{"id":127150,"date":"2023-06-28T13:42:37","date_gmt":"2023-06-28T11:42:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=127150"},"modified":"2023-06-29T19:07:11","modified_gmt":"2023-06-29T17:07:11","slug":"ete2023-03bis-de-sept-dun-coup-a-quatre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-03bis-de-sept-dun-coup-a-quatre\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #03bis | de sept d&rsquo;un coup \u00e0 quatre"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>une nouvelle proposition d\u2019\u00e9criture \u00e0 partir de Gertrude Stein, de ses portraits notamment. Dresser le portrait de plusieurs personnages en m\u00eame temps, pas un seul ni deux ni trois mais quatre. Ce qui me fait penser \u00e0 cette histoire du vaillant petit tailleur collect\u00e9 par les fr\u00e8res Grimm, un tailleur qui, agac\u00e9 par des mouches bombissant autour de sa mangeaille en tue sept d\u2019un coup. Une histoire qui deja existe dans le Gargantua de Rabelais je crois. Possible que les Grimm l\u2019aient d\u2019ailleurs trouv\u00e9e l\u00e0 comme certainement d\u2019autres.&nbsp;<\/code><\/pre>\n\n\n\n<p>Maintenant il faut que je parle de Bergson et de James de ce qui les r\u00e9unit c\u2019est \u00e0 dire \u00e0 la fois le pragmatisme de l\u2019un alli\u00e9 au\u2026 bergsonisme de l\u2019autre ce qui permet ainsi une nouvelle appr\u00e9hension du temps et de l\u2019\u00e9criture, que l\u2019on nomme ainsi \u00ab&nbsp;\u00e9criture automatique&nbsp;\u00bb Mais peut-on vraiment parler d\u2019\u00e9criture automatique en lisant les textes de Gertrude Stein qui fut une \u00e9l\u00e8ve particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9e de James, je ne sais pas. Il me semble que l\u2019\u00e9criture automatique qu\u2019emploient par exemple les surr\u00e9alistes n\u2019est pas du tout la m\u00eame chose que ce qu\u2019\u00e9crit Gertrude Stein. Je crois que \u00e7a tient \u00e0 la notion d\u2019unit\u00e9, \u00e0 la plus petite valeur linguistique, au syntagme qui n\u2019est pas \u00e0 priori le paragraphe comme elle s\u2019est plue \u00e0 le dire mais le mot en premier lieu. Cette fa\u00e7on qu\u2019elle laisse le mot entrer dans une sorte de combinatoire, peut ressembler \u00e0 quelque chose d\u2019al\u00e9atoire comme l\u2019\u00e9criture automatique des surr\u00e9alistes se fonde toute enti\u00e8re sur l\u2019al\u00e9atoire. Mais la fa\u00e7on de Stein,  bien que d\u2019apparence plus simple,  est en v\u00e9rit\u00e9 beaucoup plus complexe. Les multiples renversements de la phrase et aussi l\u2019utilisation de la conjugaison, du temps, des temps me font penser \u00e0 une comptine, contine ? ce qui la rapproche de la mani\u00e8re du conte et donc \u00e0 la fois du Gargantua et des fr\u00e8res Grimm, donc du sept d\u2019un coup du vaillant petit tailleur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une \u00e9toffe ainsi tiss\u00e9e de mots si simples qui sont si simples qu\u2019on n\u2019y pr\u00eate au d\u00e9but peu d\u2019attention. Mais qui par l\u2019insistance de leur \u00e9vocation par tous les temps, comme surgissent et agacent parfois les mouches, perdent leur simplicit\u00e9 premi\u00e8re pour cr\u00e9er autre chose, c\u2019est \u00e0 dire ce qui a pour l\u2019\u00e9toffe vocation \u00e0 dissimuler \u2026 un corps nu. Et aussi l\u2019emploi insistant de ces temps, de la conjugaison provoque une sorte d\u2019effondrement du temps tout entier, le texte alors prend la m\u00eame intemporalit\u00e9 que celle du conte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comment je vais faire cet exercice, je me le demande, je ne devrais pas me le demander, \u00e0 chaque fois que je me demande quelque chose je sais d\u2019exp\u00e9rience que je r\u00e9ponds \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Et, me le demanderais-je dix fois de suite je n\u2019obtiendrais que dix \u00e0 c\u00f4t\u00e9 . Il ne m\u2019en faut que quatre en l\u2019occurrence. Voici typiquement comment je me demande les choses et le type d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 qui en ressort.