{"id":119719,"date":"2023-04-18T06:41:57","date_gmt":"2023-04-18T04:41:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=119719"},"modified":"2023-04-18T09:17:02","modified_gmt":"2023-04-18T07:17:02","slug":"technique-01-quelques-sentiments-des-sentiments","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/technique-01-quelques-sentiments-des-sentiments\/","title":{"rendered":"#techniques #01 | quelques sentiments  des sentiments"},"content":{"rendered":"\n<p>Le sentiment d\u2019avaler l\u2019air l\u2019ext\u00e9rieur en dedans, l\u2019air vient du dehors et s\u2019introduit dans un dedans, il y a un mouvement qui va du dehors vers le dedans il y a une volont\u00e9 du dedans de se remplir d\u2019air du dehors, il y a une volont\u00e9 du dehors de venir occuper un instant le dedans, il y a un dedans et un dehors, il y a de l\u2019air, il y a le sentiment d\u2019avaler l\u2019air et il y a le sentiment d\u2019expulser l\u2019air du dedans vers le dehors l\u2019air entre par le nez, par la bouche, par la peau, par les mains, par les yeux, par les oreilles, le corps tout entier avale de l\u2019air ext\u00e9rieur, le corps est baign\u00e9 tout entier dans l\u2019air ambiant, l\u2019air ext\u00e9rieur entoure le corps tout entier, on pense que l\u2019on avale de l\u2019air par la bouche, par le nez, on ne pense pas l\u2019avaler par les yeux, les oreilles, les pores du corps entier, c\u2019est un vieux sentiment, on s\u2019y est habitu\u00e9, on n\u2019y fait peu attention, le sentiment d\u2019avaler de l\u2019air et de l\u2019expulser, C\u2019est vital de consommer de l\u2019air sans trop y penser, si on commence \u00e0 y penser on ne peut plus s\u2019arr\u00eater, on est hypnotis\u00e9 par l\u2019air qu\u2019on avale et qu\u2019on recrache, on est hypnotis\u00e9 par cette r\u00e9alit\u00e9, mais si on y fait attention \u00e7a devient un sentiment, c\u2019est le sentiment d\u2019avaler l\u2019air comme on avale la r\u00e9alit\u00e9 sans y pr\u00eater trop d\u2019attention sinon on ne ferait plus que \u00e7a, d\u2019\u00eatre dans le sentiment d\u2019avaler et recracher quelque chose d\u2019invisible, on serait dans le m\u00eame sentiment qu\u2019\u00e9prouve peut-\u00eatre les premi\u00e8res bact\u00e9ries, elles ne font peut-\u00eatre que \u00e7a les bact\u00e9ries, elles avalent quelque chose, de l\u2019air et elles le recrachent, avant que \u00e7a ne soit de l\u2019air c\u2019\u00e9tait autre chose, quand les bact\u00e9ries sont n\u00e9es, il n\u2019y avait pas le m\u00eame air, c\u2019\u00e9tait un autre \u00e9l\u00e9ment, un \u00e9l\u00e9ment que nous humains n\u2019aurions pu avaler pour vivre, c\u2019est un \u00e9l\u00e9ment qui a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 par les bact\u00e9ries, c\u2019est \u00e0 dire que si aujourd\u2019hui on avale et on recrache de l\u2019air, si aujourd\u2019hui on a le sentiment d\u2019\u00eatre en vie on le doit pour une grande part aux bact\u00e9ries, et peut-\u00eatre que nous participons aussi \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une autre esp\u00e8ce \u00e0 venir en avalant et en recrachant de l\u2019air, peut-\u00eatre que tout \u00e7a cr\u00e9era un autre sentiment dans quelques milliers d\u2019ann\u00e9es, une nouvelle cr\u00e9ature qui sera consciente d\u2019avaler quelque chose et de le recracher, une nouvelle cr\u00e9ature qui \u00e9prouvera un sentiment, qui peut-\u00eatre \u00e9prouvera un sentiment de reconnaissance envers les \u00eatres pr\u00e9c\u00e9dents qui avant elle ont aval\u00e9 et recrach\u00e9 de l\u2019air, peut-\u00eatre que \u00e7a ne se produira pas de la m\u00eame mani\u00e8re, peut-\u00eatre que la r\u00e9alit\u00e9 de cette cr\u00e9ature nouvelle sera une nouvelle r\u00e9alit\u00e9, peut-\u00eatre que le sentiment d\u2019avaler et de recracher de l\u2019air sera perceptible autrement, mais que \u00e7a ne changera pas vraiment la nature du sentiment, ni celle de la reconnaissance qui sera \u00e9prouv\u00e9e dans quelques milliers d\u2019ann\u00e9es, il faut reconna\u00eetre qu\u2019on en peut pas se prononcer sur l\u2019avenir vraiment, mais on peut y penser de temps en temps, on peut faire autre chose que