{"id":134369,"date":"2023-08-16T15:49:50","date_gmt":"2023-08-16T13:49:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=134369"},"modified":"2023-08-23T12:06:13","modified_gmt":"2023-08-23T10:06:13","slug":"veronique-muller-ete-2023","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/veronique-muller-ete-2023\/","title":{"rendered":"v\u00e9ronique m\u00fcller #\u00e9t\u00e9 2023"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-query is-layout-flow wp-block-query-is-layout-flow\"><ul class=\"wp-block-post-template is-layout-flow wp-block-post-template-is-layout-flow\"><li class=\"wp-block-post post-132438 post type-post status-publish format-standard hentry category-00-prologue category-ete-2023-du-roman category-atelier tag-fiction tag-la-colle-du-reel tag-matieres-doubli tag-nom tag-oubli\">\n<h3 class=\"wp-block-post-title\"><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete2023-00-le-livre-oublie\/\" target=\"_self\" >#\u00e9t\u00e92023 #00 \u00a0| le livre oubli\u00e9<\/a><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-gray-background-color has-background is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-ad2f72ca wp-block-group-is-layout-flex\"><div class=\"wp-block-post-date\"><time datetime=\"2023-07-29T18:58:58+02:00\">29 juillet 2023<\/time><\/div>\n\n\n<p> \/ <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-post-date__modified-date wp-block-post-date\"><time datetime=\"2026-01-13T04:40:18+01:00\">13 janvier 2026<\/time><\/div><\/div>\n\n\n<div class=\"entry-content wp-block-post-content is-layout-flow wp-block-post-content-is-layout-flow\">\n<p>j\u2019essaie de me souvenir d\u2019un livre auquel je tiens beaucoup, et rien ne vient, rien ne revient, et cela me stup\u00e9fie. je ne me souviens ni du titre ni du nom de l\u2019auteur, de l\u2019autrice. du visage, je me souviens, <em>de son tr\u00e8s beau visage, ses cheveux noirs, lisses, tir\u00e9s en arri\u00e8re, sa bouche qui malgr\u00e9 le noir et blanc de la couverture paraissait fard\u00e9e.<\/em> je n\u2019ose rien dire de plus de ce visage. je n\u2019ose rien dire de plus, un petit quelque chose qui me retient, de ce visage dont je m\u2019\u00e9tais \u00e9tonn\u00e9e, \u00e0 le d\u00e9couvrir, qu\u2019il ne ressembl\u00e2t pas davantage au mien. c\u2019est dire. que nous f\u00fbmes m\u00eame, l\u2019une et l\u2019autre, d\u2019un \u00ab type \u00bb oppos\u00e9. c\u2019est la chose difficile \u00e0 dire. l\u2019une blonde, l\u2019autre brune. c\u2019\u00e9tait le deuxi\u00e8me livre que je lisais d\u2019elle. mais quel avait \u00e9t\u00e9 le premier. le souvenir est encore plus d\u00e9grad\u00e9, voire absent, totalement. #blonde #brune<\/p>\n\n\n\n<p>c\u2019est l\u2019\u00e9t\u00e9, dr\u00f4le d\u2019\u00e9t\u00e9. il a fait chaud, il a fait froid, je n\u2019ai pas cess\u00e9, d\u2019aller et de venir, de l\u00e0 \u00e0 l\u00e0, \u00e0 encore l\u00e0. ne pas penser \u00e0 \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>l\u00e0, je me concentre. assise au bord de la piscine, je me concentre. que je ne me souvienne ni du titre ni de l\u2019auteur indique qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une lecture r\u00e9cente. parce qu\u2019au d\u00e9but de ma vie de lectrice, je retenais les noms. \u00e0 mes premi\u00e8res lectures se sont toujours attach\u00e9es et de fa\u00e7on solide les noms et titres de ce que je lisais. leurs noms d\u2019ailleurs \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de tous les autres noms. mes balises. cette facult\u00e9 s\u2019est perdue. et je perds aujourd\u2019hui les noms d\u2019auteur au m\u00eame titre que tous les autres noms. <\/p>\n\n\n\n<p>d\u00e9couverte pendant des vacances, je crois. l\u2019autrice. \u00e0 cette \u00e9poque de l\u2019ann\u00e9e. sur ce m\u00eame si\u00e8ge. au bord de cette m\u00eame piscine. c\u2019\u00e9tait il y a deux ans.