{"id":133341,"date":"2023-08-05T10:57:57","date_gmt":"2023-08-05T08:57:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=133341"},"modified":"2023-09-24T18:19:45","modified_gmt":"2023-09-24T16:19:45","slug":"ete2023-02-du-lieu-en-general","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-02-du-lieu-en-general\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #02 \u00a0|\u00a0 de l&rsquo;invention du lieu"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group scholie has-light-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p><strong>D\u00e9lires \/ Souffle<\/strong> <br><br><strong>Bruxelles<\/strong>. Encore un atelier o\u00f9 j&rsquo;aurai d\u00fb commencer par ruser. O\u00f9 j&rsquo;aurai d\u00fb commencer par nier. Nier la possibilit\u00e9 d\u2019un lieu. Nier le lieu. Cela s&rsquo;est impos\u00e9. Apr\u00e8s des jours d&rsquo;\u00e9lucubrations inabouties. C&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de lieu au corps qui n&rsquo;a pas nom. Ou de lieu qui ne soit de l\u2019\u00e9tendue de son corps. Ou encore : qu&rsquo;il n&rsquo;y ait \u00e0 ce corps d\u2019autre lieu que celui, imaginaire, du langage, tant qu&rsquo;il est \u00e0 port\u00e9e de corps. Ou d\u2019autre lieu que celui de la pens\u00e9e. Ca serait \u00e0 cause de la pr\u00e9c\u00e9dence de la sensation sur le nom, la sensation sans nom. C&rsquo;est une hypoth\u00e8se. Bien s\u00fbr, j&rsquo;ai parl\u00e9 des images aussi. Mais, les images sont une extension du corps. Juste, on n&rsquo;y pense pas. <\/p>\n\n\n\n<p>Avant l&rsquo;annonce de tout lieu,  il avait fallu poser cela. Un \u00e9cart du monde. <\/p>\n\n\n\n<p>Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;il n&rsquo;aura pas de nom, le personnage, il en a. Si ce n&rsquo;est que ce nom lui aurait \u00e9t\u00e9 pos\u00e9 dessus comme l&rsquo;\u00e9tiquette du boucher sur le bout de viande de son \u00e9tal. Quand bien m\u00eame \u00e7a serait son pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, au boucher, quand bien m\u00eame il n&rsquo;est pas loin de s&rsquo;en montrer jaloux, lorsqu&rsquo;il le pose son bout de bidoche, qu&rsquo;il y appose son \u00e9tiquette, il omet de la lui enfoncer et donc du bout  pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 l&rsquo;\u00e9tiquette tient mal <s>et \u00e0 la premi\u00e8re porte claqu\u00e9e &#8211;  cette porte du boucher ne claque pas, au premier vent engouffr\u00e9, bourrasque&#8230; <\/s>H\u00e9las. Avait t il craint de la blesser, le boucher. A moins, qu&rsquo;il ne l&rsquo;ait juste pas du tout mise l&rsquo;\u00e9tiquette du bout de bidoche  pr\u00e9cautionneusement pos\u00e9 sur le marbre, caresse rapide fil\u00e9e de sa poilue paluche, qu&rsquo;il se soit dit Ma foi si \u00e7a se trouve point besoin d&rsquo;\u00e9tiquette, chacun reconna\u00eetra bien ma bavette, mon tendron, mon alouette, ma fausse araign\u00e9e. Si \u00e7a se trouve&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p>Et donc \u00e0 un corps pr\u00e9cairement nomm\u00e9, il faut commencer par dire quelle sorte de lieu est encore possible.  Il faut prendre le temps de cette \u00e9nonciation d&rsquo;un lieu possible, d&rsquo;un lieu existant. Celui du corps \u00e0 sensations.  <\/p>\n\n\n\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, peu de noms de lieux l&rsquo;ont jamais fait r\u00eaver.&nbsp;Le<strong> <\/strong>d\u00e9placement<strong>&nbsp;<\/strong>a toujours fait obstacle. Et c\u2019est pourquoi, comme je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dit,  je pars peux en vacances. L&rsquo;autrice  ne  part pas en vacances. Ou pas volontiers. Donc dire la possibilit\u00e9, dire la permission, au monde, de l\u2019a-g\u00e9ographie, de l\u2019\u00eatre a-g\u00e9ographique, c&rsquo;est un objectif, \u00e0 l&rsquo;autrice. Dire l\u2019adh\u00e9rence \u00e0 soi, \u00e0 son lieu. <\/p>\n\n\n\n<p>Comment dire l\u2019immobile. Qu\u2019est-ce qui dit l\u2019immobile?<\/p>\n\n\n\n<p>Evoquer pour le personnage la possibilit\u00e9 de sortir de lui-m\u00eame. <\/p>\n\n\n\n<p>De rentrer dans le monde. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc un texte aussi sur le dedans et le dehors, et c\u2019est un texte qui doit \u00eatre relu, parce qu\u2019il a trop de mots. Il faut sabrer l\u00e0-dedans, \u00e9purer.<\/p>\n\n\n\n<p>Encore une fois, la consigne m\u2019a confront\u00e9e \u00e0 quelque chose que j\u2019ai ressenti comme impossible, il faut des jours et des jours pour se confronter \u00e0 \u00e7a. Et finalement foncer t\u00eate baiss\u00e9e, au petit matin d&rsquo;une nuit d&rsquo;insomnie, sans avoir jamais r\u00e9ussi \u00e0 penser la chose. Et ce qui est sorti, c\u2019est ce texte, donc, encore une fois, il s\u2019agissait d\u2019une invention.<\/p>\n\n\n\n<p>Et l\u2019apparition de quel personnage&nbsp;<em>d\u00e9j\u00e0 l\u00e0&nbsp;<\/em>? Selon la consigne&nbsp;: non pas description, mais d\u00e9ambulation d\u2019une conscience, d\u2019un regard cam\u00e9ra, vers un lieu, et, dans l\u2019arriv\u00e9e au lieu&nbsp;: d\u00e9couverte d\u2019un ou plusieurs personnage(s)&nbsp;<em>d\u00e9j\u00e0 l\u00e0<\/em>.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p>Il me semble que le lieu sera toujours celui de la pr\u00e9sence et de la sensation. (Il y aurait le lieu aussi de l\u2019image, pris d\u2019ailleurs&nbsp;dans celui de la pr\u00e9sence, y dressant ses \u00e9crans impalpables.)<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a la possibilit\u00e9 de mettre des mots, il y a l\u2019inanit\u00e9. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 il y a la possibilit\u00e9 de mettre des mots, de l&rsquo;autre, il y a l&rsquo;inanit\u00e9 de toute chose. Il y a pourtant le go\u00fbt des mots. Tout comme il y a la maladie des mots.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>(Tu sais ce que tu ne sais pas, c&rsquo;est que tu ne sais pas o\u00f9 avec le mot<br>commence l&rsquo;angoisse. Comment, pourquoi.)<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a la pens\u00e9e, comme lieu aussi, comme lieu d&rsquo;habitation. Plus largement, il y a le langage. Il y a la possibilit\u00e9 du silence. Au c\u0153ur m\u00eame de la rumeur. Celle d\u2019une ville, si c\u2019est fixer qu\u2019il faut. Si c&rsquo;est ce qu&rsquo;il faut, arr\u00eater. Il y a l\u2019habitation d\u2019un bruit quand il traverse le ciel ou une rue au loin, et que cela est rugueux ou m\u00e9tallique ou sourd. Les lieux me d\u00e9passent toujours un peu. Les lieux l\u2019ont toujours d\u00e9pass\u00e9e. De la douleur ou du cri. Les lieux par o\u00f9 je vais vers toi. Que je quitte, dont je claque la porte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il y aurait bien cependant quelques lieux mieux circonscrits, des&nbsp;lieux comme des&nbsp; territoires. Et elle comme un chat.  Il y a la circulation entre les lieux. Impossible (<em>chuchot\u00e9<\/em>).  Il y a le transport entre les lieux. Les d\u00e9placements. Les valises et les trains. Il y a le passage d\u2019un lieu \u00e0 un autre, l\u2019impermanence. Il y a les valises que l\u2019on fait \u00e0 la h\u00e2te et dans un temps qui para\u00eet infini, les chaussettes jet\u00e9es dans la valise, les maisons que l\u2019on ferme. L\u2019angoisse extraordinaire qui s\u2019y lie. Le voyage toujours involontaire, toujours v\u00e9cu comme un arrachement. Je suis dans cette valise au bout d\u2019un bras que l\u2019on transporte au-dessus du vide. <em>Elle est chosette dans la valise. <\/em>La d\u00e9localisation. Et alors, le moment de suspens, extraordinaire, une fois dans le train ou l\u2019avion. Ou le tram. Ou simplement \u00e0 marcher, entre 2 points. La libert\u00e9 alors. <em>C&rsquo;est alors comme si elle \u00e9tait tenue? Tu dirais ? Tu dirais, elle est tenue, l\u00e0, entre 2 points. C&rsquo;est l&rsquo;envers de nulle part? C&rsquo;est ailleurs que nulle part. C&rsquo;est \u00e7a, c&rsquo;est \u00e7a. Et alors? On voudrait dire : l&rsquo;abandon. Et alors? On voudrait dire : la vue. Voir. Elle voit? Et chaque moment de sa vision est caresse qu&rsquo;elle re\u00e7oit de toute elle. Tu sais bien, le vent, les jambes, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ressentie du monde. Avoir un corps? L&rsquo;abandon, la possibilit\u00e9 