{"id":129893,"date":"2023-07-13T19:59:44","date_gmt":"2023-07-13T17:59:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=129893"},"modified":"2023-07-14T10:55:24","modified_gmt":"2023-07-14T08:55:24","slug":"ete-2023-05-i-fleurs-sechees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete-2023-05-i-fleurs-sechees\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #05 | Fleurs s\u00e9ch\u00e9es\u2026"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/E6B34654-8A4E-47C1-89C2-438D76D2CC8E-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-129894\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/E6B34654-8A4E-47C1-89C2-438D76D2CC8E-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/E6B34654-8A4E-47C1-89C2-438D76D2CC8E-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/E6B34654-8A4E-47C1-89C2-438D76D2CC8E-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/E6B34654-8A4E-47C1-89C2-438D76D2CC8E-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/E6B34654-8A4E-47C1-89C2-438D76D2CC8E-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>enfanticisme<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai vu <em>Charly<\/em> alors que j\u2019\u00e9tais enfant, dans la zone de sept ou huit ans, neuf peut-\u00eatre. Pas moins, ou alors par accident. Plus, je ne sais pas mais j\u2019en doute. L\u2019ai-je visionn\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises&nbsp;? Aucun indice. J\u2019en garde juste des bouff\u00e9es de flous souvenirs, des \u00e9motions intenses, invoqu\u00e9es lorsque le monde p\u00e8se les jours depuis et \u00e0 venir. M\u2019embraser de <em>Charly<\/em>, le ket de sept ou huit ans, neuf peut-\u00eatre. Prisonnier dans le corps d\u2019un adulte, carrefour karma loup\u00e9&nbsp;? Prochaine sortie le n\u00e9ant&nbsp;? Il sourit c\u00e9leste, lui, grand ma\u00eetre des cages \u00e0 poules et du point z\u00e9nithique de la balan\u00e7oire en&nbsp; course courbe. C\u2019est lui, <em>Charly<\/em>, un Herm\u00e8s pas fini, roi de la ronde des plaines de jeux et de ses jeunes \u00e2mes errantes, ses seuls amis. <em>Charly<\/em>, l\u2019innocent heureux, enfin parfois je crois, mes pens\u00e9es embrum\u00e9es par la houle et les brumes m\u00e9morielles. Je ferme le yeux, ressens de la joie et de la tristesse, dans cet ordre-l\u00e0, comme toujours lorsque ma cin\u00e9philie croise le destins d\u2019anti-h\u00e9ros confront\u00e9s \u00e0 l\u2019injustice. La super mal\u00e9diction des fines m\u00e9caniques \u00e0 l\u2019antimati\u00e8re du rationnel. Veillez \u00e0 ne pas perturber l\u2019\u00e9quilibre d\u2019un adagio sous peine de mal\u00e9diction\u2026 Jim Morrison hurle \u00ab&nbsp;personne ne sortira d\u2019ici vivant&nbsp;\u00bb, je vous aurai pr\u00e9venu.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Charly<\/em>, oui <em>Charly<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>adultisme<\/em><\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai revu <em>Charly <\/em>hier soir<em>. <\/em>Le souvenir diffus se rationalise, avec la crainte de l\u2019\u00e9tiolage des illusions. Ce ne fut pas le cas. Premier \u00e9l\u00e9ment&nbsp;: le film est adapt\u00e9 du roman d\u2019anticipation <em>Des fleurs pour Algernon <\/em>de l\u2019auteur am\u00e9ricain Daniel Keyes, cueilli en solderie l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, mais pas encore lu. L\u2019estampille S-F me gave en bouquin. Deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment&nbsp;: 1968 date de sortie de <em>Charly<\/em>, l\u2019adaptation. Un an avant ma naissance, mais l&rsquo;ann\u00e9e de ma conception inimaccul\u00e9e. Troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment&nbsp;: l\u2019acteur principal Cliff Robertson, aucun souvenir de lui, et pourtant, d\u00e8s les premi\u00e8res images bingo de l\u2019anamn\u00e8se. Quatri\u00e8me \u00e9l\u00e9ment&nbsp;: le logo \u00ab&nbsp;Selmur Pictures Presents&nbsp;\u00bb, r\u00e9dig\u00e9 en lettres blanches entour\u00e9e d\u2019un \u00ab&nbsp;S&nbsp;\u00bb \u2013 jaune vif \u2013 serpentant (Herm\u00e8s, encore)&nbsp;autour des