<\/p>\n\n\n\n<p>au d\u00e9part, il n\u2019y avait que les noms propres qui faisaient trou. en dehors des noms d\u2019auteurs.trices. aujourd\u2019hui, \u00e7a s\u2019est \u00e9tendu \u00e0 tous. il n\u2019y a plus de distinction. l\u2019oubli des noms propres s\u2019est \u00e9tendu aux noms communs. subsistent quelques noms du pass\u00e9. ce n\u2019est pas l\u2019alzheimer. m\u00eame s\u2019il y a l\u2019alzheimer de la m\u00e8re. c\u2019est aussi la vieillesse. et puis encore autre chose, probablement.<\/p>\n\n\n\n<p>ce qui est curieux c\u2019est que l\u00e0, j\u2019ai presque l\u2019impression de faire l\u2019effort de <em>ne pas<\/em> me souvenir de ce livre, de ce titre, de cet auteur. de cette autrice.<\/p>\n\n\n\n<p>je le ferais pour m\u2019attarder \u00e0 cette mati\u00e8re de l\u2019oubli. \u00e0 la mati\u00e8re-m\u00eame de l\u2019oubli.<\/p>\n\n\n\n<p>il \u00e9tait \u00e9pais, le livre.<\/p>\n\n\n\n<p>dans les premi\u00e8res pages, souvent il avait fallu que je reprenne ma lecture, que je lise et relise des passages entiers. je ne comprenais pas ce que je lisais. je ne comprenais pas pourquoi j\u2019insistais. il y avait quelque chose d\u2019extraordinaire. d\u00e8s les premi\u00e8res pages.<\/p>\n\n\n\n<p>je crois qu\u2019elle est \u00e9pouse de diplomate. l\u2019autrice. il est possible que le personnage aussi, l\u2019\u00e9tait. le personnage principal.<\/p>\n\n\n\n<p>cela commencerait dans une cuisine. puis, il y la travers\u00e9e longue d\u2019un appartement et l\u2019arriv\u00e9e dans une pi\u00e8ce, une chambre, qui n\u2019est pas celle de la narratrice, tout \u00e0 l\u2019\u00e9cart. et claire, tr\u00e8s claire. cette clart\u00e9 \u2014 l\u2019\u00e9clat du soleil, la blancheur d\u2019un mur \u2014 est longuement d\u00e9crite. aveuglante. il y a un lit. o\u00f9 s\u2019assoira la narratrice. il y aura quelque chose au pied du lit. enfin, voil\u00e0, je me souviens, cette pi\u00e8ce avait \u00e9t\u00e9 habit\u00e9e par une personne ayant travaill\u00e9 pour la narratrice, petit personnel de maison, et qui \u00e9tait partie, ou qui avait \u00e9t\u00e9 chass\u00e9e, dans des circonstances sombres, d\u00e9crites sommairement. avec quelque chose d\u2019\u00e9nonc\u00e9 sur une r\u00e9alit\u00e9 sociale dure, implacable. une jeune femme chass\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>la pi\u00e8ce est petite, comme un poing au bout d\u2019un bras, un point d\u2019aboutissement, comme suspendue au-dessus de la ville, de l\u2019histoire, un point d\u2019exil aussi, de r\u00e9clusion, qui fut celle de la personne qui avait v\u00e9cu l\u00e0, d\u2019oubli. et il y a une fa\u00e7on de pr\u00e9sence de la ville en contrebas. d\u2019une ville qui aurait \u00e9t\u00e9 grouillante.<\/p>\n\n\n\n<p>comme j\u2019aime ce souvenir, comme j\u2019aime cette sensation.<\/p>\n\n\n\n<p>il ne faut rien croire de ce que je dis.