{"id":130410,"date":"2023-07-17T09:41:52","date_gmt":"2023-07-17T07:41:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=130410"},"modified":"2023-07-17T09:45:56","modified_gmt":"2023-07-17T07:45:56","slug":"ete2023-02bis-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-02bis-2\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #02bis | la petite fille \u00e0 la fleur"},"content":{"rendered":"\n<p>Les photos que tu scannes une \u00e0 une et d\u00e9couvres en projection sur le mur gris\u00e9 de la salle d\u2019archives ont toutes \u00e9t\u00e9 prises \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame de la propri\u00e9t\u00e9. Aucune dans le village, devant l\u2019\u00e9glise ou marchant dans les bois ou sur une colline. En toile de fond il n\u2019y a que \u00e7a ; un ch\u00e2teau, son verger, ses d\u00e9pendances. L\u2019avanc\u00e9e de la terrasse donnant sur les collines avoisinantes. Le petit chemin sec qui s\u2019\u00e9teint en bas dans la verdure. Tout a lieu l\u00e0. Il n\u2019existe rien d\u2019autre. C\u2019est un \u00e9t\u00e9 en huis clos. On vit entre soi. Le monde ext\u00e9rieur a disparu. Les photos sont prises par la m\u00e8re. Toutes l\u00e9g\u00e8rement sur expos\u00e9es. Ce qui saute aux yeux c\u2019est qu\u2019on a affaire \u00e0 des mises en sc\u00e8ne. Aucune photo n\u2019a \u00e9t\u00e9 prise sur le vif. Et ce qui t\u2019\u00e9tonne tout de suite c\u2019est la permanence d\u2019une figure. Celle de la petite fille. Aucune photo de famille. Le p\u00e8re et le fr\u00e8re, les amis sont absents. Sur les photos la petite fille pose. Elle est nue ou \u00e0 demi nue. L\u2019air un peu sauvage. Les cheveux hirsutes. Sur l\u2019une elle est assise de profil les jambes l\u00e9g\u00e8rement allong\u00e9es sur le large rebord du balcon. Son visage se d\u00e9tourne. Sur d\u2019autres elle est debout, appuy\u00e9e contre un arbre, une main sur l\u2019\u00e9paule oppos\u00e9e, l\u2019autre bras pendant le long du corps, le sexe \u00e0 nu. Et l\u00e0 encore sa t\u00eate est d\u00e9tourn\u00e9e, son regard nous \u00e9chappe. Il y a dans sa pr\u00e9sence quelque chose de vif, d\u2019intense. Mais son visage est immanquablement tourn\u00e9 vers l\u2019ailleurs, fuyant au loin, ou alors comme retourn\u00e9 en soi-m\u00eame. On sent dans ces photos une intimit\u00e9 entre la fille et la m\u00e8re. Comme si elles \u00e9taient cet \u00e9t\u00e9-l\u00e0 dans un monde \u00e0 part, un monde n&rsquo;appartenant qu&rsquo;\u00e0 elles. Il y a une seule photo o\u00f9 le visage est de face. Sur cette photo la petite fille tient une fleur. Elle n\u2019offre pas cette fleur (\u00e0 la photographe, \u00e0 la personne qui regarde la photo), elle la porte simplement. Elles forment elle et la fleur une image, une figure presque symbolique. Comme on peut en voir dans les peintures anciennes ; primitifs flamands ou peintures de la renaissance italienne. Et tu ne peux t\u2019emp\u00eacher de te demander, mais que repr\u00e9sente cette petite fille \u00e0 la fleur. Et tu te questionnes encore, mais qu\u2019a voulu nous raconter la photographe en mettant en sc\u00e8ne cette petite fille \u00e0 la fleur. Qui est, pour la m\u00e8re, cette petite fille \u00e0 la fleur. Il y a quelque chose de poignant dans ces photos. Tu ne sais pas dire pourquoi. Une intensit\u00e9 douce et violente \u00e0 la fois. Une proximit\u00e9 physique et pourtant une grande distance. Peut-\u00eatre une forme de m\u00e9lancolie ou de tristesse profonde. Le constat d&rsquo;une \u00e9poque qui s&rsquo;ach\u00e8ve, d&rsquo;un monde qui se meurt.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les photos que tu scannes une \u00e0 une et d\u00e9couvres en projection sur le mur gris\u00e9 de la salle d\u2019archives ont toutes \u00e9t\u00e9 prises \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame de la propri\u00e9t\u00e9. Aucune dans le village, devant l\u2019\u00e9glise ou marchant dans les bois ou sur une colline. 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