{"id":11506,"date":"2019-08-25T08:09:03","date_gmt":"2019-08-25T06:09:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=11506"},"modified":"2019-08-25T08:09:05","modified_gmt":"2019-08-25T06:09:05","slug":"comment_etre_sur_terre_lecon-15-version-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/comment_etre_sur_terre_lecon-15-version-3\/","title":{"rendered":"comment_\u00eatre_sur_terre_(le\u00e7on 15) &#8211; version 3"},"content":{"rendered":"\n<p>\/ un jour \/ une fois \/ c&rsquo;est \u00e0 dubna \/ c&rsquo;est le matin \/ \u00e0 la caf\u00e9t\u00e9ria du centre atomique \/ il y a konstantin peterzhak \/ il dit des choses \/ c&rsquo;est \u00e0 quelqu&rsquo;un \/ c&rsquo;est \u00e0 moi \/ rien qu&rsquo;\u00e0 moi \/ georgy flyorov \/ il dit \u00e0 moi \/ rien qu&rsquo;\u00e0 moi :<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois je suis n\u00e9. Une fois j&rsquo;ai pleur\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Puis j&rsquo;ai vagi. Puis j&rsquo;ai pest\u00e9. Un peu. Puis beaucoup. Puis beaucoup beaucoup. Puis pas du tout du tout. Beaucoup beaucoup contre les chiens. Beaucoup beaucoup contre ma m\u00e8re. Puis pas du tout contre ma m\u00e8re. Pas du tout contre ma m\u00e8re. Mais beaucoup beaucoup contre mon fr\u00e8re. Puis juste beaucoup. Et encore un peu. Maintenant encore un peu. Mais \u00e7a passe. Mais jamais. Jamais jamais. Contre mon p\u00e8re. M\u00eame petit. M\u00eame grand. Poussant d&rsquo;abord petit. Puis poussant grand. Voyant les choses en grand. Ne pouvant m&#8217;emp\u00eacher de le faire. Voyant les choses en grand. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. D\u00e8s que je voyais une chose. Ne pouvant \u00e9laborer qu&rsquo;en grand. Comme si une chose ne pouvait \u00eatre qu&rsquo;en grand. N&rsquo;avait de sens qu&rsquo;en grand. Voil\u00e0. C&rsquo;est \u00e7a. C&rsquo;est exactement \u00e7a. Atteignant quant \u00e0 moi. P\u00e9niblement. Soixante-trois centim\u00e8tres. Puis atteignant. Quant \u00e0 moi. Fort ais\u00e9ment. Cent cinquante centim\u00e8tres. Puis atteignant. Difficilement. Cent soixante-sept et demi. M&rsquo;\u00e9tirant. Pourtant. Tous les matins. T\u00e2chant de gagner au moins trois centim\u00e8tres. Me suspendant aux tringles. A bout de bras. Au rideau de douche. Chaque fois que je me retrouvais seul. Dans une salle de bain. Chez un ami. Ou une amie. Ou simplement \u00e0 la maison. D\u00e9zinguant. A la maison. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. Les tringles \u00e0 tout va. Les rideaux de douche \u00e0 tout va. D\u00e9boursant. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. Des fortunes. A la maison. Des montants de dingue. Pour des tringles. M\u00eame pas bonnes. Des rideaux. Peu solides. En plastique. Se d\u00e9chirant pour un rien. D\u00e9glinguant. A l&rsquo;\u00e9poque. Les cabines de douche. Mieux qu&rsquo;un marteau-piqueur. Ou qu&rsquo;une entreprise de d\u00e9molition. Tout cela pour atteindre. P\u00e9niblement. Cent soixante-sept et demi. C&rsquo;est terrible. M&rsquo;excusant. A l&rsquo;\u00e9poque. Aupr\u00e8s de toutes. Aupr\u00e8s de tous. De n&rsquo;atteindre que cent soixante-sept et demi. Comme s&rsquo;il \u00e9tait honteux. Aux yeux de toutes. Aux yeux de tous. De n&rsquo;atteindre que cent soixante-sept et demi. Comme s&rsquo;il \u00e9tait ridicule. Ou inconvenant. Aux yeux de toutes. Aux yeux de tous. De n&rsquo;atteindre que cent soixante-sept et demi. Comme si avoir pouss\u00e9. Des ann\u00e9es durant. Pour n&rsquo;atteindre que cent soixante-sept et demi ne convenait pas. Pour \u00eatre. Ou exister. D\u00e9ambuler dans le monde. Quelle pens\u00e9e idiote. Ridicule. Ridicule m\u00eame. Comme si. Pour convenir. Ou \u00eatre au monde. Ou persister dans le monde. Mais convenablement. N&rsquo;est-ce pas. Il aurait fallu cent soixante-dix. Au moins. Comme si avoir moins. Avoir peu. Etait une. Oui. Tare. Disons tare. Appelons tare. Comme si avoir moins. Avoir peu. Ne convenait pas \u00e0 ce monde. Voil\u00e0. C&rsquo;est dit. Je l&rsquo;assume. Je l&rsquo;assume. Comme si ma taille. Cent soixante-sept et demi. Ne convenait pas pour \u00eatre. Ou m&rsquo;\u00e9panouir. Pousser grand dans le monde. Voil\u00e0. Ridicule. Ridicule. Ridicule. Ridicule. Atteignant. Pour ma part. Ma taille. Rapidement ma taille. Puis basta. Ayant atteint ma taille. Puis basta. C&rsquo;\u00e9tait cent soixante-sept. Et demi. Puis basta. C&rsquo;\u00e9tait