<\/p>\n\n\n\n<p>tout le livre je pense se passera l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>et je ne sais plus ce qu\u2019il se passe dans le livre.<\/p>\n\n\n\n<p>et je ne sais plus s\u2019il faut que je mette les virgules o\u00f9 il faut. ou si je peux me permettre de ne pas finir mes phrases.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 la fin, il y a une culpabilit\u00e9 qui se r\u00e9v\u00e8le, tr\u00e8s forte. celle d\u2019un meurtre ? une culpabilit\u00e9 monstrueuse. et le meurtre\u2026 mon dieu. il est question d\u2019un enfant.&nbsp; je n\u2019en dirai rien de plus. #culpabilit\u00e9 #meurtre<\/p>\n\n\n\n<p>c\u2019est une \u00e9criture qui ne ressemble \u00e0 aucune autre. absolument particuli\u00e8re. qui se lit tr\u00e8s agr\u00e9ablement \u00e0 haute voix. enfin, agr\u00e9able n\u2019est pas le terme. c\u2019est d\u2019une v\u00e9ritable exp\u00e9rience qu\u2019il s\u2019agit. j\u2019en avais enregistr\u00e9 un extrait, que j\u2019avais publi\u00e9 sur instagram, je le disais filmant le jardin autour de moi. ce jardin o\u00f9 je suis maintenant. le texte lu parlait de son rapport \u00e0 la voix, de ce que son \u00e9criture appartienne \u00e0 la voix.<\/p>\n\n\n\n<p>je me souviens que j\u2019ai r\u00eav\u00e9 le monter, ce texte, le jouer.<\/p>\n\n\n\n<p>j\u2019ai lu ensuite de nombreux livres d\u2019elle.<\/p>\n\n\n\n<p>je me suis r\u00e9cemment rendu compte qu\u2019il m\u2019\u00e9tait devenu tr\u00e8s difficile de croire \u00e0 la fiction. comme si tout devenait r\u00e9el. comme si l\u2019\u00e9cart entre la fiction et le r\u00e9el ne cessait de s\u2019amenuiser. ainsi, il y a peu \u2014 par exemple \u2014, je lisais un livre de X ( = autre nom oubli\u00e9), et je me suis dit, tiens, X, elle a \u00e9t\u00e9 sc\u00e9nariste, je ne le savais pas, et elle a v\u00e9cu \u00e0 Los Angeles, je ne le savais pas. et\u00a0: tiens, elle est partie au Congo ? est-ce qu\u2019elle ne serait pas belge par hasard\u00a0? comme moi, alors. apr\u00e8s v\u00e9rification\u00a0: eh bien non, X n\u2019\u00e9tait pas sc\u00e9nariste, mais non, ne l\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 et n\u2019avait pas v\u00e9cu \u00e0 LA, jamais. elle est juste tout \u00e0 fait capable de l\u2019inventer. je n\u2019invente rien. <\/p>\n\n\n\n<p>pour ce qui me concerne, cela fait quelques temps que j\u2019ai remarqu\u00e9 que je suis de plus en plus amen\u00e9e \u00e0 coller au r\u00e9el, \u00e0 coller \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de ce qui m\u2019arrive au moment o\u00f9 cela m\u2019arrive, cela s\u2019appellerait le pr\u00e9sent, ce serait comme ma mati\u00e8re \u2014 couch\u00e9e sur la roue du temps, je cherche \u00e0 produire les mots d\u2019une histoire qui ne cesse de se d\u00e9rober, qui ne cesse de me d\u00e9rober, et donc \u00e0 voir s\u2019\u00e9loigner de moi la possibilit\u00e9 de la fiction. comme s\u2019il me fallait constamment tisser autour de moi le grillage o\u00f9 je m\u2019enroule, et que je ne puisse utiliser que les mots \u00e0 port\u00e9e, \u00e0 ma port\u00e9e directe. <\/p>\n\n\n\n<p>au cin\u00e9ma, c\u2019est pareil. je ne peux plus voir un film violent : sur ma chaise, c\u2019est moi qui encaisse tous les coups, qui g\u00e9mis, qui me projette sur les c\u00f4t\u00e9s tentant d\u2019y \u00e9chapper.