{"id":139400,"date":"2023-11-03T13:29:37","date_gmt":"2023-11-03T12:29:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=139400"},"modified":"2023-11-03T15:18:57","modified_gmt":"2023-11-03T14:18:57","slug":"enfance01-eclats-denfance-hommage-en-cut-up-dans-vos-textes-jai-trouve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/enfance01-eclats-denfance-hommage-en-cut-up-dans-vos-textes-jai-trouve\/","title":{"rendered":"#enfances #01 | \u00e9clats d&rsquo;enfance, hommage en cut-up &#8211; dans vos textes j&rsquo;ai trouv\u00e9&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Gr\u00e2ce \u00e0 un commentaire re\u00e7u qui parlait d'\u00e9clats, de petits bouts d'enfance que l'on a en commun, je me suis mise \u00e0 arpenter les textes des autres \u00e0 la recherche de ces petits bouts et je n'ai pas su m'arr\u00eater. Je crois que c'est dans cette r\u00e9colte, trouver dans le texte des autres mon regard d'enfant en isolant un petit morceau, que je me suis le plus approch\u00e9e de ce que je pense \u00eatre important dans ce cycle en termes d'\u00e9criture. \n\nCe texte est donc compos\u00e9 d'une phrase extraite de chacun des portraits pr\u00e9sent\u00e9s dans chacun des textes publi\u00e9s sur le wordpress jusqu'au 2 novembre minuit sur la proposition 01. J'ai parfois retouch\u00e9 la phrase originale juste pour mettre au pr\u00e9sent, coupant un bout pour le rythme et anonymiser, en mettant souvent \"on\" plut\u00f4t que \"je\", \"celui qui\" ou \"celle qui\" plut\u00f4t que \"il\" ou \"elle\", ce sont des choses qui me semblent permettent de rendre compte de cet universel de l'enfance que j'ai trouv\u00e9 dans chacun de vos textes de cette proposition, j'esp\u00e8re que les auteurs ne s'en formaliseront pas. \n<\/pre>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Le bruit des \u00e9trennes minutieuses et \u00e9quitables<\/p>\n\n\n\n<p>Celle qui cherche une cl\u00e9 et qui, petit \u00e0 petit, disparait des trottoirs, des conversations, des souvenirs<\/p>\n\n\n\n<p>Le pinceau et la palette trou\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>De nuit, dans Paris, un paysage aux larges coups de brosse mais reconnaissable \u00e0 coup s\u00fbr, que des personnages silencieusement hantent.<\/p>\n\n\n\n<p>Une ambiance de guerre et de ranc\u0153ur<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re lettre du mot qui se prolonge d\u2019un trait revenant en arri\u00e8re, qui &nbsp;glisse sous le mot pour faire signature<\/p>\n\n\n\n<p>La chaleur \u00e9crasante sur le parvis de graviers bord\u00e9 de pins \u00e0 pignons donnant sur des champs de sel<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accent pointu des parigots<\/p>\n\n\n\n<p>Le pas de la porte du magasin tout blanc, o\u00f9 r\u00e8gne sa maman toute blanche<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeudis apr\u00e8s-midi cousins et cousines, sur la terrasse entre la maison et le muret du jardin<\/p>\n\n\n\n<p>Une boite dont on ne sait pas ce qu\u2019elle contient<\/p>\n\n\n\n<p>Cette voix \u00e9corch\u00e9e chez une femme si discr\u00e8te et rassurante<\/p>\n\n\n\n<p>Le pied qu\u2019elle traine d\u2019o\u00f9 vient la g\u00eane et la claudication<\/p>\n\n\n\n<p>Un tricot de peau bleu ciel, tach\u00e9 sur le ventre<\/p>\n\n\n\n<p>Le visage autour de l\u2019\u0153il, l\u2019objet de verre, cette sorte de bille bizarre<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019arrondi, la tension sur le pull lie de vin \u00e9tir\u00e9, et la question de savoir comment ce ventre avait pu cro\u00eetre<\/p>\n\n\n\n<p>Celui qui n\u2019a pas de nom, qui n\u2019est connu d\u2019aucune mani\u00e8re, qui habite dans les blocs bleus<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la peau bronz\u00e9e de qui travaille dehors des tatouages baveux de taulards<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019escalier, devenu paisible pendant deux mois<\/p>\n\n\n\n<p>Une fus\u00e9e remplie sirop, une rouge go\u00fbt grenadine, que l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re aux jaunes et aux vertes.