{"id":14026,"date":"2019-10-31T01:01:45","date_gmt":"2019-10-31T00:01:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=14026"},"modified":"2019-11-03T16:24:04","modified_gmt":"2019-11-03T15:24:04","slug":"quelques-27-septembre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/quelques-27-septembre\/","title":{"rendered":"quelques 27 septembre"},"content":{"rendered":"\n<p>27-9-2006<\/p>\n\n\n\n<p>mes\norteils, qui remuent de temps en temps pour chasser le petit cri du\nfroid, me rappellent la futilit\u00e9 du monde autour de moi, et de moi\nen ce monde \u2013 avec une force que je d\u00e9noue par l\u2019id\u00e9e que cette\nlucidit\u00e9 qui me revient avec la pluie, pourrait, par l\u00e0, \u00eatre\nsoup\u00e7onn\u00e9e de futilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>27-9-2008<\/p>\n\n\n\n<p>une\nmatin\u00e9e de 27 septembre presqu&rsquo;active au royaume de la banalit\u00e9, \n<\/p>\n\n\n\n<p>savour\u00e9\nla lumi\u00e8re et la fa\u00e7on tendre qu&rsquo;elle a de caresser Saint Didier&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>contr\u00f4l\u00e9\nla lente d\u00e9coloration des feuilles et l&rsquo;annonce du rose ou du jaune,\npuis du roux ou du brun, qui va les envahir rang\u00e9 mes achats, fait\nun peu de cuisine, piqu\u00e9 du nez<\/p>\n\n\n\n<p>27-9-2010\n\n<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0\nCalvet : dans nouvelle salle, je me retourne, me fige face \u00e0 face\navec \u00abD\u00e9ch\u00e9ance\u00bb de Soutine, et la regarde pendant qu&rsquo;elle me\nfixe. Du coin de l&rsquo;oeil je voyais, en fuite sur le m\u00eame mur, les\nautres tableaux tourment\u00e9s, t\u00e2ches de couleurs qui m&rsquo;attiraient\npendant qu&rsquo;elle me retenait, et puis je sentais, hors de vue, une\npr\u00e9sence, un visage, du noir, deux taches \u00e9normes qui \u00e9taient des\nmains, mais j&rsquo;en revenais \u00e0 la femme avec un attachement complice.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai\nsenti un mouvement et un homme, dans le mitan de l&rsquo;\u00e2ge, en v\u00eature\ngardien, est apparu, un peu comme s&rsquo;il glissait, sortant de derri\u00e8re\nun \u00e9pi pourtant une face rubiconde de Rouault, et s&rsquo;est avanc\u00e9 en\ndisant je ne sais plus quoi et, comme je souriais, il a encha\u00een\u00e9\npar la satisfaction, apr\u00e8s des ann\u00e9es d&rsquo;attente, de l&rsquo;ouverture de\ncette salle, y ai r\u00e9pondu par mon plaisir de retrouver ce tableau\n(vu dans je ne sais plus quelle r\u00e9trospective). et, comme des amis,\n\u00e9changeant des mots sans phrase, des sensations, sommes lentement\npass\u00e9s devant le vieillard, un paysage de C\u00e9ret \u2013 tr\u00e8s compos\u00e9,\nbeau, parmi les plus stables \u2013, ignorant toujours ce qui \u00e9tait\ndans notre dos, mais lui, plant\u00e9, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0\ntourn\u00e9 vers \u2013  je le voyais maintenant \u2013  l&rsquo;idiot, et il disait\nqu&rsquo;apr\u00e8s avoir aim\u00e9 sp\u00e9cialement la femme, c&rsquo;\u00e9tait cette\ninterrogation, ces mains et surtout le regard, absent et fascinant\nqui lui plaisaient et que d&rsquo;ailleurs on lui avait sugg\u00e9r\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire\nune note sur lui, mais qu&rsquo;il ne pouvait pas, que chaque fois il\nrenon\u00e7ait&#8230; j&rsquo;ai risqu\u00e9 que pour lui rendre justice, au gar\u00e7on,\n&lsquo;il fallait \u00eatre schizophr\u00e8ne, libre avec les mots, la syntaxe.\nAlors il s&rsquo;est \u00e9loign\u00e9, a \u00e9t\u00e9 prendre dans son sac pos\u00e9 \u00e0 terre\n\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa chaise, une fine bande de papier couverte d&rsquo;une\npetite \u00e9criture pench\u00e9e et m&rsquo;a dit que ce matin justement \u00e7a lui\n\u00e9tait venu et il a lu \u2013  je l&rsquo;ai \u00e9cout\u00e9, parce que c&rsquo;\u00e9tait\n\u00e9videmment ce qu&rsquo;il fallait faire, me suis autoris\u00e9e \u00e0 trouver\ncela pas mal, pas mal du tout, cela qui parlait simplement de la\ncaptation par le gar\u00e7on de ceux qui le regardaient, et de sa fa\u00e7on\nde les entra\u00eener dans son absence. Pour lui montrer que j&rsquo;\u00e9coutais,\nje lui ai sugg\u00e9r\u00e9 d&rsquo;enlever une s\u00e9rie de pronoms relatifs et de\nles remplacer par des virgules, ou des tirets ; il a essay\u00e9, et cela\nlui a plu. Alors nous avons continu\u00e9, et il m&rsquo;a pardonn\u00e9 de ne pas\naimer Chabaud, ce qui est ici de l&rsquo;ordre du crime. Nous avons dit que\nle Gleizes valait mieux que l&rsquo;oubli relatif dans lequel \u00e9tait tomb\u00e9\nle peintre, mais je lui ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 un grand Gris qui est pr\u00eat\u00e9\npour quelque temps, m\u00eame si cette toile n&rsquo;est pas parmi ses\nmeilleures, un peu trop d\u00e9corative, comme il me l&rsquo;a fait remarquer \u2013\nvengeance pour avoir pos\u00e9 ce mot sur Chabaud).