<\/p>\n\n\n\n<p>il reste certainement un lieu de fiction. je crois d\u2019ailleurs absolument \u00e0 sa n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>(on pourrait dire : la fiction au lieu que le vide, une fiction, n\u2019importe laquelle, plut\u00f4t que le vide. mais ce serait peut-\u00eatre trop facile. on pourrait dire : la fiction plut\u00f4t que le r\u00e9el. parce que le r\u00e9el serait ennuyeux. l\u2019ennui du r\u00e9el. je ne sais pas si c\u2019est mieux dit. est-ce que l\u2019on aime le r\u00e9el. je suis li\u00e9e aux sensations, et je tiens \u00e0 ce qui me lie. est-ce que les sensations sont r\u00e9elles\u00a0? on tient aux mots qui d\u00e9crivent le r\u00e9el. la sangsue fiction suffisante. c\u2019est ce qui est aim\u00e9. est-ce ce qui est aim\u00e9 ? mon univers de mots ne tient pas. l\u2019univers des mots qui m\u2019entoure(nt) ne me tient pas. il ne tient que par la colle du r\u00e9el, de la sensation r\u00e9elle. de la pr\u00e9sence. est-ce que cette chose qui a lieu l\u00e0, \u00e7a me fait quelque chose, comment est-ce que \u00e7a r\u00e9sonne en moi. suis-je marqu\u00e9e, de quelle fa\u00e7on\u00a0? sinon, les mondes se d\u00e9litent. les mondes symboliques se d\u00e9litent. c\u2019est la (forte) limite de mon intelligence. je dois tout le temps recr\u00e9er du lien. de la sensation, du corps, au monde.) <\/p>\n\n\n\n<p>je ne dis pas que je ne serais pas tent\u00e9e de trouver le moyen d\u2019aller un peu sans les mains, regarde maman, sans les mains, de me d\u00e9tendre, et de m\u2019embarquer dans autre chose, sans le soutien de la r\u00e9alit\u00e9 directe. je ne dis pas que je ne cherche pas un moyen. je cherche.<\/p>\n\n\n\n<p>l\u00e0, dans ce livre-l\u00e0 cependant, la fiction \u00e9tait tangible. on avait affaire \u00e0 quelque chose de l\u2019ordre de la m\u00e9tamorphose de kafka. il y a peut-\u00eatre un insecte. seigneur ! il y a un insecte ! et \u00e7a met un tr\u00e8s long livre pour aller chercher d\u00e9terrer ce qui est probablement un souvenir autobiographique. ce souvenir \u00e9tant v\u00e9cu du point de vue de ce qui n\u2019est pas su, de l\u2019inconscient, de l\u2019horreur de ce qui se raconte par en dessous pour parer \u00e0 l\u2019insoutenable. <\/p>\n\n\n\n<p>du r\u00e9el de cette horreur. qui revient \u00e0 la surface. dont l\u2019\u00e9mergence fait \u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n\n\n\n<p>le r\u00e9el de l\u2019inconscient est hors temps. le r\u00e9el de l\u2019inconscient est a-g\u00e9ographique. de l\u00e0 vient que je me raccroche \u00e0 ses fictions. elles trouvent leur encre encore en ma chair.<\/p>\n\n\n\n<p>s\u2019est-elle suicid\u00e9e, l\u2019autrice? je ne dirais pas que ce serait une raison de plus de l\u2019aimer. il y a un moment dans le livre o\u00f9 elle parle de sa folie. bien s\u00fbr que c\u2019est tr\u00e8s important. \u00e7a. tr\u00e8s important pour moi. je crois, oui, qu\u2019elle trouve le moyen d\u2019en parler. de dire des choses inou\u00efes sur la folie, sur ce qui s\u2019apparenterait \u00e0 la folie. <\/p>\n\n\n\n<p>je crois que je me disais : parle-t-elle de la folie, l\u00e0. elle est vraiment occup\u00e9e \u00e0 parler de la folie, l\u00e0. c\u2019est ce dont elle parle. que ce soit de folie qu\u2019elle parlait ou pas, peu importe, ce dont elle parlait \u00e9tait profond\u00e9ment juste, m\u00e9ritait absolument d\u2019\u00eatre dit, redit encore, continu\u00e9 \u00e0 dire.