{"id":128612,"date":"2023-07-06T10:20:12","date_gmt":"2023-07-06T08:20:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=128612"},"modified":"2023-07-06T10:47:08","modified_gmt":"2023-07-06T08:47:08","slug":"ete2023-04-bis-nuits-de-samedi-a-dimanche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-04-bis-nuits-de-samedi-a-dimanche\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #04 bis  | Nuits de samedi \u00e0 dimanche"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1.<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la nuit de samedi \u00e0 dimanche le t\u00e9l\u00e9phone sonne tout \u00e0 coup. P\u00e9p\u00e9 qui est aussi mon grand-p\u00e8re, le p\u00e8re de mon p\u00e8re est mort, &#8211; \u00ab&nbsp;Robert est mort dans son sommeil&nbsp;\u00bb a dit ma grand-m\u00e8re \u00e0 ma m\u00e8re. C\u2019est toujours elle qui d\u00e9crochait, un combin\u00e9 t\u00e9l\u00e9phonique de couleur noire pos\u00e9 sur une petite nappe en dentelle blanche, le tout tr\u00f4nant sur un gu\u00e9ridon en faux acajou, pr\u00e8s de la t\u00e9l\u00e9. &nbsp;Cela a l\u2019air d\u2019\u00eatre une chance qu\u2019il soit mort dans son sommeil. Puis on nous fait nous habiller, mon frangin et moi et nous asseoir dans la voiture. Une Ami huit. Durant le trajet, ma m\u00e8re plusieurs fois le dit \u00e0 mon p\u00e8re. &nbsp;\u00ab&nbsp;Quelle chance de mourir dans son sommeil&nbsp;\u00bb. De temps en temps mon p\u00e8re me regarde dans le r\u00e9troviseur comme il le fait souvent quand on voyage en voiture. Il a le regard inquiet, ce qui est rare. D\u2019habitude il est plus suspicieux qu\u2019inquiet. &nbsp;&nbsp;C\u2019est une affaire entre lui et moi ce regard entre nous deux dans le r\u00e9troviseur, mais ce regard qu\u2019il a cette nuit l\u00e0\u2026 Peut-\u00eatre qu\u2019il pense que lui aussi aura peut-\u00eatre cette chance de mourir un jour dans son sommeil. Peut-\u00eatre qu\u2019il pense qu\u2019une nuit comme cette nuit l\u00e0 ce sera moi qui conduirai une autre voiture, et que je regarderai mon fils avec un regard semblable dans le r\u00e9troviseur. Peut-\u00eatre pense t\u2019il qu\u2019il se passera le m\u00eame genre de non-dit entre lui et moi dans ce r\u00e9troviseur. Peut-\u00eatre qu\u2019il pense que ce sera une nuit semblable \u00e0 cette nuit, entre samedi et dimanche. Mais en fait non les choses ne se pass\u00e8rent pas ainsi. Mon p\u00e8re s\u2019est \u00e9teint un lundi matin \u00e0 sept heure dix du matin \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Cr\u00e9teil.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2.<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la nuit de samedi \u00e0 dimanche je ne dors pas car j\u2019appr\u00e9hende le retour de mon p\u00e8re qui doit revenir de Dijon. Mon carnet de notes ce trimestre l\u00e0 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sastreux. Certainement, je ne cesse d\u2019y penser, \u00e0 la rouste que je vais recevoir. \u00c7a le met hors de lui que je n\u2019obtienne pas de bonnes notes. Il ne comprend pas que je ne d\u00e9sire pas devenir un meilleur \u00e9l\u00e8ve. Nous habitons encore \u00e0 la Grave, dans la maison de l\u2019a\u00efeul qui est mort l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e. Il est mort \u00e0 quatre-vingt cinq ans, ce qui \u00e0 cette \u00e9poque me parait un \u00e2ge incroyablement avanc\u00e9, amplement correct pour mourir. &nbsp;Il est mort \u00e0 quatre-vingt cinq ans dans son lit, dans sa maison ce que tout le monde estime \u00eatre une chance. Dans cette nuit de samedi \u00e0 dimanche j\u2019attends le retour de mon p\u00e8re. Je n\u2019arrive pas \u00e0 dormir, la chambre est dans une semi-p\u00e9nombre car la lumi\u00e8re de la lune p\u00e9n\u00e8tre au travers des volets de fer. Quand je repense \u00e0 ces p\u00e9riodes d\u2019insomnie enfantines, je me demande si j\u2019avais peur de recevoir une rouste ou si d\u00e9j\u00e0 je me sentais coupable de d\u00e9cevoir mon p\u00e8re. Peut-\u00eatre un peu des deux. Notre aieul a \u00e9t\u00e9 instituteur, il a \u00e9lev\u00e9 mon p\u00e8re durant son la premi\u00e8re partie de son enfance quand son p\u00e8re \u00e9tait \u00e0 la guerre. &nbsp;Je le revois encore. &nbsp;Un homme discret, d\u2019une grande finesse d\u2019esprit, gaz\u00e9 \u00e0 la guerre de quatorze. Un genre de h\u00e9ros familial. Malgr\u00e9 \u00e7a &nbsp;&nbsp;mon p\u00e8re n\u2019a jamais obtenu d\u2019autre dipl\u00f4me qu\u2019un dipl\u00f4me de soudeur. J\u2019imagine qu\u2019il d\u00e9sire que je r\u00e9alise ce que lui n\u2019a pas pu r\u00e9aliser, faire de hautes \u00e9tudes, rejoindre une altitude perdue.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3.<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la nuit de samedi \u00e0 dimanche nous voici tous les trois, on doit avoir \u00e0 peine quarante ans en faisant la somme de nos \u00e2ges, ce qui donne une moyenne de treize virgule trente trois. Mais je pense que j\u2019ai plut\u00f4t douze quand je repense \u00e0 cette nuit. \u00c7a fait environ cinq ans que je passe l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 Villevendret chez mes grand-parents paternels. Deux mois \u00e0 la maison, dans cette banlieue parisienne, s\u00fbr que ma m\u00e8re ne peut pas l\u2019imaginer. Nous voici donc, trois jeunes cons et on s\u2019est mis en t\u00eate comme \u00e7a, de vouloir casser la porte de la cave du p\u00e8re Dumas qui est, \u00e0 cette \u00e9poque \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Montlu\u00e7on. Nous savons qu\u2019il est veuf, qu\u2019il n\u2019y a personne dans la maison. Et c\u2019est comme \u00e7a que l\u2019id\u00e9e nous  vient d\u2019aller casser la porte de sa cave pour faucher son vin. C\u2019est une sacr\u00e9e bonne porte, avec une serrure \u00e0 l\u2019ancienne. On a un fichu mal de chien. Et puis soudain la porte fait un bruit sinistre, CRAC et elle c\u00e8de. Grincement l\u00e9ger. Quelqu\u2019un a apport\u00e9 une lampe de poche rectangulaire, de celle qui fonctionne avec des grosses piles rectangulaires de la marque MAZDA. Il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 dans la cave, il n\u2019y a d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 dans aucune cave des maisons du hameau. On le sait. Quand on doit se rendre dans une cave il faut apporter une lampe de poche. C\u2019est un reflexe. \u00c7a sent le moisi, mais ce n\u2019est pas une odeur d\u00e9sagr\u00e9able. Un m\u00e9lange de terre battue de pommes et d\u2019oignons. Les bouteilles sont rang\u00e9es sur des \u00e9tag\u00e8res en fer, le cul en avant. Elles sont recouvertes d\u2019un film de poussi\u00e8re. On en prend une bonne dizaine, ce qu\u2019on peut prendre avec six mains, et m\u00eame un peu plus. Puis on ressort dans la nuit en prenant soin d\u2019\u00e9teindre la lampe de poche pour pas se faire rep\u00e9rer. Dehors il fait doux, il y a des grillons, \u00e0 l\u2019\u00e9poque on dit le cri-cri des grillons on ne connait surement pas le mot striduler. Il tellement doux, je me souviens de cette sensation bizarre en retrouvant la nuit noire, ce m\u00e9lange de culpabilit\u00e9 et de triomphe d\u2019avoir os\u00e9 casser une propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e. Avec les ann\u00e9es la culpabilit\u00e9 