{"id":12284,"date":"2019-06-03T09:18:15","date_gmt":"2019-06-03T07:18:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=12284"},"modified":"2019-10-28T11:12:28","modified_gmt":"2019-10-28T10:12:28","slug":"03-sept-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/03-sept-2019\/","title":{"rendered":"03 sept. 2019"},"content":{"rendered":"<p>Pas bien dormi. Pas avant 2 h je pense. Cachet finalement. Donc r\u00e9veil caoutchouteux. Regard torve au r\u00e9veil qui marque 8h30. Au radar, pr\u00e9parer le caf\u00e9, l&rsquo;oeuf \u00e0 la coque avec sa tranche de pain. Radio pour les nouvelles en m\u00e2chant, en me r\u00e9veillant. Allong\u00e9e sur le canap\u00e9 pour tester l&rsquo;\u00e9nergie. Suis-je bien r\u00e9veill\u00e9e ou pas ? Sans conviction. La tornade aux Bahamas : impuissance \u00e0 r\u00e9guler le climat, manque de volont\u00e9\/la rentr\u00e9e scolaire et les interviews qui se succ\u00e8dent, les m\u00eames depuis des d\u00e9cennies. D\u00e9primant. Me relever, allumer l&rsquo;ordi, regarder l&rsquo;agenda pour aujourd&rsquo;hui. Rendez-vous \u00e0 11 h, un autre \u00e0 17 h. Penser \u00e0 prendre un r.v. avec Manu. Il est 9h05. Faut que je parte imp\u00e9rativement \u00e0 10 h pour \u00eatre \u00e0 l&rsquo;heure car je dois passer \u00e0 la banque prendre de l&rsquo;argent. Combien ? Pour la semaine ? O\u00f9 \u00e7a ? Les gilets jaunes ont cass\u00e9 les distributeurs de la gare. Rapide parcours mental. La plus proche : la caisse d&rsquo;\u00e9pargne. J&rsquo;aurais d\u00fb \u00e9crire <em>l&rsquo;\u00e9cureuil<\/em>. Rentrer le mot de passe dans l&rsquo;ordi.<em> Bienvenue<\/em> \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran. Aller \u00e0 la messagerie. R\u00e9pondre \u00e0 une demande de stage par la n\u00e9gative&#8230; serai en d\u00e9placement professionnel \u00e0 cette date&#8230; d\u00e9sol\u00e9e. Supprimer les messages pub. Aller sur le site du journal L<em>e Monde<\/em>. Lire les titres puis en s\u00e9lectionner deux. Lire le premier article, aller me resservir un caf\u00e9 avant de lire le second. Regarder mon t\u00e9l.portable. M&rsquo;apercevoir que j&rsquo;ai des messages. Constater que je ne peux y acc\u00e9der. Essayer d&rsquo;appeler sans succ\u00e8s. Mon t\u00e9l. ne fonctionne pas. La poisse. Pr\u00e9voir de passer chez l&rsquo;op\u00e9rateur si \u00e7a continue, \u00e7a continue quoi ? L&rsquo;impatience. Boire mon caf\u00e9 en lisant le deuxi\u00e8me titre. Lire trois contributions sur <em>Tiers livre<\/em>. Regarder l&rsquo;heure. Aller me laver, choisir une robe, m&rsquo;habiller, me maquiller, sortir.<\/p>\n<p>Je suis \u00e0 l&rsquo;heure, il commence \u00e0 faire chaud mais l&rsquo;air est encore un peu frais, dieu merci. Devant la gare, j&rsquo;aper\u00e7ois une silhouette de dos qui monte un escalier, je note sa d\u00e9marche un brin lourde puis son allure g\u00e9n\u00e9rale et j&rsquo;enregistre qu&rsquo;elle est d&rsquo;un certain \u00e2ge. Je r\u00e9alise que je connais cette femme et je d\u00e9cide de l&rsquo;\u00e9viter. Pas le temps. Et aussi mal \u00e0 l&rsquo;aise. Redoute levieillir. Continue mon chemin vers la banque et son distributeur. Tout bon. Maintenant l&rsquo;arr\u00eat du tram. C&rsquo;est la rentr\u00e9e : beaucoup de jeunes, tous frais, tous beaux, tous bruyants et