{"id":134310,"date":"2023-08-15T16:07:43","date_gmt":"2023-08-15T14:07:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=134310"},"modified":"2023-08-15T16:07:45","modified_gmt":"2023-08-15T14:07:45","slug":"4bis-ou-le-retard-aurait-pu-trouver-son-explication","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/4bis-ou-le-retard-aurait-pu-trouver-son-explication\/","title":{"rendered":"#4bis o\u00f9 le retard aurait pu trouver son explication"},"content":{"rendered":"\n<p>4bis<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" type=\"1\">\n<li>Dans la nuit de samedi \u00e0 dimanche David m\u2019a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9. \u00c9videmment il avait oubli\u00e9 le d\u00e9calage horaire et la sonnerie avait d\u00fb retentir plusieurs fois avant que je me r\u00e9veille. Ellen grognait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, l\u2019oreiller sur la t\u00eate. J\u2019ai gliss\u00e9 hors du lit et suis sorti dans le couloir dans l\u2019obscurit\u00e9. \u00c7a faisait des mois qu\u2019il n\u2019avait pas donn\u00e9 de nouvelles. Du moins de vive-voix. On avait lu ses petits reportages sur son blog, ses tentatives d\u2019\u00e9criture. Il semblait de plus en plus seul mais paradoxalement il se fondait de plus en plus dans la ville. Parfois on s\u2019inqui\u00e9tait pour lui, mais on se disait aussi qu\u2019il vivait une exp\u00e9rience unique. Apr\u00e8s son appel je n\u2019ai pas pu me rendormir, une fois de plus, il venait de contredire tout ce qu\u2019on avait cru. Je suis all\u00e9 fumer sur le balcon, la nuit \u00e9tait froide, je ressassais ce que je venais d\u2019entendre. Tout s\u2019emm\u00ealait. Je regardai la lueur rouge du m\u00e9got glisser le long de la fa\u00e7ade et dispara\u00eetre un fois au sol. Je rentrai.<\/li>\n\n\n\n<li>La porte-fen\u00eatre \u00e9tait entrouverte. Colin avait bien suivi ma consigne. Je traversai le jardin pieds nus, les chaussures \u00e0 la main. Tous les volets \u00e9taient ferm\u00e9s, aucune lueur ne filtrait mais d\u00e9j\u00e0 l\u2019aube \u00e9claircissait la fa\u00e7ade. Dans quelques heures on ne verrait plus la trace de mes pas dans la ros\u00e9e. Je ne voulais plus rejoindre la bande depuis ce qui \u00e9tait arriv\u00e9 mais sur le coup de 10 heures du soir, ce fut plus fort que moi, j\u2019ai laiss\u00e9 le signal convenu pour Colin et je me suis \u00e9chapp\u00e9e de la maison avant que les parents ne rentrent du cin\u00e9ma. C\u2019est comme \u00e7a que tout a chang\u00e9 pour moi, d\u00e8s ce soir-l\u00e0. C\u2019est du moins ce que je me suis dit r\u00e9trospectivement<\/li>\n\n\n\n<li>La circulation sur l\u2019autoroute \u00e9tait plus clairsem\u00e9e. N\u2019apparaissaient plus de temps \u00e0 autre que des convois de trois ou quatre semi-remorques bravant l\u2019interdiction de rouler le weekend. J\u2019avais contourn\u00e9 Paris en d\u00e9but de nuit et pass\u00e9 la fronti\u00e8re, l\u2019absence de fronti\u00e8re, entre la France et la Belgique quelques heures apr\u00e8s&#8230;Maintenant je voyais d\u00e9filer les lumi\u00e8res qui bordaient les voies, mes pens\u00e9es flottaient sans souci du point d\u2019arriv\u00e9e. Est-ce que j\u2019en avais un d\u2019ailleurs&nbsp;? Bruxelles, Anvers, pourquoi pas Hambourg, le Danemark, et plus loin encore vers le Nord&nbsp;? Le vertige du ruban noir qui disparaissait sous les roues m\u2019avait une fois de plus envahi. Personne ne pouvait imaginer o\u00f9 je me trouvais. Je glissais dans un espace sans contours ni limites, seul dans l\u2019obscurit\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>L\u2019agenda est ouvert sur la table, comme tous les soirs. Quelques mots sur les actions, les rencontres de la journ\u00e9e, une initiale. \u00c0 gauche lundi, mardi, mercredi jeudi, \u00e0 droite vendredi, samedi, dimanche plus un espace vide. Le huiti\u00e8me jour, ou bien les heures intercalaires&nbsp;?&nbsp;&nbsp;Ce qu\u2019il faudrait, c\u2019est ins\u00e9rer, au revers peut \u00eatre, sept nuits. Il leur faudrait des noms. La nuit de samedi \u00e0 dimanche, par exemple. Somnie. Et puis dormedi, etc.<\/li>\n\n\n\n<li>Le samedi soir, il ne mettait pas le r\u00e9veil. Aucune sonnerie ne le tirerait de son sommeil. Il s\u2019\u00e9tirait sous le drap, creusait l\u2019oreiller de la t\u00eate pour en v\u00e9rifier la douceur et fermait les yeux. Le chat venait se blottir et bient\u00f4t les ronronnements de l\u2019animal et le souffle de sa respiration s\u2019accordaient. Les pr\u00e9misses d\u2019un carillon, d\u2019abord quelques coups l\u00e9gers, puis quelques notes plus insistantes, puis enfin la pleine vol\u00e9e des cloches. La nuit avait disparue, c\u2019\u00e9tait dimanche.&nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li>Maintenant il se souvenait. C\u2019\u00e9tait il y a tr\u00e8s longtemps, au temps de l\u2019enfance, au cours des vacances d\u2019\u00e9t\u00e9. Les fen\u00eatres \u00e9taient ouvertes, on entendait le ressac et le faisceau du phare rayait les murs \u00e0 intervalles r\u00e9guliers. Il s\u2019\u00e9tait r\u00e9veill\u00e9 d\u2019un coup. Comme alert\u00e9 au milieu d\u2019un r\u00eave. Des voix montaient de la terrasse. Des mots prof\u00e9r\u00e9s entre des plages de silence \u00e9pais. Un nom avait \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9. Il avait eu peur d\u2019en entendre un autre, sans savoir pourquoi. Il s\u2019\u00e9tait bouch\u00e9 les oreilles et \u00e9tait rest\u00e9 l\u00e0, sans pouvoir se rendormir, comptant les secondes entre les signaux lumineux.<\/li>\n\n\n\n<li>Comment la nuit du samedi au dimanche de la deuxi\u00e8me semaine d\u2019ao\u00fbt n\u2019eut jamais lieu et des r\u00e9percussions inattendues sur le cours des \u00e9v\u00e9nements. Chapitre 1. Du cycle al\u00e9atoire des calendriers.\u00a0<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>4bis<\/p>\n","protected":false},"author":52,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-134310","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134310","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/52"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=134310"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134310\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=134310"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=134310"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=134310"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}