{"id":125236,"date":"2023-06-18T17:23:56","date_gmt":"2023-06-18T15:23:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=125236"},"modified":"2023-06-25T13:56:40","modified_gmt":"2023-06-25T11:56:40","slug":"02-jane-sautiere-du-lieu-au-personnage-lenjambement-dune-cause-commune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/02-jane-sautiere-du-lieu-au-personnage-lenjambement-dune-cause-commune\/","title":{"rendered":"#02 Jane Sautiere, du lieu au personnage | l&rsquo;enjambement d&rsquo;une cause commune"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"600\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/MARTA.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-125237\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/MARTA.jpg 800w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/MARTA-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/MARTA-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-normal-font-size\"><em>Il fallait que je sois loin, il fallait \u00abr\u00e9aliser\u00bb cette perte. Comme on dit en droit, on \u00abr\u00e9alise\u00bb un bien, on s\u2019en s\u00e9pare, on le vend! On le met dans le r\u00e9el. L\u00e0, il ne s\u2019agit bien s\u00fbr pas de vendre, mais de faire circuler ce texte. R\u00e9aliser, c\u2019\u00e9tait aussi mettre de l\u2019\u00e9crit en lieu et place de ceux que je ne reverrai pas.<\/em><\/p>\n<cite>JANE SAUTIERE<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Mathilde se retrouve toujours \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir entre quatre murs. Du plus loin qu&rsquo;elle regarde le franchissement des seuils ansi que le temps pass\u00e9 dans des maisons famili\u00e8res ou \u00e9trang\u00e8res, ce bloc de temps lui para\u00eet contract\u00e9 en un seul point  fertile et incandescent, il contient  sa sensation fugace mais tenace d&rsquo;exister parmi les autres. Aujourd&rsquo;hui elle ne sait vraiment pas quelle maison convoquer. Toutes comptent, elle y a pass\u00e9 \u00e0 chaque fois suffisamment d&rsquo;heures pour avoir engrang\u00e9 des couleurs et des odeurs. Elle les passe en revue comme des diapositives. Hier, aujourd&rsquo;hui, demain se superposent et l&rsquo;image tremble comme pr\u00eate \u00e0 s&rsquo;enflammer ou \u00e0 se briser en mille \u00e9clats, jusqu&rsquo;\u00e0 la poussi\u00e8re corrosive du verre mal pil\u00e9, pellicule \u00e0 l&rsquo;ancienne, daguerrotype, polaro\u00efd,  ou photo num\u00e9rique, ce qui s&rsquo;imprime encore a perdu des paroles. C&rsquo;est ce qui lui fait penser que s&rsquo;attarder \u00e0 l&#8217;emplacement des meubles, des d\u00e9corations, des jardins, des venelles, des vignes vierges ou des talus, est une perte de temps.  Seule la parole est digne de restituer une maison en vie, mais elle est abandonn\u00e9e d&rsquo;avance.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/217604528_6500049646687668_7792556748310622121_n-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-125260\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/217604528_6500049646687668_7792556748310622121_n-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/217604528_6500049646687668_7792556748310622121_n-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/217604528_6500049646687668_7792556748310622121_n-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/217604528_6500049646687668_7792556748310622121_n.