ma taille. Ma plus grande taille. Ayant atteint. Sans probl\u00e8me. Soixante-trois centim\u00e8tres. Puis cent cinquante. Puis atteignant cent soixante-sept. Et demi. Puis basta. C&rsquo;est assez. Voil\u00e0. C&rsquo;est ainsi. M&rsquo;accommodant alors de ma taille. Vivant des fois reclus. Dans les caves. Dans les cours. Ou dans les arri\u00e8re-cours. Ou compensant des fois. Portant des lunettes blanches. A montures blanches et \u00e0 verres noirs. Pour compenser. Des lunettes blanches. A montures noires mais \u00e0 verres blancs. Pour compenser. Puis des lunettes. Tr\u00e8s noires. A montures noires et \u00e0 verres noirs. Pour compenser. Ou \u00eatre beau. Etc. Enigmatique. Car j&rsquo;\u00e9tais beau. A l&rsquo;\u00e9poque. Et resplendissais. A l&rsquo;\u00e9poque. Etais l\u00e0. Et bien l\u00e0. Quand je portais des lunettes. A montures fines. Surtout \u00e0 montures fines. Car j&rsquo;allais l&rsquo;air. Voil\u00e0 c&rsquo;est dit. J&rsquo;avais bel air en montures fines. Voil\u00e0 j&rsquo;assume. Il m&rsquo;arrivait des fois d&rsquo;avoir l&rsquo;air. C&rsquo;\u00e9tait quand j&rsquo;\u00e9tais. C&rsquo;\u00e9tait en montures. Fines et noires. Voil\u00e0. J&rsquo;\u00e9tais en montures. Fines et noires. Et j&rsquo;avais l&rsquo;air. C&rsquo;\u00e9tait convenable. Voil\u00e0. Je suis convenable. Voil\u00e0. Me disais-je. Me persuadais-je. Me r\u00e9p\u00e9tais-je. Et m&rsquo;affirmais-je. Me confortais-je. Et me rassurais-je. Et racontais-je. En sortant de mon trou. En sortant de mes failles. De mes arri\u00e8re-cours et de mes caves. Me regardant dans les glaces. Les miroirs et les vitrines. M&rsquo;auscultant de pr\u00e8s. Calculant mes effets. Persuad\u00e9. A l&rsquo;\u00e9poque. Pauvre fou. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. De l&rsquo;effet de l&rsquo;effet. Comme si. Dans le monde. Quelqu&rsquo;un. Ou quelqu&rsquo;une. Allait se dire waw. Quelle pens\u00e9e idiote. Ridicule. Ridicule. Trouvant des lunettes n&rsquo;importe o\u00f9. Par terre. Dans les d\u00e9tritus. Dans les caniveaux. Les chaussant illico. Paradant. Alors. En rue. Naturellement. Avan\u00e7ant d&rsquo;un bon pas. Alors. En rue. Naturellement. Pauvre fou. Pauvre fou ridicule et ridicule. Ne pensant. Alors. A l&rsquo;\u00e9poque. Qu&rsquo;\u00e0 lunettes. Blanches ou noires. A montures fines. Si possible. Ni musique. Ni plante. Ni chaleur animale. N&rsquo;attisant. A l&rsquo;\u00e9poque. Ma curiosit\u00e9. Pr\u00e9f\u00e9rant. Et de loin. Quant \u00e0 moi. M&rsquo;ausculter de pr\u00e8s. Des lunettes au nez. Paradant en rue. M&rsquo;auscultant alors. Et de pr\u00e8s. Des lunettes au nez. Pr\u00e9f\u00e9rant alors. A l&rsquo;\u00e9poque. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. M&rsquo;ausculter de pr\u00e8s \u00e0 n&rsquo;importe quoi d&rsquo;autre. N&rsquo;auscultant pas le monde. Ne d\u00e9cryptant rien. N&rsquo;y comprenant rien. Me fichant de le faire. Et ne pensant rien. Voil\u00e0. Vivant comme une peau voil\u00e0. Je vis comme une peau. Voil\u00e0. Je suis une peau. Me disais-je alors. Souvent. Me persuadais-je. Me d\u00e9finissais-je. Me pr\u00e9sentais-je. Pensant comme une peau. Me racontais-je. Haussant des \u00e9paules. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. Me fichant pas mal. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. De tout balancer. Par les fen\u00eatres. De tout fiche en rue. Par les portes. Les porti\u00e8res. Les vitres des voitures. Balan\u00e7ant. Naturellement. Dix-huit fois de suite. Mes paquets de chips vides. Mes canettes de bi\u00e8re. Ou de coca-cola. Mes coquilles d&rsquo;\u0153ufs vides. Etc. Par les portes. Les porti\u00e8res. Les vitres des voitures. Juste pour \u00e7a. Poser. Ne pensant qu&rsquo;\u00e0 \u00e7a. Poser. Ne cherchant alors. A l&rsquo;\u00e9poque. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. Que poser. Ridicule. Ridicule. Comme si. A l&rsquo;\u00e9poque. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. J&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 seul. Ridicule. Ridicule. Tout m&rsquo;atteignant pourtant. Tout m&rsquo;atteignant pourtant. Tout m&rsquo;atteignant. A l&rsquo;\u00e9poque. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. Voil\u00e0. C&rsquo;est dit. Une mouche. Ou une mouchette. A l&rsquo;\u00e9poque. M&rsquo;atteignant en plein c\u0153ur. Me retournant le c\u0153ur. D\u00e8s que je l&rsquo;avalerais. Avalant des fois de ces choses. A l&rsquo;\u00e9poque. Sans le vouloir. Sans le savoir. Mais gardant le cap. En toute circonstance. Le contr\u00f4le de soi. En toute circonstance. Affichant cet air grave. Durant tr\u00e8s longtemps. Cette posture inf\u00e2me. Et ridicule. Ce visage emprunt\u00e9. Ou appr\u00eat\u00e9. Pomponn\u00e9 avec soin. R\u00e9p\u00e9t\u00e9. Des heures durant. Des ann\u00e9es durant. Cultivant. Des heures durant. Des ann\u00e9es durant. Cette posture inf\u00e2me. Ridicule. Ridicule. Comme si rien. Aucune chose du monde. Aucun \u00eatre du monde. Ne pouvait m&rsquo;atteindre. Ridicule. Ridicule. Avalant des mouches. Par exemple. Trois fois. Par accident. Ou des mouchettes. Cinq fois. Par accident. Des larmes. Et un serrement de c\u0153ur. A chaque fois. Me montant alors. Tant j&rsquo;ai pens\u00e9 souvent. A l&rsquo;\u00e9poque. Qu&rsquo;une mouche. Ou mouchette. Aval\u00e9e. A l&rsquo;\u00e9poque. Par accident. Me raccourcirait avant l&rsquo;\u00e2ge. Ou quelque chose du genre. Tant j&rsquo;ai craint souvent. A l&rsquo;\u00e9poque. D&rsquo;\u00eatre raccourci avant l&rsquo;\u00e2ge. Me persuadant. A l&rsquo;\u00e9poque. Qu&rsquo;il serait malheureux d&rsquo;\u00eatre raccourci avant l&rsquo;\u00e2ge. Tant je me suis dit. Tr\u00e8s souvent \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Qu&rsquo;il y avait des \u00e2ges. Au moins deux. L&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;\u00eatre raccourci et l&rsquo;\u00e2ge de ne pas l&rsquo;\u00eatre. Des gens. Des fois. Etant raccourcis \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;\u00eatre raccourci. Des gens. Des fois. Etant raccourcis avant l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;\u00eatre. Ou apr\u00e8s. Est-il possible d&rsquo;\u00eatre raccourci apr\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;\u00eatre raccourci. Ou quelque chose du genre. Me suis-je demand\u00e9. Souvent. Pleurant des fois toute une nuit \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;\u00eatre raccourci avant l&rsquo;\u00e2ge. Par accident. Ou inadvertance. Etant. Des fois. A l&rsquo;\u00e9poque. N\u00e9gligent ou inadvertant. Passant ma vie. A l&rsquo;\u00e9poque. A \u00eatre n\u00e9gligent ou inadvertant. Pestant. Des fois. Toute une nuit. Contre ma m\u00e8re. Jamais mon p\u00e8re. En raison des choses. De l&rsquo;\u00e9tat des choses. Des mouches et des mouchettes. Pouvant raccourcir les gens avant l&rsquo;\u00e2ge. Ou \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge. C&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 l&rsquo;heure. Ou apr\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge. C&rsquo;est-\u00e0-dire en retard. Des gens \u00e9tant raccourcis en retard. Y a-t-il des gens raccourcis en retard. Me demandais-je. Souvent. A l&rsquo;\u00e9poque. La nuit. Pleurant pestant contre le monde. Ou contre ma m\u00e8re. Ou contre le monde et puis ma m\u00e8re. Ou contre le monde et puis ma m\u00e8re. Au choix. Au choix. Ridicule. Ridicule. Ridicule. Pleurant. D&rsquo;ailleurs. A l&rsquo;\u00e9poque. Pour un rien. Pleurant quand on me disait pleure. Quand ma m\u00e8re disait pleure mon ch\u00e9ri pleure. Ou pleurant quand mon p\u00e8re disait pleure mon ch\u00e9ri pleure. Etc. Ridicule. Ridicule. Ridicule. Pleurant aussi quand je perdais des choses. Un petit soldat. Disparu dans les herbes. Un petit poignard. Disparu dans les herbes. Au pied d&rsquo;un poteau. Electrique. En b\u00e9ton gris. Etc. Etc. Ne fuyant pas pour autant la maison. Restant bien longtemps \u00e0 proximit\u00e9 de ma m\u00e8re. A proximit\u00e9 de mes fr\u00e8res. De mon p\u00e8re. De nos canaris et de nos poissons rouges. Ne me d\u00e9cidant pas \u00e0 partir. A prendre le large. A respirer. Aspirant \u00e0 partir. Disant des fois voil\u00e0. \u00c7a y est. Cette fois c&rsquo;est s\u00fbr. Je vais partir. Rien ne me retiens. Voil\u00e0. C&rsquo;est dit. Je pars. Je prends le large comme on dit. Je boucle mes valises comme on dit. Le temps de faire le tri. De faire la part des choses. Entre le linge utile et le linge inutile. Et je m&rsquo;en vais. Voil\u00e0. C&rsquo;est dit. Je pars ailleurs. Voil\u00e0. C&rsquo;est dit. C&rsquo;est une bonne fois pour toutes. Inutile de chercher \u00e0 m&rsquo;amadouer. Je demeurerai inflexible. Je pars je pars. J&rsquo;ai r\u00e9serv\u00e9 mon billet de train. J&rsquo;ai lou\u00e9 un paquebot. Une place en premi\u00e8re