<\/p>\n\n\n\n<p>Un petit chien hargneux qui aboie \u00e0 chaque rencontre<\/p>\n\n\n\n<p>Les aigus de sir\u00e8ne d\u2019une fen\u00eatre \u00e0 l\u2019autre qui r\u00e9veillent la rue \u00e9troite<\/p>\n\n\n\n<p>Une pi\u00e8ce encombr\u00e9e de paniers d\u00e9bordant d\u2019\u00e9toffes.<\/p>\n\n\n\n<p>Des chaussures qui sont plut\u00f4t des galoches, pas celles d\u2019un gentilhomme, mais d\u2019un clochard<\/p>\n\n\n\n<p>Une main boudin\u00e9e, dodue, aux doigts courts, aux ongles \u00e9carlates<\/p>\n\n\n\n<p>La peur du chien le long des murs pour aller chercher le pain<\/p>\n\n\n\n<p>Le prolongement infini du comptoir plein de tranchants de M. Deguin<\/p>\n\n\n\n<p>Les vieux de l\u2019hospice, et contre les murs de l\u2019\u00e9glise, la bouillasse qu\u2019il serait infect de modeler dans ses mains comme on le faisait avec le sable de l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p>La fascination de la robe noire de tante Laure et la crainte du gout de rouille des lames de couteau<\/p>\n\n\n\n<p>Le sourire d\u2019enfant perdu ou jamais eu de Tante Lily<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9licatesse des minutes \u00e9grain\u00e9e du bracelet montre tress\u00e9 de celle qui entreprend de d\u00e9chiffrer l\u2019heure<\/p>\n\n\n\n<p>Le c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te avec l\u2019homme \u00e0 la peau d\u2019une vie pass\u00e9e aux vents du dehors, le long du mur, entre les deux fen\u00eatres noires<\/p>\n\n\n\n<p>La grosse main aux poils noirs du P\u00e8re Noel et la honte que l\u2019on a attrap\u00e9, en si peu d\u2019ann\u00e9es<\/p>\n\n\n\n<p>Le ventre creux caus\u00e9 par la fille passag\u00e8re, pas habill\u00e9e, pas coiff\u00e9e, la fille pas comme les autres filles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bonhomme patient et rougit que les souvenirs maintiennent debout au milieu du salon, dans l\u2019attente de la fin de l\u2019orage<\/p>\n\n\n\n<p>Le petit froid entre Elle et Papa<\/p>\n\n\n\n<p>Les rochers rouges de la villa Palm Eden \u00e0 Golfe Juan<\/p>\n\n\n\n<p>Le murmure des plaintes sym\u00e9triques de celles que l\u2019on n\u2019aime pas embrasser<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153uf en porcelaine rempli de chocolat dans l\u2019assiette de limoges, sous la serviette empes\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019odeur de c\u00e9leri de celle qui s\u2019appelle aussi, Marcelle<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019inqui\u00e9tude produite par celui qu\u2019on ne voit jamais en entier<\/p>\n\n\n\n<p>Le gout de savon des fromages que l\u2019on ach\u00e8te \u00e0 celle qui est comme un vieil arbre aux branches tordues par les vents<\/p>\n\n\n\n<p>Le visage de la nounou qui sourit sans que ses l\u00e8vres ne se retroussent<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019odeur de caf\u00e9 et de grand air du docteur de Garches<\/p>\n\n\n\n<p>Le visage de Pascal, celui du rire franc qui vient du nez et qui claque dans l\u2019air<\/p>\n\n\n\n<p>Le gilet qui a l\u2019air trop petit de Mamie, celui un peu de travers | guingois | boutonn\u00e9 lundi avec mardi<\/p>\n\n\n\n<p>La 2 CV rouge et noir de la m\u00e8re Chapeau<\/p>\n\n\n\n<p>Le tic-tac tot\u00e9mique de la grande pendule dans le coin<\/p>\n\n\n\n<p>Le st\u00e9thoscope glac\u00e9 du docteur A.<\/p>\n\n\n\n<p>Les petits pas \u00e0 peine lev\u00e9s, presque \u00e9touff\u00e9s des pantoufles de celle qui reste<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019oncle rigolo sans doigts, avec son bras en bois<\/p>\n\n\n\n<p>Le souvenir odorant de tabac blond fondu dans un parfum musqu\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Le terrible m\u00e9tronome qui mart\u00e8le ma nonchalance<\/p>\n\n\n\n<p>Le joli petit buffet am\u00e9ricain vert d\u2019eau de Madame L\u00e9ger<\/p>\n\n\n\n<p>La belle machine \u00e0 coudre de la femme de celui qui a saut\u00e9, comme \u00e7a, en pleine action<\/p>\n\n\n\n<p>La main de Jeanine aux doigts \u00e9pais et aux ongles cern\u00e9es de terre, qui remplit le verre aussit\u00f4t qu\u2019on l\u2019a vid\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Toute la hauteur des escaliers qui d\u00e9file au travers de la fente, entre les deux portes<\/p>\n\n\n\n<p>Le nom du patron de papa &nbsp;qu\u2019on s\u2019entra\u00eene \u00e0 prononcer<\/p>\n\n\n\n<p>Des carr\u00e9s de chocolat noir tir\u00e9s d\u2019une armoire myst\u00e9rieuse massive en bois<\/p>\n\n\n\n<p>Les talons tr\u00e8s hauts noirs et brillants qui capturent les reflets de la lumi\u00e8re froide.