{"id":133924,"date":"2023-08-09T12:35:12","date_gmt":"2023-08-09T10:35:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=133924"},"modified":"2023-08-10T13:59:25","modified_gmt":"2023-08-10T11:59:25","slug":"ete-2023-06-bis-escapade-en-natalie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete-2023-06-bis-escapade-en-natalie\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e9 2023 #06 bis | En Nathalie les f\u00e9es coiff\u00e9es"},"content":{"rendered":"\n<p>Au bout de quinze minutes, le d\u00e9nivel\u00e9 de mille m\u00e8tres devient une torture. L. explique qu\u2019en son temps, les chasseurs alpins faisaient d\u2019abord des parcours d\u2019initiation, devaient monter sur 300 m\u00e8tres avec un chargement de quarante kilos sur le dos, les mecs tombaient comme des mouches, y tenaient pas l\u2019coup. Ici, les caillasses rendent les sentiers abrupts et casse-gueule, on n\u2019en peut plus. J. demande aux randonneurs qui descendent, combien de temps encore, si on n\u2019a pas fini\u2026 Les touristes l\u00e8vent les bras au ciel, mais vous n\u2019en \u00eates qu\u2019au tout d\u00e9but, il reste bien quatre heures de grimp\u00e9e, au moins douze kilom\u00e8tres si vous voulez apercevoir les corniches du M\u00e9jean, il fallait venir ce matin c\u2019\u00e9tait quand m\u00eame plus humain, mais maintenant sous le cagnard, va falloir assumer \u00e7a\u2026 Les gars lorgnent mon petit corps nerveux et \u00e9valuent mes capacit\u00e9s de r\u00e9sistance, est-ce que je tiendrai le coup&nbsp;? Je leur dis, \u00e7a va aller, je tiendrai. L. rigole \u00e0 demi, me toisant du coin de l\u2019\u0153il, j\u2019aurais d\u00fb manger davantage hier et ce matin, avec mes 50 kilos tout tass\u00e9s je risque de tourner de l\u2019\u0153il, les potes ne pourront pas me porter par-dessus les rochers tout l\u00e0-haut, je leur dis \u00e7a va aller. Et au fond, je pr\u00e9f\u00e8re \u00eatre ici que tout en bas sur la route, quand ils roulaient \u00ab&nbsp;comme des brutes&nbsp;\u00bb \u00e0 70 dans les virages sans visibilit\u00e9, encore un peu on aurait pu se prendre un cycliste en pleine face, le pauvre. Y. ne dit rien, il est comme moi il encaisse, et pour une fois qu\u2019il passe enfin des vacances avec des amis, il va pas se mettre \u00e0 la ramener. Les deux autres s\u2019implantent assez vite dans le champ social, n\u2019ont pas besoin de faire des efforts pour survivre. La carrure, le bagout, l\u2019argot ravageur, la sauce prend vite. Y et moi, nous sommes des malingres au souffle court, pr\u00e9f\u00e9rant nous taire et observer plut\u00f4t qu\u2019imposer placages et charge mentale. Tout en bas, je disais pourtant qu\u2019il \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9rable de prendre les virages \u00e0 quarante, parce qu\u2019on sait jamais, avec les randonneurs qui prennent des portions de route, ou des familles qui se sont arr\u00eat\u00e9es sur le bas-c\u00f4t\u00e9 pour prendre des photos. La prudence, \u00e7a paie pas de pain, hein. Les goguenards finissent par s\u2019\u00e9brouer d\u2019\u00e9nervement, puis rentrent dans un mutisme avant de suivre le conseil. Le d\u00e9but du parcours est atrocement dur, et je ne sais si \u2013 non pas les muscles des jambes \u2013 le c\u0153ur va tenir. Le souffle force entre les bronches, la sueur d\u00e9gouline le long des jambes, et soudain, entre deux abris en pierres blanches, je sens comme