{"id":128581,"date":"2023-07-06T10:04:05","date_gmt":"2023-07-06T08:04:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=128581"},"modified":"2023-07-06T13:39:44","modified_gmt":"2023-07-06T11:39:44","slug":"ete2023-03bis-i-sur-le-parvis-de-lecole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-03bis-i-sur-le-parvis-de-lecole\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #03bis I Sur le parvis de l&rsquo;\u00e9cole"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Numerisation_20230621-1024x736.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-128605\" width=\"768\" height=\"552\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Numerisation_20230621-1024x736.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Numerisation_20230621-420x302.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Numerisation_20230621-768x552.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Numerisation_20230621-1536x1104.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Numerisation_20230621-2048x1472.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n<p style=\"text-align: right\"><em>extrait du journal pris dans le cahier 2005<\/em><\/p>\n<p>Je sais que je suis dans les temps quand je vois ces quatre femmes devant le portail de l\u2019\u00e9cole maternelle Germaine Coty. Il est alors 8h45. L\u2019\u00e9cole maternelle est ferm\u00e9e, les enfants en classe. Elles se retrouvent l\u00e0 tous les matins. Il y a celle du 18 rue Germaine Tillion, celle du 42, celle du 15 rue Hannah Arendt et celle du 27 rue M\u00e9lanie Klein. Elles discutent un moment avant de se s\u00e9parer. Parfois elles repartent deux par deux. La 18 et la 42, la 15 et la 27. La 18 est la plus \u00e2g\u00e9e. C\u2019est la grand-m\u00e8re de T\u00e9o. Je la connais bien parce qu\u2019elle re\u00e7oit beaucoup de courrier. Toutes les semaines elle a au moins une lettre, soit de sa famille soit de ses amies. Pas d\u2019homme dans sa vie \u00e9pistolaire. Elle n\u2019est pas tr\u00e8s grande, cheveux blancs pas trop courts, v\u00eatements color\u00e9s, elle parle en touchant du bout des doigts la personne \u00e0 qui elle s\u2019adresse. Une voix qui porte. Elle a une fille qui vit \u00e0 Paris, une autre qui ne lui \u00e9crit pas et pour cause \u2026 elle habite \u00e0 quelques pas d\u2019ici rue Claire Bret\u00e9cher. C\u2019est la maman de L\u00e9o. Elle d\u00e9pose son fils les jours d\u2019\u00e9cole au 18 rue Germaine Tillion et c\u2019est sa m\u00e8re qui le conduit \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Depuis le temps que je lis son courrier je n\u2019ai jamais pu trouver son pr\u00e9nom. Elle doit avoir un pr\u00e9nom particuli\u00e8rement ingrat pour que personne ne l\u2019utilise.&nbsp; La plus grande, longue crini\u00e8re rousse et silhouette filiforme, parle avec de grands gestes et \u00e9clate de rire facilement. Je ne la connais pas tr\u00e8s bien. Elle habite au 42 rue Germaine Tillion depuis peu et ne re\u00e7oit gu\u00e8re de courrier, outre les factures et les colis. &nbsp;Les colis, je ne les ouvre pas. Je rel\u00e8ve juste la provenance, ce qui dit d\u00e9j\u00e0 beaucoup de choses sur la personne. Les factures \u00e7a me parle aussi surtout quand elles sont doubl\u00e9es de lettres de rappel. Et puis il y a celle de la maison rouge du 15 rue Hannah Arendt. C\u2019est une maison construite sur un promontoire, un amer remarquable dans une mar\u00e9e de pavillons tous semblables. Remarquable. Tout comme l\u2019est sa propri\u00e9taire, tr\u00e8s belle jeune femme aux nombreux bijoux \u2013 boucles d\u2019oreilles pendantes, bagues \u00e0 tous les doigts et bracelets en m\u00e9tal qu\u2019elle agite r\u00e9guli\u00e8rement \u2013 les cheveux ramass\u00e9s sous un turban turquoise, jupe \u00e0 grosses fleurs framboise longue et vaste, caraco vert anis qui fait ressortir l\u2019\u00e9b\u00e8ne de sa peau. Ce que je sais d\u2019elle est li\u00e9 aux divers abonnements qui arrivent dans sa boite aux lettres. Elle re\u00e7oit des bulletins de plusieurs associations caritatives et est abonn\u00e9e au courrier de l\u2019UNESCO. Elle participe avec v\u00e9h\u00e9mence \u00e0 la conversation. Le contraste est saisissant avec celle du 27 rue M\u00e9lanie Klein, jeune fille r\u00e9serv\u00e9e, qui se contente de hocher la t\u00eate r\u00e9guli\u00e8rement ou de rire aux propos des trois autres. Tenue classique en jean serr\u00e9 et chemise blanche aux manches retrouss\u00e9es, chaussures de sport tout aussi blanches. Je sais qu\u2019elle est \u00e9tudiante. Elle m\u2019a demand\u00e9 de distribuer dans les boites aux lettres du quartier un flyer stipulant qu\u2019elle est baby-sitter et peut accompagner et venir chercher les enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Elle habite chez son p\u00e8re qui est veuf. Les quatre\u2026 je les appelle les quatre. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 m\u2019int\u00e9resser aux quatre depuis peu. Il me plait d\u2019imaginer une fiction dont le titre serait <em>Sur le parvis de l\u2019\u00e9cole maternelle, elles \u00e9taient quatre<\/em><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>extrait du journal pris dans le cahier 2005 Je sais que je suis dans les temps quand je vois ces quatre femmes devant le portail de l\u2019\u00e9cole maternelle Germaine Coty. Il est alors 8h45. L\u2019\u00e9cole maternelle est ferm\u00e9e, les enfants en classe. Elles se retrouvent l\u00e0 tous les matins. 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