{"id":123859,"date":"2023-06-08T12:51:21","date_gmt":"2023-06-08T10:51:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=123859"},"modified":"2023-09-21T21:20:59","modified_gmt":"2023-09-21T19:20:59","slug":"00-prologue-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/00-prologue-2\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #00 | prologue 2"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"992\" height=\"1024\" data-id=\"123863\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_0143-1-992x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-123863\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_0143-1-992x1024.jpg 992w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_0143-1-407x420.jpg 407w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_0143-1-768x793.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_0143-1.jpg 1119w\" sizes=\"auto, (max-width: 992px) 100vw, 992px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"631\" data-id=\"123862\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_1264-1024x631.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-123862\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_1264-1024x631.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_1264-420x259.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_1264-768x473.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_1264.jpg 1138w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1016\" data-id=\"123861\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_0158-1024x1016.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-123861\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_0158-1024x1016.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_0158-420x417.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_0158-768x762.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_0158.jpg 1170w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<figcaption class=\"blocks-gallery-caption wp-element-caption\">Copyright Vincent Queyrel<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Un heureux hasard\u2009? Une rencontre\u2009? Provoqu\u00e9e\u2009? Symbolique\u2009? Tu en avais besoin\u2009? Tu ne savais pas comment le dire? Ni m\u00eame s\u2019il fallait le dire\u2009? C\u2019est simple, aussi simple qu\u2019apprendre \u00e0 lire\u2026 ne cherche pas \u00e0 tout comprendre. \u00c7a broie les ailes de l\u2019imaginaire. C\u2019est effrayant\u2009? Tu aurais peur de ton ombre \u00e0 t\u2019\u00e9couter\u2026 tu t\u2019es laiss\u00e9 effrayer du hasard. Par ces pr\u00e9noms auxquels ta propre histoire fait \u00e9cho. C\u2019est le hasard qui t\u2019a fait ouvrir ce roman. Tu as os\u00e9 croire aux miracles. En r\u00e9alit\u00e9, tu n\u2019as fait que provoquer les symboles\u2026 Tu t\u2019es m\u00eame un peu retourn\u00e9e pour voir dans ton dos. Manie schizophr\u00e8ne que tu ne te serais point permise si tu ne te savais pas strictement seule. On passe vite pour fou de nos jours\u2009! Alors tu as ri de toi. Le livre a trembl\u00e9 entre les secousses de tes mains. Tu crois que l\u2019on te parle\u2009? L\u00e0 sur ces pages blanches\u2009? La preuve\u00a0: ces deux fr\u00e8res dont le patronyme hante tout un chapitre ! Et ce dernier personnage\u2009! tu les connais\u2009! Ils sont de ta famille\u2009! Tu te raisonnes\u00a0: ces pr\u00e9noms sont foules. Pour toi, ils sont uniques. Tu n\u2019as jamais rencontr\u00e9 celui qui \u00e9crivit ces pages, pas plus qu\u2019il ne te conna\u00eet. Ces pr\u00e9noms sont des corps que tu n\u2019as jamais touch\u00e9s. C\u2019est pourtant simple. Que cherche-tu a comprendre\u2009? La peur t\u2019entra\u00eene. La beaut\u00e9 des mots te fait perdre pied. Tu te laisses emporter, stupidement. L\u2019histoire parle d\u2019un livre malmen\u00e9, de morts, de pages manquantes, de vies, de rages et de col\u00e8res. C\u2019est beau. Universellement beau. C\u2019est tes tripes \u00e0 toi cependant que tu ressens vriller \u00e0 cet instant. Les tripes des autres s\u00fbrement aussi, mais beaucoup moins que les tiennes. <br>Alors, comme si tu t\u2019ent\u00eatais dans l\u2019erreur, comme si cela ne te suffisait pas, tu fais appel au souvenir de dimanche dernier\u00a0: para\u00eet-il qu\u2019on avait refait le marbre du caveau de famille dans