une barre violente sur le c\u00f4t\u00e9 gauche du visage. Une naus\u00e9e s\u2019infiltre en dedans, et le tempo du c\u0153ur peut-\u00eatre n\u2019est plus la cause. J. explique devant moi que sa montre indique 140 battements par minute, c\u2019est bon, c\u2019est tr\u00e8s bon, il marmonne. Il parle beaucoup moins fort. Et une forme de diarrh\u00e9e commence \u00e0 chavirer mon ventre. Je suis une citadine, je n\u2019ai pas l\u2019habitude, cette altitude \u00e7a te tue les perceptions. L. vient de d\u00e9raper derri\u00e8re moi. \u00c7a va&nbsp;? En me retournant, je fixe les feuillages et constate que ma vue est devenue floue. C\u2019est \u00e9trange, le malaise s\u2019est empar\u00e9 des coudes, des \u00e9paules, des chevilles, je m\u2019aper\u00e7ois que je tremble l\u00e9g\u00e8rement, et la moindre pierre qu\u2019il faut escalader devient un totem g\u00e9ant pour les genoux. La naus\u00e9e fait battre la gorge, je n\u2019entends plus la conversation de ceux que nous croisons et nous envoient un sympathique bonjour. Nos bouches r\u00e9pondent m\u00e9caniquement, de loin en loin les grillons s\u2019att\u00e9nuent, nos corps sont assi\u00e9g\u00e9s par la fatigue, ou bien au-del\u00e0, une forme nouvelle d\u2019\u00e9puisement. Cela fait bient\u00f4t trois heures que nous avan\u00e7ons \u00e0 ce rythme, les pierres auxquelles nous nous agrippons ont servi aux bergers des altitudes, aux ruisseaux, aux serpents. Nos \u00e9paules tombent \u00e0 pr\u00e9sent jusqu\u2019\u00e0 la poitrine, les pieds se posent mal, L. a pos\u00e9 le mauvais pas, la feuille qu\u2019il croyait stable s\u2019est pli\u00e9e soudainement et la jambe a pass\u00e9 \u00e0 travers, dans un trou. Le genou est ab\u00eem\u00e9. Mon souffle marque l\u2019\u00e9puisement, il faut que nous nous arr\u00eations, de l\u2019eau, des goul\u00e9es assez courtes, deux prunes chacun, il faut du sucre, vraiment, tu ne manges pas assez. Ce n\u2019est pourtant pas moi qui les retarde. Y. nous demande de regarder les rochers nivel\u00e9s comme des poires g\u00e9antes en suspens dans le vide. Le calcaire s\u2019est laiss\u00e9 sculpter dans les oc\u00e9ans il y a des millions d\u2019ann\u00e9es, ou probablement des milliards, nous grimpons au fond d\u2019un oc\u00e9an, d\u2019ailleurs le sable est doux, fin, un peu noir\u00e2tre, comme on en trouve dans les for\u00eats de Seine-et-Marne. Au bout d\u2019un sentier, nous arrivons en haut d\u2019une corniche, le pr\u00e9cipice est si fort qu\u2019il retourne le ventre, la rupture de la falaise est \u00e0 pic, tombe d\u2019un coup tout jusqu\u2019\u00e0 la route en contrebas, d\u2019une traite, je n\u2019arrive pas \u00e0 me d\u00e9barrasser de la barre sur la tempe gauche. Un l\u00e9ger froid rentre dans les avant-bras. Les genoux ne plient plus, le corps se raidit et bouge en canard maladroitement sur les pierres. Un \u00e9norme rapace, puis deux, puis quatre, se d\u00e9placent entre nous, leur bec tranche de son jaune vif. Ils forment des Icare impassibles entre nous, \u00e7a et l\u00e0 dans le grand vide intersid\u00e9ral. Ils sont vastes et calmes, ce sont probablement des vautours, l\u2019un d\u2019entre eux ne nous quitte plus. A force de c\u00f4toyer des randonneurs, il est devenu placide et gai, on dirait m\u00eame qu\u2019il s\u2019est domestiqu\u00e9. Il attire le sourire, le salut de la main. En grimpant plus haut, au bout peut-\u00eatre