{"id":136042,"date":"2023-09-12T14:54:46","date_gmt":"2023-09-12T12:54:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=136042"},"modified":"2023-09-14T20:53:36","modified_gmt":"2023-09-14T18:53:36","slug":"ete-2023-12-viens-on-sort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete-2023-12-viens-on-sort\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023 #12 | viens, on sort"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Le mieux \u00e0 en dire c\u2019est que \u00e7a n\u2019en vaut pas la peine, \u00e7a ne sert \u00e0 rien, l\u2019\u00e9criture oui, c\u2019est de \u00e7a dont je te parle, l\u2019important c\u2019est l\u2019usage mais je ne parle pas comme \u00e7a, \u00e7a n\u2019en vaut pas la peine les histoires toujours des histoires, mais bien s\u00fbr que non je ne les lis pas, je n\u2019en ai pas besoin, \u00e7a m\u2019est \u00e9gal et les miennes me suffisent et je n\u2019aime pas perdre mon temps, les moments qu\u2019on a \u00e0 perdre je n\u2019en veux pas \u2013 de quel droit se permettrait-il d\u2019\u00e9crire \u00e0 mon sujet d\u2019ailleurs\u00a0? \u2013 et de toutes les mani\u00e8res du temps \u00e0 perdre, je n\u2019en ai pas, j\u2019avais un chemin \u00e0 parcourir sans doute (mais les choses comme celles-l\u00e0 ne s\u2019\u00e9crivent pas\u00a0: elles se vivent et il n\u2019est de rien de les consigner, clavier, stylo orange ou pas, crayon papiers) et ce destin, je l\u2019ai suivi comme j\u2019ai suivi mon mari (celui que j\u2019aime) ce chemin passait ici ou l\u00e0<br>je l\u2019aime toujours<br>et apr\u00e8s\u00a0? \u00c9voquer l\u2019existence des gens ne les fera pas revenir. J\u2019avais une grande tendresse pour mon p\u00e8re et ma m\u00e8re (lui avait une ma\u00eetresse depuis que je le connaissais, mais \u00e7a a cess\u00e9 ici), ma m\u00e8re est morte \u00e0 la maison, chez moi, sur l\u2019esplanade, un quinze ao\u00fbt, je suis all\u00e9e la voir le matin, comme tous les matins, en lui demandant si elle voulait un verre d\u2019eau ou quelque chose, il faisait chaud et elle \u00e9tait morte, de ce qu\u2019on appelle sa belle mort comme si \u00e7a existait, \u00e9videmment les mots sont des tra\u00eetres, les \u00e9critures transportent et charrient bien d\u2019autres choses, bien d\u2019autres sentiments et faux \u00e9videmment, on se laisse aller, on \u00e9crit quelque chose en pensant \u00e0 quelqu\u2019un et puis on laisse les choses s\u2019aligner, cr\u00e9er un perspective esth\u00e9tique, on relit on reprend, mais je n\u2019\u00e9cris pas, non, j\u2019ai fait des enfants qui \u00e9crivent, mais moi, non, et je ne lis pas non plus<br>je lis mais je le cache<br>tu vois quand j\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 trouver un travail, c\u2019est la dactylo que j\u2019ai appris (ou apprise comment tu dis\u00a0?)<br>le clavier comme un m\u00e9tier \u00e0 tisser \u2013 non, non, ce n\u2019est pas moi, je vais prendre une cigarette plut\u00f4t \u2013 je vais m\u2019asseoir, mais c\u2019est vrai<br>j\u2019aime parler avec toi<br>et j\u2019aime que tu parles avec moi<br>m\u00eame si ce n\u2019est pas moi, toi \u00e9cris, on dit nostalgie, on dit oubli pardon regrets mais qu\u2019est-ce que \u00e7a peut faire, comment veux-tu comparer avec une belle chanson, <em><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=gZYtes1RO_w\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=gZYtes1RO_w\">Love<\/a><\/em> Nat King Cole (ce n\u2019est pas moi je d\u00e9teste la culture et les r\u00e9f\u00e9rences et les connivences et les rappels, les notes, les souvenirs) \u2013 rien n\u2019atteint cette atmosph\u00e8re, rien ne