cr\u00e9dits, le tout inscrit sur un fond rouge tout aussi vif. Fascinant. Contraste fort et visuel typique de la fin des ann\u00e9es 1960, d\u00e9but des 70\u2019s. Nous y sommes. Cinqui\u00e8me \u00e9l\u00e9ment&nbsp;: D\u00e8s les premi\u00e8res images \u00e7a roule de source, prend aux tripes. Cliff Robertson en impose, tant dans son espace en retard que dans sa progression vers le pic cognitif, entropique. \u00c9quilibre. Face \u00e0 lui, Claire Bloom resplendit de tout son charme de d\u00e9esse \u00e9gyptienne cryptique. Sa coupe de cheveux me fascine, noir corbeau droit, aust\u00e8re, son visage \u00e9conome d\u2019expression, d\u2019une beaut\u00e9 m\u00e9dusante. Elle observe depuis le haut, et communique avec le bas, agit stabilisatrice. Elle porte le soleil en pendentif au bout d\u2019une cha\u00eene, \u00e0 des moments-cl\u00e9s (je pense), Charly s\u2019en approchera trop pr\u00e8s sans le moindre orgueil, et chute. Sixi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment&nbsp;: je ne comprends pas comment j\u2019ai pu (ou est-ce un glitch m\u00e9moriel&nbsp;?) visionner ce chef-d\u2019\u0153uvre aussi jeune qu\u2019affirm\u00e9. Dans ma boucle synaptique&nbsp;: <em>l\u2019enfant adulte triste l\u2019enfant adulte triste l\u2019enfant adulte, triste<\/em>. Images c\u00e9lestes et sourires perdus. STOP&nbsp;! Aucun \u00e9cho de l\u2019immense cynisme du r\u00e9cit parall\u00e8le de Charly et d\u2019Algernon, une souris de laboratoire, lointaine parente de Th\u00e9s\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9cision&nbsp;: tous deux suivent un programme de stimulation cognitive. Je ne l\u2019ai pas encore sp\u00e9cifi\u00e9, mais le quotient intellectuel de Charly tourne autour des 75, soit selon la Table de la classification des Q.I.&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Parfois classable comme stupide, souvent faible d\u2019esprit<\/em>&nbsp;\u00bb. L\u2019op\u00e9ration est un succ\u00e8s, et Charly \u2013 en quelques semaines \u2013 surclasse le mot g\u00e9nie.<\/p>\n\n\n\n<p>Septi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment\u00a0: la cruaut\u00e9\u2026 mis \u00e0 part la douce et belle Alice Kinian (Claire Bloom), tous les adultes dont le champ gravitationnel influence celui de Charly, rampent dans la m\u00e9diocrit\u00e9\u00a0: soit par \u00ab\u00a0d\u00e9tachement\u00a0\u00bb scientifique \u00e9gotique, soit pour flatter leur psych\u00e9 malade de machos minables. Ce monde vici\u00e9 remugle fort, Charly le d\u00e9nonce (de mani\u00e8re proph\u00e9tique) lors d\u2019un speech face \u00e0 une meute d\u2019ombres tapies au fond des illusions. Il est seul sous la poursuite lumineuse. \u00a0Huiti\u00e8me \u00e9l\u00e9ment\u00a0: L\u2019intelligence \u00e9motionnelle de Charly ne suit absolument pas l\u2019explosion de la partie fonctionnelle, un d\u00e9s\u00e9quilibre diagnostiqu\u00e9 \u00ab\u00a0suffisante collat\u00e9ralit\u00e9\u00a0\u00bb. Son amour \u00ab\u00a0b\u00e9nin\u00a0\u00bb pour Alice se transforme en \u00e9moi adolescent, pour atteindre en un violent crescendo la libido d\u2019un pervers sexuel. Aucun souvenir des aspects borderline, de la sc\u00e8ne de &#8212; quasi &#8212; viol, des envol\u00e9es psych\u00e9d\u00e9liques et surtout des nombreux emprunts au cin\u00e9ma exp\u00e9rimental.\u00a0 Leur idylle sera au final courte, belle, intense. J\u2019en retiens ces phrases magnifiques\u00a0: \u00ab\u00a0<em>The plural of mouse is mice. <\/em><em>The Plural of spouse must be spice<\/em>\u00a0\u00bb. Neuvi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment\u00a0: la bande-son totalement folle de Ravi Shankar\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<p>Quand ai-je vu ce long-m\u00e9trage\u00a0? Quand\u00a0? Et pourquoi ai-je \u00e9t\u00e9 autant marqu\u00e9\u00a0? Aucune id\u00e9e, j\u2019y r\u00e9fl\u00e9chirai quand de serai descendu de ma balan\u00e7oire\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>microscopisme<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Des tripes \u00e0 l\u2019analyse plus c\u00e9r\u00e9brale, <em>Charly<\/em> s\u2019attaque