classe. Le temps de bourrer mon linge utile dans une valise ou dans un sac. Et je m&rsquo;en vais. Voil\u00e0. C&rsquo;est une bonne d\u00e9cision. C&rsquo;est une sage d\u00e9cision. C&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9. C&rsquo;est pour toujours. C&rsquo;est pour une steppe. Ou une pampa. Ou une pelouse int\u00e9rieure. C&rsquo;est loin des boues. En tout cas. Et des champs de patates. A mille lieues des champs de betteraves. Le temps de peser le pour et le contre. De faire la part des choses. De poser c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. Sur mon lit. Les objets utiles. Le temps de remettre \u00e0 leur place les objets inutiles. Et je m&rsquo;en vais. Voil\u00e0. C&rsquo;est dit. C&rsquo;est pour ailleurs. C&rsquo;est pour toujours. Compris ? Compris ? Compris ? Ai-je dit. Souvent. A l&rsquo;\u00e9poque. A ma m\u00e8re. A mes fr\u00e8res. A mon p\u00e8re. Dans la cuisine. Dans les nu\u00e9es de vapeur. Dans les effluves des viandes. Dans le gr\u00e9sillement des beurres. Parmi les po\u00eales. Les casseroles. Les fours \u00e0 bois tournant plein pot. Mais demeurant pourtant. Mais v\u00e9g\u00e9tant pourtant. Des ann\u00e9es durant. Dans les boues. Dans les champs de betteraves. Dans les champs de patates. Craignant petit a : de me briser un os. Craignant petit b : de me d\u00e9saxer l&rsquo;\u00e9paule. Craignant petit c&nbsp;: de manquer de mouchoirs de poche. Ou quelque chose du genre. Me disant bah tant pis. On verra plus tard. Vivant alors des ann\u00e9es durant comme un reclus. Dans la crainte. Dans les ombres. Dans les arri\u00e8re-cours ou les caves. Ne me brisant aucun os. Ne perdant aucun orteil. Aucun outil ne m&rsquo;entamant le cuir. Aucun outil n&rsquo;alt\u00e9rant ma personne. Ou ne l&rsquo;entaillant sur quinze centim\u00e8tres trente. En pleine face. Ou sur les fesses. Songeant plut\u00f4t \u00e0 pr\u00e9server. A g\u00e9rer. Au mieux. Ma petite personne. A la conserver. Intacte. Telle que n\u00e9e. Telle qu&rsquo;un jour sortie de l&rsquo;ut\u00e9rus. Du vagin de ma m\u00e8re. Convaincu que le mieux \u00e9tait de vivre. Tel qu&rsquo;un jour sorti de l&rsquo;ut\u00e9rus. Persister. En somme. A vivre petit b\u00e9b\u00e9 plut\u00f4t que de se perdre me suis-je dit. Souvent. A l&rsquo;\u00e9poque. Ou cuire n&rsquo;importe o\u00f9. Au soleil. A proximit\u00e9 d&rsquo;un puits de p\u00e9trole en flamme. Me suis-je persuad\u00e9. Tr\u00e8s souvent. A l&rsquo;\u00e9poque. Estimant tr\u00e8s souvent. A l&rsquo;\u00e9poque. Que le pire \u00e9tait de cuire. Prendre feu. N&rsquo;importe o\u00f9. Au soleil. Dans une automobile. Dans les vapeurs d&rsquo;essence. Dans un d\u00e9sert torride. A proximit\u00e9 d&rsquo;un puits de p\u00e9trole en flamme. Ou d&rsquo;une grange en flamme. Me m\u00e9fiant de tout. Du sel. Du poivre et des \u00e9t\u00e9s intenses. Des fortes chaleurs. Des effluves des femmes. Etc. R\u00eavant pourtant. Fortement. D&rsquo;envol\u00e9es. D&rsquo;aventures ultra fortes. De combats \u00e0 mains nues. Mais gardant les deux pieds sur la terre. Foulant petitement les pelouses. L&rsquo;\u00e9t\u00e9. Jouant petitement au football. L&rsquo;\u00e9t\u00e9. Dans la rue. Sur l&rsquo;asphalte. Ou jouant petitement aux soldats de plomb. Aux cyclistes de plastique. Inventant des guerres. Des combats sans fin. Des courses \u00e9piques. Tenant les classements. Sur papier. Des semaines durant. Inventant des courses extraordinaires. Ou tra\u00e7ant des traits. Simples traits. Sur papier. Trajectoires de balles. Sur papier. En pointill\u00e9. Comme on en voyait le soir. A la t\u00e9l\u00e9vision. Dans les reportages. Au journal parl\u00e9. Quand les canonnades. Dans la nuit. Exp\u00e9diaient des choses. Dans la nuit. Des obus. Des balles tra\u00e7antes. Dans les airs. Dans les nuits sans fin. Dans les nuits d&rsquo;ailleurs. A l&rsquo;\u00e9tranger. Chez les sauvages. Dans les guerres sordides. Dans les guerres sauvages. N&rsquo;arrivant qu&rsquo;ailleurs. Chez les sauvages. Ne comprenant pas. Nous autres. Comment les sauvages persistaient dans leurs guerres. Leurs combats de sauvages. Ne voyant. Nous autres. Aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 poursuivre. Persister \u00e0 \u00eatre. Dans des guerres sauvages. Au pays des sauvages. Ne voyant. Nous autres. Aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 \u00eatre sauvages. Disions-nous souvent. A l&rsquo;\u00e9poque. Pr\u00e9f\u00e9rant. Nous