d&rsquo;abandonner ? Mais quoi? La vigilance, la d\u00e9fense. <\/em>Oui, l\u2019angoisse pr\u00e9c\u00e8de le d\u00e9part, l\u2019angoisse est celle de la valise, du d\u00e9racinement, de l\u2019abandon d\u2019une part de soi. Une fois arrach\u00e9e \u00e0 la terre : elle flotte, elle est dans une autre immobilit\u00e9, c\u2019est autour d\u2019elle que cela bouge, son visage qui se refl\u00e8te dans la vitre du train o\u00f9 il est appuy\u00e9. C\u2019est qu\u2019elle est un peu comme \u00e7a : elle est lieu o\u00f9 elle habite. Les murs, le sol, \u00e9tendent son corps. Ce qu\u2019il y a de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fen\u00eatre \u00e9tend son corps. La pluie, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fen\u00eatre, qui tombe en paquets silencieux : son corps, sa vue (la bienfaisance).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9cris depuis un lieu d\u2019arr\u00eat, de retrait. O\u00f9 les lieux peuvent \u00eatre sans nom. O\u00f9 la vue est r\u00e9ception, o\u00f9 l\u2019on met parfois des virgules et des majuscules, o\u00f9 le temps passe lentement. J\u2019\u00e9cris pour dresser les termes de ce lieu. Pour parler \u00e0 quelqu\u2019un.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce constat fait, il faudra cependant y revenir, ouvrir. Et pourquoi? Faire une br\u00e8che dans l\u2019opacit\u00e9 du tout. De quelle opacit\u00e9 ? La lumi\u00e8re gardienne. Et pourquoi? Etendre, encore. Risquer autre chose. Et que ce soit comme gu\u00e9rir. Ou comme rire. Que ce soit comme rire. Au hasard. Trouer, s\u2019avancer. Faire une br\u00e8che dans la lumi\u00e8re, qui contienne la lumi\u00e8re m\u00eame, qui l\u2019\u00e9tende, la tire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019elle-m\u00eame. P\u00e9n\u00e9trer le dehors pour y cr\u00e9er du dedans emportant le dehors \u00e0 sa suite.&nbsp;&nbsp;Peut-elle le faire? Elle peut le faire.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; <em>Soi comme dehors, comme ouverture. Ouvrir l&rsquo;ouvert en un point, en un point du partout plein, le p\u00e9n\u00e9trer, cr\u00e9er dans le dehors qui est soi, du dedans entra\u00eenant le soi de dehors \u00e0 sa suite. Tu crois vraiment que quelqu&rsquo;un va te suivre, l\u00e0, te croire. Je pense qu&rsquo;il vont croire que tu te moques d&rsquo;eux. Moi-m\u00eame, je me donne mal \u00e0 la t\u00eate.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je redis, tout le dit ici dans ce que j&rsquo;ai \u00e9crit : Je suis le dehors, je suis l&rsquo;ouverture. Je dois, au hasard, refermer cette ouverture sur un point, y p\u00e9n\u00e9trer, y entrer, entrainant \u00e0 ma suite le dehors que je suis, et dans le dehors cr\u00e9er un nouveau dedans. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ca n&rsquo;est pas tr\u00e8s important.<\/em> &#8211;<\/p>\n\n\n\n<p>Faire l\u2019exercice de consentement, nommer, y consentir.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Trouver le moyen de consentir. Invoquer la magie.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ou juste \u00e9crire.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On le fera.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard. On nommera la maison, celle qui est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, dont les images appellent, rappellent.&nbsp;&nbsp;On verra si on y trouve encore quelqu\u2019un.<\/p>\n\n\n\n<p>On essaiera d&rsquo;\u00eatre ailleurs que nulle part. Ailleurs qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;heure de nulle part. <\/p>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9lires \/ Souffle Bruxelles. Encore un atelier o\u00f9 j&rsquo;aurai d\u00fb commencer par ruser. O\u00f9 j&rsquo;aurai d\u00fb commencer par nier. Nier la possibilit\u00e9 d\u2019un lieu. Nier le lieu. Cela s&rsquo;est impos\u00e9. Apr\u00e8s des jours d&rsquo;\u00e9lucubrations inabouties. C&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de lieu au corps qui n&rsquo;a pas nom. Ou de lieu qui ne soit de l\u2019\u00e9tendue de son corps. 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