{"id":126713,"date":"2023-06-26T09:42:13","date_gmt":"2023-06-26T07:42:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=126713"},"modified":"2023-06-26T10:53:45","modified_gmt":"2023-06-26T08:53:45","slug":"ete-2023-2-bis-deracines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete-2023-2-bis-deracines\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #02bis | d\u00e9racin\u00e9s"},"content":{"rendered":"\n<p>D\u00e9sormais, nul ne saura jamais. Le parcours r\u00e9el, la fatigue, la peur, le doute, et m\u00eame les paysages. Des flashes subsistent. Ou des reconstructions dans un imaginaire d\u2019aujourd\u2019hui, cent ans plus tard. Il y avait la chaleur d\u2019un mois de juillet. Entre la province de Vicence, au nord-est de la p\u00e9ninsule italienne, au pied des Pr\u00e9alpes vicentines et d\u2019une cit\u00e9 for\u00e9zienne d\u2019un pays dont quelques bribes avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9voil\u00e9es. Avec le dernier regard qui se pose tout autour sur les collines, les vignes, les oliviers. Sur ce qui ne sera plus. Sur ce paysage, cette lumi\u00e8re qui feront d\u00e9faut si cruellement plus tard. Descendre de la ville haute vers la gare plus bas dans la cit\u00e9. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9 du fleuve et du pont. \u00c0 l\u2019encontre de toutes les promenades du dimanche. Parcourir ces rues pleines d\u2019un pass\u00e9 lui aussi rel\u00e9gu\u00e9 dans des sph\u00e8res \u00e9loign\u00e9es. Et tout abandonner. Un train, suivi d\u2019autres qui v\u00e9hiculeraient des \u00e9gar\u00e9s vers un avenir que l\u2019on dit toujours meilleur. Entre la lumi\u00e8re d\u2019une province o\u00f9 la langue est chantante et la noirceur d\u2019une ville mini\u00e8re qui avait la facult\u00e9 d\u2019offrir du travail. Un exil et un espoir. Peut-\u00eatre deux jours de voyage \u00e0 regarder par les fen\u00eatres les collines qui d\u00e9filent. Accrocher quelques pens\u00e9es \u00e7\u00e0 et l\u00e0, laisser tra\u00eener un ruban de visages dont on ne sait quand ils seront revus, ni s\u2019ils le seront un jour. D\u00e9poser un souvenir heureux au pied d\u2019une montagne, un autre un peu douloureux entre les pieds de vigne, ou enseveli dans les rizi\u00e8res que les mains des femmes enfouiront au plus profond. Cela d\u00e9file et dans le wagon surchauff\u00e9 les yeux se ferment. Les trains s\u2019\u00e9changent et se succ\u00e8dent. Les mots se cherchent, s\u2019\u00e9puisent. Des dialogues trou\u00e9s de blancs. La patience qu\u2019il faut cultiver pour ne pas prendre la couleur du d\u00e9sespoir&nbsp;.Et l\u2019autre pays scrut\u00e9 \u00e0 nouveau derri\u00e8re les vitres sales. Mais \u00e0 quoi accrocher ses r\u00eaves&nbsp;&#8230; Les arbres sont-ils les m\u00eames, les vall\u00e9es seront-elles des creux de tendresse, les maisons des havres de paix\u2026 Et le ciel ne semble-t-il pas plus bas, plus lourd \u00e0 porter. Un voyage qui embrase, qui br\u00fble, qui cr\u00e9e cette distance \u2013 subie ou d\u00e9sir\u00e9e \u2013 dont on n\u2019a plus le choix. Sur le parvis de la gare, se retrouver nus. Avec en t\u00eate des murmures inaudibles. Ici aussi il faisait chaud. Il manquait juste le petit air de l\u00e0-bas, car maintenant il faudrait dire l\u00e0-bas quand on penserait au pays, ce petit air porteur des parfums dont on n\u2019aurait pas imagin\u00e9 vivre sans.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9sormais, nul ne saura jamais. Le parcours r\u00e9el, la fatigue, la peur, le doute, et m\u00eame les paysages. Des flashes subsistent. Ou des reconstructions dans un imaginaire d\u2019aujourd\u2019hui, cent ans plus tard. 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