prendra le pas sur le triomphe de plus en plus. C\u2019\u00e9tait un vieil homme pas tr\u00e8s sympa le p\u00e8re Dumas, il nous traitait de morveux et nous crachait dessus quand nous passions sous ses fen\u00eatres. Il est mort quelques jours apr\u00e8s le casse de sa cave. Forc\u00e9ment on a pens\u00e9 qu\u2019on \u00e9tait un peu responsable de sa mort. &nbsp;C\u2019est \u00e7a aussi qui fait que la culpabilit\u00e9 prend le pas sur le triomphe, cette responsabilit\u00e9. Et puis j\u2019avais douze ans et son vin \u00e9tait mauvais, une vraie piquette. On a d\u00fb ouvrir une ou deux bouteilles et on a jet\u00e9 le reste dans les taillis pas tr\u00e8s loin de chez lui, dans cette nuit du samedi au dimanche, \u00e0 Villevendret en mille neuf cent soixante douze.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4.<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la nuit du samedi au dimanche mon corps entier est travers\u00e9 par une sorte de d\u00e9charge \u00e9lectrique et je flanque un coup de poing dans le matelas pour rassembler mes esprits, pour ne pas crever. Je m\u2019entraine \u00e0 m\u00e9diter pour ne pas devenir cingl\u00e9. J\u2019ai lu \u00e7a \u00e0 la biblioth\u00e8que de Beaubourg, dans un bouquin sur le yoga je crois. \u00c7a fait plusieurs semaines que je m\u2019entraine \u00e0 m\u00e9diter. J\u2019ai cr\u00e9\u00e9 ma m\u00e9thode personnelle, je m\u2019allonge sur le lit dans ma chambre d\u2019h\u00f4tel et je me concentre uniquement sur ma respiration. D\u00e8s qu\u2019une pens\u00e9e s\u2019am\u00e8ne je la renvoie vers la sortie doucement en lui disant  laisse moi tranquille je respire. C\u2019est relaxant. Jusque l\u00e0 en pratiquant l\u2019exercice je m\u2019endormais sans faire attention. Mais cette nuit l\u00e0, il a fallu que je flanque un coup de poing sur le matelas, je me suis retrouv\u00e9 face au n\u00e9ant total, j\u2019ai bien cru que j\u2019allais crever.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">5.<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la nuit de samedi \u00e0 dimanche il est fr\u00e9quent que j\u2019installe mes cuvettes sur le chauffage \u00e0 inertie qui p\u00e8se une tonne. Je m\u2019en souviens j\u2019\u00e9tais pr\u00e9sent quand on l\u2019a grimp\u00e9 jusqu\u2019au septi\u00e8me avec mon oncle Kalio. Je suis seul dans l\u2019appartement, P. est toujours absente le weekend. Il est fr\u00e9quent que je d\u00e9veloppe des n\u00e9gatifs ces nuits l\u00e0. La semaine il m\u2019arrive de faire des photos dans la ville, d\u00e8s que j\u2019ai un petit moment de libre, j\u2019arpente le quartier autour de mon boulot, rue vieille du temple et je fais des photos. Surtout des paysages car j\u2019\u00e9prouve un malaise \u00e0 m\u2019approcher des gens pour les photographier. Il faut que j\u2019arrive \u00e0 r\u00e9gler ce probl\u00e8me. J\u2019aimerais bien photographier des gens de pr\u00e8s.&nbsp; Je ne fais que des photographies en noir et blanc et je viens de d\u00e9couvrir la technique d\u2019Ansel Adams, le zone system. Donc j\u2019ai de quoi m\u2019occuper durant les nuits o\u00f9 je me retrouve seul dans l\u2019appartement. Il y a quelques jours que Mitterand est \u00e9lu, il a eu cette grande foule \u00e0 la Bastille, et bien sur j\u2019\u00e9tais l\u00e0 avec mon appareil. J\u2019ai fait un tas de photographies, des plans larges, mais je ne suis pas parvenu \u00e0 m\u2019approcher plus pr\u00e8s des gens. Pourtant ce n\u2019est pas compliqu\u00e9, il faut juste dire h\u00e9 je te trouve sympa, je peux faire une photo, quelque chose comme \u00e7a. Mais d\u00e8s que je m\u2019invente \u00e7a je sens que \u00e7a