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Elle est invit\u00e9e dans une famille endeuill\u00e9e qui est aussi la sienne. Le covid est pass\u00e9 par l\u00e0. Quelques jours plut\u00f4t ils tenaient la main d&rsquo;un qui luttait pour respirer , transform\u00e9 en momie inca. Immobile , comme \u00e9rig\u00e9 dans l&rsquo;air confin\u00e9 et artificiel de la chambre. Cette parodie de d\u00e9part de fus\u00e9e interstellaire les avaient engloutis dans une solidarit\u00e9 in\u00e9dite. Un moment pur aurait dit Christian Bobin. Une confrontation \u00e0 l&rsquo;imminence d&rsquo;une d\u00e9flagration sentimentale, \u00e0 la coupure nette d&rsquo;un lien qui \u00e9tait peut-\u00eatre moins vif dans les ann\u00e9es de vie de chacun.e. La catastrophe a bien eu lieu. Les pleurs silencieux sous les masques et l&rsquo;intensit\u00e9 compassionnelle des regards ont fig\u00e9 les gestes des personnages. Un peu partis,eux aussi dans un au-del\u00e0 du pr\u00e9dire. Il va bien falloir s&rsquo;y faire. Le p\u00e8re, le cousin d&rsquo;enfance, est mort. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">La vie reprend  aussit\u00f4t&#8230;mais  le dimanche suivant, elle est invit\u00e9e dans la belle maison du fils. R\u00e9union de famille hors temps o\u00f9 les absent.e.s ne comblent pas les vides. Fiert\u00e9 d&rsquo;une maison neuve, sans trop de souvenirs parentaux, tout est rang\u00e9, nickel chrome, et l&rsquo;on se disperse apr\u00e8s le seuil comme une eau  discr\u00e8te qui cherche son coin de lit . Trouver sa place. Sur les chaises les fauteuils cossus  les canap\u00e9s flambant neufs, dedans , dehors, tout est  comme dans les catalogues maison &amp; jardin .Tout est beau,voulant indiquer une r\u00e9ussite sociale ind\u00e9niable, maison sur plans d&rsquo;architecte, fonctionnelle, attentive aux r\u00f4les masculin et f\u00e9minin, Mathilde  pense cr\u00e9dit, endettement, d\u00e9brouillardise et prise de risque mais le pr\u00e9sent est rassurant. Fiert\u00e9 de r\u00e9unir la fratrie et leurs enfants d\u00e9j\u00e0 grands, de parfait.e.s inconnu.e.s ;  le mort le sait tr\u00e8s bien, mais  d\u00e9j\u00e0 on se pla\u00eet \u00e0 essayer de retenir les pr\u00e9noms; les  orientations de vie, les \u00e9tudes, enfants d\u00e9j\u00e0 dispers\u00e9s en pens\u00e9e. On recherche les ressemblances physiques. Des enfants  respectueux et graves, mais d\u00e9j\u00e0 ailleurs dans leur vie, et pourtant \u00e9tonn\u00e9s de retrouver brutalement une lign\u00e9e , m\u00eame incompl\u00e8te&#8230; Les anecdotes fusent&#8230;puis s&rsquo;\u00e9puisent. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Les obs\u00e8ques ont eu lieu en plusieurs \u00e9tapes. Des ambiances s\u00e9par\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">La valise est d\u00e9pos\u00e9e sur la table basse du salon. Prends ce que tu veux !  Vraiment ? <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Vague malaise. Retrouver ses souvenirs dans la valise des autres est une exp\u00e9rience assez troublante.  Impression d&rsquo;une liquidation trop rapide dans une salle de vente. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Les souvenirs ne peuvent pas se vendre, et \u00e0 peine s&rsquo;\u00e9changer. On garde au fond de soi des impressions qui ne peuvent pas s&rsquo;exprimer \u00e0 voix haute.  Le moment de partage est pourtant chaleureux et sinc\u00e8re. Beaucoup de photos en double ou triple exemplaires. Des pi\u00e8ces uniques par dizaines. Mathilde compte mentalement le nombre d&rsquo;enfants et s&rsquo;enquiert en direct des priorit\u00e9s d&rsquo;attribution. Curieusement , le choix se porte sur des crit\u00e8res subjectifs surprenants. Et on sent une r\u00e9ticence \u00e0 se rapprocher de l&rsquo;image rajeunie du mort. On parle de lui comme s&rsquo;il \u00e9tait l\u00e0. On plaisante. Une fille pr\u00e9tend communiquer avec lui en tirant les cartes.Elle annonce qu&rsquo;il va bien, qu&rsquo;il est bien arriv\u00e9 et qu&rsquo;il se sent heureux. La valise ne proteste pas, ni personne d&rsquo;ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Mathilde se retient de pleurer. Les enfants plongent dans la piscine au fond bleu impeccable.Il n&rsquo;y pas lieu de d\u00e9ranger les silhouettes fig\u00e9es sur le papier photo.