{"id":129074,"date":"2023-07-08T12:35:25","date_gmt":"2023-07-08T10:35:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=129074"},"modified":"2023-07-08T12:39:39","modified_gmt":"2023-07-08T10:39:39","slug":"ete2023-04bis-13-juillet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-04bis-13-juillet\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #04bis | 13 juillet"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Lundi 13 juillet 1992<\/em>. Elle le prit dans ses bras. Le serra contre elle, fort. Avec d\u00e9sespoir. Avec rage. Rage d&rsquo;avoir trop longtemps attendu. De n&rsquo;y avoir plus cru. Maintenant, il \u00e9tait l\u00e0, il \u00e9tait n\u00e9. Ils arrivaient tout juste de Paris. A son \u00e2ge, quatre heures et quelques de vol, \u00e7a avait d\u00fb \u00eatre \u00e9prouvant. L&rsquo;a\u00e9roport \u00e9tait plein de monde. On attendait des proches, ou on les quittait, les joues humides de larmes de tristesse ou de joie. Ils s&rsquo;\u00e9taient longtemps crus abandonn\u00e9s. La grossesse avait tard\u00e9 \u00e0 arriver. Ils avaient pri\u00e9, nuit et jour. Puis un matin, sa fille avait appel\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait un cadeau de Dieu. Il aura un grand avenir. Sera un homme important. D\u00e9j\u00e0, il ressemblait \u00e0 son grand-p\u00e8re. Elle le prit dans ses bras. Ressentit la satisfaction d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une famille nombreuse. Grand-m\u00e8re pour la huiti\u00e8me fois. De r\u00e9gner sur autant de t\u00eates. Elle le prit et le serra, avec une force presque bestiale. Il sentit son odeur. Un parfum doux. Une douceur qui ne le quittera jamais vraiment. Des ann\u00e9es plus tard, en retrouvant certaines de ses affaires, il retomba sur cette premi\u00e8re impression, nich\u00e9e dans un de ses voiles. Elle lui avait saut\u00e9 \u00e0 la figure, presque intacte. Il sera m\u00e9decin, comme tant d&rsquo;hommes qui se respectent. Il soignera les gens et gagnera beaucoup d&rsquo;argent. Ou avocat, il servira la justice. Ou architecte, dans le pire des cas. On imaginait d\u00e9j\u00e0 son avenir. On le voyait mari\u00e9, \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une famille nombreuse. Il n&rsquo;avait pas plus d&rsquo;un an. Elle avait l&rsquo;odeur de la barbe \u00e0 papa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<p><em>Samedi 13 juillet 1996<\/em>. Tu te souviens encore de son regard, dur et froid. Tu te souviens de son expression, tordue. Elle qui t&rsquo;avait toujours aim\u00e9, avec toute la tendresse du monde, qui t&rsquo;avait toujours donn\u00e9 le sentiment de compter pour quelqu&rsquo;un, dans ses yeux, il y avait de la haine, du d\u00e9go\u00fbt. Et toi, de tes yeux coul\u00e8rent des larmes. Beaucoup de larmes. Un gar\u00e7on, tu le sais, \u00e7a doit \u00eatre fort, \u00e7a ne doit pas pleurer. Mais ce jour-l\u00e0, tu as pleur\u00e9, sans pouvoir te contr\u00f4ler. Tu es all\u00e9 vers ta maman, tu lui as parl\u00e9 de ce regard, un regard qui te faisait peur, on t&rsquo;a consol\u00e9. Mais non, t&rsquo;a-t-on dit, elle ne te d\u00e9teste pas, elle est juste fatigu\u00e9e. Allez, s\u00e8che tes larmes, tu es un grand gar\u00e7on. Tu ne l&rsquo;as pas reconnue, ce jour-l\u00e0. Elle \u00e9tait malade. Ta tristesse a d\u00fb lui faire de la peine. Cette id\u00e9e te mine encore. Tu ne savais pas, tu \u00e9tais encore trop petit, qu&rsquo;elle souffrait d&rsquo;un cancer, qu&rsquo;il ne lui restait pas longtemps \u00e0 vivre. Un jour, c&rsquo;\u00e9tait trois ou quatre semaines plus tard, tu t&rsquo;es r\u00e9veill\u00e9, et tu les as trouv\u00e9s tous r\u00e9unis dans son petit appartement du troisi\u00e8me \u00e9tage. Elle est morte la nuit. Pas dans son sommeil. Elle a beaucoup souffert. Tu es retourn\u00e9 vers le lit \u00e0 la h\u00e2te et tu as enfoui ton visage dans les draps. Non pour essuyer