{"id":135707,"date":"2023-09-07T12:28:26","date_gmt":"2023-09-07T10:28:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=135707"},"modified":"2023-09-08T09:08:12","modified_gmt":"2023-09-08T07:08:12","slug":"2023-11-tu-me-poses-une-question-difficile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/2023-11-tu-me-poses-une-question-difficile\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #11 | tu me poses une question difficile (et les sentiments minuscules)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">Voil\u00e0, \u00e9crit avant-hier, laiss\u00e9 reposer une nuit, et publi\u00e9. Maintenant je m&#8217;emp\u00eache d&rsquo;y retourner. Je n&rsquo;aime pas ce ton. Il faut que je songe \u00e0 ajouter tout en dessous la mention \u00ab\u00a0non-envoy\u00e9\u00a0\u00bb. Je m&rsquo;\u00e9loigne de plus en plus de ce que j&rsquo;aurais pu imaginer faire, mais comme je n&rsquo;avais rien imagin\u00e9&#8230; J&rsquo;aurais pu r\u00eaver que me revienne la fiction, mais j&rsquo;ai apparemment plus besoin de me battre et d\u00e9battre avec les propositions de FB, que je fais \u00e7a. Je d\u00e9bats (\u00e0 moi toute seule). Je songe ici surtout \u00e0 ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 avec <em>le<\/em> corps, <em>l&rsquo;<\/em>auteur, <em>le<\/em> lieu, <em>le<\/em> temps (quoique pour le temps, c&rsquo;est moins clair) et bien s\u00fbr <em>les<\/em> personnages. Les choses en sont au point que <em>\u00e7a<\/em> r\u00e9fl\u00e9chit au moyen d&rsquo;int\u00e9grer ces r\u00e9flexions (les temp\u00eates de r\u00e9flexion) \u00e0 l&rsquo;ensemble du texte. Je songe \u00e0, de mon c\u00f4t\u00e9, faire une page o\u00f9 je publierai en parall\u00e8le, sur deux colonnes, les texte de l&rsquo;atelier et leur notes aff\u00e9rentes). <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-1 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"574\" data-id=\"135714\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/lifeisbarelylongenough-1024x574.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-135714\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/lifeisbarelylongenough-1024x574.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/lifeisbarelylongenough-420x235.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/lifeisbarelylongenough-768x430.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/lifeisbarelylongenough.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" data-id=\"135713\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/sobecarefulwhatyouget-good-at-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-135713\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/sobecarefulwhatyouget-good-at-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/sobecarefulwhatyouget-good-at-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/sobecarefulwhatyouget-good-at-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/sobecarefulwhatyouget-good-at.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p>Very dear D, tu t\u2019excuses mais tu ne devrais pas, tu prends bien s\u00fbr le temps qu\u2019il te pla\u00eet pour me r\u00e9pondre, tu le sais, j\u2019en serai toujours aussi honor\u00e9e et reconnaissante que tu t\u2019exposes ainsi \u00e0 recevoir de moi une fois de plus une trop longue lettre. Tu me poses une question difficile et je t\u2019en remercie. A vrai dire, il ne m\u2019est jamais arriv\u00e9 d\u2019en parler, m\u00eame \u00e0 des amis, surtout \u00e0 des amis.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant que d\u2019y venir, je voudrais te toucher un petit mot sur la honte.