presque tous sur leur t\u00e9l\u00e9phone. Le tram arrive vite. Je trouve une place \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une chevelure brune aux ongles longs et mauves qui tripote un clavier. En face de moi, une autre chevelure brune aussi et tr\u00e8s boucl\u00e9e soyeuse qui tripote aussi. Et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle une dame d&rsquo;un \u00e2ge presque avanc\u00e9 chauss\u00e9e d&rsquo;espadrilles blanches \u00e0 fleurs gr\u00e8ge. aurais-je pu les acheter ? Question lancinante. Quelques arr\u00eats et la jeune fille \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi se l\u00e8ve, j&rsquo;en profite pour me glisser \u00e0 sa place, \u00e9paule droite contre la fen\u00eatre. Ainsi cal\u00e9e, je r\u00eavasse sur mon r.v. J&rsquo;arrive avec un bon quart d&rsquo;heure d&rsquo;avance donc m&rsquo;assois \u00e0 la terrasse du seul caf\u00e9 alentour et commande une menthe \u00e0 l&rsquo;eau tout en parcourant d&rsquo;un oeil le quotidien r\u00e9gional.<\/p>\n<p>Pendant le rendez-vous d&rsquo;une dur\u00e9e d&rsquo;une heure, je raconte entre autres ma s\u00e9lection de fragments d&rsquo;\u00e9crits ou plut\u00f4t je dis que j&rsquo;ai relu des trucs que j&rsquo;ai \u00e9crits, que j&rsquo;en ai s\u00e9lectionn\u00e9s, les moins pire, et qu&rsquo;ils ressemblent -les \u00e9crits- \u00e0 des sortes de nature morte&#8230; je pr\u00e9cise qu&rsquo;ils sont sans chair. Je mesure aussi combien il y est question de vide&#8230; d&rsquo;un sans avant et d&rsquo;un sans apr\u00e8s. Ca m&rsquo;attriste ? Je ne r\u00e9ponds pas. Elle parle d&rsquo;un effondrement et j&rsquo;acquiesce. Choisit-on ce qu&rsquo;on \u00e9crit ? Le plus difficile pour moi, c&rsquo;est de m&rsquo;abstraire du quotidien, de me mettre dans un \u00e9tat de disponibilit\u00e9 totale o\u00f9 rien n&rsquo;est programm\u00e9 et de laisser faire, de laisser advenir. Avec cet atelier, je fais autrement et j&rsquo;ai aussi du mal mais autrement. Je me contrains. Retour avec le tram. Un petit gar\u00e7on -trois ans ?- avec son papa et son sac \u00e0 dos\/cartable tout neuf. Il mange du raisin avec quelque chose de dur dedans \u00ab\u00a0p\u00e9pins\u00a0\u00bb dit le papa. Faut que je passe chez <em>SFR<\/em> avant de rentrer. J&rsquo;ai la dalle. A quel arr\u00eat vais-je descendre ? Bon choix. Boutique \u00e0 100 m. J&rsquo;explique sans m&rsquo;\u00e9nerver. La vendeuse \u00e9teint le portable puis le rallume. Ca marche. Je souris, lui souhaite un bel apr\u00e8s-midi, consulte mes messages. Je rentre \u00e0 pied.<\/p>\n<p>J&rsquo;enl\u00e8ve mes chaussures et je pr\u00e9pare le repas. Concombre et p\u00eache en salade, aubergine\/tomate (d\u00e9j\u00e0 cuites) avec riz et truite (d\u00e9j\u00e0 cuits). J&rsquo;ai faim. Pendant que le riz cuit, j&rsquo;allume l&rsquo;ordi et lis mes messages. Y&rsquo;a pas celui que j&rsquo;attends. Y&rsquo;a pas. Je t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 Manu. O.K. pour un r.v. pour demain. Parfait. Je mange tranquillement en \u00e9coutant la radio. Je d\u00e9cide qu&rsquo;avant 17 h je me mette \u00e0 la consigne 8. Je la relis <em>Christa Wolf Un jour dans l&rsquo;ann\u00e9e<\/em>. Je cherche l&rsquo;extrait sans le trouver, je cherche le fichier qui contient mes textes. Je m&rsquo;y mets. J&rsquo;\u00e9cris le titre\u00a0<em> 27 sept<\/em> je supprime j&rsquo;\u00e9cris <em>03 sept<\/em>. Je d\u00e9cide de laisser faire la m\u00e9moire. Il est 14 h quand je commence, maintenant au moment o\u00f9 j&rsquo;\u00e9cris ces derniers mots, il est 15h57. J&rsquo;enregistre et je fais une pause. Dans une demi-heure, je dois aller \u00e0 mon r.v. de 17 h.