{"id":141536,"date":"2023-12-02T16:00:22","date_gmt":"2023-12-02T15:00:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=141536"},"modified":"2023-12-02T15:53:03","modified_gmt":"2023-12-02T14:53:03","slug":"enfances-06-voix-de-canule-et-autres-silenzio","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/enfances-06-voix-de-canule-et-autres-silenzio\/","title":{"rendered":"#enfances #06 | Voix de canule (et autres Silenzio\u00a0!)"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><em><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=138841\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=138841\">notes sur l&rsquo;\u00e9tablissage du texte<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"voix-une\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p id=\"voix-une\">L\u2019expression consacr\u00e9e veut que les paroles s\u2019envolent et les \u00e9crits restent. Mais les voix\u00a0? Quand les souvenirs passent, que les visages s\u2019effacent, du temps o\u00f9 la parole ne connaissait presque rien de son pouvoir et de l\u2019\u00e9criture, ou si peu, car tout restait \u00e0 apprendre\u00a0? <em>Tout, et aujourd\u2019hui encore<\/em>, lui semblait-il. Mais les voix\u2026 Elles s\u2019\u00e9teignent avec le temps, \u00e9videmment. Mais si c\u2019\u00e9tait ce qui reste, justement, quand les paroles se sont envol\u00e9es\u2026\u00a0? <em>ou quelque chose en elle, qui reste au moment de l\u2019envol, conserve la facult\u00e9 d\u2019envol, en attendant l\u2019\u00e9criture\u2026\u00a0?<\/em> imaginait-il, <em>ce qui du timbre, du grain ou je-ne-sais-quoi, \u00e9lectron libre reconnaissable m\u00eame en parlant la langue la plus \u00e9trang\u00e8re, <\/em>\u00ab\u00a0Irr\u00e9m\u00e9diablement \u00e9trang\u00e8re. \u2014 Ali\u00e9nante, \u00e9galement\u00a0\u00bb<em>, peut-\u00eatre\u2026<\/em> <em>un presque rien qui s\u2019y substitue, la repr\u00e9sente, l\u2019annonce m\u00eame, appelle l\u2019\u00e9crit, de sorte qu\u2019il finisse par se pr\u00e9senter\u2026 enfin\u2026 terme d\u2019un d\u00e9veloppement de dramaturgie intime\u00a0?<\/em> Et il s\u2019\u00e9tonnait de cette \u00e9trange d\u2019id\u00e9e qui lui \u00e9tait venue des textes des autres qu\u2019il lisait en ligne autour de, sur, <em>dans\u00a0?<\/em> la voix, en relevant la t\u00eate d\u2019un \u0153il qui semblait pouvoir percer l\u2019\u00e9cran, et voir derri\u00e8re ce qu\u2019il imaginait et r\u00e9inventait par petits bouts, du coq \u00e0 l&rsquo;\u00e2ne.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"voix-une\">\u00ab\u00a0voix de pipe\u00a0\u00bb, oui, et alors\u00a0si on prenait la voix par l\u2019objet quotidien, familier, intime, par les gestes qu\u2019il implique, par tout ce qui arrive, quand on pr\u00e9pare le tabac, quand on allume et \u00e7a rougeoie, \u00e0 grandes bouff\u00e9es, la bouche en forme de clapet et la fum\u00e9e qui s\u2019envole, les mots au fond des yeux s\u2019\u00e9chappant avec elle, une note de caramel amer surprise sur la langue, <em>Qu\u2019est-ce que je disais d\u00e9j\u00e0\u00a0?