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai souvent \u00e9t\u00e9 taquin\u00e9e par l\u2019envie de trouver le moyen de r\u00e9pertorier certains sentiments minuscules qui vous visitent trop rapidement, que vous avez tout juste le temps de reconna\u00eetre et d\u2019oublier, des sentiments-fant\u00f4mes qui passent en coup de vent, qui se surmontent tr\u00e8s facilement, dont il est presque de leur nature de se laisser surmonter, et dont \u00e0 chaque fois je ressens pourtant un court instant le poids tout \u00e0 fait particulier de ce qui ne vient pas, de ce qui ne viendra jamais \u00e0 s\u2019\u00e9laborer, \u00e0 se dire, de ce qui ne se laissera pas arr\u00eater.<\/p>\n\n\n\n<p>Oh, je ne sais pas pourquoi je dis les choses de fa\u00e7on aussi compliqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce que si je te parle de sentiments dont on ressent le poids de sympt\u00f4me mais qui sont si minuscules qu\u2019on ne trouve pas le moment d\u2019en \u00e9tablir la mati\u00e8re, est-ce que \u00e7a devient plus clair&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Tiens, je m\u2019aper\u00e7ois que je ne cesse en ce moment d\u2019utiliser le mot \u00ab&nbsp;mati\u00e8re&nbsp;\u00bb\u2026 Hier encore\u2026 Ca va finir par se faire remarquer. C\u2019est \u00e0 ce qui fait mati\u00e8re que je m\u2019attacherais (mati\u00e8re comme mani\u00e8re&nbsp;). D\u2019un objet chercher ce qui ferait terre,&nbsp; terreau, taire aussi bien, ce qui se manipule, se porte \u00e0 la bouche, s\u2019\u00e9tale des deux mains, ce qui se trahit&nbsp; sans nommer. Dire de ce qui se manipule fictionnellement les r\u00e9percussions corporelles, la corpor\u00e9it\u00e9. \u00c9tirer les surfaces, inscrire leur fluidit\u00e9, \u00e9tendre les corps qui y circulent, qui s\u2019y d\u00e9ploient, qui s\u2019en trouve circul\u00e9s, parcourus. J\u2019ai intitul\u00e9 le roman dont il semble que j\u2019ex\u00e9cute tous les gestes qu\u2019il faut pour l\u2019\u00e9crire, sans le plus petit espoir d\u2019y arriver ni le moindre d\u00e9sespoir, Mati\u00e8res d\u2019oubli, tandis qu\u2019ici je te parle de la mati\u00e8re de ces petits faits qui font sympt\u00f4mes et que je voudrais trouver le moyen de consciencieusement r\u00e9pertorier. Il faudrait que cela soit facile et rapide, s\u2019agissant de choses que l\u2019on ressent de fa\u00e7on si fugace que l\u2019on ne saurait s\u2019y arr\u00eater mais non pas sans s\u2019en trouver l\u00e9g\u00e8rement irrit\u00e9. Irrit\u00e9 comme si <em>il le faudrait<\/em>, en fait, s\u2019y int\u00e9resser, s\u2019y attarder. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, je pensais en fait \u00e0 la honte que j\u2019\u00e9prouve et qui est r\u00e9elle \u00e0 t\u2019\u00e9crire toujours de si longues lettres, \u00e0 \u00e9crire long tout court d\u2019ailleurs, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n\n\n\n<p>Et donc, j\u2019ouvrirais un r\u00e9pertoire de ces moments de honte passag\u00e8re, de celles qui sont surmontables aussi bien que de celles que je soup\u00e7onne de ne l\u2019\u00eatre jamais. O\u00f9 pourrais-je faire \u00e7a&nbsp;? Dans mon t\u00e9l\u00e9phone&nbsp;? Ou alors acheter un petit carnet, l\u2019intituler H, pour Honte, puisque j\u2019aurais bien s\u00fbr \u00e9galement honte &nbsp;d\u2019avoir honte. Tu vois, j\u2019en tiens d\u00e9j\u00e0 deux entr\u00e9es. (J\u2019en tiendrais m\u00eame une troisi\u00e8me&nbsp;: la honte du carnet&nbsp;: mais comment le dire, c\u2019est quasi la honte d\u2019exister, et \u00e7a, je ne peux pas le r\u00e9pertorier comme \u00e7a, parce que c\u2019est trop vague, il faut attendre le moment o\u00f9 cette honte-l\u00e0 se trahira brute. La honte du carnet s\u2019en rapproche pourtant&nbsp;: honte d\u2019\u00e9crire, et crainte (attention, c\u2019est autre chose) que quelqu\u2019un s\u2019en empare et