{"id":133325,"date":"2023-08-04T22:34:18","date_gmt":"2023-08-04T20:34:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=133325"},"modified":"2023-08-04T22:49:56","modified_gmt":"2023-08-04T20:49:56","slug":"ete-2023-08-expansion-claude-simon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete-2023-08-expansion-claude-simon\/","title":{"rendered":"# \u00e9t\u00e9 2023 #08| expansion  Claude Simon"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"940\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/IMG_0154-1024x940.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-133331\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/IMG_0154-1024x940.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/IMG_0154-420x386.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/IMG_0154-768x705.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/IMG_0154.jpeg 1147w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Copyright V. Queyrel <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Une mousse brune pousse en mottes disjointes sur la partie sup\u00e9rieure du verre, bien loin du sol, comme souffl\u00e9e aux hasards des vents. Elle grignote peu \u00e0 peu la transparence min\u00e9rale. Invisible, elle se propage sans jamais retourner \u00e0 la terre noire et fertile \u00e0 qui elle doit son brun teint\u00e9 de vert. Les spores se d\u00e9tachent, l\u00e9g\u00e8res, depuis la coiffe des minuscules tiges toutes entortill\u00e9es en spirale en un invisible nuage. Le tapis v\u00e9g\u00e9tal s\u2019enracine \u00e0 la surface sup\u00e9rieure du verre. (Apr\u00e8s une averse, il doit se gonfler, gorg\u00e9 d\u2019eau aussi lourd qu&rsquo;une \u00e9ponge\u2026 vert humide\u2009?) Les plaques de verre (de la superficie d\u2019une main\u2009?) ont une surface finement grain\u00e9e et sont travers\u00e9s de fins fils m\u00e9talliques entrecrois\u00e9s presque invisibles \u00e0 l\u2019\u0153il nu afin de les solidifier (ce qui leur autorise une \u00e9paisseur n\u00e9gligeable au vu du poids de la mousse). Elles se chevauchent en pente douce et inclin\u00e9e vers le sol (le tout est \u00e9tudi\u00e9 pour rendre l\u2019ensemble \u00e9tanche et r\u00e9sistant aux intemp\u00e9ries). La mousse pousse au nord. Du c\u00f4t\u00e9 de la fa\u00e7ade o\u00f9 se trouve la porte d\u2019entr\u00e9e. La marquise garde \u00e0 l\u2019abri l\u2019espace situ\u00e9 devant la porte d\u2019entr\u00e9e. Seuls ses carreaux les plus \u00e9loign\u00e9s de la fa\u00e7ade b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un bon ensoleillement. Le mur de pierre ne leur procure que tr\u00e8s peu d\u2019ombre (ou alors juste les mois d\u2019hivers quand les jours sont courts et le soleil rasant). Cette partie de la marquise (la plus \u00e9loign\u00e9e du mur, et qui comprend approximativement un peu moins de la moiti\u00e9 de sa superficie) n\u2019a pas \u00e0 souffrir de la croissance de la mousse (ou alors par toutes petites touches jaunes br\u00fbl\u00e9es s\u2019\u00e9loignant de la fra\u00eecheur du vert et plus proches du lichen). Le tapis soyeux qui couvre l\u2019autre moiti\u00e9 (proche fa\u00e7ade) cherche l\u2019ombre. Les tiges sont toutes inclin\u00e9es (comme bross\u00e9es par le vent qui cogne la fa\u00e7ade) La mousse ne s\u2019aventure pas pour autant sur le mur de pierre au cr\u00e9pi beige et propre (r\u00e9cemment rafra\u00eechi\u2009?) La d\u00e9marcation vert\/ beige est nette (une ligne franche). Les carreaux de la marquise sont color\u00e9s de teintes vives au dessin abstrait (Type art d\u00e9co\u2009?) Des