autres. Et de loin. Vivre petit petit. A l&rsquo;ombre. Dans les cours. Dans les caves. R\u00eavant d&rsquo;aventures pourtant. De contacts br\u00fblants. Ou r\u00eavant d&rsquo;\u00eatre chien. Ou de faire le chien. De manger un os. Comme un chien. De briser un os. Comme un chien. D&rsquo;en extraire des choses. Des substances. L&rsquo;attirante moelle. H\u00e9sitant pourtant. Bien souvent. Pour ma part. A saisir un os. De poulet. Ou de lapin. Dans mon assiette. A le porter en bouche \u00e0 la fin du repas. Quand les viandes les patates et les l\u00e9gumes. L&rsquo;essentiel quoi. Seraient aval\u00e9s. Disparus. Tour \u00e0 tour. Derri\u00e8re la cravate comme on dit. Comme on aimait dire. A l&rsquo;\u00e9poque. Mon fr\u00e8re et moi aimant dire et redire. A l&rsquo;\u00e9poque. Des choses que l&rsquo;on aimait dire \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. R\u00e9p\u00e9tant sans fin. Nous autres. derri\u00e8re la cravate. S&rsquo;enfiler des choses derri\u00e8re la cravate. Nous lan\u00e7ant souvent. Nous autres. A l&rsquo;\u00e9poque. Des d\u00e9fis. Enjoignant mon fr\u00e8re \u00e0 s&rsquo;enfiler des choses. A les exp\u00e9dier. Derri\u00e8re sa cravate. Mon fr\u00e8re m&rsquo;enjoignant souvent. A l&rsquo;\u00e9poque. A m&rsquo;enfiler des choses. A les exp\u00e9dier. Derri\u00e8re ma cravate. A mordre. Par exemple. Un os. Un simple os. De poulet. Ou de lapin. Pas de c\u00f4telette. Jamais de c\u00f4telette. Derri\u00e8re ma cravate. Comme le ferait un chien. N&rsquo;importe quel chien. Croquant un os. Exp\u00e9diant. Derri\u00e8re sa cravate. Une substance. La moelle. Ne ressemblant \u00e0 rien. N&rsquo;ayant \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Nous autres. En t\u00eate. Aucune id\u00e9e. Aucune vision de moelle. Ne sachant rien. Nous autres. A l&rsquo;\u00e9poque. Des moelles. Des consistances. Et des couleurs des moelles. Ne connaissant personne. Nous autres. A l&rsquo;\u00e9poque. Adorant la moelle. Ma m\u00e8re et ma grand-m\u00e8re n&rsquo;ouvrant jamais les os. Ne portant en bouche jamais de moelle. Mon p\u00e8re et ses fr\u00e8res. A l&rsquo;\u00e9poque. N&rsquo;ouvrant jamais les os. Ne portant en bouche jamais de moelle. Mon fr\u00e8re se d\u00e9filant. Comme toujours. Me d\u00e9fiant du regard. Puis saisissant un os. Dans son assiette. Comme un chien en rage. Puis mordant dedans. Comme un chien en rage. Et se brisant une dent. Puis. A mon tour. Me saisissant d&rsquo;un os. Dans mon assiette. De poulet. Ou de lapin. Je ne sais plus. T\u00e2chant de le croquer. Comme un chien en rage. Avec fureur. Sans d\u00e9licatesse. Et me brisant une dent. Ou quasi. Puis perdant une dent. R\u00e9ellement. Puis. Plus tard. Deux dents. R\u00e9ellement. En raison d&rsquo;une rage. D&rsquo;une fureur de chien. M&rsquo;ayant une fois saisi. A l&rsquo;issue d&rsquo;un repas. Quelle folie. Quelle fa\u00e7on de vivre. Insens\u00e9e. Ridicule. Ridicule. Avait dit ma m\u00e8re. Mais vivant ensuite. Et fort bien. Sans une dent. Sans deux dents. M&rsquo;accommodant du manque. De la perte. A jamais. D&rsquo;une dent puis de deux. Me disant souvent. A l&rsquo;\u00e9poque. C&rsquo;est ainsi. C&rsquo;est comme \u00e7a. On vit sans une dent. Sans deux dents. Puis vivant alors. Sans une dent. Sans deux dents. Jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant. Ne palliant en rien. Jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant. Laissant faire les choses. Jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant. Me nourrissant de peu. Puis de beaucoup. Me resservant \u00e0 table. Exag\u00e9r\u00e9ment. Ne go\u00fbtant jamais aux cr\u00eates des coqs. Aux ergots des coqs. Ni aux becs de coqs. Pr\u00e9f\u00e9rant. Et de loin. Les p\u00e2tes. Puis le riz. A n&rsquo;importe quoi d&rsquo;autre. Renon\u00e7ant tr\u00e8s vite aux joues et aux langues. Aux joues des lapins. Aux langues des b\u0153ufs. Y go\u00fbtant pourtant. Plusieurs fois. Imitant mon p\u00e8re et mon grand-p\u00e8re. Prenant peu \u00e0 peu leur allure. Leur ventripotence. La prenant sur la tard mais la prenant. D\u00e9sesp\u00e9rant de la prendre mais la prenant. Ne faisant pas grand-chose pour ne pas la prendre. D\u00e9sesp\u00e9rant de ne pas faire grand-chose pour ne pas la prendre. Mais ne faisant rien pour ne pas la prendre. Pestant dix-huit fois de la prendre. D\u00e9sirant. Pourtant. Ardemment. De ne pas la prendre. Mais ne