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-normal-font-size\">Mathilde n&rsquo;a pas eu le courage de rencontrer son personnage, et elle n&rsquo;est pas certaine que ce soit celui-l\u00e0 qui soit le plus bavard, d&rsquo;ailleurs il ne lui appartient pas&#8230; m\u00eame si les morts se ressemblent \u00e0 la fin, comme des gouttes d&rsquo;eau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Elle s&rsquo;est tourn\u00e9e vers un po\u00e8me de  Gabrielle ALTHEN <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote has-normal-font-size\"><blockquote><p>Elle s&rsquo;en lit un extrait :<br><br><br><em>Tu as bu un caf\u00e9<br>Tu as ferm\u00e9 le gaz<br>Rang\u00e9 ta chambre<br>Et rassembl\u00e9 tes feuilles<br>Pour retrouver le bois charnu de ton bureau<br>Reste une barri\u00e8re de cendres<br>Toujours la m\u00eame au toucher int\u00e9rieur<br>Tu sais mal o\u00f9 elle est <br>Tu ne sais pas la d\u00e9placer<br>Tu as les yeux cern\u00e9s<br>Mais le jour campe aux abords de leurs cernes<br>Tu te demandes: suis-je bien ici ou d\u00e9port\u00e9 ?<br>Le jour est seul et le vent crie<br>Peut-\u00eatre il te faudrait aller ailleurs<br>Par exemple o\u00f9 les gens vont et viennent<br>&#8211; Y serais-tu bien davantage ?  &#8211;<br>Ici ou l\u00e0<br>Et d\u00e9port\u00e9 toujours<br>[&#8230;]<br>Et le gosier nou\u00e9<br>Etre seul est-ce cela ?<br>Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que pass\u00e9e la d\u00e9chirure<br>Une machine distribuant par bouts<br>Ludwig van Beethoven<br>Use la question et pr\u00e9cipite le soleil.<\/em><\/p><cite>GABRIELLE  ALTHEN   SOLEIL PATIENT   EDITIONS  ARFUYEN<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"526\" height=\"818\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/58745242_3214491941910138_100074928430120960_n.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-125279\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/58745242_3214491941910138_100074928430120960_n.jpg 526w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/58745242_3214491941910138_100074928430120960_n-270x420.jpg 270w\" sizes=\"auto, (max-width: 526px) 100vw, 526px\" \/><\/figure>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Peinture d&rsquo;Emanuelle REY  (collection particuli\u00e8re)<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut se vider la t\u00eate, se reposer un peu&#8230; reprendre la vie normale&#8230; sarcler les pens\u00e9es, trier les images, faire l&rsquo;inventaire des \u00e9motions , comme on se pr\u00e9pare \u00e0 quitter nos maisons d&rsquo;enfance, celles des souvenirs clos&#8230; Le 1er Mai, je reste \u00e0 quai, en ville, en hauteur, chez nous, seule ou tr\u00e8s bien accompagn\u00e9e, juste le \u00ab\u00a0plipetis\u00a0\u00bb des oiseaux \u00e0 travers la baie vitr\u00e9e, l&rsquo;immeuble silencieux&#8230; l&rsquo;enfant a dormi ici puis a rejoint ses parents pour l&rsquo;apr\u00e8s-midi&#8230; on a jou\u00e9 on a ri, on a fabriqu\u00e9 des confettis, on a parl\u00e9 s\u00e9rieusement et beaucoup moins s\u00e9rieusement, on a fait les \u00ab\u00a0zinzins\u00a0\u00bb comme dit sa m\u00e8re&#8230; moi, j&rsquo;en avais besoin&#8230; c&rsquo;\u00e9tait bienfaisant comme un rayon de soleil un peu d\u00e9lur\u00e9 \u00e9chou\u00e9 sur nos bras comme une baleine&#8230; Des paperasses \u00e0 faire pour la tr\u00e8s vieille Dame qui a perdu sa moiti\u00e9, il ne faut pas trop attendre &#8230; les banquiers et le fisc guettent au patrimoine&#8230; Agression suppl\u00e9mentaire&#8230; Elle doit entrer en institution, elle y est d\u00e9j\u00e0 par le projet m\u00e9dical auquel elle ne peut plus se soustraire&#8230; On en parle, on essaie de d\u00e9dramatiser, on change de sujet&#8230; elle dit oui, elle dit non, elle dit qu&rsquo;elle ne comprend plus rien, elle est intelligente et lucide, elle joue un peu d&rsquo;harmonica pour moi, elle veut me faire plaisir, elle est \u00e9patante et triste , les deux \u00e0 la fois sans transition, on parle des souvenirs heureux&#8230; \u00e7a c&rsquo;\u00e9tait hier, et