s\u2019y compare \u2013 on danse, oui, tu te souviens comme on dansait avant, tu n\u2019\u00e9tais pas n\u00e9 mon pauvre ami\u2026 \u2013 mon p\u00e8re poss\u00e9dait une montre bracelet, tout en or, la maille milanaise et le si l\u00e9ger bruit, doux comme un r\u00eave du m\u00e9canisme, o\u00f9 est-elle \u00e0 pr\u00e9sent\u00a0? Il achetait ses montres chez un horloger de la rue des Eaux-Vives, derri\u00e8re le quai, une toute petite enseigne, il avait offert \u00e0 mes filles des pendentifs en forme de coccinelles dont les \u00e9lytres s\u2019ouvraient quand on rapprochait les antennes pour d\u00e9couvrir le cadran \u2013 il avait la photo des enfants dans son portefeuille, les miens, ses petits enfants et celui de mon fr\u00e8re \u2013 il vivait chez lui, son fils, au bord du lac, puis ensuite dans l\u2019appartement de la place, le duplex, \u00e0 l\u2019\u00e9tage des domestiques, il buvait de la bi\u00e8re, venait chez nous pour y passer un mois ou deux, sans faire de bruit, je ne me souviens plus, il dormait dans la salle \u00e0 manger, on lui mettait l\u00e0 un lit, il aimait mon mari, tout le monde l\u2019aimait, lui passait son temps \u00e0 regarder, assis devant la fen\u00eatre du coin du salon, comme il le faisait dans les derniers temps rue de Mexico, la rue et lire son livre de contes en h\u00e9breu ou en arabe \u00e7a d\u00e9pendait \u2013 dans la poche gousset de son gilet se trouvait la tabati\u00e8re dans laquelle il prisait \u2013 je ne sais pas te dire de quoi se faisait la vie alors, mes quatre enfants me prenaient beaucoup de temps et puis surtout lorsque mon mari est parti, les six mois o\u00f9 on a v\u00e9cu sans lui au rez-de-chauss\u00e9e de cette maison qui donnait sur la route \u2013 en face de la station-service \u2013 l\u00e0-bas oui, l\u00e0-bas, je buvais du caf\u00e9 avec Mama dans la Dauphine, elle \u00e9tait rouge (la voiture, pas ma m\u00e8re) et il faisait chaud, les enfants \u00e9taient \u00e0 la maison, il fallait partir, Mama ses sept enfants dont deux morts pratiquement n\u00e9s, avant moi, je suis la derni\u00e8re \u2013 on appelait son mari Pape, c\u2019est mon p\u00e8re oui, \u00e9videmment, tout le monde l\u2019appelait Pape et parfois je suis contente qu\u2019il ait disparu avant de vivre d\u2019autres trag\u00e9dies, plus proches de lui comme la mort des enfants de mon fr\u00e8re (dans cet accident de terreur et de nuit) et celle de l\u2019autre petit, comme une mal\u00e9diction \u2013 des enfants, mon dieu, \u00e7a ne devrait jamais mourir tu ne crois pas ? \u2013 mon mari est mort, je ne l\u2019ai remplac\u00e9 par personne, j\u2019ai continu\u00e9 ma vie, j\u2019ai \u00e9lev\u00e9 et aid\u00e9 mes enfants quand ils avaient besoin de moi, plut\u00f4t les filles mais les gar\u00e7ons savent qu\u2019ils ont la force et le droit pour eux, c\u2019est ce monde-l\u00e0 et pas un autre et je ne suis pas l\u00e0 pour le changer, je le d\u00e9teste de m\u2019avoir pris ceux que j\u2019aime, ma m\u00e8re de sa belle mort, je ne veux pas parler de ce qui s\u2019est pass\u00e9 en Allemagne et en Pologne, que ces pays soient maudits (tu devrais ajouter \u00ab\u00a0nazis\u00a0\u00bb pour ces pays d&rsquo;alors tu sais), je ne veux pas parler de la disparition du p\u00e8re de mon mari \u2013 ni des autres, quels qu\u2019ils soient et quelles qu\u2019elles soient \u2013 des enfants, ils ont eu le front de tuer des enfants, l\u2019abjection des hommes de pouvoir \u2013 je ne veux pas parler de la fa\u00e7on dont on a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de partir et de tout quitter, je ne sais pas mais je ne crois pas que ce soit