<\/p>\n\n\n\n<p>je ne suis pas s\u00fbre finalement de vouloir me souvenir de son nom. et je ne sais pas pourquoi. comme si. la perte d\u2019elle, son oubli \u00e9tait aussi, plus justement encore, l\u2019amour d\u2019elle. <\/p>\n\n\n\n<p>il faut faire un effort contre \u00e7a, r\u00e9sister.<\/p>\n\n\n\n<p>r\u00e9sister \u00e0 faire exister par le silence ce qui \u00e9chappe aux mots.<\/p>\n\n\n\n<p>je me souviens de son pays d\u2019origine. am\u00e9rique du sud.<\/p>\n\n\n\n<p>j\u2019ai aim\u00e9 passionn\u00e9ment ce livre, et comme tous les livres que j\u2019aime passionn\u00e9ment, je l\u2019ai lu dans la tristesse d\u00e9j\u00e0, le d\u00e9sespoir de l\u2019in\u00e9luctable de sa perte, \u00e0 l\u2019id\u00e9e que je le terminerais, que je sortirais du livre. et je me promettais, comme \u00e0 chaque fois, de le relire. ce que je n\u2019ai pas fait, bien s\u00fbr, puisque je suis pass\u00e9e \u00e0 d\u2019autres livres d\u2019elle.&nbsp; ce que j\u2019ai fait pourtant, pour partie.<\/p>\n\n\n\n<p>gourmande, boulimique. <\/p>\n\n\n\n<p>j\u2019ai parl\u00e9 d\u2019elle, autour de moi. \u00e0 une amie com\u00e9dienne, j\u2019ai esp\u00e9r\u00e9, qu\u2019elle me dise, on le fait. et \u00e0 une autre amie qui aime suffisamment le th\u00e9\u00e2tre que pour vouloir m\u2019aider \u00e0 le monter. c\u2019est \u00e7a aussi l\u2019effet que me ferait un livre, il m\u2019am\u00e8nerait \u00e0. il donne du d\u00e9sir. il permettrait presque de recommencer \u00e0 y croire, \u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>son \u00e9criture, son invention, venait me chercher puissamment.<\/p>\n\n\n\n<p>l\u2019\u00e9t\u00e9 suivant, je lisais une grande quantit\u00e9 de livres de Duras, dont je m\u2019\u00e9tais rendue compte peu auparavant, lisant le livre de Yann Andrea, apr\u00e8s avoir vu le film, qu\u2019il y en avait un bon nombre que je n\u2019avais pas lus, joie, un bon nombre qu\u2019il restait \u00e0 lire. des romans, des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre. j\u2019ai cherch\u00e9 Yann aussi, \u00e0 qui je n\u2019avais \u00e9t\u00e9 pas loin de m\u2019identifier. qui r\u00e9v\u00e8le dans son interview par Mich\u00e8le Manceaux une face terrible de MD. ont suivi tout ce que je pouvais de YA et de biographies de Duras.<\/p>\n\n\n\n<p>j\u2019ai beau ne pas me souvenir, je continue d\u2019avoir envie de lire des livres que je n\u2019ai pas lus.<\/p>\n\n\n\n<p>je lis de moins en moins. et ces coups de c\u0153ur sont rares.<\/p>\n\n\n\n<p>est-ce que ma vie alors est vide.<\/p>\n\n\n\n<p>il y a quelque chose de vide.<\/p>\n\n\n\n<p>et quelque chose de toujours plein.<\/p>\n\n\n\n<p>je sais que lire, la lecture, l\u2019\u00e9criture, me permettent de me raccrocher, en noy\u00e9e parfois, \u00e0 la grande hache de l\u2019histoire. il n\u2019y a qu\u2019eux qui d\u00e9froissent le temps.<\/p>\n\n\n\n<p>je me souviens du nom de Yann Andrea parce qu\u2019il m\u2019a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par MD, que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 lire \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 ma m\u00e9moire ne m\u2019avait pas encore d\u00e9sert\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>et duras avait une fa\u00e7on bien \u00e0 elle de nommer, de pouvoir nommer ses personnages et de restituer le prix de cette nomination. le prix exceptionnel de ces bapt\u00eames. de ce qui se donne alors \u00e0 un corps, \u00e0 un \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>j\u2019avais d\u2019ailleurs appris que le nom, qu\u2019il adopta dans un soulagement infini, de Yann Andrea, lui avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par Duras.