faisant rien pour ne pas la prendre. Voil\u00e0. C&rsquo;est dit. C&rsquo;est ainsi. C&rsquo;est idiot. C&rsquo;est comme \u00e7a. Ridicule. Ridicule. Ridicule. Avan\u00e7ant dans le monde sans radar en somme. Balan\u00e7ant des propos. Des graines. Au hasard. Avan\u00e7ant dans le monde au petit bonheur. Ne jurant que par lui. Voil\u00e0. C&rsquo;est dit. Puis j&rsquo;ai su qu&rsquo;un et un faisaient deux. Puis j&rsquo;ai su o\u00f9 \u00e9tait l&rsquo;Am\u00e9rique. Puis j&rsquo;ai lu des histoires \u00e0 un oncle. Puis j&rsquo;ai bruiss\u00e9 longtemps. Comme une herbe. Me terrant comme un chien. Poussant dans les ombres. Dans les arri\u00e8re-cours. A l&rsquo;abri des regards. Puis j&rsquo;ai parl\u00e9 un peu. Puis beaucoup beaucoup. Puis reparl\u00e9 un peu. Puis beaucoup beaucoup. Comme un perroquet. R\u00e9p\u00e9tant. Comme un perroquet. Tout ce qu&rsquo;on disait. Ce que j&rsquo;entendais. Ne faisant pas le tri. Disant toutes les choses. Comme elles me venaient. Ne laissant place \u00e0 rien. Occupant le terrain. Avan\u00e7ant une chose. Puis son contraire. Emp\u00eachant les gens de dormir. Mes propos. Une fois. Tenant \u00e9veill\u00e9 quelqu&rsquo;un. Toute une nuit. Mes propos. Une fois. Emp\u00eachant un chien de dormir. Toute une nuit. J&rsquo;\u00e9tais fou. Insens\u00e9. Insensible. Incapable de garder. Rien que pour moi. Incapable de me taire. J&rsquo;\u00e9tais fatigant. J&rsquo;\u00e9tais fatigu\u00e9. Avan\u00e7ant une chose. Puis son contraire. Puis reprenant la chose. Puis son contraire. Puis ravan\u00e7ant la chose. Puis son contraire. Laissant. Une fois. Un grille-pain br\u00fbler. Un toit br\u00fbler. Une \u00e9table. Une grange. Un champ de bl\u00e9. Des pneus. Des carcasses de porc br\u00fbler. Me fichant de ces incendies. Continuant. Co\u00fbte que co\u00fbte. A tenir des propos sur tout et sur rien. C&rsquo;\u00e9tait noir. Pourtant. A l&rsquo;horizon. S&rsquo;\u00e9levant en colonne. A l&rsquo;horizon. Et puant l&rsquo;hydrocarbure. Empestant l&rsquo;air. Le chargeant de miasmes. Me contentant. Pour ma part. De hausser les \u00e9paules. Comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait. Comme si ma m\u00e8re ne courait pas d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autre de la cour. Les bras charg\u00e9s de seaux d&rsquo;eau. Comme si mon p\u00e8re ne courait pas d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autre de la cour. Un extincteur au CO dans les bras. Comme si tout cela. La peur panique. La ruine. Ne comptait pas. Pauvre fou. Pauvre fou. Me contentant de tenir des propos. Tout heureux de tenir des propos. De laisser filer les choses. Le cul bien assis. Le cul bien cal\u00e9. Sur une chaise en bois. Mal \u00e9quarrie. Mal d\u00e9grossie. Pos\u00e9e l\u00e0. Dans la cour en terre. Au milieu de tout. Des herbes folles et des poules paniqu\u00e9es. Des brindilles de paille enflamm\u00e9es. Des vaches meuglantes et des tas de fumier. Attendant que \u00e7a se passe en somme. Calmement. Attendant de me laver. De d\u00e9barrasser mes mains et mon ventre des scories. De l&rsquo;odeur de suie et du noir de suie. Ayant appris. Pour ma part. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. A me laver. Des fois quotidiennement. A me raser. Des fois une fois la semaine. Juste par go\u00fbt. Juste pour \u00eatre. Para\u00eetre exister. Para\u00eetre au monde. C&rsquo;\u00e9tait fou. Insensible. Insens\u00e9. Passant d&rsquo;abord mes mains \u00e0 l&rsquo;eau ti\u00e8de. Puis mes pieds. Puis mon ventre. Puis passant mes mains \u00e0 l&rsquo;eau chaude. Puis mes pieds. Puis mon ventre. Rougissant ma peau. Comme un sauvage. Prenant feu. Comme un sauvage. D\u00e9gommant les insectes. Les rampants et les vibratiles. Frappant des fois mon fr\u00e8re au visage. Ou pin\u00e7ant des joues. Grillant une fois des fourmis. Les \u00e9talant sur mon pain. Leur \u00e9talant de la confiture. Sur le dos. Les antennes. Les petites coques vides qu&rsquo;elles \u00e9taient devenues. Ouvrant une fois la t\u00eate de mon fr\u00e8re. A coup de crosse. Me goinfrant de beurre jusqu&rsquo;\u00e0 pas d&rsquo;\u00e2ge. M&rsquo;oignant de beurre. Jusqu&rsquo;\u00e0 pas d&rsquo;\u00e2ge. Allant quelques fois les mains ointes et la bouche ointes. Des heures durant. Dans les bois. Dans les champs de patates et les prairies. Puis arr\u00eatant net. D\u00e9go\u00fbt\u00e9 du beurre et de moi-m\u00eame. D&rsquo;avoir pu