{"id":124212,"date":"2023-06-11T19:12:42","date_gmt":"2023-06-11T17:12:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=124212"},"modified":"2023-06-14T08:44:41","modified_gmt":"2023-06-14T06:44:41","slug":"ete-2023-01-linvention-dun-auteur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete-2023-01-linvention-dun-auteur\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #01| L&rsquo;invention d&rsquo;un auteur."},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><code><em>\u00ab&nbsp;<\/em>Nous ne pouvons choisir entre \u00e9crire et ne pas \u00e9crire. Il p\u00e8se sur nous une obligation qui ne nous le permet pas. Une obligation qui nous vient de tous les hommes, qui rend terrible notre vocation, et qui nous pousse, dans chacun de nos livres, \u00e0 recommencer \u00e0 dire la v\u00e9rit\u00e9 justement avec chacun de nos livres, avec chacun de nos \u00e9crits, \u00e0 la r\u00e9p\u00e9ter chaque jour<em>&nbsp;[\u2026].&nbsp;<\/em>Il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019enrichir le monde. Il y a une question de vie et de mort dans l\u2019exercice de notre m\u00e9tier<em>&nbsp;\u00bb&nbsp;: ces quelques lignes de la postface d\u2019<\/em>\u0152illet rouge<em>, \u00e9crite en 1947, pourrait servir de profession de foi \u00e0 Elio Vittorini, l\u2019auteur de la tr\u00e8s fameuse&nbsp;<\/em>Conversation en Sicile<em>, qu\u2019Italo Calvino, dans une de ses lectures critiques, qualifiait d\u2019\u00ab&nbsp;<\/em>\u0153uvre-manifeste incomparable<em>&nbsp;\u00bb.<\/em><\/code><\/h3>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et bien voil\u00e0, la consigne et sa r\u00e9ponse comme elle vient. Cette interrogation \u00e0 propos de l\u2019auteur. Mais aussi une interrogation \u00e0 propos du lecteur qui lit avec ses propres yeux ce texte \u00e9crit par l\u2019autre dont il ne sait pas grand-chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais de quel auteur ou de quel lecteur s\u2019agira t\u2019il ? Ceux d\u2019hier, ceux d\u2019aujourd\u2019hui quelques quarante ans plus tard ? Comment le filtre des ann\u00e9es les d\u00e9forme t\u2019ils ? Et si on laissait tomber les questions, si on s\u2019imaginait, par exemple la table sur laquelle s\u2019empile les feuillets d\u2019un manuscrit, dans une pi\u00e8ce sombre, \u00e0 peine une ouverture sur le dehors, la mer bien s\u00fbr. La fen\u00eatre sera t\u2019elle ouverte ou ferm\u00e9e ? Entend-on le bruit du ressac, les cris des oiseaux marins, un volet quelque part qui claque, y a t\u2019il toujours cette pression au dehors qui rend parfois si difficile de s\u2019accrocher \u00e0 la table, \u00e0 la chaise, au stylo ? Une odeur de bougainvillier, de jasmin, le pas d\u2019une femme dans la ruelle en contrebas ? Qu\u2019est-ce qui pousse \u00e0 rester assis l\u00e0 dans l\u2019ombre \u00e0 \u00e9crire Dieu sait quoi parfois. A sans cesse circonscrire l\u2019\u00e9chec \u00e0 venir, on finit par l\u2019aimer sans doute, \u00e0 l\u2019attendre, \u00e0 s\u2019y pr\u00e9parer comme on peut se pr\u00e9parer \u00e0 la mort. Il faudrait un peu d\u2019ordre, un peu de m\u00e9thode, et surtout ne pas se laisser&nbsp;<em>avoir<\/em>&nbsp;par la distraction. Comme si la distraction on la connaissait bien, qu\u2019on en savait l\u2019incidence, la brulure, surtout le soir quand le soleil se couche, que l\u2019on se retrouve assis \u00e0 la m\u00eame table devant une page blanche depuis l\u2019aube. On peut se souvenir, bien s\u00fbr de toutes les choses que l\u2019on s\u2019enfonce dans le cr\u00e2ne.&nbsp;<em>Ecrire comme une obligation qui nous vient de tous les hommes.<\/em>&nbsp;On peut d\u00e9sormais y ajouter les femmes, les enfants, les arbres, les pierres, la bruy\u00e8re, les serpents.