du d\u00e9nivel\u00e9 du mille m\u00e8tres, le sentier d\u00e9bouche sur une route caillouteuse. Une femmes est couch\u00e9e de travers, les bras en croix, les jambes pli\u00e9es de travers, un homme encercle ses mains, pieds et genoux de petites pierres. Nous sommes perplexes, \u00e0 bout de souffle, parvenons \u00e0 peine \u00e0 articuler un \u00e7a va provisoire et maigrelet. En r\u00e9alit\u00e9, ce sont deux policiers qui, pour les besoins de leur enqu\u00eate, \u00ab&nbsp;reconstituent une sc\u00e8ne&nbsp;\u00bb. Oui, mais vous par contre\u2026&nbsp;?&nbsp;me dit la fille au sol. Le gars nous montre les bouteilles d\u2019eau derri\u00e8re lui. Non, non. Mais j\u2019ai honte du ravage de la fatigue sur mon visage, elle se voit si bien que \u00e7a. A l\u2019embranchement d\u2019un \u00e9norme sentier qui cr\u00e8ve la for\u00eat en deux directions oppos\u00e9es, L. et J. nous disputent, nous n\u2019avons pas fait toute cette mont\u00e9e \u00ab&nbsp;pour rien&nbsp;\u00bb, si c\u2019est pour prendre une route banale qui am\u00e9nagent une descente sur 4 km c\u2019\u00e9tait pas la peine de venir, L. indique qu\u2019il faudrait prendre le long sentier de 6 kilom\u00e8tres pour croiser les stalagmites prodigieuses. Je rebrousse chemin, \u00e9tourdie de naus\u00e9e, ne plus entendre leurs voix \u00e9nerv\u00e9es, prendre les devants, foncer loin devant, sur le fameux sentier de six kilom\u00e8tres. Les policiers nous interpellent en criant qu\u2019il y a une buvette tout l\u00e0-haut. Je n\u2019interroge plus mon visage, ni les arbres, les aigles, les pr\u00e9cipices, ni les rochers qu\u2019il faut arpenter \u00e0 genou, sur les fesses, en s\u2019agrippant aux branches. Je franchis le Rubicon, je brandis mes forces au plus fort des jambes, je regarde le sol, je marche d\u2019un rythme \u00e9gal. Encore 350 m\u00e8tres. La buvette de Cassagnes, une bo\u00eete aux lettres tagu\u00e9e \u00ab&nbsp;Berlin&nbsp;\u00bb. Je contourne tout le chemin et arrive sur la terrasse avec les matelas au sol, les tentes, les arbres, les bancs, le refuge de pierres. Tout au fond, je crois reconna\u00eetre Nathalie Holt avec deux amies \u00e0 elle. Je reste fig\u00e9e. Mes mains se mettent \u00e0 trembler, les yeux s\u2019embuent. L\u2019\u00e9crivaine, son sourire, sa voix rocaille, sa malice, le carr\u00e9 de ses cheveux, je d\u00e9taille tout. Mais je m\u2019appuie sur la m\u00e9moire qui tombe de fatigue. Vais-je me diriger vers elle, faire le vol de l\u2019aigle, me poser sur sa table, pr\u00e8s de son verre de jus. Vais-je trouver la force de l\u2019accoster, lui dire que j\u2019ai ador\u00e9 son recueil \u00ab&nbsp;Ils tombaient&nbsp;\u00bb. Vais-je lui dire que c\u2019est inou\u00ef qu\u2019on se rencontre ainsi, \u00e0 cette altitude, apr\u00e8s avoir tant souffert. Le vertige rentre dans le ventre, les mains tremblent et les articulations des chevilles ne sont pas fi\u00e8res, le mont des genoux rentre dans l\u2019estomac, la salive plie sous la langue, se liqu\u00e9fie en eau ti\u00e8de, je dois me retourner, tout tourne, et les arbres avec, si honte de ce ravage de fatigue. Pourtant je ne parviens pas \u00e0 bouger, reste fix\u00e9e dans sa direction. Et son regard croise le mien. D\u00e9clenche un point de bascule, je bifurque d\u2019un trait sur la droite et fait tout le tour du refuge, une panique dans le flux de sang jusqu\u2019au coeur. Derri\u00e8re la