour elle. Alors, de cette chambre d\u2019h\u00f4tel \u00e0 l\u2019a\u00e9roport, des enfilades de couloir aux postes de s\u00e9curit\u00e9, des zones sous douane \u00e0 la porte d\u2019embarquement, il n\u2019y a qu\u2019un pas \u00e0 franchir. Et c\u2019est dans ce contexte o\u00f9 rien ne compte plus que le voyage en lui-m\u00eame qu\u2019elle traverse l\u2019oc\u00e9an d\u2019est en ouest pour se retrouver quelques heures plus tard, comme par magie, dans les entrailles d\u2019une ville encore inconnue d\u2019elle.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"impossible-retour\"><strong>impossible retour<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et cette sensation de n\u2019\u00eatre jamais parti la saisit alors qu\u2019elle marche dans la rue, profite de cet instant qu\u2019elle per\u00e7oit d\u00e9cal\u00e9, hors du r\u00e9el, ailleurs. \u00c9tait-ce le temps d\u2019avant ou celui qu\u2019elle tente de retenir pour quelques heures encore ce jour de juillet ensoleill\u00e9&nbsp;? En marchant dans les rues, les souvenirs s\u2019entrechoquent, la ville d\u2019hier est \u00e0 la fois la m\u00eame aujourd\u2019hui et tout autre. C\u2019est une red\u00e9couverte des lieux, des sensations, des odeurs, des bruits, une perception de la m\u00e9moire ancienne avec le d\u00e9roul\u00e9 du moment pr\u00e9sent qui \u00e0 son tour forme une autre strate puis deviendra souvenir. Impossible de repartir, de revenir, de laisser derri\u00e8re elle ce go\u00fbt persistant de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>On aurait pris la route en juillet peut-\u00eatre avec un brin de folie, sans envisager un retour possible. Juste ressentir cette sensation de rouler tout droit, l\u00e0 o\u00f9 la route nous m\u00e8nerait si on se laisser guider par l\u2019instant. On envisagerait que cet impossible retour n\u2019existe pas. On penserait \u00e0 revenir encore et encore. On ferait en sorte que les retours se multiplient sans cesse, \u00e0 l\u2019infini et les d\u00e9parts aussi. Toujours revenir sur le lieu, repartir, en d\u00e9couvrir d\u2019autres, explorer le rien, le peu, le suivant, mais \u00e0 la fin on avancerait dans notre qu\u00eate et on ne se retournerait probablement plus. Refaire dans la t\u00eate les trajets d\u00e9j\u00e0 parcourus, visualiser ceux \u00e0 venir et se dire que dans cette fuite en avant un hypoth\u00e9tique retour ne sera plus envisageable. On y croit encore.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"halte\"><strong>halte <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9viter le plus possible les Interstates, rouler sur la route parall\u00e8le, celle qui offre des trajets sinueux, parfois surprenants, faire d\u00e9filer ces paysages qu\u2019elle affectionne particuli\u00e8rement et s\u2019arr\u00eater sur un lieu insolite, un endroit perdu, isol\u00e9, d\u00e9laiss\u00e9 par la communaut\u00e9 des voyageurs parce que la route elle-m\u00eame a chang\u00e9e, s\u2019est modernis\u00e9e, est devenue victime du chronom\u00e8tre. Alors se poser sur le parking d\u2019un motel d\u00e9saffect\u00e9. Avant, des voitures stationnaient devant chacune des portes aujourd\u2019hui d\u00e9fonc\u00e9es, le soleil tapait sur les vitres, r\u00e9chauffait les int\u00e9rieurs climatis\u00e9s maintenant en plein courant d\u2019air. La machine \u00e0 glace d\u00e9fonc\u00e9e g\u00eet \u00e0 moiti\u00e9 bancale en bas des escaliers du second \u00e9tage et dans le hall de r\u00e9ception \u00e0 la tapisserie d\u00e9chir\u00e9e, le canap\u00e9 aux couleurs fl\u00e9tries stagne au milieu de la pi\u00e8ce un pot de fleurs artificielles couch\u00e9 \u00e0 ses pieds.