<\/em> | \u00ab\u00a0je passe simplement, juste un sourire suffit\u00a0\u00bb, comme un mot tout en retenue, annonc\u00e9, prononc\u00e9\u00a0? non, juste \u00e7a en passant, mais j\u2019ai tout entendu, et je reconnais la voix de l\u2019inconnu qui n\u2019a rien dit, sauf un sourire jusqu\u2019aux commissures des paupi\u00e8res | \u00ab\u00a0toute une m\u00e9t\u00e9o li\u00e9e ainsi au timbre, au ton d\u2019une voix et au silence\u00a0\u00bb, avec derri\u00e8re le voile de fum\u00e9e ses deux phares qui viennent de s\u2019allumer dans un brouillard \u00e0 couper, une aubaine pour le retour du brise-glace, \u00ab\u00a0sur l\u2019embouchure les soirs de temp\u00eate quand l\u2019eau du fleuve d\u00e9fie celle de l\u2019oc\u00e9an\u00a0\u00bb | \u00ab\u00a0seul un arbre qu\u2019elle avait choisi pour lui\u00a0\u00bb, et sur chaque feuille un timbre, une modulation, un vibrato, un tr\u00e9molo, un cri, une extinction, un train en appelant un autre, <em>e silenzio\u00a0! silenzio please\u00a0!<\/em> pour les fleurs, les fruits et la cueillette | \u00ab\u00a0elle est le murmure de ce dont on ne se souvient pas quand on joue \u00e0 faire le bruit du papier en remuant les feuilles mortes\u00a0\u00bb, \u00e0 petits pas, tout petits, parce qu\u2019elle ne pouvait plus lever les pieds bien haut, on aurait dit qu\u2019elle glissait, et d\u2019ailleurs c\u2019\u00e9tait \u00e7a ce froissement, ce murmure, elle glissait les mains dans le dos, les doigts agit\u00e9s, tricotant ce qu\u2019elle marmonnait, ce qu\u2019elle se racontait bas, tout bas \u00e0 part soi, \u00e0 petits pas, en tra\u00eene-savates | \u00ab\u00a0la bo\u00eete vocale\u2026 des films familiaux, les Super 8 muets\u2026 les cassettes HHS rong\u00e9es par le temps\u2026\u00a0\u00bb et la m\u00eame voix pas raccord, toujours plus ou toujours moins amplifi\u00e9e et d\u00e9form\u00e9e, \u00ab\u00a0les vid\u00e9os stock\u00e9es sur des disques durs\u2026 avec le smartphone\u2026\u00a0\u00bb, action, couper-coller, en deux ou trois clics, ou un bloc de coupe de bandes magn\u00e9tiques sous la lampe de bureau, le moteur du projecteur, le c\u00f4ne de lumi\u00e8re sur un mur gren\u00e9, et ces voix de poussi\u00e8re en suspension sur \u00ab\u00a078 tours de ronde noire avec le gr\u00e9sillement\u00a0\u00bb surprise\u2026<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p id=\"vois-deux\">\u00ab\u00a0ce petit air de tabac froid qui accompagnait d\u00e9j\u00e0 les sons enrou\u00e9s\u00a0\u00bb, dans la voix ce petit air froid de sons enrou\u00e9s, du timbre ce petit air aux sons rou\u00e9s, d\u00e9j\u00e0 accompagn\u00e9 de coups de tabac froid, roul\u00e9s en canulaire anneau, qui d\u2019un air sonn\u00e9, timbr\u00e9, \u00e0 petits coups de canule, tabass\u00e9, roi sans effet, voix sans air, sans compagnie, sans roue, qui d\u00e9j\u00e0 <em>cannul\u00e9e<\/em> \u2014 <em>et toujours cet air de br\u00e8che, mais \u00e0 quoi bon\u00a0? une phrase me parle, m\u2019accroche, un peu fort et sec, et alors\u00a0? faut-il en perdre ses moyens et pour finir son latin, \u00e0 ne plus savoir o\u00f9 l\u2019on veut en venir, nulle part bien s\u00fbr, sauf \u00e0 masquer la chose, de ces pertes et des chemins qui ne m\u00e8nent nulle part, et tiens en voil\u00e0 un autre ouvrage\u00a0! s\u00fbr qu\u2019on n\u2019y m\u00e2che pas ses mots, qu\u2019on appelle un chat un chat, une gorge une gorge, une canule une canule, comme <\/em>\u00ab\u00a0dans les col\u00e8res de ma grand-m\u00e8re\u00a0\u00bb<em>, et c\u2019est la seule fa\u00e7on de donner de la voix \u00e0 ce qui n\u2019en avait pas, \u00e0 celui qui n\u2019en avait plus, n\u2019en pouvait