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>d\u2019autant qu\u2019il ne faut pas perdre le fil et que ce texte-ci soit en relation avec les pr\u00e9c\u00e9dents comme avec les suivants. C\u2019est la notion de continuit\u00e9 qui pose soucis. Continuit\u00e9 de personnage, continuit\u00e9 d\u2019un hypoth\u00e9tique r\u00e9cit, continuit\u00e9 d\u2019une narration. Surtout si il y a trop d\u2019id\u00e9es trop de lieux trop de tout. La continuit\u00e9 et la combinatoire de tous ces \u00e9l\u00e9ments voil\u00e0 le soucis. Beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments beaucoup de soucis.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais quatre ce n\u2019est pas pour autant la mer \u00e0 boire. La mer \u00e0 boire me vient tout de suite \u00e0 l\u2019esprit d\u00e8s que je pense \u00e0 beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments \u00e0 combiner ensemble. Est-ce que cinq \u00e9l\u00e9ments est ce que le chiffre cinq provoquerait si j\u2019y pense la sensation d\u2019une mer \u00e0 boire, est-ce que sept \u00e9l\u00e9ments le chiffre sept si j\u2019y pense provoquerait \u00e7a aussi\u2026 et les couleurs, les couleurs c\u2019est un probl\u00e8me aussi, plus on utilise de couleurs plus c\u2019est la mer \u00e0 boire. Je parle en tant que peintre car je suis peintre aussi. J\u2019ai souvent r\u00e9solu de probl\u00e8me des couleurs en peignant d\u2019abord en noir et blanc. Parce que les couleurs \u00e7a ne veut rien dire, une couleur seule ne veut rien dire, ce qui compte ce sont les valeurs \u2018 on ne peut peindre en couleur que si on a d\u2019abord compris les valeurs . Quelle est alors la valeur de cette expression Qu\u2019est ce que \u00e7a peut bien vouloir dire la mer \u00e0 boire. Ma m\u00e8re buvait, je m\u2019en souviens, ma m\u00e8re avait trois fr\u00e8res. Et donc 1 + 3 font quatre. quels \u00e9taient les pr\u00e9noms de ses trois fr\u00e8res il y a si longtemps que je n\u2019y pensais plus, \u00e0 leur pr\u00e9noms, jamais je n\u2019ai prononc\u00e9 leurs pr\u00e9noms \u00e0 ces quatre l\u00e0 en m\u00eame temps, ou en les \u00e9num\u00e9rant. et si j\u2019essayais de le faire lequel viendrait en tout premier, le pr\u00e9nom de ma m\u00e8re est Astrid qui vient d\u2019une reine, son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 est Kallio, je n\u2019ai jamais su vraiment l\u2019orthographier bien que je sache le prononcer, puis il y a Arnold un g\u00e9ant au regard gris bleu doux et triste et qui fut encore plus gris bleu doux et encore plus triste apr\u00e8s la mort de son fils Boris. Et puis il y a Henri un autre g\u00e9ant un autre type de regard triste, une tristesse qui provient du ressentiment, de cette impression perp\u00e9tuelle de ne pas avoir ce qu\u2019il m\u00e9rite, une tristesse li\u00e9 \u00e0 une sorte de fatalit\u00e9 tout \u00e0 fait nordique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Donc voil\u00e0 comment je me demande quelque chose et que l\u2019a c\u00f4t\u00e9 surgit.<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant seulement je tiens peut-\u00eatre quelque chose, quatre pr\u00e9noms. Ce sont les vrais pr\u00e9noms je ne les ai pas invent\u00e9s. je n\u2019ai aucun m\u00e9rite de me souvenir de ces quatre noms. c\u2019est si simple de prononcer leur pr\u00e9nom. Astrid, Kallio, Arnold, Henri. je peux aussi les \u00e9noncer dans un autre sens, par ce dont je me souviens de leurs dates de naissance. Kallio qui fut un a\u00een\u00e9, fils d\u2019un homme inconnu, plus petit, plus nerveux, plus solitaire et taciturne dans le fond que les trois autres mais toujours affable toujours souriant, plombier de son \u00e9tat, grand fumeur, mort d\u2019un cancer du poumon. je me souviens de lui un jour il \u00e9tait l\u00e0 souriant, affable, taciturne dans le fond, et un autre jour il ne fut plus l\u00e0. il avait disparu. Il fut enterr\u00e9 dans le cimeti\u00e8re de Clamart dans les haut de Seine. Henri fut un autre a\u00een\u00e9, fils du peintre estonien qu\u2019avait \u00e9pous\u00e9 Valentine ma grand m\u00e8re maternelle. Henri \u00e9tait tr\u00e8s grand tr\u00e8s fort, une montagne, mais il avait ce regard triste des personnes qui ne sont jamais satisfaites de ce qu\u2019elles ont, qui se g\u00e2chent la vie \u00e0 souhaiter obtenir autre chose que ce qu\u2019 elles ont. Il est \u00e9vident qu\u2019il alla durant une premi\u00e8re partie de sa vie dans le bons sens pour obtenir ce qu\u2019il voulait, une partie de sa vie o\u00f9 tout lui sourit comme on