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui rend un auteur vivant dans l\u2019esprit du lecteur c\u2019est tout ce qui s\u2019\u00e9crit entre les lignes du livre qu\u2019on tient dans les mains, que l\u2019on croit deviner, qui nous aide \u00e0 poursuivre, parfois \u00e0 patienter, \u00e0 tol\u00e9rer. Ce ne sont pas les prodiges de la langue, les m\u00e9taphores flamboyantes, les id\u00e9es sid\u00e9rantes, nous le savons d\u00e9sormais.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9cris ces lignes dans le bureau \u00e0 l\u2019\u00e9tage, fen\u00eatre close, c\u2019est dimanche nous sommes en fin d\u2019apr\u00e8s-midi. Une pi\u00e8ce dont les murs sont peints en vert parce que c\u2019est sens\u00e9 \u00eatre reposant, et surtout en raison du prix avantageux, en promotion, le jour o\u00f9 nous avons achet\u00e9 ce gros pot. Je me souviens encore de la difficult\u00e9 \u00e0 refaire les murs. Il ne s\u2019agissait pas \u00e0 l\u2019\u00e9poque de masquer les imperfections \u00e0 la va-vite. Une volont\u00e9 de travail bien fait me tenaillait. Il aura fallu plusieurs jours, une semaine je crois pour retirer la tapisserie, tout gratter, reboucher les trous, enduire, pl\u00e2trer, poncer. tout ce travail pr\u00e9paratoire en amont avant d\u2019ouvrir enfin ce gros pot de vert anglais, puis \u00eatre enfin chez soi autant qu\u2019on puisse se dire&nbsp;<em>je suis chez moi d\u00e9sormais.<\/em>&nbsp;A la fin je suis moins appliqu\u00e9 qu\u2019au d\u00e9but, je me souviens aussi tr\u00e8s bien. Je suis press\u00e9 d\u2019en finir. Il y a beaucoup d\u2019autres choses encore \u00e0 faire. Une maison enti\u00e8re. Je sais que je suis en train de perdre quelque chose, que je suis en train de b\u00e2cler le dernier mur, on y placera une biblioth\u00e8que, les livres boucherons les traces du forfait. C\u2019est cette id\u00e9e de perfection qui me tient encore aujourd\u2019hui. D\u00e9sirer que tout soit parfait et ne jamais y parvenir, s\u2019en culpabiliser sans trop le montrer \u00e0 quiconque, aller m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 l\u2019oubli pour que cette culpabilit\u00e9 petite dose apr\u00e8s petite dose cr\u00e9e de profondes d\u00e9flagrations dans le corps. L\u2019impossible perfection et tout ce que l\u2019on mettra en place ensuite pour justifier le manque, la l\u00e2chet\u00e9, la distraction. On pourra m\u00eame b\u00e2tir une philosophie contraire, celle du<em>&nbsp;l\u00e2cher prise&nbsp;<\/em>bannir de son vocabulaire la perfection, on peut se leurrer ainsi bien s\u00fbr et d\u00e9licieusement. Mais quand vient la nuit, que l\u2019on aper\u00e7oit dans le cr\u00e9puscule les lumi\u00e8res color\u00e9es de sang des usines se d\u00e9tachant sur le bleu nuit, quelque chose revient, et ce n\u2019est pas un parfum de jasmin mais un parfum de mort, de d\u00e9composition, le parfum d\u2019une d\u00e9b\u00e2cle venue de sombres profondeurs en soi et qui nous attire. On pourrait ouvrir la fen\u00eatre et se jeter au travers l\u2019encadrement, ce qui serait ridicule sans doute car grande chance qu\u2019on n\u2019en meurt pas sur le coup. A peine quatre m\u00e8tres de haut.<\/p>\n\n\n\n<p>Rester assis et \u00e9crire ce qui vient comme \u00e7a vient, sans s\u2019attacher \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une perfection. Se retrouver dans le m\u00eame train, en costume de ville, un costume de comptable qui rend l\u2019homme invisible, regarder par la fen\u00eatre du wagon, au travers de la vitre le paysage qui d\u00e9file, faire le point sur sa vie, sur ce que l\u2019on en a ou pas compris. Puis d\u00e9tourner le regard, arr\u00eater avec ce genre de gymnastique intellectuelle facile. Tourner la t\u00eate vers l\u2019int\u00e9rieur, relever la t\u00eate, un peu mais pas trop pour ne pas paraitre m\u00e9prisant ou arrogant. Regarder les voyageurs, planter son regard dans celui de l\u2019autre dans une sorte d\u2019attente vide de toute attente, une attente qui serait