{"id":121308,"date":"2023-05-08T15:59:01","date_gmt":"2023-05-08T13:59:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=121308"},"modified":"2025-02-01T09:28:32","modified_gmt":"2025-02-01T08:28:32","slug":"testard_techniques_5_1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/testard_techniques_5_1\/","title":{"rendered":"#techniques #05 | Il pleuvait en effet"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:10px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/230702_Ne-rien-jeter_3-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-172659\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/230702_Ne-rien-jeter_3-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/230702_Ne-rien-jeter_3-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/230702_Ne-rien-jeter_3-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/230702_Ne-rien-jeter_3-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/230702_Ne-rien-jeter_3-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p id=\"la_fen\u00eatre_m\u00e9t\u00e9o\">Il pleuvait en effet. La pluie avait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e. Elle \u00e9tait donc venue. La perturbation pluvieuse, faible, \u00e9tait l\u00e0, sur le velux, sous notre toit \u2014 suis-je trop perm\u00e9able \u00e0 ces choses, ces ph\u00e9nom\u00e8nes, m\u00e9t\u00e9ores ? <em>\u00c0 partir de l\u00e0, d\u00e9j\u00e0, \u00e7a ne va plus&nbsp;: \u00e0 cause de la question&nbsp;; et de la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9, son artillerie&nbsp;; de la premi\u00e8re personne aussi&nbsp;: sa mise en avant par la mise en question. Il s\u2019agit de laisser tomber la pluie. De la faire entendre.<\/em> Pas tellement la pluie, mais ce qu\u2019il reste \u00e0 tomber de la pluie. Ce qui s\u2019\u00e9goutte de la nuit. Il pleuvait en effet. Il avait plu. La pluie avait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e. <em>Mais je suis en train de confondre la pluie telle que le bruit m\u2019en parvenait dans la chambre, sous le toit, le lit sous le velux et la pluie telle que je l\u2019entendis non seulement mais la sentis ensuite \u00e0 la fen\u00eatre ouverte&nbsp;: aux fen\u00eatres et volets ouverts en bas c\u00f4t\u00e9 jardin puis c\u00f4t\u00e9 rue, dans le courant d\u2019air, faible et doux qui emplit alors le s\u00e9jour. Ces deux moments se succ\u00e8dent, mais agissent en contraste, ou nuance l\u2019un de l\u2019autre \u2014 m\u00eame si, d\u2019une certaine mani\u00e8re (moi) l\u2019un d\u00e9coule de l\u2019autre.<\/em> Elle \u00e9tait donc venue. <em>Oui, \u00e9crire cela b\u00eate comme la pluie tombe. J\u2019aime le c\u00f4t\u00e9 creux&nbsp;: r\u00e9ceptacle, pos\u00e9 pour recueillir, accueillir. J\u2019essaie des phrases courtes, factuelles. J\u2019essaie pour voir. O\u00f9 elles me conduisent. Au seuil de quoi. Des faits. Des gestes. Juste pour voir. Pas des phrases justes, juste des phrases. Des phrases qui soient des gestes&nbsp;: les premiers gestes du matin. Sauf qu\u2019il faisait encore nuit. Ce n\u2019\u00e9tait pas vraiment une heure, pour ces gestes. Ce matin aussi il fait nuit. L\u2019heure me donne raison de penser que la saison est venue de me r\u00e9atteler \u00e0 ce d\u00e9but de roman-l\u00e0 \u2014 \u00e0 moins que cela ne devienne une tout autre chose, pourquoi pas un livre&nbsp;? Me retrouver, ou \u00eatre replong\u00e9 dans d\u2019identiques conditions de lumi\u00e8re, de v\u00e9g\u00e9tation, de douceur \u2014 dans les m\u00eames, corollaires, dispositions corporelles&nbsp;\u2014, ne peut que me remettre sur la voie. Si je regarde en arri\u00e8re, la majeure partie de mes projets de quelque (toute relative) envergure s\u2019est d\u00e9clar\u00e9e entre un dix-sept f\u00e9vrier et un dix avril \u2014 et a rarement \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9e au-del\u00e0 d\u2019un douze juillet\u2026 Mon temps est donc compt\u00e9. La fen\u00eatre d\u2019\u00e9criture est \u00e9troite. C\u2019\u00e9tait, c\u2019est avant le premier oiseau&nbsp;: le merle. C\u2019\u00e9tait, c\u2019est \u00e0 cause de la pluie, aussi, ce silence, qui la donne \u00e0 entendre, sans presque une auto ou l\u2019auto rare, que j\u2019entends venir de loin, que je vois&nbsp;: ses phares, ce samedi matin. Il y a deux ans aussi j\u2019\u00e9tais samedi. <\/em>Il pleuvait en effet. La pluie avait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e. Elle \u00e9tait donc venue. La perturbation pluvieuse, faible, \u00e9tait l\u00e0, sur le velux, sous notre toit \u2014<em> il est vrai qu\u2019elle bruissait assez faiblement. Il fallait, il m\u2019a fallu tendre l\u2019oreille \u2014 la sortir de sous la couette, d\u00e9coller ma t\u00eate de l\u2019oreiller. La perturbation elle-m\u00eame, qu\u2019apportait le vent d\u2019ouest, \u00e9tait faible, mais tr\u00e8s douce&nbsp;: ce n\u2019\u00e9taient plus les temp\u00eates hivernales. Plus non plus ce vent du nord et ses conditions anticycloniques, continentales, dont la s\u00e9cheresse d\u00e9cimait depuis des jours les arbres. Le criant besoin d\u2019eau, cette d\u00e9pression, faible en pluviom\u00e9trie, faible en vent \u2014 aux faux airs de printemps cependant \u2014&nbsp; l\u2019allait tr\u00e8s modestement assouvir. <\/em>Il pleuvait en effet. La pluie avait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e. Elle \u00e9tait donc venue. <em>Sans surprise donc \u2014 l\u2019unique surprise \u00e9tant l\u2019absence du jour&nbsp;\u2014, je la ressentis telle qu\u2019elle m\u2019avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite : telle qu\u2019elle m\u2019\u00e9tait d\u2019abord parvenue en phrases (en pr\u00e9visions \u2014 au point que l\u2019on confonde m\u00e9t\u00e9orologie et m\u00e9t\u00e9ores, ph\u00e9nom\u00e8nes atmosph\u00e9riques) \u2014 parce que je ne manque aucun bulletin m\u00e9t\u00e9o. (Cela \u00e9tonne parfois \u2014 ma voisine par exemple&nbsp;: qu\u2019on puisse se soucier, avant de sortir, de la m\u00e9t\u00e9o. \u2014 Qu\u2019est-ce que \u00e7a peut bien faire, en voiture&nbsp;? Mais moi, c\u2019est diff\u00e9rent : je vis avec la m\u00e9t\u00e9o.) Ce qui m\u2019a fait r\u00e9aliser, ce qui, va savoir, me r\u00e9veilla, ce fut, en fait, la route mouill\u00e9e&nbsp;: le bruit du passage (d\u2019autant plus bruyant qu\u2019il \u00e9tait rare&nbsp;?) des autos. Tr\u00e8s certainement \u00e0 cause de la proximit\u00e9 \u2014 \u00e0 laquelle je ne m\u2019habituerai finalement jamais \u2014 de notre chambre avec la route.<\/em>&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"l_atmosph\u00e8re_en_question\">Elle \u00e9tait donc venue. <em>C\u2019est comme si elle y d\u00e9bouchait\u2026 <\/em>La perturbation \u00e9tait l\u00e0, pluvieuse, faible, sur le velux, sous notre toit \u2014 <em>non qu\u2019il pleuve dans la chambre (les velux \u00e9taient-ils refaits&nbsp;? oui, depuis un an \u2014 nous voyions de nouveau \u00e0 travers). Mais il me pleut \u00e0 l\u2019oreille. Donc dans le noir. Il pleut dans le noir de la chambre, cela signifie que, dans le noir, une voix se dit<\/em> il pleut \u2014 ils l\u2019avaient dit<em>, tout bas, ou pour elle-m\u00eame. Une voix non \u00e9mise \u2014 moi en quelque sorte. Cela r\u00e9sonne dans le noir de la chambre \u2014 le noir qui n\u2019est pas la nuit. La nuit, elle, est dehors. La nuit c\u2019est dehors. Mais la t\u00eate se confond avec le noir&nbsp;: le noir en entier (?) est espace de la t\u00eate \u2014 cela est des plus sensibles tout le temps que cela roule entre r\u00eave et r\u00e9veil. Dans cette lutte, je reconnais la rumeur visqueuse de la route, bruit de bouche qu\u2019elle a sous les roulements des autos&nbsp;: des autos une par une, et qui marquent le stop sous nos fen\u00eatres \u2014 notre lit. <\/em>Dois-je m&rsquo;y attarder ? \u00c9taient-ce les passages de vitesses, d\u00e9c\u00e9l\u00e9rations, acc\u00e9l\u00e9rations, les marquages successifs, le marquage r\u00e9p\u00e9t\u00e9 du stop en bas de chez nous, les moteurs qui cependant, diversement tournent ?