{"id":12440,"date":"2019-09-27T00:00:37","date_gmt":"2019-09-26T22:00:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=12440"},"modified":"2019-10-20T16:24:58","modified_gmt":"2019-10-20T14:24:58","slug":"1974-1994-2004-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/1974-1994-2004-2014\/","title":{"rendered":"1  9  7  4  &#8211;   1  9  9  4  &#8211;   2  0  0  4  &#8211;   2  0  1  4"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap has-huge-font-size wp-block-paragraph\">27 septembre 1974<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis en CP depuis une semaine. Pour l&rsquo;occasion maman a coup\u00e9 mes cheveux au CARR\u00c9 bien propre gentille petite fille qui ne m\u00e2chouille pas ses tresses. R\u00e9sultat&nbsp;: j&rsquo;ai l&rsquo;air d&rsquo;une lune avec une perruque. Chasuble bleue qui gratte sur sous-pull jaune collant je suis serr\u00e9e comme tout. Ma ma\u00eetresse s&rsquo;appelle madame L.,  blonde tr\u00e8s grande CARR\u00c9 aussi et un dr\u00f4le d&rsquo;accent, alsacien me dit maman. Le deuxi\u00e8me jour j&rsquo;ai renvers\u00e9 mon encrier <strong>TACHE<\/strong> madame L. m&rsquo;a appel\u00e9 son petit cochon <strong>TACHE<\/strong> m&rsquo;a donn\u00e9 un stylo bille, \u00e7a valait pas le coup de me mettre les cheveux au  CARR\u00c9 je suis une lune <strong>TACHE<\/strong>t\u00e9e dans un CARR\u00c9. Je sais d\u00e9j\u00e0 lire et j&rsquo;adore mais \u00e9crire, c&rsquo;est difficile. Ce matin on a fait une ligne de aaaaa, de bbbbb, de babababa, papapapa, lalalala<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong> lalala dans ma t\u00eate la chanson de mon cousin  <em>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;y fait qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il a qu\u2019est-c\u2019est que c&rsquo;mec l\u00e0 touttouttou-toutoutoutou<\/em>      <strong>\u25a1 <\/strong>\u25a1  \u25a1    \u25a1  \u25a1  \u25a1                      La ma\u00eetresse me demande si je suis chinoise parce que j&rsquo;ai \u00e9cris de haut en bas, je regarde et oui                                                             <\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-huge-font-size wp-block-paragraph\"> les       l <strong>e <\/strong><em>tt<\/em> R e <strong><em>s<\/em><\/strong>   se       t<sup>or<\/sup>t<sub><strong>ill<\/strong><\/sub>ent   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-huge-font-size wp-block-paragraph\"> et  et   <\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-huge-font-size wp-block-paragraph\">\nla ligne  \n\n<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\" class=\"has-huge-font-size wp-block-paragraph\">\nd\u00e9rape      rape\n\n<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-huge-font-size wp-block-paragraph\"> en travers de<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">la feuille, alors je recommence en pensant \u00e0 May Linh la petite chinoise de mon livre avec ses belles nattes, toujours si appliqu\u00e9e. Je ne veux pas \u00eatre un petit cochon chinois avec une perruque. J&rsquo;ai un peu peur de ne jamais r\u00e9ussir \u00e0 \u00e9crire pourtant j&rsquo;ai plein d&rsquo;id\u00e9es, ce qui se passe c&rsquo;est que ma t\u00eate va plus vite que ma main <strong>TACHE<\/strong> Est-ce qu&rsquo;un jour j&rsquo;irais en Chine&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap has-huge-font-size wp-block-paragraph\">27 septembre 1994 <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selva\n\u00e0 six heures de canot de Rurrenabaque, Bolivie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hier alors que nous nous h\u00e2tions vers le point de rendez-vous un orage violent a \u00e9clat\u00e9 qui a dur\u00e9 la journ\u00e9e enti\u00e8re. Tout s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Rurrenabaque voitures, bus, camions, avions, bateaux, la pluie attaquait les rues terreuses creusait cuvettes et trous, le sol se noyait. Nous avons pataug\u00e9 et esquiv\u00e9 les trous les plus profonds, sommes revenus \u00e0 la pension, avons \u00e9tendu pantalons longs larges tee-shirts flottants \u00e9toles casquettes couvrantes Reeboks et sorti les shorts. \u00c9puis\u00e9e par le trajet de l&rsquo;avant-veille, vingt heures dans un camion d\u00e9jet\u00e9 de ballots et animaux, j&rsquo;ai dormi toute la journ\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Su Fei me secoue pour aller d\u00eener au Club Social. Nous n&rsquo;avons embarqu\u00e9 que ce matin sous un soleil de plomb, mon visage cuit encore \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 j&rsquo;\u00e9cris. Six heures engonc\u00e9s dans l&#8217;embarcation, six heures de rios, capiwaras et alligators, la rivi\u00e8re est un sillon, elle s\u00e9pare, elle prot\u00e8ge de ce qui grouille dans la touffeur verte, le foisonnement exc\u00e8de l&rsquo;imagination, la d\u00e9borde, ici tout d\u00e9borde. Navigation entrecoup\u00e9e de livraisons aux habitants de la for\u00eat. Halte sur une des \u00eeles, trois maisons noy\u00e9es dans une d\u00e9bauche de fruits et de plantes, pomelos dulce, mangues pas m\u00fbres, tabac, cacao, mani, petits fruits inconnus \u00e0 la peau marron et la chair orange. Go\u00fbtons la pulpe blanche et grasse autour des graines de cacao. Parenth\u00e8se : les fr\u00e8res Santo, Willy et Nero sont d&rsquo;une immense gentillesse et la sueur de Willy sent le caramel. Apr\u00e8s l&rsquo;installation du camp, Klaus, Luc et Willy vont p\u00eacher notre repas (Sabalo excellent poisson saveur suave chair l\u00e9g\u00e8rement ros\u00e9e). Su Fei, Nero et moi explorons l\u2019\u00cele aux singes, une heure de contorsions qui se veulent silencieuses. Apr\u00e8s le d\u00eener marche de nuit sur les rives d&rsquo;un petit affluent, lune descendante depuis trois jours pl\u00e9iade d&rsquo;\u00e9toiles bruits de la for\u00eat shoot d&rsquo;oxyg\u00e8ne&nbsp;: embrasement malgr\u00e9 l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 que nous ressentons tous. Willy qui lui n&rsquo;a peur de rien s&rsquo;est pr\u00e9cipit\u00e9 pieds nus dans la rivi\u00e8re et a ramen\u00e9 un petit alligator, dont le ventre n&rsquo;est pas mou mais aussi dur que son dos. Il est 23 heures. Quelqu&rsquo;un a laiss\u00e9 son short \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur des moustiquaires et une centaine de papillons multicolores s&rsquo;y est agglutin\u00e9e. Jamais vu quelque chose comme \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap has-huge-font-size wp-block-paragraph\">27 septembre 2004<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pris l&rsquo;apr\u00e8s-midi \u00e0 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du monde qui court. Pour une fois me suis abstenue d&rsquo;une quelconque justification que d&rsquo;ailleurs personne ne demande mais l\u00e9g\u00e8rement culpabilis\u00e9e, pourquoi ? Comme un vol alors que prise d&rsquo;air, prise de rien, prise de vide, c&rsquo;est pas du vol. J&rsquo;ai not\u00e9 la demie-journ\u00e9e en cong\u00e9s. Scrupule est un mot de maladie comme scrofule et pustule. Plus un rond pour partir en voyage, en week-end, on fait comme on peut, on se d\u00e9robe. D\u00e9robade, pas vol. <em>Des Aborig\u00e8nes d&rsquo;Australie  partent aujourd&rsquo;hui pour la Su\u00e8de afin de r\u00e9cup\u00e9rer des ossements de leurs anc\u00eatres, qu&rsquo;on leur avait pris il y a un si\u00e8cle pour des recherches scientifiques, pour de pr\u00e9tendues \u00e9tudes sur l&rsquo;\u00e9volution des races. Les restes de 14 \u00eatres humains de la r\u00e9gion de Kimberley  en Australie-Occidentale  seront remis \u00e0 une d\u00e9l\u00e9gation de 11 repr\u00e9sentants de la communaut\u00e9 aborig\u00e8ne en fin de semaine lors d&rsquo;une c\u00e9r\u00e9monie au Mus\u00e9e su\u00e9dois d&rsquo;ethnographie.