{"id":133608,"date":"2023-08-07T12:29:20","date_gmt":"2023-08-07T10:29:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=133608"},"modified":"2023-08-08T14:13:07","modified_gmt":"2023-08-08T12:13:07","slug":"ete2023-09-paysage-archetype","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-09-paysage-archetype\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #09 | Paysage \/ arch\u00e9type"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><em>M\u00eame j'ai retrouv\u00e9 debout la Vell\u00e9da. PV<\/em><\/pre>\n\n\n\n<p><em>On dit paysage, on imagine des lignes, un tableau, des couleurs, des couches, une g\u00e9om\u00e9trie. On dit paysages imaginaires. On dit paysage mental. Quelque chose alors de plus enchev\u00eatr\u00e9, grouillant, des architectures impossibles, les palais de m\u00e9moire tu vois, j&rsquo;ai toujours cru voir les tableaux bizarres, de&#8230; de qui d\u00e9j\u00e0 ? Tu sais, les fausses ruines&#8230; on le voit je crois au mus\u00e9e de&#8230; de quel mus\u00e9e d\u00e9j\u00e0 ? <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est d&rsquo;abord des odeurs de vieux, d&rsquo;urine, de lessive, la cr\u00e8me qui s&rsquo;agglutine et rancit aux commissures, laisse des tra\u00een\u00e9es brunes et des tra\u00een\u00e9es blanches, le chocolat que recouvre une pellicule de poussi\u00e8re dans la bo\u00eete rarement ouverte, l&rsquo;odeur du salp\u00eatre, de terre et de pomme \u00e0 la cave. Il y a dans le quartier, <strong>la maison de la vieille<\/strong> comme il y a aussi, gamin qui pousse la porte, gamin poli gentil aux joues malmen\u00e9es. \u00c7a fouille et \u00e7a trouve reliques et merveilles : fouillis multicolore des fils de soie \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la machine \u00e0 coudre, \u00e9toffes mit\u00e9es aux reflets dor\u00e9s et l&rsquo;abat jour \u00e0 glands qui tremble au passage du train, tremblent aussi le th\u00e9 qui refroidit et la soucoupe sur la table en verre. Elle est encombr\u00e9e la maison de la vieille, de photographies avec des visages jeunes, en noir et blanc, elle te dit qui c&rsquo;est. A la fin tu sais mieux qu&rsquo;elle et r\u00e9p\u00e8tes les pr\u00e9noms. Elle a l\u2019\u0153il mouill\u00e9. Tu gobes le chocolat pas net dans la bo\u00eete rarement ouverte. Sur les \u00e9tag\u00e8res il y a les autres bo\u00eetes et les voil\u00e0 tes paysages, Normandie, Bourgogne, couleurs pass\u00e9es, d\u00e9cors de cartes postales anciennes avec charrues et voitures tir\u00e9es par des chevaux, les all\u00e9es longues, infinies, bord\u00e9es de platanes, les crinolines et les chignons des femmes bien mises au sourire fig\u00e9. Il y a le chien, aussi le chat, seulement un temps, parfois le perroquet, et il y a la mort du chien, du chat et du perroquet, et toi gamin, qui officies dans la maison de la vieille. Il y a toujours dans le quartier, la maison de la vieille et gamin qui pousse la porte et creuse pour enterrer les restes des animaux vieux, plus vieux que la vieille, plus vieux que le quartier tout entier et qui se r\u00e9incarnent dans d&rsquo;autres animaux, animaux n\u00e9s vieux, dans une autre maison de la vieille qui pousse \u00e0 un autre endroit. C&rsquo;est que la vieille meurt aussi, tu la retrouves ailleurs, ou un autre que toi. C&rsquo;est un autre que toi et une autre maison, mais c&rsquo;est toujours toi et c&rsquo;est toujours la maison de la vieille. Parce que toi ce jour l\u00e0, la maison de la vieille, tu trouves qu&rsquo;elle pue, et tu vois bien que les chocolats collent. <\/p>\n\n\n\n<p><em>On imagine une g\u00e9om\u00e9trie