tes larmes. Il n&rsquo;y avait pas de larmes. Un gar\u00e7on, \u00e7a doit \u00eatre fort, \u00e7a ne doit pas pleurer, \u00e7a ne doit pas s&rsquo;effriter. Tu ne pleurais pas. Tu avais juste peur de voir son cadavre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<p><em>Dimanche 13 juillet 1997<\/em>. Connaissez-vous le jeu du rideau ? Je n&rsquo;en ai jamais compris les r\u00e8gles. Il n&rsquo;y en avait pas vraiment. On l&rsquo;avait invent\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait notre jeu \u00e0 nous. Ca nous appartenait. Et d\u00e9j\u00e0, dans l&rsquo;avion, j&rsquo;y pensais. J&rsquo;y ai pens\u00e9 toute l&rsquo;ann\u00e9e, je n&rsquo;attendais que \u00e7a. A nouveau, cet \u00e9t\u00e9, on jouera au jeu du rideau. Au d\u00e9but, il s&rsquo;agissait de se glisser dans un rideau. Pour quoi faire ? Je ne sais plus. Se cacher, peut-\u00eatre. Surprendre les adultes. Progressivement, les r\u00e8gles disparurent. Puis disparut le rideau. Il n&rsquo;y avait m\u00eame plus de jeu. Finalement, tout s&rsquo;est mis \u00e0 porter ce nom : les histoires qu&rsquo;on se racontait, les sc\u00e9nettes qu&rsquo;on improvisait\u2026 On jouait \u00e0 imiter mon oncle, celui qui souffrait d&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 morbide, qui faisait rire tout le monde, \u00e0 lui inventer des aventures loufoques, pour se foutre de sa gueule. Il nous faisait honte. Il n&rsquo;\u00e9tait pas digne de la famille. On ne voulait pas de lui. Ma m\u00e8re, quand elle jugeait qu&rsquo;on avait trop mang\u00e9, nous mettait en garde : \u00ab Vous allez finir par lui ressembler ! \u00bb Il ne semblait pas avoir conscience de toutes les insultes qu&rsquo;il se prenait. Il passait son temps \u00e0 sourire. Me prenait dans ses bras. Me donnait des surnoms affectueux. On lui donnait des surnoms moqueurs. On l&rsquo;imaginait tombant, incapable de se relever, basculant sur le dos, comme une tortue. Sa femme, qui souffrait d&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 morbide, comme lui, serait tomb\u00e9e, comme lui, basculant sur le dos, comme une tortue, comme lui, et tous deux seraient morts, \u00e9puis\u00e9s, abandonn\u00e9s par tous. Aujourd&rsquo;hui, tous deux sont morts, suite \u00e0 de graves complications. Parfois, ma cousine nous cuisinait des hot-dogs. C&rsquo;est quand les adultes s&rsquo;absentaient. Ils \u00e9taient bons, ses hot-dogs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<p><em>Mardi 13 juillet 1999<\/em>. Une porte qui se referme. Promesse de montrer un jeu. La porte verrouill\u00e9e. Contre le lit plaqu\u00e9. Refus d&rsquo;ouvrir. Dans le salon, les adultes parlent de choses et d&rsquo;autres, sans se douter de rien. De cette langue, infecte, qui tourne, se glisse dans les moindres recoins de la bouche, tourne, tourne encore. Tu veux partir tu as honte peur de faire de la peine la porte est ferm\u00e9e tu veux appeler tu ne veux pas appeler verrouill\u00e9e tu cherches des excuses. Dans le salon, les adultes sont fiers de leur situation, m\u00eame s&rsquo;ils ont leurs soucis. Il faut s&rsquo;en aller, aller loin, s&rsquo;enterrer loin, disparaitre, mais je ne peux pas. Il est plus fort que moi. Il m&rsquo;\u00e9crase. M&rsquo;\u00e9crase de son humanit\u00e9. Son regard est plein d&rsquo;humanit\u00e9. Sa langue est pleine d&rsquo;humanit\u00e9. Tourne sa langue dans ma bouche. Son corps m&rsquo;\u00e9crase. Papa et maman m&rsquo;ont toujours appris \u00e0 \u00eatre poli. Ne pas d\u00e9cevoir. Et les id\u00e9es dans ma t\u00eate se bousculent dans ma bouche sa langue m&rsquo;\u00e9trangle sa langue me maintient en place son humanit\u00e9 je ne peux rien faire, et les adultes ne viennent pas. Ils parlent de leurs soucis. Ou de religion. Dans ce pays, c&rsquo;est important, la religion. Ca vous inculque des valeurs. Du savoir-vivre. Le respect. Beaucoup, en Occident, manquent