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sourire \u00ab&nbsp;sauv\u00e9s d\u2019avance&nbsp;\u00bb du moniteur aux yeux verts<\/p>\n\n\n\n<p>Le go\u00fbt de la colle l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9sagr\u00e9able et sucr\u00e9 qui persiste sur la langue apr\u00e8s<\/p>\n\n\n\n<p>La voix tonitruante qui gueule, roule des vagues de sabir franco espagnol auquel on ne comprend rien<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ennui gris de Madame Burdin<\/p>\n\n\n\n<p>Le cr\u00e2ne de Monsieur DG, scalp\u00e9 comme les cow- boys qui se font attraper par les indiens<\/p>\n\n\n\n<p>Les charentaises de la dame au visage de pomme ratatin\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>Le tablier blanc du Docteur A., grand et impressionnant<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;L\u2019abattage des platanes du boulevard Saint-Michel en mai 1968<\/p>\n\n\n\n<p>Le tutu de coton rose qui fait r\u00eaver les mamans<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce pas chauff\u00e9e et le fromage qui s\u2019ass\u00e8che<\/p>\n\n\n\n<p>Celui dont on n\u2019a retenu ni le nom ni le pr\u00e9nom<\/p>\n\n\n\n<p>La forme tass\u00e9e sur le vieux v\u00e9lo avec sa cagette sur le porte-bagage et ses sacoches grises de chaque c\u00f4t\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Les monuments du monde entier qui me regardent tous, align\u00e9s sur le buffet<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps qui passe dans la chaleur de la moquette<\/p>\n\n\n\n<p>Les consonnes emphatiques de celle qui a grandi \u00e0 Ciechocinek<\/p>\n\n\n\n<p>Le rire de la cousine, celui qui peut mettre fin \u00e0 tous les malheurs du monde<\/p>\n\n\n\n<p>Le personnage important, mais en retrait, qui ne r\u00e8gne plus vraiment que sur sa chambre<\/p>\n\n\n\n<p>La scie et sa d\u00e9coupe minutieuse, \u00e0 vue de nez, de la quantit\u00e9 demand\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>Les tranches de mortadelle&nbsp;comme les biceps \u00e9mergeant de la chemisette \u00e0 chevrons blancs et bleus<\/p>\n\n\n\n<p>La main atrophi\u00e9e, aux petits doigts \u00e0 peine \u00e9bauch\u00e9s au-dessus de la paume<\/p>\n\n\n\n<p>Mme J. et son air triste qui s\u2019explique s\u00fbrement par cet affreux \u00ab blitz \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les hommes qui s\u2019installent dans des fauteuils, allument une cigarette, parlent de la Sarre, mot myst\u00e9rieux qui semble cacher quelque secret<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153il gauche mort, iris et pupille confondus, d\u2019un blanc laiteux ou d\u2019un gris variable<\/p>\n\n\n\n<p>Le pantalon continuellement peu net, t\u00e2ch\u00e9 d\u2019impressions d\u2019aur\u00e9oles et d\u2019odeurs discr\u00e8tes<\/p>\n\n\n\n<p>Le pourrissement des dents d\u2019un patient \u00e2g\u00e9 de 38 ans et la toxicomanie du fils adolescent<\/p>\n\n\n\n<p>La main \u00e0 quatre doigts, roses et d\u00e9charn\u00e9s, de Gaston<\/p>\n\n\n\n<p>Les instruments, froids et pr\u00e9cis, que l\u2019on colle sur la poitrine ou que l\u2019on glisse dans les oreilles<\/p>\n\n\n\n<p>La gifle re\u00e7ue que l\u2019on met en sc\u00e8ne<\/p>\n\n\n\n<p>Les petits lus dont on grignote les angles avec application pour ne pas engloutir trop vite le moment de douceur<\/p>\n\n\n\n<p>Le regard qui va du tableau \u00e0 la main gant\u00e9e de noir dont les tremblements ne cessent pas<\/p>\n\n\n\n<p>Les vol\u00e9es de mots en patois que l\u2019on cri lorsque la vie parait plus mauvaise encore que la veille<\/p>\n\n\n\n<p>La course le long de la ligne