{"id":126548,"date":"2023-06-25T10:16:45","date_gmt":"2023-06-25T08:16:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=126548"},"modified":"2023-06-25T10:19:38","modified_gmt":"2023-06-25T08:19:38","slug":"ete-2023-02bis-retour-de-boite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete-2023-02bis-retour-de-boite\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e9 2023 #02bis | Retour de bo\u00eete"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>\u00c9tapes pour un retour de bo\u00eete :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une petite entr\u00e9e dans un grand pan de mur. C\u2019\u00e9tait quelque part derri\u00e8re le quai de Paludate, la rue des bars apr\u00e8s la gare, un grand entrep\u00f4t transform\u00e9 en bo\u00eete de nuit, un nom \u00e9voquant son ancienne activit\u00e9 industrielle, genre L\u2019Atelier ou Le Hangar. Une entr\u00e9e tout ce qu\u2019il y a de plus commun, mais aucune ouverture autour. Il fait sombre. La chaleur est tropicale. On prend un verre. Les spots mobiles tissent une toile \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de lumi\u00e8res multicolores hallucin\u00e9es sous beats acides ultrarapides. On sort.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c7a ferme, le quai s\u2019\u00e9branle. Au milieu de la nuit, la foule sur le trottoir, petit embouteillage sur la route. La queue au kebab, l\u2019huile rance. Les verres vides sur un rebord de fen\u00eatre, derri\u00e8re la grille de d\u00e9fense. Des chats sous une poubelle. Les mecs align\u00e9s contre le mur au coin de la rue, les flaques d\u2019urine. Le coup de pied sur une bouteille, \u00e7a gicle. Enseignes, n\u00e9ons clignotants. Bouscul\u00e9s. Les filles qui soutiennent un gars. Klaxons, warnings, et \u00e7a gueule derri\u00e8re. On se presse, on se tient par la main. Un tas de papiers chiffonn\u00e9s dans une bouche d\u2019\u00e9gout. Un bruit de cl\u00e9s. Comme des billes dans un flipper claquant toutes ses lumi\u00e8res criardes, au moins dans ta t\u00eate.<\/li>\n\n\n\n<li>Voix. Pas seulement les mots qui fusent, pas les paroles insignifiantes pour une \u00e9ni\u00e8me blague d\u00e9bile. Mais l\u2019amplification, la d\u00e9formation. La d\u00e9sarticulation des mots m\u00e2ch\u00e9s. Les paroles du nez dans l\u2019oreille. Le timbre \u00e9raill\u00e9, assourdi. Monotone, \u00e0 l\u2019estouffade. Les \u00e9clats de rire tomb\u00e9s d\u2019un immeuble. Un cri d\u2019une rue souterraine. Et toujours un pour faire le loup, mais o\u00f9&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>On coupe par le d\u00e9dale des rues autour du conservatoire. On s\u2019y perd. Rue Sauvageau. Cette rue claire l\u2019\u00e9t\u00e9, arbor\u00e9e alors, aux airs de petite ville de province. Un bourg de village \u00e0 la limite, la place de pav\u00e9s du th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 l\u2019ombre de vieux platanes, ouverte au parvis de l\u2019\u00e9glise Sainte-Croix. Et puis le parall\u00e9l\u00e9pip\u00e8de de verre de l\u2019institut de technologie. Retour \u00e0 l\u2019effet tunnel. D\u2019autant plus \u00e9troit que le cours de la Marne s\u2019\u00e9largit, les b\u00e2timents deviennent gris, les lampadaires rendent une lumi\u00e8re \u00e9lastique, plus faible \u00e0 mesure qu\u2019elle s\u2019\u00e9tire le long du cours interminable. Et l\u2019autre qu\u2019en a apr\u00e8s les poubelles, \u00e0 grands coups de savates et \u00e7a fout un bordel\u00a0! La prochaine fois, on prendra par-derri\u00e8re, les Douves.<\/li>\n\n\n\n<li>La place des Capus. Dernier verre oblig\u00e9 au Temps (puis Bistrot, Bar aujourd\u2019hui, les temps changent parce que les noms changent) des Copains, dans un coin de la place. On n\u2019a jamais vraiment su si \u00e7a allait fermer ou si \u00e7a venait d\u2019ouvrir avec les commer\u00e7ants qui s\u2019installaient dans le march\u00e9 couvert. Mais quelle question&nbsp;! Aucun besoin de se la poser alors. Comme on n\u2019avait pas besoin du dernier verre. Du bout de la nuit&nbsp;? Oui, peut-\u00eatre. Le temps s\u2019\u00e9coulait dans nos verres, la nuit dans nos gorges. Le bout au fond du verre, en mousse \u00e9vent\u00e9e. Et un dernier morceau pour la route sur le juke-box, <em>Cause I&rsquo;m the miggity miggity miggity miggity Mac Daddy (Bo, bo)<\/em><\/li>\n\n\n\n<li>En partant, parfois, des chocos fondantes au boulanger du march\u00e9. Ou en passant un scoot et un coup de casque sur le cr\u00e2ne.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c0 la Victoire, on se disperse. On rentre \u00e0 deux, ou seul, en croisant une ombre ou deux. Les bruits de la ville. Le grondement d\u2019un moteur, une p\u00e9tarade, quelque part sur les boulevards&nbsp;? Le tonnerre qui roule, la pluie. La dalle d\u00e9gueule sur tes pieds. Partout la route scintille. Le goudron chaud s\u2019\u00e9vapore\u00b5. Du bleu par intermittence sur les murs l\u00e0-bas. La prochaine fois on prendra la voiture.<\/li>\n\n\n\n<li>La voiture. Mais la nuit quand tout le monde est gar\u00e9, on tourne, on tourne. Loin derri\u00e8re les pompiers. Ou avant, vers le palais de justice. Ou de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du cours, pr\u00e8s de la biblioth\u00e8que municipale.<\/li>\n\n\n\n<li>L\u2019avantage, c\u2019est que c\u2019est d\u00e9j\u00e0 ouvert en bas. La lumi\u00e8re est sur minuterie. Tu finis par te retrouver dans le noir, \u00e0 monter \u00e0 t\u00e2tons, en attendant de pouvoir rallumer. Pas de lumi\u00e8re sous la porte du voisin, mais on l\u2019entend aller et venir, et trafiquer Dieu sait quoi. Tant pis pour la lumi\u00e8re. Tu poursuis sans bruit, guid\u00e9 par la lueur du toit vitr\u00e9, ouvert sur la nuit. Le clapot de la pluie sur les carreaux, tu devines la serrure. \u00c7a force.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9tapes pour un retour de bo\u00eete :<\/p>\n","protected":false},"author":158,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4604,4525,1],"tags":[3423,4611,4628,47],"class_list":["post-126548","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-02bis-jokari","category-ete-2023-du-roman","category-atelier","tag-boite-de-nuit","tag-me","tag-rues","tag-ville"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/126548","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/158"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=126548"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/126548\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=126548"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=126548"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=126548"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}