une fuite comme toutes les fuites qu\u2019on a d\u00fb subir \u2013 je ne sais pas \u2013 il n\u2019est pas question d\u2019oublier, il n\u2019est pas question non plus d\u2019oublier les pogroms d\u2019Ukraine et de ces r\u00e9publiques socialistes sovi\u00e9tiques, je suis n\u00e9e un peu moins de dix ans apr\u00e8s la r\u00e9volution russe et parfois je me souviens des regards ardents de ceux qui en parlaient quand j\u2019\u00e9tais petite \u2013 je n\u2019aime pas la politique tout en me sachant, pour cette raison, disqualifi\u00e9e par certains (tu sais je ne parle pas comme \u00e7a) \u2013 quand mon p\u00e8re est mort, j\u2019ai dit \u00e0 mon fils, le petit, de ne pas pleurer, il n\u2019aimerait pas \u00e7a parce que tout le monde sait que la mort fait partie de la vie et que sans l\u2019une, aucune des deux n\u2019existerait, le plus petit de mes fils l\u2019adorait, ils \u00e9taient tr\u00e8s amis et ses pleurs ont entra\u00een\u00e9 les miennes, ce jour-l\u00e0, il m\u2019aidait \u00e0 refaire les lits, la fin mars mais de ces trag\u00e9dies on en conna\u00eetra toujours, il y a cette esp\u00e8ce de destin auquel nous croyons alors qu\u2019il ne fait que passer comme tout le reste \u2013 tu sais tout \u00e7a \u2013 ici je me trouve dans cette pi\u00e8ce, dans ce fauteuil que j\u2019ai restaur\u00e9 (j\u2019aime m\u2019occuper des vraies choses), j\u2019attends le coup de t\u00e9l\u00e9phone de mon fr\u00e8re, et si je regarde par la fen\u00eatre les arbres de l\u2019esplanade font des ombres tendres, mais la po\u00e9sie non, non plus, je n\u2019y tiens pas \u2013 parfois je me demande \u00e0 quoi je tiens, je m\u2019assois sur les marches qui vont au jardin, je fume une cigarette, les enfants racontent leur rentr\u00e9e des classes, c\u2019est la mi-septembre mon mari va rentrer manger et il fait doux, il s\u2019agit d\u2019une ville du nord o\u00f9 j\u2019avais le culot de croire que je me trouverai bien sous la neige \u2013 l\u2019inconscience peut-\u00eatre, ces histoires qu\u2019on nous raconte, comme au cin\u00e9ma \u2013 ah Spencer Tracy ou Errol Flynn\u2026 ici nous sommes sans amis et sans famille, c\u2019est \u00e0 Paris qu\u2019ils sont c\u2019est \u00e0 Paris qu\u2019il faut vivre \u2013 nous en avions l\u2019intention quand c\u2019en serait fini de cette ville de briques et de froid \u2013 durant les mois de vacances dans le sud nous regardions, j\u2019ai toujours, de tout temps, regrett\u00e9 cette maison de la Garde-Freinet, je disais \u00e0 mon mari qui ne voulait rien entendre qu\u2019en vendant la villa de l\u2019avenue, nous aurions eu largement suffisamment d\u2019argent mais il avait trop de difficult\u00e9s avec ce pass\u00e9 qui ne passait pas,\u00a0\u00ab\u00a0laisse, me disait-il, laisse Jacquo c\u2019est mort\u00a0\u00bb (ce pass\u00e9 qui ne voulait pas passer) \u2013 lui plus que moi, plus que mes fr\u00e8res et s\u0153urs m\u00eame si, en arrivant en Italie, mon beau-fr\u00e8re a perdu la moiti\u00e9 de son bien \u2013 m\u00eame si mon p\u00e8re a tout perdu durant ces ann\u00e9es maudites et qu\u2019il a r\u00e9ussi \u00e0 reprendre, si peu pourtant, je n\u2019allais pas laisser faire \u2013 il y avait les enfants \u2013 Ramatuelle&#8230; \u2013 je n\u2019ai pas de regrets je me suis battue mais les femmes ont toujours ce d\u00e9savantage de n\u2019\u00eatre que ce qu\u2019elles sont \u2013 c\u2019est l\u2019ordre du monde et l\u2019ordre des choses m\u00eame si mes enfants me disent le contraire, cette fable qui veut que ce soit par nous que soit transmise cette foi et cette religion, qui peut bien y croire ? et pourtant&#8230; je te dis, je ne veux pas changer le monde ni son ordre, m\u00eame si mon p\u00e8re donnait de l\u2019argent pour planter des arbres au bord du d\u00e9sert du Neguev, \u00e7a veut juste dire le sud, avant que je naisse, m\u00eame si les affaires faites par mes fr\u00e8res et les autres ont prosp\u00e9r\u00e9 pendant la guerre et que cet ordre, c\u2019est la guerre justement \u2013 tout simplement<br>tu vois, ya amri* disait ma m\u00e8re, qu\u2019est-ce que je fais encore l\u00e0\u00a0?