d\u2019avaler et recracher de l\u2019air sans y penser, on peut y penser et en m\u00eame temps \u00e9prouver du sentiment, penser \u00e0 ce sentiment ou ne pas y penser, \u00e7a ne changera sans doute pas grand chose \u00e0 l\u2019avenir mais si on y pense en m\u00eame temps qu\u2019on \u00e9prouve ce genre de sentiment on peut \u00e9prouver le sentiment de servir un peu \u00e0 quelque chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sentiment de servir \u00e0 quelque chose met en joie, la joie de servir \u00e0 quelque chose, simple, n\u00e9cessite peu de moyens si on y pense, et une fois qu\u2019on y pense le sentiment peut venir et alors on peut se remplir du sentiment de servir \u00e0 quelque chose, \u00e7a nous remplit, \u00e7a nous occupe, \u00e7a peut aussi nous envahir, \u00e7a peut tellement nous envahir qu\u2019on passe son temps \u00e0 vouloir \u00e0 tout prix servir \u00e0 quelque chose pour \u00e9prouver toujours le m\u00eame sentiment qui nous met en joie, on voudrait toujours \u00eatre en joie de servir \u00e0 quelque chose, et quand \u00e7a n\u2019arrive pas on \u00e9prouve le sentiment d\u2019avoir rat\u00e9 quelque chose, c\u2019est un autre sentiment qui nous envahit, un sentiment de tristesse infinie, le sentiment de ne servir \u00e0 rien nous vide, la tristesse cr\u00e9e le vide, le d\u00e9sert, l\u2019inutilit\u00e9, l\u2019envie de mourir, c\u2019est le sentiment inverse que l\u2019on \u00e9prouve, le sentiment de ne servir \u00e0 rien, le sentiment d\u2019avoir perdu la joie de servir \u00e0 quelque chose, le sentiment du regret du remord de n\u2019avoir pas pu servir \u00e0 quoique ce soit \u00e0 qui que ce soit, c\u2019est un sentiment d\u00e9sagr\u00e9able parce que servir \u00e0 quelque chose est agr\u00e9able on le sait, on l\u2019a d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouv\u00e9, on s\u2019en souvient, on voudrait remettre \u00e7a, recommencer, mais quelque chose nous en emp\u00eache, malgr\u00e9 tous nos efforts on ne parvient plus \u00e0 servir \u00e0 grand chose, on d\u00e9couvre alors le sentiment de nostalgie d\u2019avoir servi \u00e0 quelque chose et de ne plus servir \u00e0 rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sentiment de courir au ralenti dans le r\u00eave est peu agr\u00e9able, il arrive au moment o\u00f9 on voudrait prendre les jambes \u00e0 son cou, mais on se rend bien compte dans le r\u00eave qu\u2019on fait du sur place. Le sentiment de courir au ralenti dans un r\u00eave est une g\u00e8ne, on ne peut dire que c\u2019est un cauchemar, parce que le sentiment du cauchemar est beaucoup plus aigu que le sentiment de courir au ralenti en faisant du sur place, c\u2019est p\u00e9nible de faire du sur place, on peut s\u2019en rendre compte \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du r\u00eave mais \u00e7a ne fait pas peur comme le sentiment d\u2019\u00eatre en plein cauchemar, c\u2019est un mauvais moment \u00e0 passer, on a le sentiment que \u00e7a ne va pas toujours durer, qu\u2019on va se r\u00e9veiller et qu\u2019on pourra avancer, mais parfois on oublie que c\u2019est un sentiment que l\u2019on \u00e9prouve dans un r\u00eave, on croit que c\u2019est une r\u00e9alit\u00e9 de courir en faisant du sur place.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sentiment de la cerise qu\u2019on vole sur un cerisier appartenant au voisin, le sentiment du vol de la cerise qu\u2019on met dans sa bouche, ressemble au sentiment de la mure qu\u2019on cueille dans les haies bordant les champs l\u2019\u00e9t\u00e9, mais il est nettement plus ardent, il br\u00fble les yeux, il br\u00fble les doigts, il br\u00fble le corps, surtout les genoux que l\u2019on \u00e9corche pour grimper sur le cerisier du voisin, mais on ne sent rien, \u00e7a br\u00fble mais le d\u00e9sir de la cerise qu\u2019on mettra dans sa bouche est plus intense, plus fort, que les br\u00fblures des genoux, le sentiment de la cerise qui \u00e9clate sous la pression des dents dans la bouche, le sentiment du vol, de l\u2019interdit, et de ce fruit qui explose en bouche est sup\u00e9rieur au sentiment de la mure qu\u2019on cueille sur les haies des chemins et que l\u2019on sent fondre mollement dans la bouche.