{"id":128175,"date":"2023-07-04T10:31:42","date_gmt":"2023-07-04T08:31:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=128175"},"modified":"2023-07-07T08:36:54","modified_gmt":"2023-07-07T06:36:54","slug":"ete2023-04-aujourdhui-cetait-hier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-04-aujourdhui-cetait-hier\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #04 | Hier c\u2019est demain"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/image.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-128176\" width=\"351\" height=\"248\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/image.png 546w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/image-420x297.png 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 351px) 100vw, 351px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Quand on a quarante-sept ans on est trop s\u00e9rieux, la f\u00e9erie de l\u2019enfance, nous \u00e9chappe, on t\u00e2tonne \u00e0 s\u2019en rompre la m\u00e9moire&nbsp;; lui me retrouve en un tremblement de terre, il m\u2019entra\u00eene dans ce tourbillon m\u00e9tropolitain au milieu de la foule des wagons surpeupl\u00e9s, coll\u00e9s l\u2019un \u00e0 l\u2019autre nous ne cherchons plus les mots, nos corps seuls s\u2019emm\u00ealent, s\u2019en m\u00ealent, le monde nous \u00e9treint, juste un souffle pas un mot. La Nation nous accueille en un glissement irr\u00e9versible vers la sortie de la rame. Main dans la main comme un scotch double face, nous sommes pouss\u00e9s dans des couloirs aux allures de boyaux anim\u00e9s de marchands ambulants. Bois de Vincennes, les m\u00eames lettres bleues sur fond blanc, pour sortir, le ticket bleu de la porte automatique et le vent dans les cils r\u00e9veille des sensations connues. Nos pas dans nos traces enracinent notre destin. Les all\u00e9es portent le nom de nos souvenirs, nous cherchons la prairie de nos sept ans, elle est l\u00e0 sous nos pieds, dans nos mains dans nos yeux dans notre nez,&nbsp;&nbsp;dans le ventre, dans la caresse du temps. Des temps pass\u00e9s loin l\u2019un de l\u2019autre en pleins et en d\u00e9-li\u00e9s.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Quand on a sept ans on est tr\u00e8s s\u00e9rieux, quand on a sept ans on ne conna\u00eet pas le mot amour, seul le corps en ressent les sympt\u00f4mes, que nos parents n\u00e9gligeront&nbsp;; l\u2019impatience des jeudis apr\u00e8s-midis le ticket de m\u00e9tro en carton jaune fourr\u00e9 dans les poches emplies de sentiments&nbsp;&nbsp;Les yeux \u00e9bouriff\u00e9s, les cheveux en bataille on se retrouve entre deux crissements \u00e0 Nation,&nbsp;&nbsp;traversant les grilles longeant les couloirs aux odeurs de vent m\u00e9tallique. On ne se prend pas la main, la pudeur savoure ce qui ne se montre pas, lui et moi, le monde en cet instant intime et bruyant, dans ce m\u00e9tro brutal \u00e0 en perdre l\u2019\u00e9quilibre, nous basculons, nous cognons, chavirons sans pr\u00e9m\u00e9ditation. Nous allons au pays des bois et des merveilles, avant il y a le voyage en souterrain, nos sentiments inavou\u00e9s, il nous manque les mots ils s\u2019\u00e9chappent en battant de notre c\u0153ur mais collent encore \u00e0 la langue. A la sortie Bois de Vincennes, les portes battants nous aspirent, nous survolons les marches&nbsp;&nbsp;un petit lutin plant\u00e9 sur nos \u00e9paules, suivons les all\u00e9es de nos instincts, l\u2019exploration de nos continents. Nous rejoignons le reflet dans le regard des autres, la prairie de nos jeux, les maisons aux volets clos.&nbsp;&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>On se raconte en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 quarante ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es, l\u2019adolescence et sa maternit\u00e9 pr\u00e9coce pour elle, Mai 68 pour lui, elle, la vie en communaut\u00e9,&nbsp;&nbsp;la perspective d\u2019un monde heureux, la nature de la terre, la valeur de l\u2019eau, la saveur du pain maison, le partage du bonheur, d\u2019une \u00e9conomie habile et des fleurs dans les cheveux, lui un voyage de Paris au N\u00e9pal en VW bus son engagement en&nbsp;&nbsp;politique, elle, la travers\u00e9e des alpes, l\u2019arriv\u00e9e en Suisse, un paradoxe, un parcours improbable, le calme d\u2019une famille bourgeoise aux secrets bien gard\u00e9s, lui, ses productions audiovisuelles, nourrir cette soif d\u2019entendre de voir de savoir. Nos amis \u00e9parpill\u00e9s aux quatre coins de nos souvenirs.<\/p>\n\n\n\n<p><em>C\u2019est sur ce terrain que nous rejoignons nos amis de connivences, les jeux en guise de mots nous partageons la balle aux prisonnier &#8211; chacun dans son camp -, les courses de relais, le jeu du foulard, triple saut, les danses folkloriques en rond, \u00e0 deux, et surtout les go\u00fbters. Pas un mot juste un son, \u00e0 vivre cette spontan\u00e9it\u00e9 de l\u2019instant. Demain il serait trop tard\u2026&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui on se retrouve\u2026 On n\u2019est plus s\u00e9rieux quand on a \u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand on a quarante-sept ans on est trop s\u00e9rieux, la f\u00e9erie de l\u2019enfance, nous \u00e9chappe, on t\u00e2tonne \u00e0 s\u2019en rompre la m\u00e9moire&nbsp;; lui me retrouve en un tremblement de terre, il m\u2019entra\u00eene dans ce tourbillon m\u00e9tropolitain au milieu de la foule des wagons surpeupl\u00e9s, coll\u00e9s l\u2019un \u00e0 l\u2019autre nous ne cherchons plus les mots, nos corps seuls s\u2019emm\u00ealent, s\u2019en m\u00ealent, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-04-aujourdhui-cetait-hier\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#\u00e9t\u00e92023 #04 | Hier c\u2019est demain<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":604,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4673,4525],"tags":[],"class_list":["post-128175","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-04-superposer-le-temps","category-ete-2023-du-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/128175","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/604"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=128175"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/128175\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=128175"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=128175"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=128175"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}