ainsi. Des ann\u00e9es durant. Errer sur terre. Sans vergogne. Sans g\u00eane aucune. Les mains ointes. La bouche ointe. D\u00e9laissant alors. Peu \u00e0 peu. Des choses. Me d\u00e9lestant des \u0153ufs. Par exemple. Ou du beurre. Ou des viandes. Ne trouvant plus dans le beurre de la joie. Ne trouvant plus dans les viandes de la joie. Ne trouvant plus dans les \u0153ufs de la joie. Moi qui avais trouv\u00e9 de la joie. D&rsquo;abord un peu. Puis beaucoup beaucoup. Dans les \u0153ufs. Dans le beurre. Dans les viandes. Comme dans les arri\u00e8re-cours. Comme si tout cela. Toute cette joie. Etait finie finie. Avait disparu de la terre. Enlev\u00e9e par quelqu&rsquo;un. Mais qui. Emportant la joie. Toute la joie. Ailleurs. Pour faire quoi. Ai-je dit un jour. Ai-je demand\u00e9. A ma m\u00e8re. Chargeant mon assiette. A midi. En patates. En \u0153ufs. En viande et en beurre. Arrosant le tout de lait. De l&rsquo;immonde lait. De lait&nbsp;&nbsp;soudainement immonde et d\u00e9go\u00fbtant. Sans joie aucune. D\u00e9laissant alors. Pour ma part. Sans regret. Le beurre et le lait pour toujours. Revenant. Pourtant. Quelques fois au lait. Mais sans joie. Mais d\u00e9laissant les viandes. D\u00e9laissant le beurre. Sans regret. Pour toujours. Laissant aux autres. Sans regret. Pour toujours. La cuisson des viandes. L&rsquo;absorption de beurre. Revenant plus tard. Toutefois. Sur les \u0153ufs. Absorbant les \u0153ufs \u00e0 nouveau avec joie. En pleurant de joie. Tout heureux. Alors. De retrouver \u0153ufs. Et de ch\u00e9rir \u0153ufs. A nouveau. Avec joie. De fourrer des fois leurs coquilles vides dans mes poches. Ayant pris l&rsquo;habitude. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. De fourrer des fois des coquilles d&rsquo;\u0153ufs. Des coquilles vides. Dans mes poches. Ayant pris l&rsquo;habitude. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. De fourrer des fois. Dans mes poches. N&rsquo;importe quoi. Des b\u00e2tonnets secs. Des os. Des coquilles d&rsquo;\u0153ufs vides. Des bouts d&#8217;emballages. Etc. Dans mes poches. Toutes ces choses comptant pour du beurre. Toutes ces vies bris\u00e9es. Comptant pour du beurre. Ne valant plus rien. Disait ma m\u00e8re. Me faisant les poches. D\u00e8s que j&rsquo;arriverais. Rentrerais de mon tour. De mon escapade. Ne comprenant pas. A-t-elle souvent dit. Ne comprenant rien. A-t-elle souvent dit. A ce sale gamin. Voil\u00e0. C&rsquo;est dit. Qu&rsquo;elle aimait. Pourtant. Plus que tout au monde. A-t-elle souvent dit. Plus que mes chiens. Plus que mes filles ou que l&rsquo;oiseau rinrin. A-t-elle souvent dit. D\u00e9laissant alors. Quant \u00e0 moi. Peu \u00e0 peu. Mes airs. Mes grands airs. De divine diva. Vivant recluse. Depuis toujours. Comme un chien. Comme une chienne. Dans les ombres. Dans les arri\u00e8re-plans. Dans les arri\u00e8re-cours. M&rsquo;effrayant d&rsquo;un rien. Dans les interstices. Dans les failles. Vivant dans la crainte. Toujours. Portant des v\u00eatements. Toujours noirs. Des t-shirts. Toujours noirs. Des pantalons noirs. Et des cale\u00e7ons noirs. N&rsquo;\u00e9coutant rien de bon. Ne faisant rien de bon. V\u00e9g\u00e9tant des fois des jours durant. Dans mon lit. Dans mon canap\u00e9. Tournant court. Dans un monde tournant \u00e0 rien. Dans un monde tournant court. Ou riant de tout. Extr\u00eamement. Trouvant \u00e0 redire. Toujours. Sur le monde. Sur les choses. Sur la vie recluse. Mais ne faisant rien. Dix mille fois. Ressassant les choses. Dix mille fois. Reprenant les choses. Dix mille fois. Tenant des propos. Dix mille fois. Sur tout et sur rien. Trouvant \u00e0 redire. Toujours. Sur tout et sur rien. Pensant non non et non \u00e7a n&rsquo;est jamais \u00e7a. Ne sera jamais \u00e7a. Ou quelque chose du genre. Reprenant alors les choses. Dix mille fois. R\u00e9ouvrant les choses. Dix mille fois. Peut-\u00eatre par crainte. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Paradant. Alors. Dans le monde. En divine diva. Me donnant des airs. De divine diva. A la boucherie. A l&rsquo;hypermarket. Me tenant en retrait. Immobile. Attendant mon tour. Chez le boucher. Ne parlant de rien. Ni \u00e0 personne. Me contentant. Chez le boucher. D&rsquo;\u00eatre l\u00e0. Des journ\u00e9es enti\u00e8res. Immobile en retrait. Sans chaleur humaine. Ayant d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. Sans chaleur humaine. Puis ayant acquis. Un peu. Tout petit peu. De chaleur humaine. Puis acqu\u00e9rant de la chaleur humaine. Beaucoup beaucoup. Et dispensant de la chaleur humaine. Beaucoup beaucoup. Puis reperdant de la chaleur humaine. D&rsquo;abord un peu puis beaucoup beaucoup puis retrouvant de la chaleur humaine d&rsquo;abord un peu puis beaucoup beaucoup portant d&rsquo;abord la barbe puis la moustache puis rien du tout puis une mouche fine sous la l\u00e8vre inf\u00e9rieure ne ressemblant \u00e0 rien coup\u00e9e en brosse mais d\u00e9gageant je ne sais pas pourquoi de la chaleur humaine d&rsquo;abord un peu puis beaucoup beaucoup. Voil\u00e0. C&rsquo;est dit. Puis j&rsquo;ai march\u00e9. Avec joie. Puis j&rsquo;ai mang\u00e9. Avec joie. Bu vu lu su. Avec joie. Dit mis pris ri. Avec joie. C&rsquo;\u00e9tait ici. Georgy Flyorov. C&rsquo;\u00e9tait sur terre. Comprends-tu. Georgy Flyorov. Comprends-tu. On est sur terre. Georgy Flyorov. On est sur terre. Toi non plus tu n&rsquo;y coupes pas. Georgy Flyorov. Toi non plus tu n&rsquo;y coupes pas. C&rsquo;est fou. D\u00e9raisonnable. Insens\u00e9. Mais sensible. Et jouissif. Et dr\u00f4le. Georgy Flyorov. C&rsquo;est fou. D\u00e9raisonnable. Insens\u00e9. Mais sensible. Et jouissif. Et dr\u00f4le. Pas vrai&nbsp;? Pas vrai&nbsp;? Pas vrai&nbsp;? Georgy Flyorov&nbsp;? Pas vrai&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\/ puis il se tait \/ puis il trempe son pain \/ puis il boit son caf\u00e9 \/ puis il salue flyorov \/ puis il rev\u00eat sa combinaison \/ puis il va au travail \/ puis il irradie \/ puis il rentre chez lui \/ \u00e0 Dubna \/ dans son appartement \/ se regarde quelque chose \/ ou se dit quelque chose \/ ou s&rsquo;endort \/ ou reste avec lui-m\u00eame \/ infiniment avec lui-m\u00eame \/ faisant corps avec lui-m\u00eame \/ infiniment avec lui-m\u00eame \/ ou quelque chose du genre \/<\/p>\n\n\n\n<p>\/\/\/<\/p>\n\n\n\n<p>ceci a lieu&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>le jour o\u00f9 konstantin peterzhak aurait pu dire :<\/p>\n\n\n\n<p>des fois<\/p>\n\n\n\n<p>dans mes pelouses<\/p>\n\n\n\n<p>dans mes steppes int\u00e9rieures :<\/p>\n\n\n\n<p>\/\/\/<\/p>\n\n\n\n<p>les choses dodues me semblent louches<\/p>\n\n\n\n<p>je m&#8217;emporte contre les armoires&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>je trouve de petits yeux au fond des bocaux vides<\/p>\n\n\n\n<p>\/\/\/<\/p>\n\n\n\n<p>ceci n&rsquo;a pas eu lieu<\/p>\n\n\n\n<p>le jour o\u00f9 konstantin petezhak aurait pu dire :<\/p>\n\n\n\n<p>des fois<\/p>\n\n\n\n<p>dans mes pelouses<\/p>\n\n\n\n<p>dans mes steppes int\u00e9rieures :<\/p>\n\n\n\n<p>\/\/\/<\/p>\n\n\n\n<p>brume devant&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>brume derri\u00e8re&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>brume qui pousse \u00e0 partir<\/p>\n\n\n\n<p>\/\/\/<\/p>\n\n\n\n<p>ceci n&rsquo;est qu&rsquo;une hypoth\u00e8se \/ je ne la d\u00e9velopperai pas plus avant \/ je ne veux pas \/ quant \u00e0 moi \/ peler du cerveau \/ na\u00eetre \/ comme peterzhak \/ du flanc d&rsquo;une vache \/<\/p>\n\n\n\n<p>\/\/\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>c&rsquo;est mon introspection sous verbe . la version 3 de mon introspection sous verbe . c&rsquo;est une version longue . potentiellement infinie . comme un r\u00e9cit infini . \u00e7a pourrait durer infiniment . \u00e7a prend de la place . \u00e7a explose la consigne . pas grave . \u00e7a \u00e9crit . se laisse \u00e9crire . c&rsquo;est totalement illisible . c&rsquo;est pas grave . \u00e7a parle . \u00e7a jase . \u00e7a jauge . voil\u00e0 . c&rsquo;est dit .  <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/comment_etre_sur_terre_lecon-15-version-3\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">comment_\u00eatre_sur_terre_(le\u00e7on 15) &#8211; version 3<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[917],"tags":[],"class_list":["post-11506","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2019-7-introspection-sous-verbe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11506","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/19"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11506"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11506\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11506"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11506"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11506"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}