d\u00e9j\u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement tant attendu, un regard qui s\u2019exclamerait mais en douceur, sans bruit, en silence<em>&nbsp;\u00ab&nbsp;Je te connais&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je te connais comme je connais toutes et tous . Comment ne pourrais-je pas vous connaitre. Vous faites partie de moi depuis le premier jour ou bien je fais partie de vous, je ne sais plus tr\u00e8s bien. La connaissance s\u2019effectue ainsi comme une intuition, directement, pas besoin de parler, de penser, de tricher, de mentir. La connaissance recolle imm\u00e9diatement les pots cass\u00e9s, la haine et l\u2019amour, le mensonge et les v\u00e9rit\u00e9s, la nuit et le jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Il pourrait y avoir de la chair autour de ces os, c\u2019est l\u2019id\u00e9e qui vient en l\u2019\u00e9crivant, du d\u00e9sir, de l\u2019envie, des regrets, des d\u00e9ceptions, des espoirs encore. Il pourrait y avoir des battements de c\u0153ur qui remontent jusque dans l\u2019oreille par des voies bouch\u00e9es depuis des ann\u00e9es. Des battements de c\u0153ur, de ton c\u0153ur \u00e0 toi et \u00e0 toi et encore \u00e0 toi , pour que je puisse entendre les miens une bonne fois, l\u2019\u00e9couter enfin sans en \u00eatre agac\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019ai-je retenu vraiment de Syracuse, qu\u2019avais-je  pr\u00e9vu d\u2019y trouver surtout que je n\u2019y ai pas trouv\u00e9. Une ville d\u00e9serte se dresse face \u00e0 moi lorsque je sors de la gare en plein apr\u00e8s-midi. Une odeur de goudron dans l\u2019air, intense chaleur, ombres \u00e9paisses, j\u2019ai soif, je cherche une bouteille d\u2019eau mais l\u2019\u00e9picerie a ferm\u00e9 son rideau de fer. C\u2019est toujours ainsi, le prix \u00e0 payer des effusions trop fortes, l\u2019imaginaire. Je pourrais aujourd\u2019hui descendre au rez de chauss\u00e9e, ouvrir le r\u00e9frig\u00e9rateur, me remplir un verre d\u2019eau glac\u00e9, mais ce ne sera pas la m\u00eame chose, la soif sera \u00e9tanch\u00e9e comme ce mur fut achev\u00e9 dans une fausse urgence, \u00e0 la va vite.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que veut dire le mot t\u00e9nacit\u00e9 demande bien plus qu\u2019\u00e9crire&nbsp;<em>comme \u00e7a vient.<\/em>&nbsp;On ne peut pas se cantonner dans cette superbe, dans cette pr\u00e9tention que procure le r\u00f4le&nbsp;<em>d\u2019auteur<\/em>. Il faut passer derri\u00e8re le rideau, aller faire un tour dans les coulisses, voir toute la merde, le d\u00e9sordre que l\u2019urgence des spectacles produit parfois, que l\u2019urgence produit toujours.<\/p>\n\n\n\n<p>le lecteur pourrait avoir un r\u00f4le important, pourquoi pas le r\u00f4le principal. Il serait l\u00e0 pour dire \u00e0 l\u2019auteur \u00ab&nbsp;<em>mais bon Dieu parle droit; cesse donc tes simagr\u00e9es, va directement au but, dis les choses simplement que je te comprenne.<\/em>\u00ab&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur se retourne \u00e0 ce moment l\u00e0 exactement dans le train, il regarde les autres voyageurs, les autres voyageurs le regardent. Tout le monde est dans l\u2019attente de quelque chose \u2013 c\u2019est ce que se dira l\u2019auteur. Et \u00e0 ce moment l\u00e0 le lecteur passera, bien s\u00fbr qu\u2019il passera et il dira, \u00ab\u00a0<em>va en paix, nous n\u2019attendons rien de toi, absolument rien<\/em>\u00ab\u00a0. Il y aura cette douleur encore \u00e0 traverser comme un paysage de nuit, le train ralentira, puis freinera, on apercevra la pancarte Syracuse plant\u00e9e sur le quai. Il y aura une minute pour attraper la valise, regarder une derni\u00e8re fois les autres dans le wagon, leur sourire un peu b\u00eatement, quelqu\u2019un dira \u00ab&nbsp;<em>et le chapeau, tu oublies le chapeau<\/em>&nbsp;\u00bb que tu remercieras presque au bord des larmes.