dit, travail, famille costumes, voiture maison. puis il fit volte face, sans doute parce ce qu\u2019il avait voulu il ne le voulait plus, il voulu autre chose mais c\u2019\u00e9tait trop tard, il en tomba gravement malade, la contrari\u00e9t\u00e9 le rendit malade, et il fut paralys\u00e9 de tout un c\u00f4t\u00e9 de lui-m\u00eame , celui qui avait voulu toutes ces choses certainement et qui ne les voulait plus. Il vivota. il vivota. puis il mourut et ses cendres furent \u00e9parpill\u00e9es dans le jardin du souvenir du cimeti\u00e8re de Valenton. Arnold \u00e9tait un cadet, c\u2019\u00e9tait un g\u00e9ant bon et tendre avec des yeux gris bleu et une tristesse nordique comme seuls les nordiques peuvent avoir ce regard gris bleu triste. Il vendait des photocopieuses je m\u2019en souviens a pr\u00e9sent il n\u2019avait pas fait d\u2019\u00e9tude mais il avait pris des cours du soir et avoir eu un enfant jeune l\u2019avait entra\u00een\u00e9 \u00e0 une belle t\u00e9nacit\u00e9, une continuit\u00e9 dans l\u2019effort. Ce qui a l\u2019\u00e9poque payait encore puisqu\u2019il gravit plusieurs \u00e9chelons, devint ainsi responsable r\u00e9gional d\u2019une entreprise qui vend toujours des photocopieuses mais sans lui puisqu\u2019il se laissa mourrir apr\u00e8s le mort de son fils, mon cousin Boris. Et puis il y a Astrid ma m\u00e8re qui buvait, qui cousait, qui peignait qui n\u2019\u00e9tait pas heureuse elle le disait parfois, pas souvent il fallait tendre l\u2019oreille. Et buvait et elle laissait \u00e9chapper un je ne suis pas heureuse , alors que mon p\u00e8re ne comprenait pas, il disait lui qu\u2019elle avait tout, il ne comprenait pas qu\u2019on ne puisse pas \u00eatre heureux en ayant tout. Elle Astrid \u00e9tait envahie par ce qu\u2019on appelait \u00e0 cette \u00e9poque le vague a l\u2019\u00e2me, cela la rendait folle et pour qu\u2019on ne le voit pas les enfants et mon p\u00e8re, elle buvait, elle buvait du blanc, un petit blanc qu\u2019elle achetait en douce en faisant les commissions et qu\u2019elle buvait en douce quand mon p\u00e8re n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 la maison c\u2019est \u00e0 dire souvent. Elle fut malade car elle avait fum\u00e9 beaucoup et bu beaucoup de blanc et qu\u2019elle se r\u00e9p\u00e9tait aussi qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas heureuse, c\u2019\u00e9tait une configuration d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui rend malade, elle mourut \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Cr\u00e9teil Soleil, qui est une station de RER puis ses cendres furent dispers\u00e9es aussi dans le jardin du souvenir de Valenton. mais un peu plus loin . que celles d\u2019Henri. Ils \u00e9taient quatre, paix \u00e0 leurs \u00e2mes et \u00e0 leurs cendres <\/p>\n\n\n\n<p>paix \u00e0 leurs cendre je dis \u00e7a mais pourquoi etc.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Maintenant il faut que je parle de Bergson et de James de ce qui les r\u00e9unit c\u2019est \u00e0 dire \u00e0 la fois le pragmatisme de l\u2019un alli\u00e9 au\u2026 bergsonisme de l\u2019autre ce qui permet ainsi une nouvelle appr\u00e9hension du temps et de l\u2019\u00e9criture, que l\u2019on nomme ainsi \u00ab&nbsp;\u00e9criture automatique&nbsp;\u00bb Mais peut-on vraiment parler d\u2019\u00e9criture automatique en lisant les textes de <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-03bis-de-sept-dun-coup-a-quatre\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#\u00e9t\u00e92023 #03bis | de sept d&rsquo;un coup \u00e0 quatre<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":530,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4645,4525],"tags":[],"class_list":["post-127150","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-03bis-quatre-par-quatre","category-ete-2023-du-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127150","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/530"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=127150"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127150\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=127150"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=127150"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=127150"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}