<\/p>\n\n\n\n<p>27-9-2011<\/p>\n\n\n\n<p>Une\nimage ou l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une rue canyon entre immeubles grimpants,\nbrouill\u00e9s, traits allusifs, inattentifs, cr\u00e9pusculaires ou noy\u00e9s\nde brume \u2013 verticales noires, grises ou d&rsquo;un blanc sale, et petites\nnotes de couleur circulant sur la rive basse de ce tableau que\nj&rsquo;imagine<\/p>\n\n\n\n<p>Une\nplace vide, le soleil, des tables, des parasols clos en fl\u00e8ches, &#8211;\nnoy\u00e9s, silhouettes, \u00e9mergeant parfois -, et l&rsquo;affirmation d&rsquo;un\nrempart, du ciel, et d&rsquo;arbres en tr\u00e8s gros bouquets de feuilles.<\/p>\n\n\n\n<p>La\nrencontre heurt\u00e9e de ces deux id\u00e9es de la ville, leur m\u00e9lange\nd\u00e9naturant.<\/p>\n\n\n\n<p>La trace, entre elles, de la pr\u00e9sence, un instant, perdue, cach\u00e9e, ou presque, d&rsquo;une Brigitte \u00e9gar\u00e9e, h\u00e9sitant \u00e0 s&rsquo;effacer ou \u00eatre&#8230; qui ce mardi n&rsquo;est pas sortie.<\/p>\n\n\n\n<p>Mauvais\njour.<\/p>\n\n\n\n<p>27-9-2014<\/p>\n\n\n\n<p>Aux petites heures de ma troisi\u00e8me venue au jour, vers neuf heures, moment bri\u00e8vement angoissant, quand le son, l&rsquo;image, les yeux qui se trouvent priv\u00e9s de lumi\u00e8re, tout meurt d&rsquo;un coup. En chemise de nuit entreb\u00e2iller la porte pali\u00e8re, un bras pass\u00e9, t\u00e2tonnant pour appuyer sur le bouton &#8211; la minuterie ne s&rsquo;allume pas. Coeur d\u00e9nou\u00e9, tartine de confiture, une goutte de caf\u00e9, fin du d\u00e9shabillage, entrer dans la douche en s&rsquo;appuyant au mur dans la nuit &#8211;  la lumi\u00e8re revient avec l&rsquo;eau.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais\nau bout d&rsquo;une petite demi-heure environ, connexion en mode refus.<\/p>\n\n\n\n<p>27-9-2018<\/p>\n\n\n\n<p>En relisant mon journal de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, dans cette nuit de p\u00e9nible insomnie, o\u00f9 des pens\u00e9es mauvaises tournoyaient, en jouant pour parfaire la distraction  \u2013 avec une d\u00e9termination qui doucement devenait inutile \u2013, \u00e0 chercher des mentions se rapportant au 27 septembre, ai v\u00e9rifi\u00e9 la tranquille banalit\u00e9 de ma vie \u2013 me suis \u00e9tonn\u00e9e aussi, avec une pointe de honte vite \u00e9vanouie, de constater que, m\u00eame lorsque j&rsquo;ai not\u00e9 autre chose que la couleur du ciel et \u00e9ventuellement l&rsquo;humeur de mes jambes ou autre partie de mon individu, il ne soit jamais question de cette chose semble-t-il parfaitement n\u00e9gligeable qu&rsquo;est l&rsquo;\u00e9tat du monde \u2013 honte vite \u00e9vanouie parce que suis bien persuad\u00e9e (ou veux l&rsquo;\u00eatre) qu&rsquo;en fait il m&rsquo;importait tant que je n&rsquo;osais l&rsquo;aborder comme d&rsquo;autres broutilles de m\u00eame acabit.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>&lsquo;publi\u00e9 le 27 septembre 2019)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>27-9-2006 mes orteils, qui remuent de temps en temps pour chasser le petit cri du froid, me rappellent la futilit\u00e9 du monde autour de moi, et de moi en ce monde \u2013 avec une force que je d\u00e9noue par l\u2019id\u00e9e que cette lucidit\u00e9 qui me revient avec la pluie, pourrait, par l\u00e0, \u00eatre soup\u00e7onn\u00e9e de futilit\u00e9. 27-9-2008 une matin\u00e9e de <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/quelques-27-septembre\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">quelques 27 septembre<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":95,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1,1090],"tags":[],"class_list":["post-14026","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-atelier","category-ete-2019-08-nos-27-septembre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14026","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/95"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14026"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14026\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14026"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14026"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14026"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}