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On partirait en fin de journ\u00e9e et on roulerait quelques heures plein ouest. Le soleil d\u00e9clinerait, deviendrait aveuglant et laisserait une sensation de picotement dans les yeux, comme une l\u00e9g\u00e8re brulure. Le ciel changerait peu \u00e0 peu de ton, comme par magie il s\u2019enflammerait. Ce serait le moment id\u00e9al pour s\u2019arr\u00eater sur le bord de la route et peut-\u00eatre qu\u2019on trouverait notre Bagdad Caf\u00e9 \u00e0 nous pour faire une halte de quelques heures, quelques jours, tout au plus, le temps de ressentir les vibrations de la terre sous nos pieds de baroudeurs et repartir. L\u2019air serait sec et doux \u00e0 la nuit tomb\u00e9e. Une l\u00e9g\u00e8re brise se l\u00e8verait juste apr\u00e8s le repas que nous aurions pris \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019une terrasse en bois et nous serions assis sur des transats \u00e0 regarder passer sur la route peu fr\u00e9quent\u00e9e des pick-up fantomatiques aux vitres teint\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"rep\u00e8res\"><strong>rep\u00e8res<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"rep\u00e8res\"><strong>Interstate I-40<\/strong>&nbsp;| Jamais tr\u00e8s loin, souvent sur notre droite, parfois de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. Un long ruban ininterrompu vers l\u2019ouest. Ici, elle contourne la ville par le sud.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Th\u00e9\u00e2tre<\/strong>&nbsp;| Une fa\u00e7ade \u00e0 l\u2019abandon, une ancienne affiche toujours sous la vitre protectrice et son coming soon,&nbsp;<em>Motherless Brooklyn<\/em>. La porte est ouverte et dans le hall, des sacs de ciment empil\u00e9s, une truelle, un tournevis, des pots de peinture, une b\u00e2che blanche et d\u2019autres outils utiles \u00e0 la r\u00e9novation. Personne en vue.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Motel<\/strong>&nbsp;| A l\u2019entr\u00e9e de la ville, c\u2019est la d\u00e9solation, ce motel est d\u00e9sert, vid\u00e9 de son \u00e2me. Sur le parking, la nature a repris ses droits, des touffes d\u2019herbes colonisent le bitume rouge. Une cam\u00e9ra de surveillance pend \u00e0 un fil en direction de la piscine au bordures fa\u00efenc\u00e9es, fosse de b\u00e9ton aux formes arrondies o\u00f9 des jeunes, skate \u00e0 la main, pourraient se l\u2019approprier comme aire d\u2019entrainement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Parking<\/strong>&nbsp;| Un espace vide, deux, trois voitures gar\u00e9es en plein soleil et au fond, un&nbsp;<em>mural<\/em>. Une vraie fresque de plusieurs m\u00e8tres de long o\u00f9 semble se jouer une sc\u00e8ne de l\u2019ouest, paysage lunaire, troupeau de vaches, cowboy sur son cheval, puit de p\u00e9trole.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diner<\/strong>&nbsp;| Le comptoir chrom\u00e9, sans cesse nettoy\u00e9 avec \u00e0 disposition sucre, dosettes de cr\u00e8me, confiture, ketchup et tabasco, s\u2019\u00e9tire sur toute la longueur de la salle, parall\u00e8le \u00e0 la fa\u00e7ade du b\u00e2timent. Les tabourets sur pied unique fix\u00e9 au sol, dossiers rembourr\u00e9s recouverts de ska\u00ef vert jade attende le passant. Sur les banquettes, des petits d\u00e9jeuners sont servis souvent \u00e0 des habitu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Enseigne<\/strong>&nbsp;| La nuit tombe, l\u2019enseigne s\u2019illumine.&nbsp;<em>Vacancy<\/em>&nbsp;clignotte en rouge.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Curiosit\u00e9 locale |&nbsp;<\/strong>En forme de teepee, l\u2019entr\u00e9e du&nbsp;<em>Tepee Curios<\/em>&nbsp;tapiss\u00e9e de photos, cartes postales ou autocollants offre sur la gauche un poster pratiquement grandeur nature de Clint Eastwood.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Gas station&nbsp;<\/strong>| Texaco et sa pompe \u00e0 essence peinte en rose. Aujourd\u2019hui, la peinture s\u2019\u00e9caille. Elle n\u2019est plus utilis\u00e9e, mais reste l\u00e0, \u00e0 cuire au soleil, comme t\u00e9moin d\u2019un temps r\u00e9volu, d\u2019une autre \u00e9poque o\u00f9 le rose ne l\u2019habillait pas encore.