de touche, le raffut si quelqu\u2019un tente de s\u2019interposer, et ce pied, que l\u2019on n\u2019a pas vraiment vu<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tudes non, l\u2019usine plus tard, cette \u00e9poque-l\u00e0 avant les \u00e9v\u00e9nements<\/p>\n\n\n\n<p>Les cheveux raides et le joli sourire, quelque chose comme des excuses d\u2019\u00eatre aussi forte en tout<\/p>\n\n\n\n<p>Les bureaux, les taches d\u2019encre violette, le porte-plume, la sergent-major ce genre de r\u00e9miniscence aussi<\/p>\n\n\n\n<p>La vraie tendresse qu\u2019on n\u2019appelle pas comme \u00e7a, dans ces moments-l\u00e0, mais v\u00e9ritable<\/p>\n\n\n\n<p>Le papier imprim\u00e9 vichy pos\u00e9 sur la balance<\/p>\n\n\n\n<p>Le visage du l\u00e9preux qui rappelle les gueules cass\u00e9es dont les photos ornent le manuel d\u2019histoire<\/p>\n\n\n\n<p>Une houle d\u2019\u00e9toffe, de poudre, de talons, d\u2019exclamations<\/p>\n\n\n\n<p>Le vin aux yeux du fils Aunis<\/p>\n\n\n\n<p>Entre la table \u00e0 repasser et la fen\u00eatre celle qui semble arr\u00eat\u00e9e comme une horloge puis repart<\/p>\n\n\n\n<p>Le majeur et l\u2019index de la main droite couleur ma\u00efs qui d\u00e9placent le pion noir et prennent ma dame<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le wagon, le chapeau au-dessus des mots<\/p>\n\n\n\n<p>Les miettes imaginaires que l\u2019on balaye du plat de la main, pendant qu\u2019on parle<\/p>\n\n\n\n<p>Les nombreux interdits de celle qui est plus qu\u2019une voisine qui aide la m\u00e8re parce qu\u2019elle travaille<\/p>\n\n\n\n<p>Le dentier m\u00e2ch\u00e9 qui pourrait sauter de la bouche<\/p>\n\n\n\n<p>Le rhum sec du d\u00e9collage et celui sans amortisseur<\/p>\n\n\n\n<p>Les si\u00e8ges en cuir cr\u00e8me qui collent un peu et le salon bleu interdit de la maison<\/p>\n\n\n\n<p>Les poup\u00e9es russes, c\u2019est le mot sur le bout de la langue, ce qu\u2019on voudrait dire, comment dire<\/p>\n\n\n\n<p>Les conversations cass\u00e9es que l\u2019on \u00e9coute et l\u2019\u00e9tranget\u00e9 du libanais<\/p>\n\n\n\n<p>La voix grave que l\u2019on guette, dans les couloirs de l\u2019\u00e9cole<\/p>\n\n\n\n<p>Le pyjama des voisines pour le caf\u00e9 du matin<\/p>\n\n\n\n<p>La main rid\u00e9e de fatigue et le cuir qui reprend peau<\/p>\n\n\n\n<p>Le seul bruit mat, des sabots du cheval<\/p>\n\n\n\n<p>Le nom que l\u2019on a gard\u00e9, le visage qui s\u2019est \u00e9vapor\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Le grand cahier avec des mod\u00e8les sainte vierge, communion, anniversaire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019odeur d\u2019alcool m\u00e9nager qui se m\u00eale aux effluves de caf\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tage<\/p>\n\n\n\n<p>Juste l\u2019odeur de son tabac \u00e0 priser<\/p>\n\n\n\n<p>Les cheveux lib\u00e9r\u00e9s encore entortill\u00e9s par leur forme contrainte<\/p>\n\n\n\n<p>Le nom exact que l\u2019on a oubli\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Aux beaux jours, la chaine \u00e0 gros maillon autour du cou<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019heure enti\u00e8re devant soi, avec dans les poches, rien d&nbsp;&lsquo;autre que la carte de bus<\/p>\n\n\n\n<p>Les poup\u00e9es cass\u00e9es, les corps morts, les graines, les tr\u00e9sors et les papiers dont on se d\u00e9barrasse<\/p>\n\n\n\n<p>Ce blanc pris dans le bouillonnement bleu sur lequel elle r\u00e8gne<\/p>\n\n\n\n<p>Un labyrinthe de vieux buis o\u00f9 sont nos cachettes, les verres dans lesquels on a nos m\u00e9dicaments et nos c\u00e9r\u00e9moniaux<\/p>\n\n\n\n<p>Seules les mains tordues de Monsieur Bonnot, crisp\u00e9es sur ses pinceaux<\/p>\n\n\n\n<p>Une pr\u00e9sence d\u2019humanit\u00e9 absolue prenant soins de tout, de toutes et de tous.