d&rsquo;\u00e9ducation, n&rsquo;ont pas de valeurs. La nuit est tomb\u00e9e. Ils sont rentr\u00e9s. L&rsquo;enfant, honteux, ne sait pas comment aborder le sujet. Il h\u00e9site. En parlera. N&rsquo;en parlera pas. Il m&rsquo;a embrass\u00e9, dit-il. Comment \u00e7a ? Dans sa chambre. Il voulait me montrer un jeu. Une col\u00e8re l&rsquo;envahit. Contre son fils. Il m&rsquo;a maintenu contre le lit. Il a rentr\u00e9 sa langue dans ma bouche. Elle a le regard froid, dur. Tu aurais pu en parler avant. Elle fulmine. Pourquoi avoir attendu ? Je vais avoir l&rsquo;air de quoi, devant ta tante ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<p><em>Vendredi 13 juillet 2001<\/em>. J&rsquo;attendais avec impatience le jour du d\u00e9part. Dans mon petit sac, j&rsquo;ai rang\u00e9 les affaires dont j&rsquo;aurai besoin : des cahiers de vacances que je ne remplirai pas, des livres sur les tortues, les dinosaures ou le syst\u00e8me solaire, divers magazines d\u00e9di\u00e9s au jeu vid\u00e9o, des cahiers de mots fl\u00e9ch\u00e9s et, indispensable, ma Gameboy Color avec ma cartouche de <em>Pok\u00e9mon Cristal<\/em>. J&rsquo;imagine d\u00e9j\u00e0 notre arriv\u00e9e dans l&rsquo;a\u00e9roport de Damas. L&rsquo;attente devant le carrousel \u00e0 bagages. Les hommes, pauvres, nous aidant \u00e0 poser les bagages sur le charriot, en \u00e9change de notre g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 feinte. Une petite pi\u00e8ce, pas plus. Et en allant dans le hall d&rsquo;entr\u00e9e, plein de femmes pleurant le d\u00e9part d&rsquo;un proche, on chercherait les t\u00eates connues, avant de se pr\u00e9cipiter vers tous ceux qui nous avaient manqu\u00e9, oncles, tantes, cousins, cousines et autres proches, pour les prendre dans nos bras, se remplir de leur affection. Les \u00ab kochanie \u00bb, je m&rsquo;en souviens encore. Je me souviens de leur humanit\u00e9, dans leur regard, dans leur voix, dans leur \u00e9treinte. De la confiance dans la vie qu&rsquo;ils nous donnaient. Avec eux, tout semblait moins terrible. Comment douter d&rsquo;eux ? Aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;ai moins de sentiments. Je me suis repli\u00e9. Peut-\u00eatre m&rsquo;ont-ils oubli\u00e9. J&rsquo;ai, je crois que c&rsquo;\u00e9tait cette ann\u00e9e-l\u00e0, un souvenir bizarre. On les avait retrouv\u00e9s dans le hall de l&rsquo;a\u00e9roport, comme chaque ann\u00e9e. Il y avait une femme, \u00e9l\u00e9gante et belle, d&rsquo;une grande maigreur. La connaissais-je ? Je ne savais pas qui elle \u00e9tait. Elle avait quelque chose de magn\u00e9tique. Elle avait v\u00eatu sa maigreur d&rsquo;un chemisier et d&rsquo;un jean. \u00ab Viens, on va retrouver ton oncle \u00bb me dit-elle. Elle, elle me connaissait. Mais le plus \u00e9trange, et je ne m&rsquo;en suis aper\u00e7u qu&rsquo;apr\u00e8s coup, c&rsquo;est que cette phrase avait \u00e9t\u00e9 dite en fran\u00e7ais, un fran\u00e7ais correct, sans accent, qui m&rsquo;avait fait un dr\u00f4le d&rsquo;effet. C&rsquo;est comme si on n&rsquo;\u00e9tait jamais parti. Comme si tout \u00e7a avait \u00e9t\u00e9 un r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<p><em>Mercredi 13 juin 2005<\/em>. Tu vas dans la cuisine. Tu les entends parler, rire. Des Indon\u00e9siennes, des Mauritaniennes. Il y en a une, haute en couleur. Elle parle avec entrain. Elle rigole avec bruit. On rigole autour d&rsquo;elle. Elle porte en elle un soleil qui r\u00e9chauffe, qui tue le d\u00e9sespoir. Son regard est plein de feu. Elle est pleine de joie de vivre. Quand tu repenses \u00e0 elle, \u00e7a te rend triste. G\u00e9n\u00e9ralement, les Indon\u00e9siennes, du moins celles que tu as connu, sont exub\u00e9rantes. Elles sont occup\u00e9es \u00e0 cuisiner ou, quand on a fini de manger, \u00e0 tout nettoyer. Elles mangent apr\u00e8s tout le monde. Elles mangent froid. Ailleurs, on regarde la t\u00e9l\u00e9vision, on