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Main street&nbsp;<\/strong>| A sept blocks au nord de la 66, renomm\u00e9e Tucumcari Blvd, Main Street sur l\u2019US 54 trouve son centre au croisement de la 1st Street. Quelques magasins, banques, \u00e9glises,&nbsp;<em>murals<\/em>&nbsp;dessin\u00e9s sur des murs en briquettes rouges, des locaux d\u00e9saffect\u00e9s \u00e0 l\u2019abandon, une salle de gym, un caf\u00e9 au nom \u00e0 consonance espagnole.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"raconte\"><strong>qui raconte \u00e0 qui<\/strong>\/\/Depuis quelques jours montait en elle le d\u00e9sir de r\u00e9\u00e9couter sa voix, juste pour ne pas l\u2019oublier, garder cette douce intonation en elle encore quelque temps avant que ne s\u2019efface ce souvenir. Elle avait retrouv\u00e9 dans un tiroir de son bureau des cassettes audio oubli\u00e9es depuis plusieurs d\u00e9cennies. Le temps \u00e9tait venu de retrouver le lecteur, de le brancher sur secteur et d\u2019enclencher le bouton marche. L\u2019\u00e9motion la gagnait. A la mise en route, c\u2019est d\u2019abord un fort gr\u00e9sillement, puis un souffle, comme une lib\u00e9ration, et la voix. Une voix chaude aux intonations parfois cristallines, une voix famili\u00e8re qui d\u00e8s les premiers mots annon\u00e7ait le moment \u00e0 vivre, racontait les paysages sauvages, les villes d\u00e9cal\u00e9es, les routes sans fin, les for\u00eats primitives, les visages tourn\u00e9s vers les sommets, les regards ab\u00eem\u00e9s par le soleil persistant, et se perdait dans l\u2019immensit\u00e9 de soi. Cette voix a r\u00e9sonn\u00e9 jusque tard dans la nuit entre les murs de pierre de son habitation pos\u00e9e dans un paysage d\u00e9sertique de carte postale. Elle a ferm\u00e9 les yeux pour mieux s\u2019en impr\u00e9gner, pour l\u2019habiter et faire revivre au fond d\u2019elle-m\u00eame ce sentiment intime d\u2019avoir v\u00e9cu ces moments uniques. A son tour, elle racontera son exp\u00e9rience, ses d\u00e9parts diff\u00e9r\u00e9s, ses retours incertains et cette marche ininterrompue \u00e0 travers sa propre histoire. Des bribes seront \u00e9parpill\u00e9es par le vent au petit matin, d\u2019autres se perdront dans le d\u00e9sert tout proche ou se feront \u00e9cho au c\u0153ur des montagnes sauvages. Qu\u2019importe, la voix des cassettes et la sienne se multiplieront au fil du temps pour perp\u00e9tuer l\u2019exp\u00e9rience du voyage physique et int\u00e9rieur des existences en qu\u00eate de demain.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"petitvoyage\"><strong>un tout petit voyage<\/strong>\/\/C\u2019\u00e9tait le milieu de l\u2019\u00e9t\u00e9. Et de cette fin de journ\u00e9e, remontait \u00e0 la surface la chaleur emmagasin\u00e9e durant de longues heures dans le sol craquel\u00e9 et terreux. On avan\u00e7ait sur Main Street, simple ligne droite parall\u00e8le \u00e0 la ligne de chemin de fer, et de chaque c\u00f4t\u00e9 on imaginait quelques commerces utiles aux devantures d\u00e9lav\u00e9es, en briquettes ou bois peint, et aux rideaux tir\u00e9s derri\u00e8re des portes d\u2019acc\u00e8s cadenass\u00e9es. La rue \u00e9tait d\u00e9serte. Deux voitures et un pick-up stationnaient devant un motel d\u00e9fra\u00eechi \u00e0 l\u2019enseigne lumineuse d\u00e9fectueuse. Quelques m\u00e8tres plus loin, la nature sauvage reprenait ses droits. On a fait demi-tour comme si le film s\u2019\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9 trop vite, comme si on n\u2019avait rien compris \u00e0 l\u2019histoire. Dans le sens inverse, un autre regard se portait sur des images d\u00e9j\u00e0 vues, mais toujours aucune \u00e2me