et puis des objets, des listes, c&rsquo;est des listes d&rsquo;objet&#8230; Ce devait \u00eatre les horizons vastes et c&rsquo;est l&rsquo;all\u00e9e d&rsquo;une<\/em> <em>brocante. Tu vois le quartier aux antiquaires \u00e0 Bruxelles ? Je jouais \u00e0 cache cache l\u00e0-bas<\/em>&#8230; <em>Plus personne ne joue \u00e0 cache-cache n&rsquo;est-ce pas ? Il y avait deux gros oiseaux massifs, et je tournais autour. Ils s&rsquo;envoleront pas ces deux l\u00e0, les deux gros oiseaux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les cassissiers, les groseilliers forment des haies, un r\u00e9seau serr\u00e9 de branches fines qui \u00e9gratignent. C&rsquo;est le fond du jardin o\u00f9 personne ne s&rsquo;aventure tout \u00e0 fait. C&rsquo;est <strong>le jardin de banlieue <\/strong>tu vois, la banlieue de n&rsquo;importe quelle ville, m\u00eame dans le centre, c&rsquo;est le quartier pavillonnaire. L\u00e0, il y a le petit jardin, suffisamment grand pour qu&rsquo;il ait quand m\u00eame un fond ce jardin, suffisamment grand oui, mais assez petit, et tout au fond il y a les cassis, les groseilles, les framboises et les fraises des bois, des mottes de terre soulev\u00e9es par la taupe, et aussi le noisetier au coin \u00e0 droite, juste avant le mur aux briques rouges, et puis les petits talus fleuris, avec ces fleurs l\u00e0, toujours les m\u00eames qui poussent et fanent, les rosiers grimpants, les jacinthes, les dahlias, les iris, les roses tr\u00e9mi\u00e8res, les pens\u00e9es, le gros cam\u00e9lia crev\u00e9 trois fois, toujours replant\u00e9, des couleurs vives, des p\u00e9tales frais \u00e0 mastiquer, et le d\u00e9barras au fond \u00e0 gauche, avec les outils rouill\u00e9s, la vieille tondeuse manuelle et le s\u00e9cateur, et puis aussi la table de jardin qu&rsquo;on sort aux jours chauds et dont le vernis s&rsquo;\u00e9caille. Depuis quelques semaines la pelouse jaunit : ils sont partis en vacances les voisins de la maison de banlieue, c&rsquo;est le moment o\u00f9 tu fais le mur pour y jouer, il n&rsquo;y a personne, juste les chats du quartier parfois. Il y a un carr\u00e9 pour les chats dans le jardin de la maison de banlieue o\u00f9 s&rsquo;entassent les excr\u00e9ments, c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;ils pissent aussi les chats, tous au m\u00eame endroit, il y a des odeurs puissantes dans le jardin de la maison de banlieue qu&rsquo;ont d\u00e9laiss\u00e9e les estivants o\u00f9 l&rsquo;on va piquer les restes de groseilles. Il n&rsquo;en reste pas beaucoup, d\u00e9vor\u00e9es par les pies ou secs, \u00e7a fait comme de petites poches rouges et frip\u00e9es autour des p\u00e9pins jaunes. Le soir dans le jardin d\u00e9sert il y a les silences d&rsquo;\u00e9t\u00e9, des silences ravageurs et douteux dans le quartier au bord de l&rsquo;extinction et seul le coin aux chats vient te rappeler qu&rsquo;ici, \u00e7a vit encore un peu.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Il l&rsquo;a dit tout \u00e7a, l&rsquo;eau, le feu, la terre, l&rsquo;air, la pens\u00e9e des \u00e9l\u00e9ments, la r\u00eaverie autour de la mati\u00e8re, je ne m&rsquo;en souviens plus, il y a aussi ces zones bien s\u00fbr o\u00f9 tout se m\u00e9lange, et puis des mots aussi&#8230; \u00c7a cristallise. On sait pas bien pourquoi, margelle est de ceux-l\u00e0&#8230; <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La chambre donne sur la place, et au milieu <strong>la fontaine et sa margelle hexagonale<\/strong>. Une fontaine hors saison, c&rsquo;est le monde d&rsquo;apr\u00e8s. L&rsquo;eau coule dans le bourg silencieux. Sur