<\/em> \u00c9teindre la radio. Se dire pourquoi pas quatorze d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, un anc\u00eatre chacun, se dire que cette remarque est absurde et n&rsquo;apporte rien, ne pas avoir envie de s&rsquo;indigner encore mais quand m\u00eame, l\u00e0 comment vont-ils faire sauf \u00e0 ce dire que ce qu&rsquo;on compte ce sont les os pas les morts \u2026 s&rsquo;imaginer le voyage de retour des aborig\u00e8nes, m&rsquo;\u00e9tonnerait qu&rsquo;il y ait des vols directs \u2026 ou alors ils ram\u00e8nent trois su\u00e9dois pour une autre c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 Kimberley\u00a0? Arr\u00eater les calculs oiseux bazarder le comptage avec la scrofule, les pustules et les scrupules. L&rsquo;air est ti\u00e8de et volatil, je me gare avec une \u00e9l\u00e9gance de publicit\u00e9, voiture ferm\u00e9e clic \u2013 petit frisson devant la porte comme l&rsquo;appel d&rsquo;un dedans qui est le dehors d&rsquo;autre chose\u2026 porte ouverte rcrcr puis vite ferm\u00e9e crcrcr, sac gliss\u00e9 sur la table et je me retrouve joyeuse \u00e0 m&rsquo;envoler, rajeunie \u00e9tourdie. D&rsquo;abord jouir du vide dans la maison, faire deux trois pas comme \u00e7a pour rien, ranger une veste, pousser une chaise, \u00e9tendre les bras, suspendre le moment de choisir comment utiliser ce laps d\u00e9rob\u00e9.  Ne pas oublier de d\u00e9brancher le fixe et mettre le portable sur silencieux. Toucher des objets comme si ils n&rsquo;\u00e9taient pas les miens, les apprivoiser au un par un, palper leur pr\u00e9sence concr\u00e8te habit\u00e9e de tas de petites histoires, \u00e9viter les souvenirs des objets jet\u00e9s les jours de grand m\u00e9nage, objets offerts perdus, offerts cass\u00e9s, y penser quand m\u00eame, encaisser image fugace des aborig\u00e8nes partis en Su\u00e8de. Dans le canap\u00e9 me caler face \u00e0 fen\u00eatre ouverte sur balancements des branches du ch\u00eane. Vide int\u00e9rieur comme une eau fra\u00eeche et douce. S&rsquo;encoquiller dans le vaste, s&rsquo;offrir une libert\u00e9 petite limit\u00e9e mais pas feinte. Ne penser \u00e0 rien c&rsquo;est \u00e0 dire penser \u00e0 tout mais dans le d\u00e9sordre, ne faire aucun effort d&rsquo;ordonnancement ou de perspective quelconque.  Me lever du canap\u00e9 pour aller aux toilettes (le corps lui continue sa course) revenir, prendre l&rsquo;ordinateur pour me mettre \u00e0 \u00e9crire. <em>Votre batterie est faible<\/em>. Brancher, sortir, petit caf\u00e9 et fumer une cigarette, encore les aborig\u00e8nes d\u00e9barqu\u00e9s en Su\u00e8de, le groupe de onze, chacun, s&rsquo;imaginer le plus jeune. Rentrer. \u00c9crire. Se rendre compte que j&rsquo;\u00e9cris, viens d&rsquo;\u00e9crire sans bouger du canap\u00e9 sans vraiment me mettre  \u00e0 \u00e9crire. Me mettre \u00e0 \u00e9crire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap has-huge-font-size wp-block-paragraph\">27\nseptembre&nbsp; 2014<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La rentr\u00e9e, c&rsquo;est le moment d&rsquo;arr\u00eater de fumer. Premi\u00e8re id\u00e9e\u00a0: ressortir le vieil \u00e9tui monogramm\u00e9 offert par A. pour travailler \u00e0 une consommation raisonn\u00e9e. A. l&rsquo;a d\u00e9nich\u00e9 dans une brocante, cuir noir us\u00e9, initiales typo sobre relief or, une lettre ab\u00eem\u00e9e, l&rsquo;air viril, un peu sec. L&rsquo;int\u00e9rieur est en bak\u00e9lite cr\u00e8me avec quelques traces brunes. Qu&rsquo;en ferai-je apr\u00e8s\u00a0? Limiter, noter, \u00eatre fi\u00e8re de moi, compter, conclure<strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong>Trop long, fastidieux<strong>\u00a0<\/strong>                    <strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong>                  Deuxi\u00e8me id\u00e9e\u00a0: la m\u00e9thode radicale<strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong>Mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve\u00a0: \u00e9criture de la derni\u00e8re cigarette (il y a  dix minutes), rien que d\u2019y penser j\u2019y retournerais bien d\u2019ailleurs. Flamme premi\u00e8re bouff\u00e9e avide plaisir puis aucune diff\u00e9rence entre les bouff\u00e9es, la fum\u00e9e se dissipe dans l&rsquo;air, en bouche un go\u00fbt plut\u00f4t d\u00e9plaisant \u00e9pic\u00e9 par le caf\u00e9. Dehors un bruit