ne se d\u00e9pla\u00e7ait. Sous un porche, une enseigne se balan\u00e7ait indiff\u00e9rente, grin\u00e7ait \u00e0 chaque mouvement. A l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 de la rue, celle par laquelle nous sommes arriv\u00e9s en premier, nous avons refait demi-tour, toujours aussi incr\u00e9dules de l\u2019absence de vie en ce lieu de passage. Le bruit du moteur de l\u2019auto semblait d\u00e9cal\u00e9, inopportun. On a gar\u00e9 la voiture sur le c\u00f4t\u00e9 et on a tourn\u00e9 la cl\u00e9. On est sorti du v\u00e9hicule sans claquer les porti\u00e8res et on a balay\u00e9 du regard la sc\u00e8ne autour de nous. Sur le banc \u00e0 c\u00f4t\u00e9, on s\u2019est assis pour manger en silence les restes de midi regroup\u00e9 dans un doggy bag en carton. Avant qu\u2019on ne reprenne la route, une limousine aux vitres teint\u00e9es est pass\u00e9e dans la direction inverse de la n\u00f4tre, elle a travers\u00e9 l\u2019espace comme dans un r\u00eave, inexistante au r\u00e9el.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"reconstitutions\"><strong>reconstitutions<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 sur la carte, c\u2019est trop loin, vraiment trop loin, pas le temps pour cet itin\u00e9raire secondaire. Grande d\u00e9ception. Il aurait fallu faire l\u2019impasse sur Santa Fe, Mexican Hat, Monument Valley entre autres.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 pourtant, de Flagstaff, prendre l\u2019Interstate 17, l\u2019Arizona Veterans Hwy, et rouler en direction du sud, c\u2019est tout droit.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 au d\u00e9part, panneau vert au-dessus de la route&nbsp;: Sedona, Phoenix (en caract\u00e8re plus gros)<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 sur viamichelin.fr pr\u00e9voir 3h34 de conduite sur 230 km et 31,43\u20ac de frais jusqu\u2019\u00e0 Phoenix, mais la route ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0, il faut encore rouler.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 paysage de for\u00eat de conif\u00e8res, puis l\u2019altitude baisse et s\u2019installe un paysage plus d\u00e9sertique<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 il y a ce paysage d\u00e9sertique \u00e0 photographier<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 noter sur le carnet bleu les diff\u00e9rents arr\u00eats de la journ\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 puis&nbsp;de Phoenix, rejoindre Tucson par l\u2019I-10 East et rouler durant 2h45 sur 182km (22,55\u20ac de frais au 04\/23). Il faudra ajouter encore une centaine de km pour arriver \u00e0 Patagonia.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Rappel 1&nbsp;:&nbsp;<em>La distance de Tucson \u00e0 Patagonia est de 96&nbsp;kilom\u00e8tres par la route y compris 27&nbsp;kilom\u00e8tres sur autoroute. La route prend environ 1&nbsp;heure et 8&nbsp;minutes et passe par Polvo et Sonoita<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Rappel 2&nbsp;:&nbsp;<em>There are&nbsp;<strong>48.18<\/strong>&nbsp;miles from&nbsp;<strong>Tucson<\/strong>&nbsp;to&nbsp;<strong>Patagonia<\/strong>&nbsp;in southeast direction&nbsp;and&nbsp;<strong>60<\/strong>&nbsp;miles (96.56 kilometers) by car, following the AZ 83 route.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"time-result\"><em>Tucson and Patagonia are&nbsp;<strong>1 hour 22 mins<\/strong>&nbsp;far apart, if you drive non-stop.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"bestroute\"><em>This is the fastest route from Tucson, AZ to Patagonia AZ<\/em>:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>The halfway point is Santa Rita Foothills, AZ.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Tucson, AZ and Patagonia, AZ are in the&nbsp;<strong>same time zone<\/strong>&nbsp;(MST).