{"id":137620,"date":"2023-10-12T17:40:16","date_gmt":"2023-10-12T15:40:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=137620"},"modified":"2023-10-12T17:40:18","modified_gmt":"2023-10-12T15:40:18","slug":"ete202315","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete202315\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92023#15"},"content":{"rendered":"\n<p>La ville ?<\/p>\n\n\n\n<p>Elle \u00e9tait l\u00e0 en contre-bas, il suffisait d\u2019entrer dans le salon, pour la voir \u00e0 travers la double porte fen\u00eatre. Si le regard se pla\u00e7ait juste en limite du muret du balcon seuls restaient la mer et le ciel. Sur la droite, la presqu\u2019\u00eele de Saint Mandrier d\u00e9limitait la ligne de jonction des deux immensit\u00e9s. A condition de regarder droit devant soi, la mer et le ciel se touchaient et le regard se perdait sur l\u2019horizon. Les plages ? Elles \u00e9taient hors de la ville, les rejoindre demandait de l\u2019organisation, une voiture et du temps. Peu d\u2019habitants du quartier du Fort Blanc ressentaient la proximit\u00e9 de la mer. D\u2019ailleurs, tr\u00e8s peu d\u2019enfants savaient nager. L\u2019enseignement de la natation n\u2019\u00e9tait pas encore obligatoire. Et aucune piscine n\u2019\u00e9tait joignable \u00e0 pied.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Si le regard se rapprochait, apparaissaient les bateaux de guerre, regroup\u00e9s sur la gauche, les fr\u00e9gates, les corvettes, les patrouilleurs et tr\u00e8s rarement l\u2019imposant Clemenceau, le porte-avion, g\u00e9ant entour\u00e9 de navires jouets. Un peu plus loin, au milieu de la rade : le navire sovi\u00e9tique en observation, pas toujours le m\u00eame mais toujours pr\u00e9sent. De notre promontoire il n\u2019\u00e9tait pas possible de d\u00e9tecter leurs noms. Quand les bateaux \u00e9taient \u00e0 quai, leurs \u00e9quipages \u00e9taient sur la terre ferme dans le quartier chaud du port. Avant de r\u00e9int\u00e9grer leurs navires et d\u2019attendre la prochaine bataille navale, les marins erraient d\u2019un bar \u00e0 l\u2019autre, d\u2019un peep show \u00e0 un cin\u00e9ma porno que le rel\u00e2chement post-68 avaient rendu visibles depuis les rues. Le coll\u00e9ge Peiresc \u00e9tait en bordure du quartier mal fam\u00e9 et les enfants passaient quotidiennement devant les affiches suggestives aux titres aguicheurs, sans vraiment les comprendre et y attacher d\u2019importance .&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019immeuble \u00e9tait en hauteur, \u00e0 proximit\u00e9 du mont Faron. Vus de ce promontoire, les tuiles rouges ou ros\u00e9es neuves \u00e9taient rares, le temps patinait rapidement l\u2019argile cuite. Et le gris teint\u00e9 de vert sombre \u00e9tait majoritaire. Peu de tours traversaient ce tapis de toits. Les barres d\u2019immeubles \u00e9taient implant\u00e9es au nord ou tout \u00e0 fait \u00e0 l\u2019est. Elles ne d\u00e9paraient pas la vieille ville, elles ne g\u00e2chaient pas la vue.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La ville \u00e9tait travers\u00e9e par la voie ferr\u00e9e, son sillon se dessinait \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres du port. Le passage des trains r\u00e9veillait la ville enti\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les taches de verdure \u00e9taient rares, le mont Faron assurait l\u2019essentiel de la chlorophylle. Seul le jardin public se d\u00e9tachait, il permettait de situer les beaux quartiers, celui des avenues aux immeubles bourgeois dont les cariatides soutenaient les balcons aux fleurs de pierre. Le trajet pour se rendre \u00e0 la biblioth\u00e8que passait devant le jardin public. Derri\u00e8re les grilles de l\u2019entr\u00e9e le chariot d\u2019un vendeur de glace et de ballon \u00e9tait plac\u00e9, bien en vue, mais on ne s\u2019arr\u00eatait jamais. Les grilles n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 franchies. &nbsp; &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La ville ? Elle \u00e9tait l\u00e0 en contre-bas, il suffisait d\u2019entrer dans le salon, pour la voir \u00e0 travers la double porte fen\u00eatre. Si le regard se pla\u00e7ait juste en limite du muret du balcon seuls restaient la mer et le ciel. Sur la droite, la presqu\u2019\u00eele de Saint Mandrier d\u00e9limitait la ligne de jonction des deux immensit\u00e9s. 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