<\/p>\n\n\n\n<p>tu te retrouveras seul dans la gare de Syracuse, et quelqu\u2019un te mettra la main sur l\u2019\u00e9paule contre toute attente. Le lecteur bien s\u00fbr est descendu en m\u00eame temps que toi. Et ce lecteur sera une lectrice, bien s\u00fbr.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00bb Et cette biblioth\u00e8que dans le bureau dira t\u2019elle alors, tu sais que je sais, tu ne me la feras pas, c\u2019est certain, et la conversation continuera ainsi sur le genre de livres que j\u2019y a fourr\u00e9s pour masquer le travail b\u00e2cl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Et tu riras, ce sera plus fort que toi \u00e0 ce moment l\u00e0, tu riras et la lectrice se tiendra les c\u00f4tes aussi, certainement. Ce sera plus juste de dire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une lectrice apr\u00e8s tout.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p>Dans quelle mesure \u00e9crire est-il l\u2019invention \u00e0 la fois d\u2019un auteur, d\u2019un lecteur, d\u2019une lectrice, mais bien sur aussi de toute une s\u00e9rie de personnages fluctuant avec l\u2019humeur du jour.   <\/p>\n\n\n<p>Dans quelle mesure \u00e9crire est-il l\u2019invention \u00e0 la fois d\u2019un auteur, d\u2019un lecteur, d\u2019une lectrice, mais bien sur aussi de toute une s\u00e9rie de personnages fluctuant avec l\u2019humeur du jour.   <\/p>\n<p> L\u2019auteur d\u2019hier est-il le m\u00eame aujourd\u2019hui, la lectrice a t\u2019elle la gueule de bois. <\/p>\n<p>Cette sensibilit\u00e9 extr\u00eame \u00e0 la moindre perception de changement dans l\u2019air, au climat, \u00e0 l\u2019ambiance susceptible chaque jour de tout remettre en question, d\u2019\u00e9crouler les ch\u00e2teaux de sable, d\u2019Espagne, d\u2019ailleurs, tout projet au bout du compte rest\u00e9 de fa\u00e7on embryonnaire \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019un songe.<\/p>\n<p> Les d\u00e9buts sont toujours enthousiastes, remplis d\u2019espoir, c\u2019est tenir dans la dur\u00e9e le difficile, et, encore plus difficile de  parvenir au but. Par exemple \u00e9crire ne serait-ce que 200 pages coh\u00e9rentes.Commencer une phrase par \u201cdans quelle mesure\u201d rappelle ces heures interminables durant lesquelles la sensation d\u2019\u00eatre au plus bas, de n\u2019\u00eatre rien et la violence inou\u00efe des autres qui eux sont quelqu\u2019un o\u00f9 poss\u00e8dent  par h\u00e9ritage assez de confiance en eux-m\u00eames pour le penser. <\/p>\n<p>Dans ce cours de math\u00e9matique, le professeur, un m\u00e9ridional, pas tr\u00e8s grand mais r\u00e2bl\u00e9, un sportif, privil\u00e9giait l\u2019affabilit\u00e9 avec les filles et fils  de bourges aux longs cheveux mais forts en maths, et ignorait totalement tout ce qui se situait sous la moyenne.<\/p>\n<p> La note 10 sur 20 est une moyenne scolaire indubitable. On ne peut pas la remettre en question. Soit on se situe au dessus soit on se situe en dessous. J\u2019\u00e9tais toujours tr\u00e8s en dessous donc totalement invisible.<br>Dans quelle mesure me rappelle mes premi\u00e8res lectures de Kafka, \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque je crois. Le Ch\u00e2teau fut assez proche d\u2019un cours de math\u00e9matique. Je n\u2019arrivais pas \u00e0 entrer dedans. Cela s\u2019est arrang\u00e9 par la suite avec Kafka, mais jamais avec les math\u00e9matiques ce qui reste un des plus douloureux regrets de ma vie. Enfin, n\u2019exag\u00e9rons pas, un regret sans adjectif se rapproche un peu plus d\u2019une justesse.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Dans quelle mesure \u00e9crire est-il l\u2019invention \u00e0 la fois d\u2019un auteur, d\u2019un lecteur, d\u2019une lectrice, mais bien sur aussi de toute une s\u00e9rie de personnages fluctuant avec l\u2019humeur du jour.