le petit village o\u00f9 ont v\u00e9cu tes anc\u00eatres\u2009? C\u2019est ce que t\u2019a dit ton fr\u00e8re, par hasard, juste avant que tu partes. Vous \u00e9tiez sur cette place. Dans ce petit village o\u00f9 il n\u2019y a gu\u00e8re d\u2019autres attractions que la mairie o\u00f9 tu vas tr\u00e8s peu, l\u2019\u00e9cole o\u00f9 tu es d\u00e9j\u00e0 suffisamment all\u00e9e, l\u2019\u00e9glise sans charme ou tu t\u2019es fait la promesse de ne plus mettre les pieds. Enfin, le cimeti\u00e8re o\u00f9 tu \u00e9vites soigneusement de te rendre. Tu savais cette id\u00e9e stupide, tout comme ce pacte idiot pass\u00e9 avec ce roman aujourd\u2019hui. Tu as jet\u00e9 un regard de d\u00e9fi au ciel bleu sans nuages. Tu es entr\u00e9, bravement. Cela t\u2019a sembl\u00e9 si simple\u2026 Tu ne pouvais te souvenir de la peur, mais tu avais encore le choix de faire demi-tour. De refermer les grilles rouill\u00e9es aussi facilement que tu viens de fermer les pages de ce roman. Tu as suivi ton ombre, tu croyais encore pouvoir \u00eatre raisonnable. C\u2019\u00e9tait beau. Universellement beau. Ces caveaux de famille r\u00e9unis pour toujours dans le silence, entrecoup\u00e9 de tes pas, sur le gravier blanc, r\u00e9gulier comme le bruissement des pages du roman que tu viens de lire, couch\u00e9 sur la table devant toi. Effectivement, il \u00e9tait temps de refaire le marbre, les lettres commen\u00e7aient \u00e0 s\u2019effacer depuis la derni\u00e8re occasion o\u00f9 tu avais c\u00e9d\u00e9 \u00e0 ton \u0153il de se poser sur cette pierre. Il y a si longtemps&#8230; Cela devait \u00eatre \u00e0 l\u2019occasion du dernier enterrement. Tu avais pris sur toi pour rentrer dans l\u2019\u00e9glise puis pour suivre ces all\u00e9es de graviers un peu plus floues alors. Il faisait si sombre\u2026 Dimanche dernier, tu as senti tes tripes vriller juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des pr\u00e9noms si familiers. Deux pr\u00e9cis\u00e9ment\u00a0: des pr\u00e9noms inconnus, de corps inconnus, jamais prononc\u00e9s. Pourtant des pr\u00e9noms si universels. Tu as dout\u00e9\u00a0: le marbre est trop neuf, cela n\u2019\u00e9tait pas r\u00e9el. L\u2019\u00e9motion t\u2019a emp\u00each\u00e9 de lire correctement. C\u2019est tout. Il t\u2019a sembl\u00e9 que les autres pr\u00e9noms, trop silencieux, auraient \u00e9t\u00e9 les seuls \u00e0 pouvoir te raconter le roman de ces deux vies pass\u00e9es\u00a0: deux enfants, une fille et un gar\u00e7on. Deux pr\u00e9noms universels. Universellement connus. Anonymes. Morts avant d\u2019avoir v\u00e9cus. Tu as os\u00e9 douter du hasard. Tu t\u2019es m\u00eame un peu retourn\u00e9e pour voir dans ton dos. Tu \u00e9tais seule. C\u2019\u00e9tait effrayant.<br>Tu as toujours eu peur de ton ombre. Tu deviens folle. C\u2019est tout. Ensuite, tu n\u2019es plus que rage. Tu arraches ces pages br\u00fblantes que tu jettes en les froissant dans la poubelle sous l\u2019\u00e9vier. Le bruit de ta col\u00e8re est ridicule. Tu ne sais pas si tu trouveras un jour le courage de le relire. La raison voudrait que tu le rach\u00e8tes ou que tu t\u2019en procures une version plus moderne (pourquoi pas audio ou sur liseuse\u2009?). Mais tu l\u2019ent\u00eates, tu n\u2019oses te le dire. Tu choisis de ranger le livre aux pages manquantes dans ta biblioth\u00e8que. Fractale d\u2019objet pr\u00e9cieux. Comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une miraculeuse relique \u00e0 l\u2019odeur de poussi\u00e8re. Identique \u00e0 celle de ce dimanche dernier. Tes pieds avancent seuls dans les graviers blancs. Entre les touffes de pissenlit jaunes\u00a0: les dalles de marbres grignot\u00e9es par la mousse sous le silence \u00e9crasant des montagnes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un heureux hasard\u2009? Une rencontre\u2009? Provoqu\u00e9e\u2009? Symbolique\u2009? Tu en avais besoin\u2009? Tu ne savais pas comment le dire? Ni m\u00eame s\u2019il fallait le dire\u2009? C\u2019est simple, aussi simple qu\u2019apprendre \u00e0 lire\u2026 ne cherche pas \u00e0 tout comprendre. \u00c7a broie les ailes de l\u2019imaginaire. C\u2019est effrayant\u2009? Tu aurais peur de ton ombre \u00e0 t\u2019\u00e9couter\u2026 tu t\u2019es laiss\u00e9 effrayer du hasard. 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