maison de pierres et sa terrasse, une margelle de puits avec ses larges ardoises au sol. Forment comme un oc\u00e9an de bleu autour d\u2019une \u00eele de pierres. Je m\u2019assieds et d\u2019un coup, sans pr\u00e9venir, laisse tomber ma t\u00eate entre les bras, ferme les yeux, domicilie le souffle, et lentement, calmement m\u2019endors en vol plan\u00e9. Bien plus tard, des souffles rauques m\u2019entourent, les gar\u00e7ons me regardent tr\u00e8s \u00e9nerv\u00e9s. Mais qu\u2019est-ce que tu fous. Putain on t\u2019a envoy\u00e9 plein de messages, on croyait que t\u2019\u00e9tais redescendue, plus jamais on fait de randos avec toi. J\u2019indique que les enqu\u00eateurs nous avaient incit\u00e9s \u00e0 nous rendre \u00e0 la buvette\u2026 mais ne parviens plus \u00e0 parler. Les mots sont stock\u00e9s dans l\u2019estomac. Tandis que les gars marmonnent qu\u2019il faudrait bien s\u2019asseoir un peu, les trois filles, ma Nathalie, arrivent sur le sentier. Elles marchent ensemble, d\u2019un pas \u00e9gal, un calme azur\u00e9en, s\u2019arr\u00eatent et me d\u00e9visagent, puis se tournent vers un arbre fruitier qui p\u00e8se de tout son poids d\u2019arbre fruitier. Sans trembler, elles se sont pli\u00e9es jusqu\u2019au sol, ont puis\u00e9 par terre des tas de fruits verts, et comme les gar\u00e7ons bougonnent et fuient vers la route, elles croquent \u00e0 pleine bouche dans les fruits. Leur r\u00e9gal est tellement beau, d\u2019une telle \u00e9vidente beaut\u00e9, qu\u2019\u00e0 ce moment je me dis que les gens qui aiment manger sont bien plus intelligents que les autres, leurs yeux brillent d\u2019intellection, pleins de saveur, de jus sucr\u00e9s, d\u2019odeurs profondes et molles, je les traverse en pens\u00e9e, je tombe dans la bouche de Nathalie qui me suit du regard et ne me conna\u00eet pas, alors je laisse fuser hors de moi&nbsp;: ce sont des figues&nbsp;? Un gar\u00e7on revient sur le sentier, hors de lui&nbsp;: bon alors, tu viens&nbsp;? t\u2019arrives plus \u00e0 te lever&nbsp;? Alors Nathalie, directe, dans un vol plan\u00e9 du corps et du visage, envoie sa griffe bien r\u00e9partie dans les airs&nbsp;: Eh bien vous, si vous \u00eates curieux, vous devriez en croquer&nbsp;! L. ne bouge plus, perplexe, ne s\u2019attendant pas \u00e0 ce trait. Nathalie me tend la main, une petite gousse au vert tendre au fond de la paume. Ses deux amies surgies du feuillage \u00e9claboussent le ciel de leur bonhommie, fi\u00e8res comme d\u00e9esses, m\u2019expliquent que ce sont de petites poires du terroir, qui font d\u2019excellentes liqueurs, avec ce go\u00fbt si affirm\u00e9 et secret. Des poires de montagnes, souples et fermes dans la bouche. Je saisis les fruits qu\u2019elles piochent dans les herbes et les bras charg\u00e9s d\u2019un fruit nouveau, m\u2019en remets joyeusement aux sentiers, aux pertes d\u2019\u00e9quilibre, aux donn\u00e9es sensibles des barom\u00e8tres et des montres, aux centaines de battements de c\u0153ur, aux naus\u00e9es dans les entrailles, au flou dans les yeux, aux danses des pierres, tant qu\u2019il me suit au fond des poches et des ravins, ce regard natalien preneur d\u2019otages dans les corniches et les buvettes aux pierres tagu\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au bout de quinze minutes, le d\u00e9nivel\u00e9 de mille m\u00e8tres devient une torture. 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