la margelle, l&rsquo;oiseau se penche. A c\u00f4t\u00e9 il y a les pav\u00e9s, au-dessus, le ciel, les noirs contours des arbres. C&rsquo;est octobre. Les jours sont courts. Le village est encaiss\u00e9. Quelque part du bois br\u00fble. L&rsquo;air est satur\u00e9. Ou c&rsquo;est qu&rsquo;il a br\u00fbl\u00e9. Les odeurs remontent. Le dernier promeneur respire celles qu&rsquo;un autre a respir\u00e9es, d&rsquo;un autre si\u00e8cle, un autre monde o\u00f9 les bruits sont diff\u00e9rents, o\u00f9 les pav\u00e9s ne sont pas encore pos\u00e9s ou si mal scell\u00e9s. Elle fait cet effet-l\u00e0 l&rsquo;odeur au point qu&rsquo;il n&rsquo;ose pas se pencher et regarder le fond de la fontaine par crainte de basculer. La place est entour\u00e9e de hautes fa\u00e7ades, tant\u00f4t les colombages agiles, tant\u00f4t les masses calcaires grises et blanches et les balcons de fer forg\u00e9. Le grand h\u00f4tel central est plus loin \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des thermes et sa silhouette empire. Quand on n&rsquo;est bon \u00e0 rien et que les jours sont courts, c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il faut aller : les causses et les villes thermales. La boutique d&rsquo;antiquit\u00e9 est ouverte jusqu&rsquo;\u00e0 dix-sept heures, celle du centre pr\u00e8s de la fontaine. Celle de la ruelle qui descend en tournicotant vers la rivi\u00e8re, juste avant le pont est ferm\u00e9e depuis deux ans. La poussi\u00e8re s&rsquo;accumule sur la vitrine, sillonn\u00e9es par endroits de traces, doigts absents d&rsquo;une main disparue. De l\u00e0 partent les sentiers qui montent vers les cr\u00eates. Dans l&rsquo;\u00e9glise, une danse macabre est partiellement effac\u00e9e \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 du transept, le corps d&rsquo;un diable dansant se dilue \u00e0 mi-buste parmi la paroi. Des sc\u00e8nes peintes en ocre sont visibles sur les vo\u00fbtes. On savait y faire avec l&rsquo;enfer. Sur la place, l&rsquo;eau gicle en cascades lentes et rebondit \u00e0 la surface \u00e9claboussant la margelle. Le soleil a chauff\u00e9 fort les pav\u00e9s et s&rsquo;efface derri\u00e8re les sapins. Dans la chambre, la main s&rsquo;avance et ferme le lourd rideau.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Des listes et des odeurs, des correspondances, des r\u00e9seaux, cela te fait l&rsquo;effet d&rsquo;un pied de tomates un peu, le dernier a fait des racines assez vite dans le verre d&rsquo;eau, si petit le verre d&rsquo;eau pourtant que les racines s&rsquo;enroulaient sur elles-m\u00eames dans le fond du verre. On est loin du peintre des ruines. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas Robert des ruines, qui dessinait aussi des jardins, c&rsquo;\u00e9tait un autre peintre, le nom me reviendra peut-\u00eatre et le mus\u00e9e aussi, je me dis Strasbourg. Un plant de tomates, un verre d&rsquo;eau et des r\u00e9sidus. C&rsquo;est cette image souvent, des filaments, qui s&rsquo;entortillent, et poussent, et donnent naissance \u00e0 d&rsquo;autres filaments pour s&rsquo;enfoncer partout, vampiriser les sols, les murs, la terre, ou&#8230; On dit que le lierre ne fragilise que les murs d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9s, sur une fa\u00e7ade solide et saine, il ne fait que s&rsquo;arrimer et s&rsquo;\u00e9tendre, c&rsquo;est une autre forme de symbiose entre le v\u00e9g\u00e9tal et la mati\u00e8re en somme, le lierre, c&rsquo;est un peu aussi comme la margelle au fond<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle se dresse dans l&rsquo;impasse