{"id":113834,"date":"2023-01-27T16:50:35","date_gmt":"2023-01-27T15:50:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=113834"},"modified":"2023-01-29T17:52:03","modified_gmt":"2023-01-29T16:52:03","slug":"le-double-voyage_02-les-vagues-a-grande-vitesse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-double-voyage_02-les-vagues-a-grande-vitesse\/","title":{"rendered":"#voyages #02 | Les vagues \u00e0 grande vitesse"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/\u00a9-@leesa.fleming-2-1024x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-113838\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/\u00a9-@leesa.fleming-2-1024x1024.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/\u00a9-@leesa.fleming-2-420x420.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/\u00a9-@leesa.fleming-2-200x200.jpeg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/\u00a9-@leesa.fleming-2-768x768.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/\u00a9-@leesa.fleming-2.jpeg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 @leesa.fleming 2<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/L-arrivee-1.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">L&rsquo;arriv\u00e9e partie 1<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Un train \u00e0 grande vitesse d\u2019o\u00f9 la vue dit la vitre est atteignable, le store baiss\u00e9 pour la lumi\u00e8re. L\u2019arriv\u00e9e se devine, le ciel gris m\u00eame l\u2019\u00e9t\u00e9, parce que le gasoil, parce que la fum\u00e9e, parce que la ville s\u2019\u00e9chappe par le ciel. Un tunnel d\u2019humains se d\u00e9placent vers le m\u00eame endroit pi\u00e9tinent fument fatiguent des bagages lourds lassent des sourires parfois au bout du quai une main lev\u00e9e l\u2019attente de l\u2019aim\u00e9 enfant, parent, paire absente. Le quai gris annonce le gris permanent, rien ne chasse le b\u00e9ton m\u00eame les pigeons sont gris, m\u00eame les peaux qui \u00e0 d\u00e9faut de fumer avalent la pollution. La perspective de la culture se dessine dans le gris, les tableaux, les expos, les grands \u00e9crans, tout rendu accessible mais le gris et les finances qui s\u2019\u00e9chappent parce que m\u00eame les balan\u00e7oires sont payantes dans les parcs, les bancs sont condamn\u00e9s pour \u00e9viter les intrus qui n\u2019ont pas de maison, l\u2019eau n\u2019est pas accessible, il faut payer, le parking, la consigne, les transports, reste les pieds s\u2019ils ne sont pas trop fatigu\u00e9s. L\u2019arriv\u00e9e pour certains puis taxi pour moi le m\u00e9tro, je passe du gris au gris profond sous la terre l\u2019odeur assaille, \u00e7a brasse et puis toujours ces hommes sols, ces hommes boules, ces familles mains tendues aux enfants \u00e0 l\u2019\u0153il bas aux joues sales. Des gobelets en cartons parce que le plastique pollue, des gobelets tendus pour au-del\u00e0 survie. La ville et ces appartements vides de trop de richesses pendant que sur des bouches d\u2019a\u00e9rations se r\u00e9chauffent des corps en manque de tout. L\u2019odeur trop forte m\u2019emp\u00eache de prendre en bras mais j\u2019aimerais. En ville la honte colle mains c\u2019est poisseux de ce qu\u2019on voudrait autrement, je voyage dans ma ville d\u2019enfant et peut \u00eatre me reviens les interrogations de mes filles qui rebondissent d\u2019innocence _pourquoi il dort au sol le monsieur ?_Le voyage pleins les yeux de vie avant de retrouver le blanc de l\u2019h\u00f4pital trop fort trop l\u00e2che trop tendu, la confiance perdue de l\u2019enfance qui questionne ne trouve pas de r\u00e9ponses et en grandissant abandonne se satisfait du _c\u2019est comme \u00e7a_projet\u00e9 aux coins de rue. La ville n\u2019est plus famili\u00e8re \u00e0 celui qui n\u2019habite plus mais redevient automatisme \u00e0 celui qui foule. Je voudrais pouvoir m\u2019\u00e9tendre dans les rues pendant des jours, les pieds en sang d\u2019avoir parcouru, je voudrais pouvoir me moquer de tout donner sans compter ce qui reste je voudrais transformer les hommes sols en hommes libres de ne pas mourir de froid. Dans toutes les villes des hommes sols \u00e0 d\u00e9busquer percent mon cr\u00e2ne, si tu ne les vois pas c\u2019est parce que l\u2019enfance pi\u00e9tin\u00e9e de l\u2019adulte achev\u00e9 dans les limbes pr\u00e9judices s\u00e9culaires.