lise, honte de ce qui s\u2019y \u00e9crirait, de ce que ma mis\u00e9rable personne passerais par l\u2019utilisation du je). Et, \u00e0 la fin du carnet, je m\u2019ach\u00e8terais un autre carnet et m\u2019attaquerais \u00e0 un autre de ces mini-sentiments qui nous accompagnent et auxquels on s\u2019accoutume et dont le seul r\u00e9pertoriarge, inventaire, peut-\u00eatre suffirait \u00e0 contribuer \u00e0 les faire \u00e9vaporer&nbsp;? Evidemment, ce mini-carnet, je ne cesserais de le perdre, d\u00e9j\u00e0 que je perds tout le temps mon t\u00e9l\u00e9phone, et \u00e7a c\u2019est un obstacle v\u00e9ritable \u00e0 l\u2019acquisition d\u2019un carnet, faut-il s\u2019acheter le mini-sac o\u00f9 le glisser par la m\u00eame occasion. &nbsp;Cela dit, penses-tu qu\u2019on puisse vivre sans honte, assur\u00e9ment cela se voit, de fa\u00e7on \u00e9hont\u00e9e, mais ce n\u2019\u00e9tait pas le sujet de ma lettre, il ne devait s\u2019agir que d\u2019une incise, enfin, tr\u00e8s s\u00e9rieusement quand m\u00eame, est-ce que tu crois qu\u2019on puisse vivre sans honte. Assur\u00e9ment, on le voit, en ce moment, autour de soi.<\/p>\n\n\n\n<p>Je parle toujours de la honte, non. C\u2019est que je n\u2019en n\u2019ai pas encore fini.<\/p>\n\n\n\n<p>Qui-tu-sais dit qu\u2019il ne faudrait pas parler d\u2019ontologie mais de Hontologie, que tout ce qui s\u2019attache \u00e0 l\u2019\u00eatre est toujours honteux.&nbsp; Je te dis encore un mot de cette hontologie, puis je passe \u00e0 ce qui devrait nous occuper, promis.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela dit, je ne r\u00e9siste pas \u00e0 d\u2019abord te parler de ma grande amie, Di\u00e8se, qui me racontait qu\u2019elle avait r\u00e9cemment des champignons (hallucino) en grande quantit\u00e9 et comment cela lui avait permis de \u00ab&nbsp;tenir sa honte en main&nbsp;\u00bb, la honte qui \u00e9tait en elle, elle l\u2019a tenue en main un moment devant elle dans une boule (qu\u2019il me semble voir, parcourue de fluides) et il s\u2019est alors pass\u00e9 des tas de choses extraordinaires, depuis ce jour, sa vie a chang\u00e9. \u00ab&nbsp;There is no shame unless I densify it.&nbsp;\u00bb Elle m\u2019invite \u00e0 prendre des&nbsp; champignons avec elle, ce que je veux bien s\u00fbr faire, mais nous ne parvenons pas \u00e0 nous voir, elle \u00e0 Los Angeles, eh oui, moi \u00e0 P. Enfin LA est si br\u00fblante, je parle de la temp\u00e9rature, qu\u2019elle songe \u00e0 revenir en Europe. Comment faisons-nous me dis-je pour continuer \u00e0 alors que partout \u00e7a crame et qu\u2019un jour qui n\u2019est pas dans si longtemps j\u2019en suis s\u00fbre un jour ce sera ici, tu vois , ici qu\u2019on br\u00fblera, my very dear D. La souffrance que ce sera. Je trouve \u00e7a hallucinant. De m\u00eame quand j\u2019ai vu la Chine se fermer aux jours du Covid, je m\u2019\u00e9tais dit \u00e7a va venir, \u00e7a va viendre, cette conscience aigu\u00eb de nos derniers jours libres, et un jour, j\u2019ai dit, on y va, on s\u2019en va, on fait les bagages, demain ils ferment P, et on est partis, et le lendemain ils fermaient, ou le surlendemain. Et que va faire mon Estelle, que va faire ma fille&nbsp;? Et comment moi je l\u2019arme \u00e0 ne me soucier que des sentiments inaper\u00e7us et des sensations qu\u2019il ne fait bon de parler dans aucun souper&nbsp;? Fin de la parenth\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<p>Passer de l\u2019\u00eatre, de l\u2019essence, \u00e0 l\u2019existence, passer de ce qui est \u00e0 ce qu\u2019il y a, \u00e0 ce qui existe, passer de l\u2019ontologie \u00e0 l\u2019ontique, du d\u00e9sir \u00e0 la jouissance, tant tout ce qui est touche \u00e0 l\u2019\u00eatre, au sens, peut \u00eatre sujet \u00e0 caution. Dear D, tu sais, ce pr\u00e9cepte-l\u00e0, qui nous vient de qui-tu-sais, m\u2019a chang\u00e9 la vie. Sans pour autant il est vrai me d\u00e9barrasser de la honte. L\u2019\u00eatre n\u2019est jamais qu\u2019un fait de dit. Il suffit de dire pour que cela soit. Dire et faire \u00eatre le cercle carr\u00e9. C\u2019est la boule de mon amie de LA. Et c\u2019est de n\u2019\u00eatre que fait de dit que l\u2019\u00eatre est toujours honteux. D\u00e8s lors on fait mieux de s\u2019en tenir \u00e0 ce qu\u2019il y a, ind\u00e9pendamment de ce qui le nomme ou pas. &nbsp;Non plus la d\u00e9ploration du manque, de la perte, de ce qu\u2019il n\u2019y a pas. Mais le constat de ce qu\u2019il y a. Voire le constat de la jouissance au pr\u00e9sent du manque et de l\u2019absence.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne me bats plus pour des moulins \u00e0 vent. Je m\u2019installe dans les pales du moulin et je tourne avec ce qui tourne. Il ne sert de rien de r\u00e9sister.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est de \u00e7a probablement que je parle avec mon histoire de mati\u00e8re. S\u2019attacher \u00e0 ce qui fait mati\u00e8re, \u00e0 ce qu\u2019il y a, sans m\u00eame qu\u2019on sache quoi. A l\u2019\u00e9tablir on s\u2019apercevra de quel sentiment-indice il s\u2019agit, sentiment in-dit, non-dit. Ce \u00e0 quoi je voudrais m\u2019attacher, c\u2019est \u00e0 l\u2019indice. A ce qui fait indice et qui se passe dans le corps pris au sens large. J\u2019ai bien r\u00e9cit\u00e9 ma le\u00e7on, dis&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Bon, j\u2019esp\u00e8re pour toi que tu n\u2019auras rien lu de tout que je ne t\u2019enverrai probablement pas. Tu me parles du d\u00e9sir de mourir, chez moi, de ce que je pourrais en dire. Tr\u00e8s franchement, j\u2019y h\u00e9site, je ne m\u2019y sens pas encore pr\u00eate. Cela me questionne, je n\u2019ai pas de r\u00e9ponse. Je ne crois plus \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement traumatique. Je crois que je suis faite diff\u00e9remment, que je suis extra-terrestre&nbsp;! Et que c\u2019est li\u00e9 \u00e0 ma mani\u00e8re d\u2019\u00eatre mati\u00e8re d\u2019\u00eatre-dit. J\u2019ai promis \u00e0 Estelle de ne pas me tuer et je me tiendrai \u00e0 cette promesse. Il y a cette responsabilit\u00e9 vis-\u00e0-vis d\u2019elle qui me tient, qui est immense. Bien s\u00fbr, on ne peut jurer de rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis, il y a l\u2019envers de ce malheur ou de cette damnation. C\u2019est ce que j\u2019essaie de faire vivre dans l\u2019\u00e9criture, par ce que j\u2019\u00e9cris. Quand de l\u2019envers j\u2019aurai assez dit, peut-\u00eatre que je pourra parler de l\u2019endroit.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s que j\u2019ai un peu lu la psychanalyse je me suis dit&nbsp;: \u00e7a jouit et j\u2019en sais rien et pourquoi est-ce que je n\u2019en saurais pas plus et surtout pourquoi est-ce que je ne m\u2019en rendrais pas plus compte, pourquoi je n\u2019en profiterais pas. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 vers \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019avais autrefois honte de trop \u00e9crire ou d\u2019\u00eatre trop une-\u00e0-une-seule-chose, disais-je, trop monomaniaque. Et je me suis battue <em>contre<\/em> \u00e7a, de toutes mes forces. J\u2019ai essay\u00e9 de me partager, de me diviser, entre l\u2019\u00e9criture le compagnon la famille le m\u00e9nage l\u2019argent. Et c\u2019\u00e9tait l\u2019horreur et la grande erreur. Je le sais maintenant. Il faut se trouver, s\u2019inventer, se mettre en place des limites mais il faut surtout pouvoir se laisser de larges latitudes et puis surtout bien choisir l\u2019objet de son addiction. Une addiction dont on n\u2019aie justement pas trop honte, qui ne titille pas trop le surmoi (le surmoi d\u00e9mesur\u00e9ment mesureur).