d\u00e9serte, <strong>la fa\u00e7ade en meuli\u00e8re partiellement mang\u00e9e de lierre<\/strong> aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;autres fa\u00e7ades, d\u00e9cor\u00e9e au bas des longues fen\u00eatres de carreaux de mosa\u00efques bleu nuit. On les trouvait dans le quartier je crois, pas si loin, les manufactures de c\u00e9ramique, sous les toits pointus, des enfilades de triangles \u00e0 perte de vue, la g\u00e9om\u00e9trie d&rsquo;un autre temps. Elle a des faux calmes l&rsquo;impasse : \u00e0 qui tend l&rsquo;oreille parvient le murmure t\u00eatu de la nationale qui part vers la ville et vers le rien et vers les habitations agglutin\u00e9es au gr\u00e9 des chemin et des routes. Les trous de la meuli\u00e8re \u00e9voquent le passage de quelque insecte trop gourmand qui aurait ici fait son nid et resterait tapi, rampant, dans le c\u0153ur de la pierre \u00e0 poursuivre son \u0153uvre de d\u00e9gradation lente. On peut dire tu sais, d&rsquo;une maison qu&rsquo;elle est lente, d&rsquo;une fa\u00e7ade qu&rsquo;elle est lente, m\u00eame si en apparence \u00e7a ne bouge pas, \u00e7a bouge en-dedans avec la lenteur des corrosions marines, des balancements incessants du ressac, lenteur de l&rsquo;\u00e9volution : les jouets de plastique jaune empoussi\u00e9r\u00e9s dans le grenier, la balan\u00e7oire \u00e0 l&rsquo;assise cass\u00e9e bougent encore. L\u00e0 il y avait les c\u00e9ramiques, l\u00e0 les imprimeurs et l\u00e0 un vieux panneau d\u00e9signe une entreprise de pompes fun\u00e8bres. Le lierre avance, efface les irr\u00e9gularit\u00e9s de la pierre, se glisse jusque sous les fen\u00eatres, sous les g\u00e9raniums. Les motifs rouges \u00e0 la vivacit\u00e9 incongrue font l&rsquo;effet d&rsquo;une illusion d&rsquo;optique, t\u00e2ches au bord de l&rsquo;oeil \u00e9bloui. L&rsquo;\u00e9blouissement reste, m\u00eame la nuit, lorsque les r\u00e9verb\u00e8res livrent une lumi\u00e8re jaune et poudreuse que refl\u00e8tent les pav\u00e9s et la peinture noire des portails, lueurs ondoyantes de grand large laissant deviner des ab\u00eemes froids et liquides.<\/p>\n\n\n\n<p><em> Les paysages sont aussi peut-\u00eatre un peu tous des marines, il y a disons des histoires de roulis et de brume et de contours faussement nets, une mat\u00e9rialit\u00e9 usurp\u00e9e, les aplats incertains de l&rsquo;aquarelle, pas l&rsquo;eau-forte, l&rsquo;aquarelle, ce n&rsquo;est pas affaire d&rsquo;eau pourtant ou d&rsquo;oc\u00e9an, de m\u00e9moire sans doute davantage, de rapport au temps. Quelque part dans l&rsquo;air montent les notes ambigu\u00ebs d&rsquo;une berceuse aux paroles indistinctes. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Elle a pouss\u00e9 l\u00e0 comme un champignon, \u00e0 cette heure pr\u00e9cise de la nuit : 1h37, avatar de l&rsquo;auberge au creux des montagnes, log\u00e9e sur le promontoire \u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres de la sente escarp\u00e9e, celle-l\u00e0 qui de mani\u00e8re identique, il y a plusieurs dizaines &#8211; centaines ? d&rsquo;ann\u00e9es &#8211; fait de m\u00eame irruption, l\u00e0, au bord du chemin juste apr\u00e8s le virage. Mais il n&rsquo;y a ici pas de sente, pas de virage, pas de montagne. Il ne sait pas, ne ma\u00eetrise pas ces correspondances&#8230; Les horizons vastes et la coque fragile pouss\u00e9e \u00e0 pleine vitesse, le p\u00e8lerin, la mule, et le massif forestier, le petit le grand, l&rsquo;individu la masse, la forme et l&rsquo;indistinct, ce qui avale ce qui r\u00e9siste. C&rsquo;est un paradoxe n&rsquo;est-ce pas, le souvenir du virage, le souvenir