{"id":127641,"date":"2023-07-01T15:09:43","date_gmt":"2023-07-01T13:09:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=127641"},"modified":"2025-02-03T19:10:03","modified_gmt":"2025-02-03T18:10:03","slug":"testard_du_roman_3_1_2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/testard_du_roman_3_1_2\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #03 | Une vie de tous les jours"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:10px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/230702_Interdiction-de-stationner_4-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-172354\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/230702_Interdiction-de-stationner_4-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/230702_Interdiction-de-stationner_4-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/230702_Interdiction-de-stationner_4-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/230702_Interdiction-de-stationner_4-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/230702_Interdiction-de-stationner_4-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background has-small-font-size\"><em>Je traite mes jours en personnages, deuxi\u00e8me essai \u2014<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"le_bout_du_monde\">Et c\u2019est ainsi. <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"\/ateliers\/testard_du_roman_2_1_1\/\" target=\"_blank\"><span style=\"text-decoration: underline\">Le 19 juin regarde le 22 mars.<\/span><\/a> Le 19 juin est un soir, il va faire nuit \u2014 quand le 22 mars, lui, fait nuit. Toujours nuit. Mais nuit avant extinction de l\u2019\u00e9clairage public, exclusivement. Alors que le 22 mars se d\u00e9bat, seul, et s\u2019emporte sous le feu froid des lampadaires, le 19 juin, lui, s\u2019est pos\u00e9 dans le cr\u00e9puscule, hors de leur atteinte. Il est bien comme le 10 avril, celui-l\u00e0, qui ne tol\u00e8re pas l\u2019\u00e9clairage. Pas d\u2019\u00e9clairage artificiel \u2014 mais l\u2019\u00e9criture, n\u2019est-ce pas un artifice&nbsp;? <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"\/ateliers\/testard_du_roman_3_1_1\/\" target=\"_blank\"><span style=\"text-decoration: underline\">Car le 10 avril s\u2019\u00e9crit.<\/span><\/a> C\u2019est toute la vie du 10 avril, de s\u2019\u00e9crire. Il n\u2019a rien allum\u00e9. Il n\u2019est pas s\u00fbr, finalement, qu\u2019il fasse la lumi\u00e8re sur quoi que ce soit. Nous verrons\u2026 Non, l\u2019\u00e9criture est de nuit. Le 22 mars, lui, s\u2019est \u00e9cri\u00e9. C\u2019est ainsi. Le 22 a gueul\u00e9, tous peuvent le dire. Le 22 mars pousse une gueulante \u00e0 travers le temps. Les autres jours en r\u00e9sonnent encore. Les autres jours en tremblent encore. Le 22 mars s\u2019emporte et ne sait pas comment \u00e7a lui vient. Il le sait \u00e0 peine sur le coup, et il le sait encore moins avec le temps \u2014 d\u00e9j\u00e0 moins le 10 avril, et presque plus le 19 juin. \u00c7a lui vient tout seul. Il s\u2019emporte tout seul, et cela l\u2019isole des autres. Encore. Les autres ne comprennent pas le 22. Et sans doute ne pr\u00e9f\u00e8rent-ils pas aller y voir. Approfondir. S\u2019y aventurer. Savoir o\u00f9 les m\u00e8nerait le 22 mars&nbsp;? Savoir s\u2019il n\u2019est pas en impasse&nbsp;? Ils ne pr\u00e9f\u00e8rent pas revivre le 22. Ils redoutent des r\u00e9pliques du 22 \u2014 car un 22 n\u2019arrive jamais qu\u2019une fois. Et puis, avec les jours, ils oublient. Le 22 s\u2019en trouve un peu noy\u00e9, et tr\u00e8s confus. De plus en plus loin \u2014 mais d\u2019une confusion telle que le 22 est l\u00e0, bel et bien. Les lampadaires lui mangent les couleurs&nbsp;? Il est l\u00e0. Rien ne les d\u00e9rangera plus. Ni lui, le 22, n\u2019y touchera. Cela grignote, grignote. Ou ronge. Et c\u2019est ainsi que le 19 juin regarde le 22 mars&nbsp;: en entier malgr\u00e9 tout. Le 19 juin est assis de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la route \u2014 \u00e0 l\u2019\u00e9cart des lampadaires. Il a \u00e0 vrai dire mis trois mois et quelques ann\u00e9es entre le 22 et lui \u2014 le 19 est tranquille. Il est \u00e0 sa mani\u00e8re tout le contraire du 22 mars. Si le temps \u00e9tait une ligne, disons un segment alors, non seulement il ne serait plus du temps mais de l\u2019espace, merci Bergson, mais le 22 du segment serait une extr\u00e9mit\u00e9 quand le 19 ferait