plus, ne voulait plus, comme \u00e0 tous ceux qui l\u2019accompagnaient, parce qu\u2019ils l\u2019avaient attrap\u00e9e eux aussi, comme une maladie contagieuse, peut-\u00eatre d\u2019un animal enrag\u00e9, la canule qui s\u2019attaque aux voix, la corde vocale \u00e0 l\u2019estomac pour une parole en touffe de crins, tous ils l\u2019avaient eue, peut-\u00eatre pour mieux l\u2019accompagner, peut-\u00eatre pour mieux le comprendre, sans un mot, sans bouger les l\u00e8vres, ou juste un tremblement, un d\u00e9raillement, la b\u00eate qui te machine la gueule, fort et sec mais tu t\u2019accroches avec cette voix, \u00e0 la courbe au bout du lit, au volet roulant, au verre d\u2019eau plein, un passant sur le trottoir, du jeu dans la poign\u00e9e, la luminosit\u00e9 a chang\u00e9, \u00e0 ces ramures qui flottent, le trou du gilet, la clef au fond de la poche, le t\u00e9l\u00e9phone pour quoi faire\u00a0? un petit oiseau vient de passer, tu t\u2019accroches, <\/em>\u00ab\u00a0elle parle de tout, et pourtant jamais je n\u2019entends pas sa voix\u00a0\u00bb<em>, <\/em>\u00ab\u00a0la t\u00eate doucement l\u00e9g\u00e8re yeux ferm\u00e9s\u00a0\u00bb<em>, <\/em>\u00ab\u00a0IL souffle mais n\u2019ai pas entendu sa VOIX\u00a0\u00bb<em>, et le rire\u00a0! imagine un peu \u00e7a, de rire sans cordes vocales, un rire de canule, imagine \u00e7a pour le coup, un grand canular\u00a0! lui qui riait de bon c\u0153ur, \u00e0 grands \u00e9clats, \u00e0 gorge d\u00e9ploy\u00e9e comme on dit, s\u2019il y en a pour qui tout en rondeur <\/em>\u00ab\u00a0le rire ronfle plut\u00f4t qu\u2019il nasille\u00a0\u00bb<em> alors imagine, comment \u00e7a fait au sortir de la canule, comment \u00e7a crique au lieu que \u00e7a grince, comment \u00e7a craquette au lieu de gr\u00e9siller, au fond de la grotte aussi creuse qu\u2019herm\u00e9tique, imagine \u00e7a, ce rire \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer qu\u2019il passe dans l\u2019autre sens, par les intestins, quitte \u00e0 inventer des cordes rectales\u00a0! alors oui, oui tu t\u2019accroches, tu t\u2019y accroches comme tu peux \u00e0 cette voix si sourde de canule, de tabac froid, de pipe, de fum\u00e9e, d\u2019\u00e9cran et rideau, e silenzio\u2026\u00a0!<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"voix-trois\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p>Et \u00ab\u00a0les poings tambourinant contre la porte de la chambre o\u00f9 elle est mont\u00e9e s\u2019enfermer\u00a0\u00bb\u2026 <em>Elle<\/em>, la voix qu\u2019il entendait derri\u00e8re, qui monte et qui s\u2019enferme, le mot sur le bout de la langue, l\u2019estomac au bord des l\u00e8vres, qui s\u2019accroche au rebord de la canule, \u00ab\u00a0qui r\u00e9sonne et rebondit [\u2026] sur les parois de la grotte\u00a0\u00bb au fond de ce trou, la grotte, la caverne aval\u00e9e, rendue, qui se r\u00e9verb\u00e8re et se r\u00e9fl\u00e9chit sur les parois de la chambre comme un poing retourn\u00e9. Comment on en \u00e9tait arriv\u00e9 l\u00e0\u00a0? Qu\u2019elle \u00e9tait loin la \u00ab\u00a0douceur du miel dans la gorge de celle qui appelle et dispose sur la toile cir\u00e9e les bols au vieux d\u00e9cor de Gien\u00a0\u00bb. Loin le temps, pas si lointain pourtant, de la tranche \u00e9paisse coup\u00e9e dans la miche, grill\u00e9e, un peu br\u00fbl\u00e9e, \u00e0 gratter de la pointe du couteau