<em> Encore une fois trop de questions ou trop d\u2019un coup, trop longues. Une bonne question ne se pose pas. Je ne vous la mets pas, l\u00e0, devant les yeux \u2014 je ne vous l\u2019impose pas. La bonne question est celle qui se l\u00e8ve \u00e0 la lecture. Celle \u00e0 laquelle je n\u2019ai pas pens\u00e9 \u2014 vous me la poserez. Il suffira que la t\u00eate d\u00e9colle de l\u2019oreiller, que l\u2019oreille se tende pour que \u2014 respire \u2014 on ne confonde plus le bruit et la viscosit\u00e9 de la route avec son sommeil ou sa literie : ce n\u2019est que la pluie. Ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019elle. D\u2019ailleurs elle faiblit. Ou elle passe. <\/em>La perturbation \u00e9tait l\u00e0, pleuvant, faible \u2014&nbsp; <em>donc c\u2019est le sommeil qui est perturb\u00e9, non seulement l\u2019atmosph\u00e8re (car l\u2019atmosph\u00e8re, c\u2019est dehors). Mon sommeil n\u2019a pas attendu l\u2019atmosph\u00e8re pour \u00eatre perturb\u00e9. (Un d\u00eener arros\u00e9 y aura suffi.) Ce qui signifie aussi que lorsque j\u2019\u00e9cris&nbsp;: <\/em>je vis avec la m\u00e9t\u00e9o<em>, je mens. La nuit&nbsp;: non. Dans le noir \u2014 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur&nbsp;\u2014, non. Mes relations avec la m\u00e9t\u00e9o ne sont pas conjugales. Elles ne concernent que mes jours. Justement, ou au contraire, je n\u2019ai pas, ce dix avril, attendu le jour. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 sorti du lit avant \u2014 avant m\u00eame le merle. Et c\u2019est tout de m\u00eame un effet \u2014 conjugu\u00e9 peut-\u00eatre \u2014 de l\u2019atmosph\u00e8re (la goutte d\u2019eau qui fait d\u00e9border le vase). <\/em>Il pleuvait en effet. La pluie avait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e. Elle \u00e9tait donc venue. La perturbation, pluvieuse, faiblement, \u00e9tait l\u00e0&nbsp;: sur le velux, sous notre toit \u2014 et je n\u2019y \u00e9tais pas tout \u00e0 fait imperm\u00e9able. Qu&rsquo;elle tomb\u00e2t finement et faiblissante encore, cependant elle m&rsquo;\u00e9claboussait : j&rsquo;entendais pleuvoir, ou plut\u00f4t j&rsquo;entendais rouler, les autos roulaient en pluie, j&rsquo;\u00e9tais travaill\u00e9. Le temps \u00e9tait presque doux. <em>La pluie est ici perturbation sonore, elle est le tracas du r\u00e9veil, ou le retour du souci, o\u00f9 le souci tourne en boucles, elle se confond avec lui \u2014 une forme d\u2019insidieux harc\u00e8lement, titillement, un agacement. C\u2019est aussi bien l\u2019agitation du sommeil. Les registres sont m\u00eal\u00e9s. Il y a des correspondances, des connexions. Comme les autos sur la route, le corps sur le lit roule, je me tourne. Je l\u2019entends. Je l\u2019\u00e9coute. Je me l\u00e8ve\u2026 Non. Je quitte le lit et la chambre. La question se l\u00e8ve toute seule. Je suis le noir qui se l\u00e8ve \u2014 mais ce n\u2019est pas le sujet. <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"\/ateliers\/testard_baudelaire_1_1\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"\/ateliers\/testard_baudelaire_1_1\/\" target=\"_blank\">Ce n\u2019est pas encore le sujet<\/a>. Cela vient trop t\u00f4t, qui je rencontre dans l\u2019escalier \u2014 dans le s\u00e9jour \u2014 \u00e0 la fen\u00eatre dans le jardin et puis dans la rue\u2026 Je descends. Je vais bient\u00f4t passer du cauchemar du r\u00e9veil au r\u00eave de l\u2019\u00e9veil<\/em>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-medium-gray-color has-text-color has-small-font-size\"><em>que je le <\/em>com-prenne<br>F.