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sentiment de l\u2019ar\u00eate de poisson qui se coince dans la gorge est tout \u00e0 fait d\u00e9sagr\u00e9able, Il est d\u00e9sagr\u00e9able pour plusieurs raisons auxquelles on ne pense pas quand une ar\u00eate de poisson se coince dans la gorge, on n\u2019y pense pas parce qu\u2019on avale une bouch\u00e9e de la chair du poisson sans la m\u00e2cher, sans prendre le temps de go\u00fbter le go\u00fbt de la chair du poisson, parce qu\u2019on consomme du poisson sans y penser comme on consomme de l\u2019air sans y penser, parce qu\u2019on consomme tout sans y penser parce qu\u2019on a le sentiment d\u2019avaler le monde et de ne pas \u00eatre rassasi\u00e9, parce que le monde n\u2019a pas de go\u00fbt ou bien on ne veut pas savoir le go\u00fbt on ne veut pas l\u2019explorer, on en a peut-\u00eatre peur, on en est d\u00e9go\u00fbt\u00e9, on avale le monde sans le  m\u00e2cher tout rond et tout \u00e0 coup panique on tombe sur une ar\u00eate qui se coince dans la gorge, on a le sentiment que c\u2019est la fin du monde, qu\u2019on va crever \u00e0 table en mangeant du poisson ou du monde devant tout le monde , l&rsquo;ar\u00eate qui se coince dans la gorge nous expulse illico presto du monde , c\u2019est insupportable comme sentiment, effrayant bien s\u00fbr mais pas seulement c\u2019est surtout honteux d&rsquo;\u00eatre en train d&rsquo;\u00e9prouver le sentiment de crever en ayant aval\u00e9 une ar\u00eate de poisson, et paf voil\u00e0 le sentiment de la honte qui se m\u00e9lange au sentiment de la peur de mourir, au sentiment d\u2019\u00eatre un incorrigible glouton qui veut avaler le poisson et le monde sans prendre le temps de le go\u00fbter de le m\u00e2cher de le savourer un tant soit peu.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sentiment de perdre son temps quand on est vieux est inversement supportable au sentiment de perdre son temps lorsqu\u2019on est jeune mais c\u2019est une simple affaire d\u2019habitude, plus on sera habitu\u00e9 \u00e0 \u00e9prouver le sentiment de perdre son temps plus on sera arm\u00e9 afin de le supporter, sauf quand on d\u00e9cidera d\u2019\u00eatre vieux, parce qu\u2019\u00e0 ce moment l\u00e0,  pr\u00e9cis\u00e9ment,  on ne voudra plus du tout \u00e9prouver le sentiment de perdre son temps, au contraire on se dira le temps presse,  on essaiera de gagner du temps au contraire, apr\u00e8s en avoir beaucoup perdu, ce qui est tout aussi idiot si on y pense, le sentiment de gagner du temps d\u2019apr\u00e8s certaines exp\u00e9riences relat\u00e9es par des tiers n\u2019est satisfaisant que quelques minutes \u00e0 peine, c\u2019est le m\u00eame sentiment que celui qu\u2019on peut \u00e9prouver lors d\u2019un d\u00e9jeuner de soleil.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le sentiment d\u2019avaler l\u2019air l\u2019ext\u00e9rieur en dedans, l\u2019air vient du dehors et s\u2019introduit dans un dedans, il y a un mouvement qui va du dehors vers le dedans il y a une volont\u00e9 du dedans de se remplir d\u2019air du dehors, il y a une volont\u00e9 du dehors de venir occuper un instant le dedans, il y a un dedans <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/technique-01-quelques-sentiments-des-sentiments\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#techniques #01 | quelques sentiments  des sentiments<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":530,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4397,4398],"tags":[],"class_list":["post-119719","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-techniques-elargissements","category-techniques-01-tarkos-le-sentiment"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/119719","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/530"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=119719"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/119719\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=119719"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=119719"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=119719"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}