&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Rappel, rappel, rappel pour ne pas se tromper, pour ne pas manquer un embranchement, pour se rassurer, pour arriver \u00e0 l\u2019heure, pour se pr\u00e9parer, pour m\u00e9moriser la route retour<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 les chats vont bien, on les a vu sur la cam\u00e9ra fixe plac\u00e9e dans le salon. La nuit, beaucoup d\u2019all\u00e9es et venue<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 se souvenir de la recette du cheesecake original, m\u00eame si loin de New Yok. Surtout penser \u00e0 acheter du Philadelphia au supermarch\u00e9 en rentrant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 on se rend compte que la fronti\u00e8re mexicaine est toute proche<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 dans la rue principale, on s\u2019arr\u00eaterait au 400 W. Naugle Ave, \u00e0 l\u2019enseigne Wagon Wheel Saloon, pour partager une bi\u00e8re et manger un Western Burger \u00e0 $10,95 en m\u00e9moire de J.H.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"histoires\"><strong>histoires<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Virginia Kingley raconte comment George L. Coleman Sr, un \u00e9minent homme d\u2019affaires, a fait construire au milieu de nulle part, au coin de First Ave et Main St \u00e0 Miami, OK, un th\u00e9\u00e2tre aux tendances ext\u00e9rieures n\u00e9ocoloniales espagnoles. Son portrait tr\u00f4ne dans le hall d\u2019entr\u00e9e, mais sa m\u00e9moire est pr\u00e9sente partout dans le b\u00e2timent. Elle dit comment Larry Irwin, le gardien des lieux, invite les visiteurs \u00e0 chuchoter et \u00e0 ne pas contrarier l\u2019ancien propri\u00e9taire dans ses errances le long des couloirs moquett\u00e9s aux murs charg\u00e9s de dorures, aux boiseries cir\u00e9es. Elle dit aussi comment il pourrait apparaitre parfois, assis dans un fauteuil en velours rouge de la salle de th\u00e9\u00e2tre, \u00e9coutant d\u2019un air connaisseur un extrait de musique diffus\u00e9e par l\u2019orgue, une pi\u00e8ce ma\u00eetresse de la salle de th\u00e9\u00e2tre, install\u00e9 depuis le premier jour \u00e0 gauche de la sc\u00e8ne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la l\u00e9gende de Tucumcari, NM, il est question d\u2019une montagne non loin de la ville qui a vu combattre deux Indiens apaches pour succ\u00e9der \u00e0 leur vieux chef mourant. L\u2019histoire raconte comment Tocom et Tonipath ont gravi la montagne \u00e0 cheval, comment ils ont invoqu\u00e9 les esprits pour choisir un emplacement en harmonie avec leur qu\u00eate et comment l\u2019inqui\u00e9tude de Kari a pes\u00e9 tout au long de leur affrontement. On se demande encore o\u00f9 \u00e9taient les esprits ce jour-l\u00e0, car rien ne se d\u00e9roula comme Kari, fille du chef, le souhaitait. C\u2019est ainsi que s\u2019encha\u00eena une suite d\u2019actes mortels, traumatisants. Tocom, l\u2019amoureux de Kari, succomba aux attaques de Tonopath qui lui-m\u00eame fut tu\u00e9 par Kari qui, sous l\u2019emprise de la douleur et la col\u00e8re, se donna ensuite la mort. Ce fut un r\u00e9el carnage. Mais avant de fermer les yeux, le vieux chef apache, d\u00e9chir\u00e9 par la fin tragique de ses \u00eatres jeunes et aim\u00e9s cria par deux fois&nbsp;: tocom-kari, tocom-kari.