<br>comme dans la chanson <em>je ne regrette rien,<\/em> ou cette autre <em>j\u2019ai mon pass\u00e9 qui est \u00e0 moi<\/em><br>bien que je n\u2019aie jamais aim\u00e9 Edith Piaf<br>ce n\u2019est pas une affaire de femmes que la guerre m\u00eame si il faut la mener pour exister<br>tu vois par exemple, je ne me suis jamais disput\u00e9e avec mon fr\u00e8re<br>avec mes s\u0153urs c\u2019est une autre histoire mais les histoires tu sais\u2026 non mais voil\u00e0, quand mon mari est mort, je n\u2019ai pas pu ni voulu rester dans cette ville, c\u2019\u00e9tait impossible, je n\u2019allais pas trouver du travail, il m\u2019en fallait pour survivre, il fallait aider les enfants \u00e0 faire de bonnes \u00e9tudes pour qu\u2019ils aient de bonnes situations, je n\u2019allais pas rester l\u00e0 \u00e0 ne rien faire ou \u00e0 faire la bonniche ici ou l\u00e0, il me fallait un travail, mon fr\u00e8re m\u2019en a procur\u00e9 un, j\u2019ai fini par vendre cette satan\u00e9e villa \u00e0 un escroc qui m\u2019a propos\u00e9 un viager (j\u2019aurais d\u00fb me m\u00e9fier, un viager alors que je n\u2019avais pas soixante-cinq ans\u2026 je sais j\u2019aurais d\u00fb mais j\u2019en avais marre tu comprends, trente ans pour y arriver, il y avait trente ans) j\u2019ai m\u00eame achet\u00e9 un deux-pi\u00e8ces \u00e0 Rome \u00e0 l\u2019une de mes filles \u2013 et l\u00e0 aussi, je sais que j\u2019aurais d\u00fb le garder mais je l\u2019ai revendu \u2013 tant pis pour moi \u2013 ce qui fait que je te raconte tout \u00e7a\u2026 viens, on sort<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>*: mon amour<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Il faudrait il aurait fallu peut-\u00eatre l\u2019installer quelque part&nbsp;; un point de vue, unique, un lieu quelconque mais s\u2019y tenir \u2013 proc\u00e9der par flash-back peut-\u00eatre<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le mieux \u00e0 en dire c\u2019est que \u00e7a n\u2019en vaut pas la peine, \u00e7a ne sert \u00e0 rien, l\u2019\u00e9criture oui, c\u2019est de \u00e7a dont je te parle, l\u2019important c\u2019est l\u2019usage mais je ne parle pas comme \u00e7a, \u00e7a n\u2019en vaut pas la peine les histoires toujours des histoires, mais bien s\u00fbr que non je ne les lis pas, je n\u2019en <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete-2023-12-viens-on-sort\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#\u00e9t\u00e92023 #12 | viens, on sort<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[4994,4525],"tags":[],"class_list":["post-136042","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-12-thomas-bernhard-fauteuil-a-oreilles","category-ete-2023-du-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/136042","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/86"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=136042"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/136042\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=136042"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=136042"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=136042"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}