de tant de mani\u00e8res, et r\u00e9siste aux assauts. Ce drame d\u2019anticipation, tant le livre que le film, ass\u00e8ne une vision du monde carr\u00e9ment d\u00e9gueulasse de justesse&nbsp;: l\u2019humain ne pourra jamais produire autre chose que la souffrance et la guerre\u2026 c\u2019est violent, \u00e7a interpelle&nbsp;! Mis en sc\u00e8ne de mani\u00e8re efficace, le long-m\u00e9trage prend son temps afin que l\u2019empathie se distille, aid\u00e9 par une manipulation habile des h\u00e9misph\u00e8res cerveau gauche \/ cerveau droit, gr\u00e2ce, \u00f4 gr\u00e2ce, \u00e0 l\u2019usage brillant du split-screen et autres visuels trip sous L.S.D. Quel choc&nbsp;! Lors du visionnement, je suis rest\u00e9 sans voix devant cette singularit\u00e9\u2026 Le r\u00e9alisateur Ralph Nelson ma\u00eetrise \u00e0 tous les \u00e9tages&nbsp;: narration impeccable, montage audacieux, casting fabuleux (l\u2019ancien monde contre le nouveau monde, l\u2019insensible intellect, les conventions contre la superficialit\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019abandon\u2026 tellement visionnaire), l\u2019obs\u00e9dante musique, etc. tout concourt \u00e0 saturer graduellement le spectateur, \u00e0 le surstimuler intellectuellement. \u00c7a bouscule dans l\u2019hallucinatoire, sans pour autant s\u2019\u00e9garer. Surgissements&nbsp;: connexions \u00e0 d\u2019autres marqueurs subjectifs du 7<sup>e<\/sup>&nbsp;: <em>L\u2019\u00e9trangleur de Boston, 2001&nbsp;: &nbsp;l\u2019odyss\u00e9e de l\u2019espace..<\/em>. Tous datent de 1968, je l\u2019ignorais, et partagent des \u00e9l\u00e9ments esth\u00e9tiques. L\u2019\u00e8re du temps, peu d\u2019humour. Les messages de r\u00e9gression soci\u00e9tale fusent en tous sens, peu entendus\u2026 foutu Vietnam. <em>L\u2019\u00e9trangleur de Boston<\/em>, le r\u00f4le d\u2019une vie pour Tony Curtis transmut\u00e9 en serial killer. Richard Fleischer sublime totalement le fait divers et lui apporte \u00e0 la fois un travail technique \u00e9norme et une puissante visc\u00e9ralit\u00e9. <em>2001&nbsp;: l\u2019odyss\u00e9e de l\u2019espace<\/em>\u2026 je me lancerai pas dans le d\u00e9montage des m\u00e9caniques m\u00e9taphysiques entrem\u00eal\u00e9es de Clark et Kubrick. Partage de visions de mondes d\u00e9sabus\u00e9s, dystopiques\u2026 Je pourrais ajouter \u00e0 cette courte liste <em>La plan\u00e8te des singes<\/em>, <em>&nbsp;<\/em>nettement plus classique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La fin du monde en continu\u2026 je replonge la t\u00eate dans mon bac \u00e0 sable.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>enfanticisme J\u2019ai vu Charly alors que j\u2019\u00e9tais enfant, dans la zone de sept ou huit ans, neuf peut-\u00eatre. Pas moins, ou alors par accident. Plus, je ne sais pas mais j\u2019en doute. L\u2019ai-je visionn\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises&nbsp;? Aucun indice. J\u2019en garde juste des bouff\u00e9es de flous souvenirs, des \u00e9motions intenses, invoqu\u00e9es lorsque le monde p\u00e8se les jours depuis et \u00e0 <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete-2023-05-i-fleurs-sechees\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#\u00e9t\u00e92023 #05 | Fleurs s\u00e9ch\u00e9es\u2026<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":327,"featured_media":129894,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4705,4525],"tags":[],"class_list":["post-129893","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-05-compressions-faulkner","category-ete-2023-du-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/129893","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/327"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=129893"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/129893\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/129894"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=129893"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=129893"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=129893"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}