&nbsp;Ponge<\/p>\n\n\n\n<p id=\"l_\u00e9v\u00e9nement_de_l_\u00e9criture\"><em>Mais il ne s\u2019agit pas seulement de comprendre, pour moi, ce qui se passe, ou s\u2019est pass\u00e9. L\u2019encha\u00eenement des faits ne pr\u00e9sume pas celui des phrases, pas exactement. Pas naturellement. Car ce que je demande moi, aux phrases, je l\u2019ai dit, je l\u2019\u00e9cris, c\u2019est qu\u2019elles me conduisent au seuil. En somme, j\u2019ai v\u00e9cu deux \u00e9v\u00e9nements cette fin de nuit-l\u00e0, conjointement. Qui se sont provoqu\u00e9s l\u2019un l\u2019autre, nourris l\u2019un de l\u2019autre, mais qu\u2019il s\u2019agit de distinguer si je veux (et je veux) que quelque chose comme un livre advienne. Que mes phrases me conduisent au seuil \u2014 et de seuil en seuil&nbsp;\u2014 jusqu\u2019au seul seuil qui vaille concernant le livre \u2014 le vrai seuil d\u2019un livre&nbsp;: la fin. Je d\u00e9sire que mes phrases me conduisent \u00e0 la fin. Je devrais \u00e9crire&nbsp;: <\/em>faiblement active. <em>En effet, pour \u00eatre faible, la perturbation n\u2019en \u00e9tait pas moins active. Tant qu\u2019\u00e0 faire pourquoi n\u2019\u00eatre pas plus <\/em>m\u00e9t\u00e9orologique<em>, un brin jargonnant, ou verbiant (\u00e0 la place des oiseaux)&nbsp;? Et puis, d\u00e9j\u00e0, me projeter dans le jour, le jour qui vient et dire&nbsp;: <\/em>les ond\u00e9es en matin\u00e9e seront fr\u00e9quentes du littoral et de l&rsquo;int\u00e9rieur jusqu\u2019aux fronti\u00e8res<em>&nbsp;; et que<\/em> sur le littoral <em>d\u00e9j\u00e0<\/em> les averses sont \u00e9parses<em>&nbsp;; <\/em>le ciel toujours tr\u00e8s nuageux ne donnera alors, en journ\u00e9e, plus que quelques gouttes. <em>Annoncer ce qui va suivre, ou ce sous quoi ce qui va suivre suivra, que<\/em> le temps deviendra instable l&rsquo;apr\u00e8s-midi sur l\u2019ensemble du territoire<em>, ou<\/em> pays<em>&nbsp;; <\/em>les averses se succ\u00e9dant et s&rsquo;accompagnant de coups de tonnerre <em>(que je le sais parce que je suis dessous comme la nacelle est sous le ballon)<\/em> seront (de plus en) plus soutenues sur la fa\u00e7ade est <em>\u2014 alors que je n\u2019arrive pas \u00e0 m\u2019imaginer du tout l\u2019est du pays comme une fa\u00e7ade, plut\u00f4t comme un arri\u00e8re (les derni\u00e8res invasions s\u2019\u00e9tant faites par le nord, et les d\u00e9barquements par l\u2019ouest et le sud \u2014 ai-je \u00e0 ce point int\u00e9gr\u00e9 cette histoire-l\u00e0&nbsp;?)&nbsp;; le tout se d\u00e9ployant ou rangeant sous le titre aussi insipide que programmatique<\/em> Passage d&rsquo;averses<em>&nbsp;?\u2026 Ou bien m&rsquo;en tenir \u00e0 la nuit&nbsp;? M\u2019y accrocher&nbsp;? La suspendre&nbsp;? Ou la prolonger\u2026 Oui, \u00e9tendre cette nuit-l\u00e0, la nuit de mon r\u00e9veil (mais c\u2019est le r\u00e9veil \u00e0 l\u2019\u00e9criture) aux jours suivants \u2014 la perp\u00e9tuer. Il y a en effet ce que j\u2019ai vu, dans la nuit, ce matin-l\u00e0&nbsp;: \u00e9v\u00e9nement. Mais imm\u00e9diatement suivi par cet autre \u2014 suivi et abond\u00e9&nbsp;: l\u2019\u00e9v\u00e9nement de l\u2019\u00e9crire, de m\u2019y mettre. De me remettre \u00e0 \u00e9crire. Soient&nbsp;: les \u00e9v\u00e9nements du v\u00e9cu&nbsp;; l\u2019\u00e9v\u00e9nement de l\u2019\u00e9criture (de reprise de confiance en elle, d\u2019\u00eatre repris aussi&nbsp;; rep\u00each\u00e9&nbsp;; sauv\u00e9 par l\u2019\u00e9criture)&nbsp;; la conjonction des deux faisant av\u00e8nement&nbsp;; un point d\u2019orgue&nbsp;: les \u00e9v\u00e9nements v\u00e9cus m\u00e9tamorphos\u00e9s en \u00e9v\u00e9nements d\u2019\u00e9criture (et c\u2019est, toutes proportions gard\u00e9es, une esp\u00e8ce de triomphe, apoth\u00e9ose ou catast\u00e9risation). Confiance&nbsp;: les mots sont toujours l\u00e0 pour me faire rencontrer mon v\u00e9cu. Je n\u2019ai pas dit <\/em>raconter<em>. V\u00e9cu que je ne vivrais pas sans eux. Je descendrais le cours de ma vie sans l\u2019avoir v\u00e9cue. Pour dire que je vis ma vie apr\u00e8s coup. Dans l\u2019apr\u00e8s-coup. Ou je la vis comme un apr\u00e8s-coup \u2014 avec un perp\u00e9tuel <\/em>delay<em> \u2014 qu\u2019accentue l\u2019\u00e9criture, chambre d\u2019\u00e9chos. Je nourris ma vie aux retours de boucles. Ce peut aussi bien \u00eatre un micro-apr\u00e8s-coup \u2014 un presque instantan\u00e9 apr\u00e8s-coup. M\u00eame&nbsp;: un imminent apr\u00e8s-coup. <\/em>C\u2019est comme si la nuit s\u2019\u00e9tait mise \u00e0 \u00e9goutter l\u00e0. \u00c0 pendre, \u00e9tait suspendue l\u00e0. Pas tellement la pluie que ce qu\u2019il restait d\u2019elle, qui gouttait de la nuit. Il pleuvait en effet. Voil\u00e0 qu\u2019elle passait. La pluie, la nuit. La pluie la nuit. <em>C\u2019est de ce corps-l\u00e0 qu\u2019il s\u2019agit \u2014 de cette incorporation. <\/em>Voil\u00e0 qu\u2019elle me d\u00e9livrait son origine oc\u00e9anique&nbsp;; qu\u2019elle me livrait&nbsp;; qu\u2019elle me d\u00e9voilait&nbsp;; m\u2019exposait&nbsp;; sa provenance. <em>Le mouvement de l\u2019eau qu\u2019elle est, de l\u2019eau terrienne, atmosph\u00e9rique, le cycle de l\u2019eau qu\u2019elle est&nbsp;; dont elle est partie prenante&nbsp;; la ronde \u00e0 laquelle elle appartient. Elle&nbsp;:<\/em> une perturbation active traverse rapidement le pays d&rsquo;ouest en est <em>\u2014 rien que ce groupe verbal \u2014 sa constellation \u2014 et je suis en partance. Suis transport\u00e9. Le voyage commence<\/em>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background has-small-font-size\">Il me semble apr\u00e8s coup que j&rsquo;ai d\u00e9rap\u00e9 des <em>variations Wajsbrot<\/em> vers une <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=-NXc2Hyuo40\" target=\"_blank\">recopie fa\u00e7on \u00ab\u00a0Gen\u00e8se\u00a0\u00bb<\/a><\/em>\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il pleuvait en effet. La pluie avait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e. Elle \u00e9tait donc venue. La perturbation pluvieuse, faible, \u00e9tait l\u00e0, sur le velux, sous notre toit \u2014 pas tellement la pluie, mais ce qu\u2019il reste \u00e0 tomber de la pluie. Ce qui s\u2019\u00e9goutte de la nuit. Il pleuvait en effet. Il avait plu. La pluie avait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e. <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/testard_techniques_5_1\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#techniques #05 | Il pleuvait en effet<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":334,"featured_media":172669,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4397,4468],"tags":[],"class_list":["post-121308","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-techniques-elargissements","category-techniques-05-variations-wajsbrot"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/121308","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/334"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=121308"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/121308\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":178981,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/121308\/revisions\/178981"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/172669"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=121308"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=121308"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=121308"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}