<\/p>\n\n\n\n<p>Celui qui marche \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s quand je ne marche pas encore<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la cour de l\u2019\u00e9cole, Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mari, dans l\u2019\u00e2tre de la chemin\u00e9e \u00e0 la gauche des flammes<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but, les deux dames \u00e0 la cantine, celle qui ne reviendra pas et celle qui hurle<\/p>\n\n\n\n<p>La chevelure noire arrondie et le visage concret de Bertrand<\/p>\n\n\n\n<p>Les p\u00e8res qui perdent la patience en conduisant<\/p>\n\n\n\n<p>Son nom, avec un u \u00e0 la fran\u00e7aise, qui fait comme un \u00fc \u00e0 l\u2019allemande, qui fait prononcer le d\u00e9but du pr\u00e9nom comme \u00ab rude \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>M. Chmer -la prononciation va bien avec le sourire-<\/p>\n\n\n\n<p>Un fils qui ne s\u2019appelait pas Laurent mais il y a des pr\u00e9noms qu\u2019on oublie<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019odeur rance de l\u2019alcool. Les relents de nourriture. La vieille soupe. Le rire de canard du p\u00e8re qui hurle \u00e0 tue-t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>Des doigts trop courts avec un n\u0153ud au milieu en guise d\u2019articulation<\/p>\n\n\n\n<p>Les grandes chevauch\u00e9es sauvages au milieu des villes, les ruades m\u00e9caniques des trains au petit matin<\/p>\n\n\n\n<p>Une main \u00e0 quatre doigts, le plus grand des doigts, celui du milieu a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9, c\u2019est un petit doigt tout arrondi comme une bosse<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019heure de la sieste, les volets encore clos<\/p>\n\n\n\n<p>Un grand sac pour emmener les enfants pas sages<\/p>\n\n\n\n<p>Celui qui parle du temps mat\u00e9riel, celui qui &nbsp;a les doigts jaunis par le tabac<\/p>\n\n\n\n<p>Ses mains dans l\u2019eau de javel dans cet h\u00f4tel de Vichy<\/p>\n\n\n\n<p>De bricolage, de vigne et de vendange, d\u2019\u00e9levage de poules, de pigeons et de lapins, toutes ces activit\u00e9s entre loisir et subsistance<\/p>\n\n\n\n<p>La porte qui se referme doucement, lentement il faut attendre, \u00eatre patient<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accent du Bourbonnais et des chaussures \u00e0 talons aiguilles<\/p>\n\n\n\n<p>Celui qui conduit sa camionnette tube Citro\u00ebn avec une seule main<\/p>\n\n\n\n<p>La peur au d\u00e9but puis on comprend que c\u2019est juste pour dire quelque chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa robe noire au dos vo\u00fbt\u00e9, en haut de ce petit corps pli\u00e9 en deux pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Les cicatrices sur le visage qui forment par endroit un quadrillage<\/p>\n\n\n\n<p> Un visage, un chien. Comme deux ombres noires, le chien content remue la queue<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gr\u00e2ce \u00e0 un commentaire re\u00e7u qui parlait d&rsquo;\u00e9clats, de petits bouts d&rsquo;enfance que l&rsquo;on a en commun, je me suis mise \u00e0 arpenter les textes des autres \u00e0 la recherche de ces petits bouts et je n&rsquo;ai pas su m&rsquo;arr\u00eater. Je crois que c&rsquo;est dans cette r\u00e9colte, trouver dans le texte des autres mon regard d&rsquo;enfant en isolant un petit <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/enfance01-eclats-denfance-hommage-en-cut-up-dans-vos-textes-jai-trouve\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#enfances #01 | \u00e9clats d&rsquo;enfance, hommage en cut-up &#8211; dans vos textes j&rsquo;ai trouv\u00e9&#8230;<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":428,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[5153,5128,1],"tags":[],"class_list":["post-139400","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-01-sarraute-m-bilit","category-enfances","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/139400","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/428"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=139400"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/139400\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=139400"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=139400"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=139400"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}