montants en acier (fer ou cuivre\u2009?), renforc\u00e9s de traverses horizontales, supportent le poids des carreaux. Ils sont solidement fix\u00e9s \u00e0 la fa\u00e7ade, \u00e0 \u00e9gale distance de la porte d\u2019entr\u00e9e (elle-m\u00eame rehauss\u00e9e du sol par quelques marches moussues), puis s\u2019\u00e9l\u00e8vent pour \u00e9pouser en une solide courbe la structure de carreaux de verre. Les traverses piqu\u00e9es de rouille sont plates et horizontales Plus fines que les montants cylindriques et repeints de noir (concomitamment \u00e0 la r\u00e9fection de la fa\u00e7ade\u2009?). \u00c0 leur extr\u00e9mit\u00e9&nbsp;: une feuille sculpt\u00e9e dans le m\u00e9tal (soit deux feuilles de part et d\u2019autre de la porte). Leurs pointes recourb\u00e9es touchent presque le cr\u00e9pi. Le travail de l\u2019acier est remarquable, les feuilles rigides peuvent \u00eatre ais\u00e9ment compar\u00e9es aux feuilles orange finement nervur\u00e9es qui jonchent le sol alentour dans le petit jardin au pied des escaliers. Une courte all\u00e9e pav\u00e9e s\u00e9pare deux carr\u00e9s sym\u00e9triques d\u2019herbe s\u00e8che et jaunie. Dans celui de droite pousse un vieux noyer au tronc tortur\u00e9 de n\u0153uds. Ses branches sont presque nues. Le carr\u00e9 de gauche est parsem\u00e9 de feuilles cassantes (la pelouse s\u00e8che se devine plus qu\u2019elle se voit. Est-elle encore jaune ?). Une fine bordure (en ardoise\u2009?) d\u00e9limite une plate-bande qui borde toute la fa\u00e7ade au nord. Elle est plant\u00e9e de diverses fleurs tulipes, jacinthes, narcisses, iris et autres plantes non vivaces, v\u00e9ritable explosion de couleurs sur fond beige (imaginer la floraison?). Leurs bulbes dorment dans la terre brune des plates-bandes. Seul un tronc \u00e9galement d\u00e9pourvu de feuilles (rosier grimpant? Glycine) s\u2019\u00e9lance \u00e0 la verticale de la fa\u00e7ade. \u00c0 gauche de la porte d\u2019entr\u00e9e. Ses branches  forment des empreintes sur la peinture beige (comme un calque ou n\u00e9gatif d\u2019un blanc moins soutenu que le beige du cr\u00e9pi). La ligne du tronc sec (aussi noueux\u2009? Peut-\u00eatre aussi vieux\u2009? que le noyer) est d\u2019un calibre bien sup\u00e9rieur aux cylindres d\u2019acier fix\u00e9 au mur et serpente jusqu&rsquo;\u00e0 la marquise.  Ce n\u00e9gatif des branches fleuries de fleurs bleues (ou blanches? ou rouges) prolonge le tronc sur la fa\u00e7ade en ramifications d\u2019une couleur oscillante entre le blanc cr\u00e8me (beaucoup plus clair que le beige) et le brun (brou de noix\u2009?) bien plus fonc\u00e9e que la couleur du cr\u00e9pi. Elle dessine une carte aux lignes plus ou moins claires que la fa\u00e7ade (selon la distance\u2009? Le temps\u2009? Le point de vue\u2009?). Quelques brindilles courtes sont encore enroul\u00e9es autour des montants (elle doit s\u2019agripper \u00e0 la marquise, la recouvre-t-elle\u2009?). Sous l\u2019abri devant la porte d\u2019entr\u00e9e, la lumi\u00e8re est jaune d\u2019or. Le soleil est \u00e0 l\u2019ouest. Les rayons qui traversent les carreaux rouges prennent une douce teinte rose.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une mousse brune pousse en mottes disjointes sur la partie sup\u00e9rieure du verre, bien loin du sol, comme souffl\u00e9e aux hasards des vents. Elle grignote peu \u00e0 peu la transparence min\u00e9rale. Invisible, elle se propage sans jamais retourner \u00e0 la terre noire et fertile \u00e0 qui elle doit son brun teint\u00e9 de vert. 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