<\/p>\n\n\n\n<p>duras me l\u2019avait appris, \u00e7a, que pour certains, le don du nom, c\u2019\u00e9tait de l\u2019amour, et \u00e7a p\u00e9n\u00e8tre directement le corps, et \u00e7a vous ram\u00e8ne dans le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>je reviendrai lire ceci. et \u00e0 paris, je retrouverai le livre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"scholie has-light-gray-background-color has-background\"><strong>Donn<\/strong>. Ce texte aurait d\u00fb constituer le prologue. \u00ab\u00a0Ce qu&rsquo;on attend du roman\u00a0\u00bb.  Est-ce que \u00e7a sera \u00e0 tous les ateliers pareil : sans y penser, je triche. Il aurait fallu parler d&rsquo;un roman sous le nommer, sans en donner ni le titre, ni l&rsquo;auteur : j&rsquo;ai parl\u00e9 d&rsquo;un roman qui m&rsquo;est cher, mais dont j&rsquo;avais oubli\u00e9 aussi bien le titre que le nom de l&rsquo;auteur, ainsi qu&rsquo;il en est d&rsquo;ailleurs pour tous les livres que je lis. C&rsquo;est ce qui m&rsquo;a mise sur le track, la voie de l&rsquo;oubli. J&rsquo;esp\u00e8re que ce ne sera pas une dead end, au pire, une orni\u00e8re, au mieux. Mais j&rsquo;aime que cela m&rsquo;ait conduit \u00e0 ce qui est mon dada du moment, ma secr\u00e8te ambition. J&rsquo;y parle donc de l&rsquo;oubli des noms, des noms propres en particulier. J&rsquo;y parle de la fiction aussi. Et du point de vue de ce qui se passe par en dessous, souterrain. J&rsquo;y parle de ma fa\u00e7on d&rsquo;aimer les livres, de ce que Duras m&rsquo;a appris, sur le pouvoir de la simple articulation d&rsquo;un nom. Bien s\u00fbr, le texte est d\u00e9mesur\u00e9ment long.<\/p>\n<\/div>\n<\/li><\/ul>\n\n<nav class=\"wp-block-query-pagination has-text-color has-black-color has-background has-light-gray-background-color has-normal-font-size is-layout-flex wp-block-query-pagination-is-layout-flex\" aria-label=\"Pagination\">\n\n\n<div class=\"wp-block-query-pagination-numbers\"><span aria-current=\"page\" class=\"page-numbers current\">1<\/span>\n<a class=\"page-numbers\" href=\"?query-11-page=2\">2<\/a>\n<a class=\"page-numbers\" href=\"?query-11-page=3\">3<\/a>\n<span class=\"page-numbers dots\">\u2026<\/span>\n<a class=\"page-numbers\" href=\"?query-11-page=17\">17<\/a><\/div>\n\n<a href=\"\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134369?query-11-page=2\" class=\"wp-block-query-pagination-next\">Page suivante<span class='wp-block-query-pagination-next-arrow is-arrow-chevron' aria-hidden='true'>\u00bb<\/span><\/a>\n<\/nav>\n\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":541,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4525,1],"tags":[],"class_list":["post-134369","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2023-du-roman","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134369","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/541"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=134369"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134369\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=134369"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=134369"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=134369"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}