d\u2019outil vrille les oreilles et me g\u00e2che le moment. La prochaine sera meilleure<strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong>Recherche d&rsquo;une sensation sans TACHE ? De retour sur le canap\u00e9, toujours le caf\u00e9 \u00e0 la main, d\u00e9tendue. Mais pas pr\u00eate \u00e0 la derni\u00e8re, pas pr\u00eate, dramatiser la derni\u00e8re, la derni\u00e8re dramatis\u00e9e <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Je suis sa derni\u00e8re. Elle a dit \u00e7a comme \u00e7a. Je vous ai tellement aim\u00e9es, elle a dit ensuite. Mes s\u0153urs ont disparu les unes apr\u00e8s les autres et il ne reste plus que moi. Pour tromper le temps je discute avec l\u2019\u00e9tui, qui est du genre pr\u00e9tentieux et revenu de tout. Il nous m\u00e9prise parce que rien ne nous distingue.  Et pourtant &#8230; chaque fois que ses doigts cramponnaient l\u2019une de nous, l\u2019\u00e9lue se mettait \u00e0 exister. C\u2019est elle qui nous donne notre couleur, nous diluons sa tristesse ou ses rires, absorbons ses inqui\u00e9tudes et filtrons les paroles qu\u2019elle ne dira jamais. J\u2019ai escort\u00e9 chacun de ces moments d\u2019elle-m\u00eame et peu \u00e0 peu, elle m\u2019a apprivois\u00e9e.<\/em> <em>L\u2019\u00e9tui pense qu\u2019il survivra. Moi, ma vie est br\u00e8ve. Oh, j\u2019ai ce que je m\u00e9rite\u00a0: je suis une mauvaise, une presque-rien qui tue. Ses pens\u00e9es se bousculent, va-t-elle me liquider au plus vite ou savourer mon \u00e9vanouissement ? L\u2019\u00e9tui ne cesse de p\u00e9rorer, son ancien propri\u00e9taire si formidable, rien \u00e0 voir avec cette greluche ind\u00e9cise. Il m\u2019emp\u00eache de penser. Elle sort prendre l\u2019air.  Et si elle me gardait\u00a0? Je me ferais discr\u00e8te, je lui promets, elle r\u00e9pond je ne sais pas c\u2019est risqu\u00e9 quand m\u00eame. Dehors l\u2019air est frais la lumi\u00e8re douce. Je sens qu\u2019elle se d\u00e9tache, bient\u00f4t elle ne me ha\u00efra m\u00eame plus. En voil\u00e0 un qui vient vers elle, il me d\u00e9sire si violemment. Elle vacille. Je hurle, non, c\u2019est aupr\u00e8s de toi que je veux vivre, je veux que tu sculptes mes volutes, je veux tapisser ta gorge et mourir dans ton sang, Elle ouvre l\u2019\u00e9tui qui ricane m\u00e9chamment. Elle tremble, il lui \u00e9chappe et nous roulons cul par-dessus t\u00eate dans le caniveau. Ma robe blanche est tremp\u00e9e, ma collerette souill\u00e9e. Elle me regarde avec d\u00e9go\u00fbt. J&rsquo;ai chu. <\/em>  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\nDemain\npeut \u00eatre &#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>27 septembre 1974 Je suis en CP depuis une semaine. Pour l&rsquo;occasion maman a coup\u00e9 mes cheveux au CARR\u00c9 bien propre gentille petite fille qui ne m\u00e2chouille pas ses tresses. R\u00e9sultat&nbsp;: j&rsquo;ai l&rsquo;air d&rsquo;une lune avec une perruque. Chasuble bleue qui gratte sur sous-pull jaune collant je suis serr\u00e9e comme tout. Ma ma\u00eetresse s&rsquo;appelle madame L., blonde tr\u00e8s grande CARR\u00c9 <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/1974-1994-2004-2014\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">1  9  7  4  &#8211;   1  9  9  4  &#8211;   2  0  0  4  &#8211;   2  0  1  4<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":183,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1,1090],"tags":[1345],"class_list":["post-12440","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-atelier","category-ete-2019-08-nos-27-septembre","tag-graphie-selva-echappee-cigarette"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12440","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/183"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12440"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12440\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12440"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12440"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12440"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}