<\/p>\n<p>L\u2019auteur d\u2019hier est-il le m\u00eame aujourd\u2019hui, la lectrice a t\u2019elle la gueule de bois.<\/p>\n<p>Cette sensibilit\u00e9 extr\u00eame \u00e0 la moindre perception de changement dans l\u2019air, au climat, \u00e0 l\u2019ambiance susceptible chaque jour de tout remettre en question, d\u2019\u00e9crouler les ch\u00e2teaux de sable, d\u2019Espagne, d\u2019ailleurs, tout projet au bout du compte rest\u00e9 de fa\u00e7on embryonnaire \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019un songe.<\/p>\n<p>Les d\u00e9buts sont toujours enthousiastes, remplis d\u2019espoir, c\u2019est tenir dans la dur\u00e9e le difficile, et, encore plus difficile de parvenir au but. Par exemple \u00e9crire ne serait-ce que 200 pages coh\u00e9rentes.Commencer une phrase par \u201cdans quelle mesure\u201d rappelle ces heures interminables durant lesquelles la sensation d\u2019\u00eatre au plus bas, de n\u2019\u00eatre rien et la violence inou\u00efe des autres qui eux sont quelqu\u2019un o\u00f9 poss\u00e8dent par h\u00e9ritage assez de confiance en eux-m\u00eames pour le penser.<\/p>\n<p>Dans ce cours de math\u00e9matique, le professeur, un m\u00e9ridional, pas tr\u00e8s grand mais r\u00e2bl\u00e9, un sportif, privil\u00e9giait l\u2019affabilit\u00e9 avec les filles et fils de bourges aux longs cheveux mais forts en maths, et ignorait totalement tout ce qui se situait sous la moyenne.<\/p>\n<p>La note 10 sur 20 est une moyenne scolaire indubitable. On ne peut pas la remettre en question. Soit on se situe au dessus soit on se situe en dessous. J\u2019\u00e9tais toujours tr\u00e8s en dessous donc totalement invisible.<br>Dans quelle mesure me rappelle mes premi\u00e8res lectures de Kafka, \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque je crois. Le Ch\u00e2teau fut assez proche d\u2019un cours de math\u00e9matique. Je n\u2019arrivais pas \u00e0 entrer dedans. Cela s\u2019est arrang\u00e9 par la suite avec Kafka, mais jamais avec les math\u00e9matiques ce qui reste un des plus douloureux regrets de ma vie. Enfin, n\u2019exag\u00e9rons pas, un regret sans adjectif se rapproche un peu plus d\u2019une justesse.<\/p>\n<p>Encore que je crois dur comme fer que de nombreuses carences proviennent de ce regret tr\u00e8s exactement. Le manque d\u2019organisation, de m\u00e9thode, la difficult\u00e9 \u00e0 synth\u00e9tiser l\u2019\u00e9norme quantit\u00e9 de donn\u00e9es que je ne cesse jamais d\u2019analyser.<\/p>\n<p>Dans quelle mesure aussi est-ce que les math\u00e9matiques ne sont pas une sorte d\u2019\u00e9pouvantail. Un objet pratique, apparemment identifiable mais qui masque tout autre chose, ce ne serait pas nouveau. Ce serait d\u00e9j\u00e0 vu. Car en philosophie je n\u2019avais aucun soucis, j\u2019\u00e9tais amoureux de ma prof. Ce qui n\u2019est pas non plus une panac\u00e9e. \u00catre aussi d\u00e9pendant des sentiments n\u2019a jamais rien valu de bon sauf quelques illusions suppl\u00e9mentaires. Des illusions suffisantes pour faire philo \u00e0 la fac ensuite par exemple.<\/p>\n<p>Comment se constitue l\u2019auteur au fur et \u00e0 mesure des ann\u00e9es sinon par tout ce qu\u2019on lui renvoie de lui-m\u00eame de l\u2019ext\u00e9rieur, toutes ces donn\u00e9es qu\u2019il d\u00e9cortique sans rel\u00e2che et qui finissent par l\u2019envahir, par le submerger totalement.<\/p>\n<p>J\u2019avais \u00e9crit un texte sur une partie de ping-pong en Italie, voil\u00e0 que \u00e7a me revient tout \u00e0 coup mais o\u00f9 l\u2019ai-je fourr\u00e9 ? Il doit \u00eatre quelque part sur ce blog. Je crois que l\u2019exemple d\u2019une partie de ping-pong, \u00e0 l\u2019heure de la sieste, cristallise bien cet histoire de donn\u00e9es que l\u2019on re\u00e7oit, que l\u2019on essaie de traiter, qu\u2019on ne parvient pas \u00e0 synth\u00e9tiser, la somnolence qui en r\u00e9sulte. Une capitulation dans la somnolence.