{"id":115459,"date":"2023-02-14T15:15:02","date_gmt":"2023-02-14T14:15:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=115459"},"modified":"2023-02-14T15:15:03","modified_gmt":"2023-02-14T14:15:03","slug":"avis-de-recherche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/avis-de-recherche\/","title":{"rendered":"Avis de recherche"},"content":{"rendered":"\n<p>Le message laiss\u00e9 \u00e0 mon h\u00f4tel d\u00e9crivait,&nbsp; en neuf \u00e9tapes aux intitul\u00e9s laconiques, l&rsquo;itin\u00e9raire \u00e0 suivre pour retrouver mes amis. Papier \u00e0 la main, je me mis en route.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le bar au coin de la rue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il arrive \u00e0 point nomm\u00e9, comme si G.P. avait su que l&rsquo;h\u00f4tel ne servait pas de petit d\u00e9jeuner ; il me faut me restaurer avant de cheminer dans cette ville inconnue. J&rsquo;esp\u00e8re que le comptoir est bien garni de pasteis de nata, que le caf\u00e9 vaut celui de Lisbonne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Descente<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ils n&rsquo;ont pas menti, mes genoux souffrent d\u00e9j\u00e0 de freiner en permanence. Je passe devant une station&nbsp; de m\u00e9tro, je pourrais couper court, je perdrais le contact avec la ville que je domine maintenant, beaux immeubles, semblent bourgeois, pourtant beaucoup de toitures endommag\u00e9es, crev\u00e9es par une v\u00e9g\u00e9tation incongrue, jusqu&rsquo;\u00e0 des arbres cherchent la lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Halles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A droite, profitent d&rsquo;une br\u00e8ve \u00e9tendue horizontale ressemblent \u00e0 un pavillon de Baltard, sans doute contemporaines \u2013 v\u00e9rifier ce point \u2013 (mi dix-neuvi\u00e8me ?), n&rsquo;\u00e9tait cette peinture rouge-sang qui habille toute la structure&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00bb le pavillon en viande saignante \u00a0\u00bb ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Petite \u00e9glise<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Rien d&rsquo;excessif, rien de somptuaire, une \u00e9glise de paroisse sans clochetons, sans azulejos de fa\u00e7ade, gentilles proportions, entour\u00e9e d&rsquo;un petit jardin frais. Dans ses murs, on se sent chez soi, d&rsquo;ailleurs, j&rsquo;ai l&rsquo;intention d&rsquo;y revenir pour assister \u00e0 une messe, &nbsp;je prends le temps de regarder dans les yeux un christ quasi nu, \u00e0 la couronne d&rsquo;\u00e9pines \u00e9normes, on sent qu&rsquo;il a fallu les enfoncer \u00e0 coups de marteau. Du sang, encore, au visage, coagul\u00e9 dans la barbe&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Emma\u00fcs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Deux camionnettes d\u00e9chargent un fatras de mobilier, de caisses de plastiques, semblent contenir des livres, envie d&rsquo;aller jeter un coup d&rsquo;\u0153il, ah, trouver dans la poussi\u00e8re un Pessoa \u00e0 la belle reliure !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La rue pi\u00e9tonne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Perpendiculaire \u00e0 la pente, rendez-vous de la jeunesse en portable et minishorts, touristes sous haute protection anti UV, h\u00f4tels particuliers aux riches balcons, luxe des commerces en toutes langues, dans un angle, en bas \u00e0 droite, fa\u00e7ade arborant des id\u00e9ogrammes chinois : Ta\u00efwan qui fut Formosa, la belle ?? Irruption d&rsquo;un groupe d&rsquo;\u00e9tudiants, musiciens, en costumes et capes noirs traditionnels, font un succ\u00e8s compar\u00e9s aux guitaristes amplifi\u00e9s limant des standards ad nauseam&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pont Eiffel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Porto a le g\u00e9nie des ponts, le g\u00e9nie des structures de fer ou de ciment \u00e9lanc\u00e9es au-dessus du Douro, parfois lame de b\u00e9ton pr\u00e9contraint, parfois gigantesques meccanos de dentelle rigide jet\u00e9s par les hommes pour r\u00e9unir les deux rives d&rsquo;un estuaire qui n&rsquo;en finit pas de s&rsquo;ouvrir sur l&rsquo;atlantique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Douro<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avant de passer d&rsquo;une rive \u00e0 l&rsquo;autre, tenter un nouveau caf\u00e9 en terrasse bordant le fleuve. Trois fois le prix de la ville haute. Heure indolente, quasi sieste \u00e0 observer les mouvements de l&rsquo;eau que la mar\u00e9e agite d&rsquo;un mascaret tranquille.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rive gauche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Amarr\u00e9s le long des berges, bateaux ventrus charg\u00e9s de tonneaux (peut-\u00eatre vides), baptis\u00e9s par les grandes marques de vin de Porto&#8230; Burmeister, Sandeman (la silhouette cap\u00e9e de noir&#8230;). On pourrait visiter les caves, d\u00e9guster&#8230; Merci bien, je suis en mission&#8230; Je me retourne pour englober dans un grand angle, la ville qui gravit les pentes de la rive droite, \u00e9cras\u00e9 par le min\u00e9ral, \u00e9glises massives issues du si\u00e8cle d&rsquo;or. Les ponts que berce un air marin apportent une touche de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La f\u00eate foraine, nous y sommes&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>St Jean Baptiste, patron de la ville, est c\u00e9l\u00e9br\u00e9, rive gauche, par une immense f\u00eate foraine. Les baraques sont ferm\u00e9es, sieste oblige, seuls des gamins de tous \u00e2ges interpellent les marchands de barbe \u00e0 papa ou de cacahu\u00e8tes pralin\u00e9es. Tous sont \u00ab\u00a0arm\u00e9s\u00a0\u00bb d&rsquo;une sorte de marteau de plastique dont ils frappent les passants avec de grands sourires \u2013 \u00e9claircir le sens de ce jeu-rite -. L&rsquo;espace est interdit aux voitures, la berge du fleuve incite \u00e0 la r\u00eaverie, je me poste au carrefour des chemins, ils finiront bien par me trouver&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le message laiss\u00e9 \u00e0 mon h\u00f4tel d\u00e9crivait,&nbsp; en neuf \u00e9tapes aux intitul\u00e9s laconiques, l&rsquo;itin\u00e9raire \u00e0 suivre pour retrouver mes amis. Papier \u00e0 la main, je me mis en route. 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