<\/p>\n<p>Je m&rsquo;y recolle. Pas vu le temps pass\u00e9. Suis partie \u00e0 pied au r.v. d&rsquo;une heure et en suis revenue \u00e0 pied. Crev\u00e9e. Pass\u00e9e chez Catherine arroser les plantes. Deux \u00e9tages \u00e0 monter. Idem chez moi apr\u00e8s. Fourbue. Il est presque 20 h et de nouveau chez moi, pr\u00e9parer vite fait le repas. J&rsquo;ai faim. Des amandes \u00e0 croquer en attendant. Sur le chemin du retour, j&rsquo;ai pens\u00e9 au travail qui reprend la semaine prochaine et \u00e7a m&rsquo;angoisse. Disponibilit\u00e9 face aux stagiaires, vid\u00e9e le soir. D&rsquo;avance, je sais que \u00e7a va \u00eatre excitant et fatigant et que je pr\u00e9f\u00e9rerais m&rsquo;exciter sur le travail d&rsquo;\u00e9criture. Je sais que je suis incapable de mener les deux de front. Il va falloir attendre que le volume des interventions soit plus l\u00e9ger. Frustration. Impatience. L&rsquo;impatience. Me tenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture et \u00e0 ce qui la pr\u00e9c\u00e8de et la suit, la lecture. Comment font ceux qui \u00e9crivent en travaillant, en s&rsquo;occupant d&rsquo;enfants ? Foi en soi ou niaque ou revanche \u00e0 prendre ou place \u00e0 se faire ou urgence \u00e0 s&rsquo;inventer ou tout cela \u00e0 la fois ? R\u00e9ponse inopportune. Pour moi en tout cas. Je d\u00eene. Je r\u00e9ponds \u00e0 un sms. Je n&rsquo;\u00e9cris pas. Je noie le poisson. Je regarde un film en replay avec <em>Binoche<\/em> et <em>Auteui<\/em>l. Je suis sensible au d\u00e9coupage, aux s\u00e9quences. Au rythme aussi. Ce qui me fait me dire que cette proposition que je mets en mots, l\u00e0, ces bouts de situations inscrites dans du temps que je raconte, pourquoi les s\u00e9quencer ? Est-ce judicieux ? A mon avis, non si c&rsquo;est du temps qui court et oui si ce sont des moments qui sont not\u00e9s. Et si c&rsquo;est du temps qui court, quelle ponctuation ? Des &#8230; entre les mots ?<\/p>\n<p>Je laisse comme \u00e7a, en moments, avec retour \u00e0 la ligne et saut. J&rsquo;arr\u00eate. Je vais \u00e9teindre l&rsquo;ordi, aller me coucher. Il est presque minuit. Je m&#8217;emp\u00eache les prolongations (donc les prolongements comme par ex. le journal, sa sinc\u00e9rit\u00e9 dans l&rsquo;instant car je me rends compte que je ne dis pas tout, volontairement). Etonnement \u00e0 constater qu&rsquo;il est juste minuit, enfin maintenant pass\u00e9 de qq minutes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pas bien dormi. Pas avant 2 h je pense. Cachet finalement. Donc r\u00e9veil caoutchouteux. Regard torve au r\u00e9veil qui marque 8h30. Au radar, pr\u00e9parer le caf\u00e9, l&rsquo;oeuf \u00e0 la coque avec sa tranche de pain. Radio pour les nouvelles en m\u00e2chant, en me r\u00e9veillant. Allong\u00e9e sur le canap\u00e9 pour tester l&rsquo;\u00e9nergie. Suis-je bien r\u00e9veill\u00e9e ou pas ? Sans conviction. 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