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/L-arrivee-2.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">L&rsquo;arriv\u00e9e partie 2<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ici tu ne vois que ce qui existe de joyeux parce que le voyage signe le repos cach\u00e9 derri\u00e8re les contrari\u00e9t\u00e9s tu vois ce qui se laisse deviner avec aplomb l\u2019absurde d\u00e9placement cache les petites et grandes mis\u00e8res. Les enfants ont raison de coll\u00e9s aux basques pour dire tu me dois \u00e9tranger de me voir de me consid\u00e9rer, moi d\u2019abord avant la plage, avant les palmiers moi qui sombre dans une cahute, moi qui vis en d\u00e9charge, moi qui foule membres coup\u00e9s pour la piti\u00e9. L\u2019enfant \u00e0 voir d\u2019abord dans chaque ville du monde tiers. L\u2019arriv\u00e9e hostile les corps courent la langue les rep\u00e8res sans point d\u2019accroche aux regards. S\u2019orienter en labyrinthe sans issue personne ne s\u2019arr\u00eate personne ne voit les corps courent et il panique la terre rouge transform\u00e9e en gris d\u2019o\u00f9 poussent encadr\u00e9s les quelques plis verts ordonn\u00e9s la terre boue pieds nus glac\u00e9s ici sur le sol pi\u00e9g\u00e9 d\u00e9tritus verre des morceaux coupent d\u2019abord des chaussures et le froid mord les mains et le nez et les joues et la nuit lumi\u00e8re n\u2019autorise pas le repli. L\u2019arriv\u00e9e apr\u00e8s les vagues apr\u00e8s la crainte l\u2019eau froide l\u2019eau engloutit une chute d\u00e9gonfle les paris, parti seul des corps abandons sur la route des cailloux du sable et puis l\u2019arriv\u00e9e b\u00e9tonn\u00e9e les yeux ne dorment plus \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt. Le b\u00e9ton ne repose pas il croyait mais le pays ne veut pas la ville ne veut pas la rue non plus. Un r\u00e9seau organise le noir occupation quelques euros pour envoi pour le froid les restaurants guident les bouchent souriantes et leurs mains automatisent les assiettes en photocopie ils sont forts et peu co\u00fbteux on prend et les bouches rassasi\u00e9e des corps de rues hostiles ne savent pas que la nourriture a un go\u00fbt de sang. La responsabilit\u00e9 se d\u00e9laye pour desappartenir et voil\u00e0 le corps perdu au gris. Le b\u00e9ton ne sauve pas il habille juste pour ne pas voir ou semblant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un train \u00e0 grande vitesse d\u2019o\u00f9 la vue dit la vitre est atteignable, le store baiss\u00e9 pour la lumi\u00e8re. L\u2019arriv\u00e9e se devine, le ciel gris m\u00eame l\u2019\u00e9t\u00e9, parce que le gasoil, parce que la fum\u00e9e, parce que la ville s\u2019\u00e9chappe par le ciel. Un tunnel d\u2019humains se d\u00e9placent vers le m\u00eame endroit pi\u00e9tinent fument fatiguent des bagages lourds lassent des <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-double-voyage_02-les-vagues-a-grande-vitesse\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#voyages #02 | Les vagues \u00e0 grande vitesse<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":468,"featured_media":113838,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4111,4094],"tags":[],"class_list":["post-113834","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-02_arrivee_dans_la_ville","category-le_double_voyage-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113834","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/468"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=113834"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113834\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/113838"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=113834"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=113834"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=113834"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}