<br>Dans quelle mesure cette somnolence se rapproche t\u2019elle de l\u2019acte d\u2019\u00e9crire. Lorsque l\u2019on se trouve confront\u00e9 au mot somnolence il poss\u00e8de une aura qui nous repousse, comme le mot math\u00e9matique d\u2019ailleurs maintenant que j\u2019y pense. Et il suffirait de tenir ne serait-ce que quelques instants de plus, de ne pas fuir, pour que les mots \u00e9criture se distingue du brouillard entourant le premier et po\u00e9sie du second.<br>Ainsi l\u2019obstacle est bien ce mur que nous inventons de toutes pi\u00e8ces parce qu\u2019il faut un mur. Parce que sans mur nous frapperions le vide, ce qui semble \u00e0 nos yeux beaucoup plus ridicule que de frapper qui ou quoi que ce soit.<br>Et pourtant nous ne cessons jamais de frapper dans le vide c\u2019est bel et bien une r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Ecrire est-il encore une illusion de ce genre, frapper sur le clavier rassure t&rsquo;il l&rsquo;auteur qu&rsquo;il ne frappe pas le vide encore ?<\/p>\n<p>Et pourquoi la relation au vide se r\u00e9sume t&rsquo;elle \u00e0 cela uniquement pour toi ? Pourquoi combattre le vide, pourquoi faire du vide l&rsquo;ennemi, pourquoi les choses se retournent tellement tout le temps ainsi, pourquoi le vide est-il un \u00e9pouvantail lui aussi ?<\/p>\n<p>Dans quelle mesure le plaisir est-il dans la question, dans les questions bien plus que dans n&rsquo;importe quelle r\u00e9ponse que l&rsquo;on donnerait \u00e0 la h\u00e2te pour en finir.<\/p>\n<p>Il faudrait une alternance, une alternance est n\u00e9cessaire, le simple fait de revenir \u00e0 la ligne est d\u00e9j\u00e0 le signe de ce d\u00e9sir d&rsquo;alternance.<\/p>\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\">\n<p>Chance. dans la zone de recherche de mon blog, qui devient \u00e0 la fois une cave comme un grenier, une sorte d&rsquo;immense <em>fourre tout<\/em> je trouve plusieurs textes avec le mot clef \u00ab\u00a0ping-pong\u00a0\u00bb et celui que je cherche se pr\u00e9sente<a href=\"https:\/\/peinturechamanique.blog\/2021\/06\/26\/une-partie-de-ping-pong-cosmique\/\"> en premier.<\/a><\/p>\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\">\n<p>En le relisant je m&rsquo;aper\u00e7ois qu&rsquo;il d\u00e9bouche sur une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Miller, <em>son sourire au pied de l&rsquo;\u00e9chelle <\/em>et aussi \u00e0 un moment o\u00f9 j&rsquo;avais voulu faire les choses un peu plus en profondeur. Ce travail de quelques mois sur les clowns qui m&rsquo;avait conduit \u00e0 Censier, dans les fins fonds d&rsquo;une biblioth\u00e8que sp\u00e9cialis\u00e9e sur le sujet. Puis au Cirque d&rsquo;Hiver o\u00f9 j&rsquo;avais eu la chance de boire quelques verres avec de vieux clowns, ce qui m&rsquo;avait ensuite propuls\u00e9 vers La Villette pour rencontrer Annie Fratellini et lui \u00e9noncer de vive voix l&rsquo;id\u00e9e qui ne me l\u00e2chait plus et dont j&rsquo;aurais ador\u00e9 qu&rsquo;elle aboutisse un jour sous la forme d&rsquo;un film qui ne se fera jamais.<\/p>\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\">\n<p>L&rsquo;analogie, le rapprochement de deux choses en apparence totalement distinctes un rapprochement incongru, participe de cette r\u00e9sistance que j&rsquo;entretiens avec un<em> bon sens<\/em> proche d&rsquo;un monarque espagnol pour lequel on tue on pille et viole.<\/p>\n<p>Le personnage d&rsquo;Auguste se confond parfois avec l&rsquo;auteur, ou vice versa. Monsieur Loyal bien qu&rsquo;invisible semble malgr\u00e9 tout veiller au grain. Il y a ce rond de lumi\u00e8re, ce type qui passe son temps \u00e0 se retrouver le cul par terre, et qui fait beaucoup rire dans les gradins et dans la p\u00e9riph\u00e9rie, dans l&rsquo;ombre, ce fameux<em> bon sens<\/em> qui n&rsquo;\u00e9prouve \u00e0 son encontre comme d&rsquo;ailleurs les spectateurs, aucune compassion.