joue aux cartes, on parle de choses et d&rsquo;autres, de politique, de religion. Les Mauritaniennes sont plus introverties. Elles n&rsquo;osent pas te regarder dans les yeux. Mais elles sont gentilles. Tu aimes rester aupr\u00e8s d&rsquo;elles. Tu les \u00e9coutes parler, rire, chanter, et tu aimes \u00e7a, m\u00eame si tu ne comprends pas tout. On te l&rsquo;a souvent reproch\u00e9. On pourrait te juger. Tu as une \u00e9ducation, toi. Une instruction. Une position sociale. Ce ne sont que des domestiques. On te reproche de te m\u00e9langer \u00e0 elles, de les aimer, plus encore que ta propre famille, de les trouver int\u00e9ressantes. Certaines ont une instruction. Il y en a une qui a fait des \u00e9tudes de m\u00e9decine. Elle est dipl\u00f4m\u00e9e. Mais elle n&rsquo;avait pas les moyens d&rsquo;exercer. Ou peut-\u00eatre que c&rsquo;\u00e9tait mal vu qu&rsquo;une femme soit m\u00e9decin. Peut-\u00eatre lui a-t-on mis des b\u00e2tons dans les roues. Et avec la grande pauvret\u00e9 qui touche certains pays d&rsquo;Asie du Sud-est ou d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est, elles n&rsquo;ont pas le choix. Alors elles vont, au Moyen-Orient, se faire domestiques, pour que leur mari et leurs enfants puissent se nourrir. Parfois, l&rsquo;argent qu&rsquo;elles envoient est d\u00e9tourn\u00e9, ou une partie est r\u00e9quisitionn\u00e9e. Elles se font battre, parfois violer, et dans tous les cas, pendant ces ann\u00e9es de calvaire, elles subissent le m\u00e9pris des gens et mangent froid. Mais toi, tu les aimais plus que tous ces gens. Elles te manquent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<p><em>Jeudi 13 juillet 2006<\/em>. Il nage, avec difficult\u00e9. Ses bras lui font mal. Ses jambes lui font mal. Il fait plusieurs longueurs. Il voudrait bien n&rsquo;avoir pas \u00e0 subir \u00e7a. Lire. Jouer \u00e0 sa console de jeu. Sa Nintendo DS. Ecouter de la musique. Il ne peut pas. Il doit nager. Encore et encore. Il faut profiter de la piscine jusqu&rsquo;au bout. Le soleil tape fort. Il y a le chat, un chat de goutti\u00e8re roux, qui vient, se pr\u00e9lasse au soleil, avant de rentrer. Il nage. Il faut nager. Encore. Toujours. Il est oblig\u00e9 de nager. M\u00eame s&rsquo;il a mal aux bras, aux jambes, au dos, m\u00eame si \u00e7a l&#8217;emmerde. On lui a fait comprendre que la paresse, c&rsquo;est mal vu. Qu&rsquo;il est un homme, maintenant. Que son oncle finirait par ne plus l&rsquo;estimer. Son oncle travaille \u00e0 faire de lui un vrai homme. Attention, tu ne te tiens pas correctement. Attention \u00e0 la position de ton bras, tu n&rsquo;es pas une femme. Son oncle a du m\u00e9pris pour les hommes eff\u00e9min\u00e9s et les homosexuels. Il fait plusieurs longueurs. Il ne veut pas les d\u00e9cevoir. Il pers\u00e9v\u00e8re. Il d\u00e9teste \u00e7a. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, on nage encore un peu, puis on regarde des films. Beaucoup de blockbusters. Des films de super-h\u00e9ros, certains tr\u00e8s bon, d&rsquo;autres imbuvables, sans saveur. Le chat vient demander des c\u00e2lins, avant de repartir. Il aime la solitude. Il aime se mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart. Lire des livres. Ecouter de la musique. Jouer \u00e0 <em>Animal Crossing<\/em>. On le lui reproche. Il pourrait passer du temps avec la famille. Le reste de l&rsquo;ann\u00e9e, c&rsquo;est impossible.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lundi 13 juillet 1992. Elle le prit dans ses bras. Le serra contre elle, fort. Avec d\u00e9sespoir. Avec rage. Rage d&rsquo;avoir trop longtemps attendu. De n&rsquo;y avoir plus cru. Maintenant, il \u00e9tait l\u00e0, il \u00e9tait n\u00e9. Ils arrivaient tout juste de Paris. A son \u00e2ge, quatre heures et quelques de vol, \u00e7a avait d\u00fb \u00eatre \u00e9prouvant. 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