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Joyce Ellmann raconte l\u2019histoire de la femme qui ne cessait de refaire en boucle, chaque week-end, le circuit des diff\u00e9rents sites de tournage de la s\u00e9rie TV <em>Better Call Saul<\/em> et <em>Breaking Bad<\/em> dans la ville d\u2019Albuquerque, NM. Elle dit que la semaine, en rentrant du travail, elle regarde des \u00e9pisodes en mangeant des plats pr\u00e9par\u00e9s qu\u2019elle ach\u00e8te au supermarch\u00e9 au coin de sa rue et note sur un carnet les trajets effectu\u00e9s par les personnages. Elle dit qu\u2019ils sont sa seule famille et que ce rendez-vous quotidien repr\u00e9sente l\u2019unique note positive de sa journ\u00e9e, qu\u2019elle ne vit que pour se projeter dans cette histoire, pour devenir l\u2019histoire elle-m\u00eame. Elle dit qu\u2019elle est aussi devenue un personnage et que les deux jours du week-end sont consacr\u00e9s \u00e0 vivre en temps r\u00e9el les p\u00e9rip\u00e9ties vues au cours des soir\u00e9es solitaires pass\u00e9es devant son \u00e9cran TV. Elle dit qu\u2019elle se filme et r\u00e9\u00e9crit le sc\u00e9nario pour se faire&nbsp;<em>une part belle<\/em>, ce sont ses mots, dans la s\u00e9rie culte du d\u00e9but des ann\u00e9es 2000.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"\u00e9clats\"><strong>\u00e9clats<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"589\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.08.44-1024x589.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-119426\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.08.44-1024x589.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.08.44-420x242.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.08.44-768x442.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.08.44-1536x883.png 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.08.44.png 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est la fin du mois de juin et le soleil est \u00e0 son z\u00e9nith, br\u00fble les dalles de ciment, jaunit les plaques d\u2019herbe dans le patio et devant le muret. Un vent chaud circule dans les rues, le drapeau US en est t\u00e9moin et un vieux pick-up attend sur le parking du Wagon Whell Saloon. Et l\u2019int\u00e9rieur, on l\u2019imagine dans la p\u00e9nombre, sous l\u2019emprise de l\u2019air conditionn\u00e9, baignant dans une atmosph\u00e8re feutr\u00e9e et conviviale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"589\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.40.27-1024x589.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-119427\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.40.27-1024x589.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.40.27-420x242.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.40.27-768x442.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.40.27-1536x883.png 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.40.27.png 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le temps est peut-\u00eatre \u00e0 la pluie, qu\u2019importe, un silence pesant s\u2019installe sous les arbres protecteurs. Caravanes us\u00e9es par le temps, pick-up v\u00e9tuste \u00e0 la roue arri\u00e8re gauche crev\u00e9e. La photo ne dit pas si l\u2019\u00e9olienne fonctionne, si le vent s\u2019est lev\u00e9, tout semble est fig\u00e9. A l\u2019arri\u00e8re-plan, certainement des mobile homes, modestes habitations, et autour, un jardin am\u00e9nag\u00e9 et entretenu.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"589\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.29.54-1024x589.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-119428\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.29.54-1024x589.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.29.54-420x242.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.29.54-768x442.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.29.54-1536x883.png 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-14-a-12.29.54.png 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>La pluie n\u2019a pas d\u00e9tremp\u00e9 le sol depuis plusieurs semaines, la terre souffre en silence, les arbustes ch\u00e9tifs r\u00e9sistent encore, pourtant le ciel se charge de nuages gris, mena\u00e7ants, qui s\u2019accrochent aux cr\u00eates des montagnes. Comme pr\u00e9vu, juillet va amener son lot d\u2019averses rafra\u00eechissantes, mais pour l\u2019heure, c\u2019est l\u2019attente, une forme de d\u00e9solation.