ne fonctionne pas. Est-ce que les grands photographes que j\u2019aime font \u00e7a&nbsp;? Surement pas, ils ne demandent pas l\u2019autorisation aux gens. A part Jean-Fran\u00e7ois Bauret, qui a eu la gentillesse de m\u2019accueillir pour voir comme vit un grand photographe de studio. Tout un boulot. Mais bon il faut un studio, et puis il faut des \u00e9clairages aussi, et puis il faut \u00eatre connu aussi certainement pour que des mod\u00e8les acceptent de poser pour un photographe. Et puis le studio \u00e0 bien y penser ce n\u2019est pas trop mon truc. C\u2019est trop fig\u00e9, moi j\u2019aime la surprise. J\u2019aime le hasard. J\u2019aime faire des photographies au hasard et \u00eatre surpris ensuite quand je d\u00e9veloppe mes films, quand je d\u00e9couvre ce que j\u2019ai photographi\u00e9 au hasard. Cette nuit, je songe que je devrais tout revendre, tout mon mat\u00e9riel, tous mes Nikon, et m\u2019acheter un autre appareil, plus discret, avec une optique de 35mm se serait id\u00e9al. J\u2019ai vu un appareil comme \u00e7a \u00e0 la Motte Piquet Grenelle chez un marchand. Un Leica M42 d\u2019occasion. Mais m\u00eame si je vends tout mon mat\u00e9riel faudra encore que je fasse un cr\u00e9dit pour me le payer vu le prix.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">6.<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la nuit de samedi \u00e0 dimanche je me demande comment je vais faire pour vivre avec si peu de fric pendant six mois. Demain \u00e0 l\u2019aube je descendrai de l\u2019h\u00f4tel pour chercher une agence de voyage pour T\u00e9h\u00e9ran. On m\u2019a dit que je trouverai facilement dans ce quartier. On m\u2019a dit surtout prend pas l\u2019avion c\u2019est mort. On m\u2019a dit aussi un tas de choses que j\u2019ai oubli\u00e9 depuis. J\u2019ai d\u00e9pos\u00e9 tous mes billets sur le lit pour les recompter. Il y a mon Leica, mes bobines de films au m\u00e8tre, ma petite cuve noire pour les d\u00e9velopper, et il y a ces billets \u00e0 recompter. C\u2019est peu d\u2019argent. Je ne sais pas du tout comment je vais faire. Mais le plus difficile c\u2019\u00e9tait de faire le saut, de partir. Sinon je serais encore l\u00e0-bas, magasiner chez Bull \u00e0 Pantin le jour, gardien de nuit chez IBM la nuit place Vend\u00f4me, \u00e0 dormir \u00e0 peine deux ou trois heures en grapillant. J\u2019ouvre la fen\u00eatre et je regarde la rue en bas. Il fait meilleur que lorsque je suis arriv\u00e9, il y a une odeur de viande grill\u00e9e dans l\u2019air, c\u2019est assez peu diff\u00e9rent du quartier de Ch\u00e2teau Rouge \u00e0 Paris. Les enseignes sont en Turc c\u2019est la diff\u00e9rence. Et puis quand m\u00eame il me semble qu\u2019il y a plus de musique. Des sons ent\u00eatants. Alors qu\u2019\u00e0 Ch\u00e2teau Rouge c\u2019est plut\u00f4t les grandes gueules des Za\u00efrois que j\u2019entends la nuit.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">7. <\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la nuit de samedi \u00e0 dimanche je pousse le portail de la maison du consul. Il y a des loups qui m\u2019accueillent en montrant leurs dents. Mais quelqu\u2019un leur crie de s\u2019\u00e9loigner, c\u2019est la femme du consul que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 aper\u00e7ue \u00e0 l\u2019antenne de M\u00e9decins du Monde. &nbsp;Je fais une photo des loups qui repartent la queue basse.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014Alors comme \u00e7a, vous partez demain dit-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>-\u2014\u00e0 l\u2019aube oui.