{"id":140623,"date":"2023-11-20T13:26:47","date_gmt":"2023-11-20T12:26:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=140623"},"modified":"2023-12-10T14:25:44","modified_gmt":"2023-12-10T13:25:44","slug":"enfances-4i-vacance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/enfances-4i-vacance\/","title":{"rendered":"#enfances #04 I vacance"},"content":{"rendered":"\n<p>Vacance. Pas les plurielles, les officielles, les collectives, avec leur rituel (le sapin, les cadeaux \u00e0 No\u00ebl, les pistes de ski en f\u00e9vrier, le bord de mer l\u2019\u00e9t\u00e9), non, la chip\u00e9e, la surnum\u00e9raire, celle rien que soi, tandis que dehors le monde continue de s\u2019agiter. Pas d\u2019embouteillage, de programme, d\u2019activit\u00e9s, rien. Du temps. Rester au lit. \u00catre autoris\u00e9e \u00e0 rester au lit en pleine journ\u00e9e. Le lit devenu monde, \u00eele, cabane. Le soir, un peu patraque et puis le verdict du thermom\u00e8tre. Esp\u00e9rer. Si la barre du 38 est atteinte, c\u2019est gagn\u00e9. D\u00e8s le soir, pouvoir manger couch\u00e9e. Le plateau amen\u00e9 au lit, les coussins redress\u00e9s. Savoir que le temps va pouvoir s\u2019\u00e9tirer. Pas de r\u00e9veil en fanfare, pas de course \u00e0 la salle de bain, pas de compte \u00e0 rebours, pas de trajet tendu, pas de feu \u00e0 esp\u00e9rer vert, seulement du silence. Les grands-parents sont pr\u00e9venus, le relai organis\u00e9. N\u2019avoir \u00e0 s\u2019occuper de rien. Se laisser porter. Bercer. S\u2019endormir, s\u2019\u00e9veiller, ouvrir les yeux et la savoir l\u00e0, assise sur la chaise recouverte de cuir, au pied du lit, qui veille. Etranget\u00e9 de la voir endimanch\u00e9e, dans cette chambre o\u00f9 elle ne vient normalement jamais, ma\u00eetresse d\u2019une maison qui n\u2019est pas la sienne, un peu g\u00ean\u00e9e elle qui l\u2019est habituellement si peu, pr\u00e9cautionneuse, silencieuse, discr\u00e8te, elle qui habituellement parle haut, rie, \u00e9ternue, avec emphase. Parfois ils se relaient. Ou s\u2019additionnent. Quatre \u00e0 veiller. A se faire des politesses. Les observer depuis le lit, amus\u00e9e. S\u2019abandonner. \u00c9couter les bruits au loin, les pas dans le couloir. C\u2019est l\u2019heure du go\u00fbter. La chaleur du bol tenu entre les mains, l\u2019odeur de la verveine, la madeleine, la traditionnelle, celle qu\u2019elle am\u00e8ne aux malades qu\u2019elle va visiter. Autour, on va on vient, on est aux petits soins. L\u2019enfant est malade. On lui met des draps propres, la borde, lui lave le visage au gant, le torse, les aisselles, \u00e0 l\u2019eau ti\u00e8de, lui brosse les cheveux. Se laisser soigner. Dehors la ville, le bruit, le monde. S\u2019enfoncer sous les draps, \u00e9tirer ses jambes, ses pieds, ses orteils, ses bras, et sentir le temps qui s\u2019\u00e9tire. Et puis le soir, la maison qui reprend son rythme habituel, la porte qui s\u2019ouvre, les voix, les pas rapides dans l\u2019escalier, on parle du travail, de l\u2019\u00e9cole, on s\u2019agite. Gagner un jour. Ou deux. Viendra un moment o\u00f9 la r\u00e9clusion p\u00e8sera. Il sera temps de retrouver la classe, les devoirs, la cantine, et la course du matin. D\u2019ici l\u00e0, il y aura le temps de la convalescence. Pouvoir lire, jouer \u00e0 tricotin, \u00e0 ficelle, avec celle qui patiemment veille. Conna\u00eetre la chambre aux volets ouverts, \u00e9clair\u00e9e par la lumi\u00e8re du jour, depuis le lit. N\u2019avoir rien d\u2019autre \u00e0 faire que de se sentir exister.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vacance. Pas les plurielles, les officielles, les collectives, avec leur rituel (le sapin, les cadeaux \u00e0 No\u00ebl, les pistes de ski en f\u00e9vrier, le bord de mer l\u2019\u00e9t\u00e9), non, la chip\u00e9e, la surnum\u00e9raire, celle rien que soi, tandis que dehors le monde continue de s\u2019agiter. Pas d\u2019embouteillage, de programme, d\u2019activit\u00e9s, rien. Du temps. 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