<\/p>\n\n\n\n<p>Puisque c\u2019est comme \u00e7a, c\u2019est ce qu\u2019il y a&nbsp;: je suis une nature addict\u00e9e. Ce constat fait choisir prudemment son addiction et y aller. Je pourrais passer mes journ\u00e9es \u00e0 jouer \u00e0 des jeux vid\u00e9o, \u00e0 regarder des s\u00e9ries, \u00e0 boire, \u00e0 manger, c\u2019est comme \u00e7a, si je me l\u00e8ve le matin et que je commence un truc et bien je continue, je peux pas m\u2019arr\u00eater. Du temps que je travaillais, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 workaholic, \u00e7a m\u2019a tuer. Je manque de limite. Donc, choisir ce qui n\u2019excitera pas trop mon trop cruel surmoi. &nbsp;M\u00eame s\u2019il est le plus malin et s\u2019il finira toujours pas trouver le moyen de me torturer. Avec l\u2019\u00e9criture, je peux peut-\u00eatre m\u2019en sortir. Des ann\u00e9es, je m\u2019en suis emp\u00each\u00e9e, aujourd\u2019hui, tant pis. Et s\u2019il s\u2019av\u00e9rait que je n\u2019\u00e9tais bonne qu\u2019\u00e0 \u00e9crire des lettres&nbsp;: encore tant pis. J\u2019\u00e9cris des lettres&nbsp;: elles continuent d\u2019\u00eatre trop longues&nbsp;: je choisis mes amis, comme toi, qui supportent sto\u00efquement, qui vont jusqu\u2019\u00e0 me dire des choses bien gentilles\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu\u2019il y a&nbsp;: j\u2019\u00e9cris. Cela seul compte.<\/p>\n\n\n\n<p>Quiconque est un peu logicien rira ce que j\u2019\u00e9cris ici et je lui dirai d\u2019y regarder \u00e0 deux fois, je ne suis pas s\u00fbre que \u00e7a ne finisse pas par tenir l\u2019\u00e9preuve.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est aussi la maladie.<\/p>\n\n\n\n<p>Tu sais quoi, je vais dormir, et si je fais un r\u00eave, je te raconterai.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut qu\u2019on se voie.<\/p>\n\n\n\n<p>Je t\u2019embrasse,<\/p>\n\n\n\n<p>Sonia qui trop raisonne<\/p>\n\n\n\n<p>Non-envoy\u00e9 &#8211; <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voil\u00e0, \u00e9crit avant-hier, laiss\u00e9 reposer une nuit, et publi\u00e9. Maintenant je m&#8217;emp\u00eache d&rsquo;y retourner. Je n&rsquo;aime pas ce ton. Il faut que je songe \u00e0 ajouter tout en dessous la mention \u00ab\u00a0non-envoy\u00e9\u00a0\u00bb. Je m&rsquo;\u00e9loigne de plus en plus de ce que j&rsquo;aurais pu imaginer faire, mais comme je n&rsquo;avais rien imagin\u00e9&#8230; J&rsquo;aurais pu r\u00eaver que me revienne la fiction, mais <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/2023-11-tu-me-poses-une-question-difficile\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#\u00e9t\u00e92023 #11 | tu me poses une question difficile (et les sentiments minuscules)<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":541,"featured_media":135714,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4971,4525],"tags":[4850],"class_list":["post-135707","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-11-stein-marche-arriere","category-ete-2023-du-roman","tag-matiere-doubli"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/135707","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/541"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=135707"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/135707\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/135714"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=135707"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=135707"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=135707"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}