de l&rsquo;auberge, alors que la route est rectiligne et que le noir s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 perte de vue perpendiculaire dans sa profondeur illisible, aux lignes blanches que la vitesse avale. L&rsquo;estomac se serre, le sang pulse et remonte sous l&rsquo;effet du ralentissement brusque du v\u00e9hicule dans la voie de d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration. Quatre-vingt-dix, soixante-dix, cinquante, trente, un d\u00e9compte o\u00f9 se confondent la vitesse et le temps. La silhouette se d\u00e9sencastre maladroitement, se d\u00e9plie, corps nu et fragile d&rsquo;escargot sans coquille et sans forme, se redresse, p\u00e9n\u00e8tre dans<strong> la station service<\/strong>, se fige saisie par la bouff\u00e9e d&rsquo;air glac\u00e9 qu&rsquo;\u00e9jecte une climatisation d\u00e9r\u00e9gl\u00e9e. Le haut parleur d\u00e9verse une musique trop forte. Sous les vitres, des viennoiseries pass\u00e9es et des gla\u00e7ages aux couleurs suspectes. Il plonge les mains dans la gueule bleue du s\u00e9choir qui s&rsquo;active en vrombissant. Au dehors, la machine se met en branle, le son frott\u00e9 de la poudre projet\u00e9e dans le gobelet, le chuintement de l&rsquo;eau chaude, quelques grains se dissolvent parmi un nuage de lait piquet\u00e9 de petits points noirs aur\u00e9ol\u00e9s de brun. Il sort. Devant lui, la nuit et les lignes famili\u00e8res, rouges et blanches, des pompes \u00e0 essence, plus loin l&rsquo;ombre d&rsquo;un poids lourd et la silhouette des sapins. Il d\u00e9verrouille le v\u00e9hicule, un claquement sec, comme sec et net est le bruit de la porte qui se referme. Le corps retrouve sa place dans l&rsquo;air chaud, se loge dans le creux invisible laiss\u00e9 dans l&rsquo;habitacle. Le v\u00e9hicule acc\u00e9l\u00e8re et rejoint l&rsquo;autoroute. L&rsquo;oeil dans le r\u00e9troviseur rencontre une obscurit\u00e9 dense et cherche en vain le signe d&rsquo;une activit\u00e9 humaine, ni voitures ni vitrines \u00e9clair\u00e9es, ni pompes \u00e0 essence. Le corps au volant dans son nuage d&rsquo;air chaud est saisi du vertige du voyageur face au pr\u00e9cipice horizontal des for\u00eats nocturnes.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00eame j&rsquo;ai retrouv\u00e9 debout la Vell\u00e9da. PV On dit paysage, on imagine des lignes, un tableau, des couleurs, des couches, une g\u00e9om\u00e9trie. On dit paysages imaginaires. On dit paysage mental. Quelque chose alors de plus enchev\u00eatr\u00e9, grouillant, des architectures impossibles, les palais de m\u00e9moire tu vois, j&rsquo;ai toujours cru voir les tableaux bizarres, de&#8230; de qui d\u00e9j\u00e0 ? Tu sais, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-09-paysage-archetype\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#\u00e9t\u00e92023 #09 | Paysage \/ arch\u00e9type<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":403,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4878,4525],"tags":[],"class_list":["post-133608","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-09-stephen-king-lieu","category-ete-2023-du-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/133608","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/403"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=133608"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/133608\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=133608"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=133608"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=133608"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}