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014et \u00e7a ne vous effraie pas de partir comme \u00e7a&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014je veux faire des photographies, on n\u2019a rien sans rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques minutes apr\u00e8s elle me conduit dans une vaste pi\u00e8ce o\u00f9 je reconnais quelques visages, des m\u00e9decins pour la plupart sont l\u00e0 avec leurs \u00e9pouses. Certains sont d\u00e9j\u00e0 pas mal \u00e9m\u00e9ch\u00e9s par l\u2019alcool.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me retrouve assis pr\u00e8s d\u2019une femme ivre qui me raconte son s\u00e9jour au Caire<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014si vous saviez comme c\u2019est d\u00e9gouttant le Caire\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Je bois un verre, je fais quelques photos discretement, des plans larges, il n\u2019y a pas beaucoup de lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Leur conversation m\u2019ennuie. J\u2019ai envie de partir mais c\u2019est un peu t\u00f4t je viens juste d\u2019arriver. Combien de temps faut-il rester pour que \u00e7a ne soit pas impoli de partir. Au pif je me dis une demie heure. Je pense aux loups \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Aux quelques m\u00eatres \u00e0 traverser accompagner par les loups jusqu\u2019au portail. Puis je me dis que je m\u2019en fous. Je dois partir t\u00f4t demain, rejoindre les montagnes afghanes. Et puis d\u00e9j\u00e0 je suis suffisamment horripil\u00e9 par ces expates qui font laver leurs l\u00e9gumes au permanganate par des boys, qui vivent ici dans une opulence obc\u00e8ne. Je pense aux loups, je suis un loup moi aussi, j\u2019ai encore des dents que je peux leur montrer.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014Bonsoir tout le monde, merci pour l\u2019accueil, tcho.<\/p>\n\n\n\n<p>En marchant \u00e0 nouveau dans les rues de Quetta, je repense aujourd\u2019hui en \u00e9crivant ces lignes \u00e0 ce livre de Joseph Ponthus, paru en 2019 je crois, \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;A la ligne&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je me sens tellement plus proche de ces gars en usine que de ces bobos qui veulent sauver le monde en p\u00e9tant dans la soie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Dans la nuit de samedi \u00e0 dimanche le t\u00e9l\u00e9phone sonne tout \u00e0 coup. 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C\u2019est toujours elle qui d\u00e9crochait, un combin\u00e9 t\u00e9l\u00e9phonique de couleur noire pos\u00e9 sur une petite nappe en dentelle blanche, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-04-bis-nuits-de-samedi-a-dimanche\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#\u00e9t\u00e92023 #04 bis  | Nuits de samedi \u00e0 dimanche<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":530,"featured_media":128625,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4688,4525],"tags":[],"class_list":["post-128612","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-04bis-nicole-caligaris-du-samedi-au-dimanche","category-ete-2023-du-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/128612","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/530"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=128612"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/128612\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/128625"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=128612"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=128612"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=128612"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}