j&rsquo;ai eu du mal \u00e0 la quitter dans cette nouvelle vie pas formidable&#8230;Elle me demande : Pourquoi tu pars ? C&rsquo;est une phrase que les visiteurs et les proches entendent, en ce moment, dans la petite chambre d&rsquo;h\u00f4pital toute neuve et pimpante&#8230; Je fais silence , bri\u00e8vement, et je prends un air constern\u00e9, interrogatif et \u00e0 voix douce je questionne&#8230; : &#8211; Je ne peux pas changer de vie pour toi&#8230; Si ? Elle me regarde : &#8211; Ah&#8230; oui ! C&rsquo;est \u00e7a&#8230; et elle sourit, elle a compris&#8230; A 97 ans , elle conna\u00eet la vie&#8230; On \u00e9clate de rire, un peu&#8230; on se retient&#8230; Je reviendrai apr\u00e8s-demain, je t\u00e9l\u00e9phonerai \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe, je m&rsquo;arrangerai pour l&rsquo;appeler sur le portable de son amoureux m\u00eame si elle ne peut pas d\u00e9crocher seule, j&rsquo;attendrai le passage d&rsquo;une soignante pour qu&rsquo;elle lui tende l&rsquo;appareil&#8230; Il nous faut innover pour ne pas se s\u00e9parer trop brutalement, pour garder sa main dans la mienne,pour promettre sans omettre le conditionnel au pr\u00e9sent, l&rsquo;al\u00e9atoire, les n\u00e9cessaires respirations&#8230; Ce n&rsquo;est pas parce que l&rsquo;on s&rsquo;aime qu&rsquo;on doive s&rsquo;\u00e9touffer. Ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il y a la mort qu&rsquo;on doit r\u00e9primer la vie d&rsquo;ailleurs&#8230; Mais les images reviennent, les sensations, les pens\u00e9es tristes et sans filtre&#8230; Ce n&rsquo;est pas si violent que j&rsquo;imaginais, c&rsquo;est plut\u00f4t encombrant ou aspirant selon le moment. Seul le po\u00e8me peut soulever cette masse de r\u00e9sistance \u00e0 la souverainet\u00e9 de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 perdue&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><em>Mathilde est d\u00e9j\u00e0 vieillie, elle compte ses personnages sur les doigts de la main, s&rsquo;aper\u00e7oit que ses deux mains ne suffisent pas. Elle reste assise devant son clavier et se demande de quoi demain sera fait. Mais elle n&rsquo;insiste pas non plus. Elle ignore quel personnage va surgir sous ses choix. Elle a ressorti un vieux texte qu&rsquo;elle consid\u00e8re comme une note de journal, de celles qu&rsquo;on finit par oublier , mais qui pourraient facilement entrer dans la mati\u00e8re-livre.  Cette glaise onctueuse et salissante.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il fallait que je sois loin, il fallait \u00abr\u00e9aliser\u00bb cette perte. Comme on dit en droit, on \u00abr\u00e9alise\u00bb un bien, on s\u2019en s\u00e9pare, on le vend! On le met dans le r\u00e9el. L\u00e0, il ne s\u2019agit bien s\u00fbr pas de vendre, mais de faire circuler ce texte. R\u00e9aliser, c\u2019\u00e9tait aussi mettre de l\u2019\u00e9crit en lieu et place de ceux que <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/02-jane-sautiere-du-lieu-au-personnage-lenjambement-dune-cause-commune\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#02 Jane Sautiere, du lieu au personnage | l&rsquo;enjambement d&rsquo;une cause commune<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":498,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4583,4525],"tags":[],"class_list":["post-125236","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-02-jane-sautiere-du-lieu-au-personnage","category-ete-2023-du-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/125236","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/498"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=125236"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/125236\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=125236"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=125236"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=125236"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}