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"\u00e9clats\">Ce matin, elle est partie t\u00f4t et roule sur l\u2019I-19 avec son pick-up en direction du sud. Le fond de l\u2019air est doux, elle s\u2019en est rendu compte d\u00e8s qu\u2019elle s\u2019est arr\u00eat\u00e9e \u00e0 la station-service pour faire le plein d\u2019essence. Bient\u00f4t, elle bifurquera sur la 82, une route secondaire qui trace son chemin \u00e0 travers un paysage d\u00e9sertique et monotone, une route famili\u00e8re si souvent emprunt\u00e9e durant ses jeunes ann\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\" id=\"rep\u00e8res\"><em>Codicille<\/em> au fil du temps \/\/\/ <em>Les id\u00e9es partent dans tous les sens, je peine \u00e0 me canaliser. Envie de tout dire, de tout \u00e9crire, de tout exp\u00e9rimenter. L\u2019ensemble me para\u00eet flou, incertains. Je n\u2019arrive pas \u00e0 d\u00e9cider d\u2019une destination, d\u2019un lieu, de l\u2019adresse au&nbsp;<\/em>je<em>&nbsp;au&nbsp;<\/em>tu<em>&nbsp;au&nbsp;<\/em>elle\/il\/on \/\/\/ <em>Impossible de d\u00e9finir l\u2019un de l\u2019autre voyage. Pas assez concentr\u00e9e sur l\u2019affaire certainement. C\u2019est brouillon, un peu comme quand je pars sur la route, rien n\u2019est vraiment d\u00e9fini, c\u2019est l\u2019aventure<\/em> \/\/\/ <em>26.02 <em>Peut-\u00eatre partir sur du conditionnel et l\u2019utilisation du&nbsp;<\/em><\/em>on.<em> Tenter<\/em> \/\/\/ <em>06.03 se reconstruire avec Nicolas Bouvier&#8230;<\/em> \/\/\/ <em>14.04 Un mois sans \u00e9crire sur <\/em>Double Voyages <em>et je reprends, motiv\u00e9e pour terminer l&rsquo;exp\u00e9rience, m\u00eame si raccrocher apr\u00e8s tous ces jours \u00e0 se pencher sur d&rsquo;autres projets<\/em> <em>n&rsquo;est pas simple. Terminer et voir ce qui se d\u00e9gage de ces mots<\/em> \/\/\/ 15.04 Voil\u00e0, post\u00e9 ! sans relecture, \u00e0 l&rsquo;arrache, mais cette aventure est termin\u00e9e. Que va-t-il en rester maintenant ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>prologue Je suis \u00e0 Tokyo, l\u2019authentique quartier de Yanaka Ginza \u00e0 Colombo, l\u2019odeur du curry comme une empreinte ind\u00e9l\u00e9bile, je suis \u00e0 Sydney, les grains de sable fins de Bondi beach, je suis \u00e0 New York, 24 Bond Street, fifth floor, 1972, je suis \u00e0 Johannesburg, vieux rock et blousons noirs un soir d\u2019\u00e9t\u00e9, il y a longtemps, je suis <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/voyage-01-la-nuit-davant-12\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#voyages | un d\u00e9tour vers l&rsquo;avenir<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":70,"featured_media":115394,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4095,4107,4111,4129,4157,4168,4221,4247,4272,4317,4336,4094],"tags":[],"class_list":["post-113282","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-00_prologue","category-01_la_nuit_d_avant","category-02_arrivee_dans_la_ville","category-03_michaux_impossible_retour","category-04_cortazar","category-05_bouvier","category-06_calvino","category-08_bergounioux","category-08_quintane_colomb","category-09_wittig","category-10_street_view","category-le_double_voyage-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113282","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/70"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=113282"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113282\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/115394"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=113282"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=113282"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=113282"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}