<em> Les gens<\/em> veulent rire. Quelqu&rsquo;un se casse la gueule devant eux \u00e7a les fait rire.<em> C&rsquo;est comme \u00e7a<\/em>, dit le bon sens et il ajoute aussi <em>tu ne peux pas changer ce qui est.<\/em> Ce qui bien s\u00fbr acc\u00e9l\u00e8re la fr\u00e9quence des chutes mais aussi tous ces moments o\u00f9 l&rsquo;on se rel\u00e8ve.<\/p>\n\n\n<p> <p>Il s&rsquo;accroche comme une moule \u00e0 son rocher. Non mais regarde-le. Il a tellement peur de le l\u00e2cher qu&rsquo;il s&rsquo;accroche, regarde ses doigts deviennent des griffes,  il va finir par ressembler \u00e0 un de ses vautours qui s&rsquo;abattent sur une charogne. D&rsquo;ailleurs \u00e7a y est, c&rsquo;est un vautour qu&rsquo;est ce que je te disais.  Aussit\u00f4t dit aussit\u00f4t fait. Qu&rsquo;est ce qui l&rsquo;attire tant dans la charogne. Ah mais c&rsquo;est vraiment trop d\u00e9gueu. Il arrache un lambeau de chair et il plonge son bec pour l&rsquo;attraper, son \u0153il rond scrute les alentours pour voir si personne ne viendra le d\u00e9ranger. Un \u0153il rond et inquiet. Un \u0153il de fou. Un vautour cingl\u00e9 monomaniaque, voil\u00e0 ce qu&rsquo;il est, tu ne trouves pas. Dommage que la photographie soit en noir et blanc.  Et en m\u00eame temps je ne sais pas, on ne peut que le plaindre. Pauvre vautour cingl\u00e9 monomaniaque accroch\u00e9 comme une moule \u00e0 son rocher.<\/p>   <p>Heureusement qu&rsquo;on n&rsquo;est pas comme \u00e7a. Nous on est en vie, dans la vie, vivant. Nous on ne sera jamais comme lui.<\/p>   <p>tu ne dis rien, tu pourrais me r\u00e9pondre au moins,  hein qu&rsquo;on ne sera jamais comme lui ? <\/p>   <p>Tu ne dis rien, tu t&rsquo;en fous de ce que je suis en train de te dire c&rsquo;est \u00e7a, pauvre con va &#8230;<\/p>   <p><em>Une fascination soudaine, supprimer soudaine. Une fascination, une sid\u00e9ration. choisir un des deux ou les laisser. Un arr\u00eat sur image, un photographie. Est-ce un clich\u00e9 ? <\/em><\/p>   <p>Volets clos ce matin. install\u00e9 \u00e0 la table depuis 4h du matin, il est 8h39. Cette difficult\u00e9 \u00e0 s&rsquo;arracher pour s&rsquo;en remettre aux t\u00e2ches quotidiennes. Prendre une douche.  Changer de peau, enfiler un autre costume, entrer dans la danse faire comme si.<\/p>   <p>effectuer ensuite quelques pas en arri\u00e8re pour observer la sc\u00e8ne. Prendre une photographie au besoin. voler quelque chose encore au besoin.<\/p> <\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>Un accident s'est produit, une partie du texte est en double. Les blocs marqu\u00e9s comme invalides en brouillon r\u00e9apparaissent \u00e0 la publication une fois qu'ils ont \u00e9t\u00e9  supprim\u00e9s. Ne pas mettre la poussi\u00e8re sous le tapis. Laisser tel quel pour l'instant  <\/code><\/pre>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Un homme se fixe la t\u00e2che de dessiner le monde. Tout au long de l\u2019ann\u00e9e, il peuple l\u2019espace d\u2019images de provinces, de royaumes, de montagnes, de golfes, de vaisseaux, de royaumes, de montagnes, de golfes, de vaisseaux, de maisons, d\u2019instruments, d\u2019astres, de chevaux et de personnes. Peu avant de mourir il d\u00e9couvre que ce patient labyrinthe de lignes trace l\u2019image de son visage.&nbsp;\u00bb<br>Jorge-Luis Borges, L\u2019<em>auteur<\/em>, nouvelle \u00e9dition, Gallimard, 1999.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9sormais les cam\u00e9ras nous dit-on \u00ab&nbsp;reconnaissent&nbsp;\u00bb les visages, on parle surtout de reconnaissance faciale, pour les profils il y a d\u00e9j\u00e0 les r\u00e9seaux sociaux parait-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais un visage est-il seulement une accumulation m\u00eame singuli\u00e8re de donn\u00e9es num\u00e9riques ? Ce qu\u2019on croit savoir d\u2019un visage, un visage familier, on croit le savoir, et parfois on peut ne plus y croire, on ne plus accepter de le croire, on refuse de le croire.