l\u2019autre. Il est \u00e0 l\u2019autre bout du 22. Le 19 est de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du 22. Est l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du 22. C\u2019est la vie de tous les jours, cela \u2014 qui n\u2019a contre toute apparence rien de stable. Cette vie l\u00e0 ne vit que d\u2019extr\u00eames. Qu\u2019elle m\u00e9lange. Qu\u2019elle s\u2019en nourrisse. Qu\u2019elle dig\u00e8re. Ou pas. La vie de tous les jours est un robinet mitigeur \u2014 mais o\u00f9 se trouve la main sur le robinet, \u00e7a\u2026 Le 19 est un cr\u00e9puscule tr\u00e8s tranquille et tr\u00e8s chaud \u2014 et a une tendance \u00e0 transpirer. Le 19 passe la main dans son peignoir \u2014 car le 19 est dehors en peignoir. Non&nbsp;: le 19 est dehors et en peignoir. Voil\u00e0 ses attributs, au 19 juin. Quand nous disons dehors, nous disons&nbsp;: dans la rue. Et dans la rue, pour le 19 \u2014 mais aussi le 22&nbsp;? non, pas le 22&nbsp;\u2014, cela dit encore&nbsp;: sur le bord de la route. De la rue \u00e0 la route il n\u2019y a, l\u00e0, qu\u2019un pas. Le 19 sent la transpiration, elle lui coule lentement au creux du sternum \u2014 mais elle ne devrait pas traverser la route. Car le 22 ne sent rien&nbsp;: il fait froid le 22 mars. Le 22 souffle le froid. Le 22 man\u0153uvre, manipule bruyamment, tous les ouvrants de la maison \u2014 c\u2019est la maison des jours \u2014 et ce n\u2019est pas l\u2019air qu\u2019il y fait entrer le plus glacial, le 22. \u00c0 vrai dire, le 19 attend le 22, qui ne sort toujours pas. Nous sommes l\u00e0 dans l\u2019espace public et le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas grand monde. Eh bien non, l\u2019espace public n\u2019est plus le monde. Nous sommes un peu au bout du monde. De l\u00e0, qui \u2014 le 19 ne faisant pas exception \u2014 ne se f\u00e9liciterait pas du d\u00e9lice de l\u2019attente qu\u2019il y a dans la chaleur du soir de laquelle la nuit tombe \u00e0 voir venir mais de loin, loin le monde \u00e0 lui&nbsp;? F\u00fbt-il, le monde, une temp\u00eate comme la col\u00e8re du 22. Il faudrait lui attribuer un nom. Apr\u00e8s tout, les temp\u00eates portent des noms. Elles viennent avec des noms. Non&nbsp;? Le 19 juin n\u2019a pas de mots pour l\u2019instant pour le 22 mars. Il y a tellement de temps entre eux. M\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;y a qu&rsquo;une rue. M\u00eame si c&rsquo;est une route. Il improvisera. Il est presque le jour le plus long \u2014 le 19 a le temps. <\/p>\n\n\n\n<p id=\"les_c\u00e9libataires\">Le 22 n\u2019a pas le temps. Le 22 mars est pris \u00e0 la gorge. Les jours se disent, sont en train de se dire dans un conciliabule o\u00f9 l\u2019on ne voit, disons ne distingue personne, que le 22 se prend \u00e0 la gorge tout seul. S\u2019\u00e9trangle, ils disent. Car le 22 mars ne sortira jamais du 22 mars, c\u2019est ainsi. Et c\u2019est triste. Qui \u2014 quel jour \u2014 viendra jamais au secours du 22 ? Le 19 et sa posture de ma\u00eetre-nageur\u00a0? Qui dit qu\u2019il est \u00e0 la hauteur\u00a0? Il est assis, oui, mais ce n\u2019est que sur une cl\u00f4ture en b\u00e9ton comme celles du type \u00e9questre \u00e0 double lisse \u2014 elle est couverte de mousses et d\u2019escargots. La tige en fer de la lisse sous le cul en peignoir du 19 \u2014 et il doit en avoir une de ces marques \u2014 rouillent, ont rouill\u00e9. Ont tout le temps de rouiller. Sont \u00e0 rouiller. Nos jours sont, d\u00e9finitivement. Intrins\u00e8quement. Incorrigiblement. Irr\u00e9cup\u00e9rablement des lonesome cowboys\u00a0: c\u00e9libataires. \u00c0 se demander : pourquoi les raconter, ainsi les soigner, bichonner, faire beaux \u2014 rendre pr\u00e9sentables\u00a0\u2014, les portraiturer \u2014 si l\u2019on ne peut rien y faire ? S\u2019il en est ainsi<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-color has-text-color has-small-font-size\"><em>\u00e0 poursuivre<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De l\u00e0, qui \u2014 le 19 ne faisant pas exception \u2014 ne se f\u00e9liciterait pas du d\u00e9lice de l\u2019attente qu\u2019il y a dans la chaleur du soir de laquelle la nuit tombe \u00e0 voir venir mais de loin, loin le monde \u00e0 lui ? F\u00fbt-il, le monde, une temp\u00eate comme la col\u00e8re du 22. Il faudrait lui attribuer un nom. 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