<\/p>\n\n\n\n<p>Et toutes les conditions qu\u2019il s\u2019agit de toujours r\u00e9unir pour reconna\u00eetre un visage, jusqu\u2019\u00e0 ce que les conditions ne valent plus rien, que soudain surgisse l\u2019inconnu comme un nez au milieu de ce visage.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont des enfantillages mais qu\u2019ils sont terrifiants au regard de l\u2019enfant sans visage, dans l\u2019attente de trouver le sien.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9criture est proche du venin de grenouille, on l\u2019absorbe \u00e0 petite dose jour apr\u00e8s jour, on paie d\u2019abord l\u2019addition, on se purge en profondeur et longtemps avant de commencer \u00e0 en \u00e9prouver les pr\u00e9misses d\u2019un mieux-\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Se fixer la t\u00e2che de dessiner, d\u2019\u00e9crire, de se peindre le visage, de s\u2019abstraire peu \u00e0 peu de cette obs\u00e9dante fixit\u00e9. Tomber sur une autre, peut-\u00eatre cette compassion qui ressemble un moment \u00e0 un havre de paix. Mais \u00e7a ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0, aimer l\u2019ombre demande encore bien plus, aimer ce qui n\u2019a pas de visage du tout, ce qui n\u2019en n\u2019aura jamais, un livre invisible, illisible, sans couverture, sans page \u00e0 tourner, sans signe inscrit noir sur blanc, sans d\u00e9but ni fin.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a deux ans d\u00e9sormais ce recueil de po\u00e9sies de G. m\u2019avait beaucoup impressionn\u00e9.&nbsp;<em>Tout ce qui illumine.<\/em>&nbsp;Et dont le th\u00e8me est l\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 voir un visage dans son ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 dans une profonde d\u00e9pression, dans cette d\u00e9pression qui ne m\u2019a jamais vraiment quitt\u00e9. Dans cette d\u00e9pression qui prend son origine \u00e0 la naissance m\u00eame, quand on me place dans une couveuse et que j\u2019y r\u00e9side deux mois pour commencer. J\u2019utilise ce mot de d\u00e9pression parce qu\u2019il semble r\u00e9sumer toute cette difficult\u00e9 \u00e0 vivre avec les autres comme avec moi-m\u00eame. C\u2019est aussi cette d\u00e9pression permanente qui m\u2019a conduit \u00e0 \u00eatre qui je suis. Et pas bien important de porter un jugement sur qui je suis, de rester dans la binarit\u00e9 du plaisir et du d\u00e9plaisir. Ce qui est \u00e9vident c\u2019est qu\u2019une pi\u00e8ce poss\u00e8de toujours deux faces, ou deux visages comme Janus. On peut bien d\u00e9cider arbitrairement laquelle sera la bonne ou la mauvaise, \u00e7a ne r\u00e9sout en rien le myst\u00e8re que repr\u00e9sente cette pi\u00e8ce ou ce visage. Si l\u2019on sort de la binarit\u00e9 si l\u2019on arr\u00eate de dire \u00ab&nbsp;double face&nbsp;\u00bb il reste seulement une pi\u00e8ce un visage une m\u00e9daille.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce travail d&rsquo;\u00e9criture est toujours \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame, est proche de la m\u00eame qu\u00eate d\u2019\u00e9puiser chaque \u00e9l\u00e9ment d\u2019un visage. De revoir mille fois la m\u00eame bouche, le m\u00eame \u0153il, le m\u00eame sourcil, et ce sans jamais dire ou accepter de dire\u00a0<em>je te connais, je sais qui tu es.<\/em>\u00a0Le refuser farouchement.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est partir en sens inverse de la phrase de Borges, partir de la n\u00e9gation du visage pour parvenir au paysage, \u00e0 l\u2019espace.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Nous ne pouvons choisir entre \u00e9crire et ne pas \u00e9crire. Il p\u00e8se sur nous une obligation qui ne nous le permet pas. 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