le noir amer, \u00e0 recouvrir de la soie ambr\u00e9e du lait bouilli, saupoudr\u00e9e de sucre cristal et mordre, sans autre mot que les gestes de cette main velue et charnue, toute \u00e0 son affaire de pain \u00e0 gratter, de cr\u00e8me \u00e0 \u00e9taler, de sucre en pluie. Sans autre voix que celle de la radio, du vieux poste couleur vanille, la bande des ondes d\u2019argent bleut\u00e9, l\u2019aiguille rouge qui allait et venait en cr\u00e9pitant, d\u2019un timbre forc\u00e9ment nasillard, et certainement gr\u00e9sill\u00e9 par les matins de brouillard. Et par tout ce qui en sortait. Quoi\u00a0? Les infos de la matinale, un documentaire historique, une \u00e9mission de divertissement, des chansons de vari\u00e9t\u00e9\u00a0? Mais toujours le \u00ab\u00a0mat\u00e9riau vivant, troublant, \u00e9mouvant qui ressemble \u00e0 une b\u00eate prisonni\u00e8re dans la cage de son support physique\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab\u00a0Qu\u2019est-o \u00e7hieu asteur\u00a0?\u00a0\u00bb | \u00ab\u00a0Dame zou v\u2019l\u00e0 beune\u00a0!\u00a0\u00bb | | O l\u2019est mon jheneuil qui m\u2019fait dau maux.\u00a0\u00bb | \u00ab\u00a0Mais o\u00f9 est-o qu\u2019o l\u2019est qu\u2019il est\u00a0?\u00a0\u00bb | \u00ab\u00a0Oh ben o mouille et o fait fr\u00e9 aneu\u00a0!\u00a0\u00bb | \u00ab\u00a0Taises-tu donc l\u2019ajhasse au lieu d\u2019jahspiller\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> Quelques notes de plus dans le cahier des expressions patoisantes qu\u2019il a pu entendre. En se demandant si les voix, sans l\u2019accent et les mots propres au patois, auraient \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rentes les voix\u00a0? <em>Elles appartiennent \u00e0 leur langue, les voix\u00a0?<\/em> L\u2019id\u00e9e de la langue \u00e9trang\u00e8re revenait, en sens inverse. Et avec, l\u2019image de la t\u00e9l\u00e9 qui restait allum\u00e9e tout le repas. Une Radiola en noir et blanc sur une sorte de gu\u00e9ridon \u00e0 quatre fr\u00eales pieds de m\u00e9tal \u00e0 roulettes. Un plateau dessous o\u00f9 s\u2019entassaient les T\u00e9l\u00e9 7 Jours et La Haute Saintonge Hebdo. Il fallait se lever de table pour changer de cha\u00eene et appuyer sur l\u2019un des six ou huit boutons. La t\u00e9l\u00e9 s\u2019\u00e9branlait. Tout le monde \u00e9tait l\u00e0. Tout le monde tournait la t\u00eate, regardait la t\u00e9l\u00e9. Lui le premier, assis sur un placard, le dos au mur, pr\u00e8s de la cuisini\u00e8re qui chauffait en ronronnant. Seul le p\u00e8re Fissou ne se retournait pas. Les images et les voix dans le dos, il terminait son repas comme il l\u2019avait commenc\u00e9, sans un mot. Ou presque rien, juste pour demander un je-ne-sais-quoi en balan\u00e7ant le bras, la main, un doigt tors vers l\u00e0, ou \u00e7a, et peut-\u00eatre en relevant la t\u00eate, d\u00e9couvrant comme d\u2019un mot une chose, de rien, \u00ab\u00a0sourde et retenue, bouche pinc\u00e9e \u2014\u00a0rien qu\u2019un trait, pas de l\u00e8vres\u00a0\u00bb, surmont\u00e9 d\u2019une moustache fournie, drue, couleur tabac. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque des ni oui ni non, du schmilblick, de la phrase \u00e0 trous et des jeux de mots improbables. L\u2019heure de la t\u00e9l\u00e9 bocal envahissant la pi\u00e8ce \u00e0 vivre, deux ou trois constellations de mouches pendues au plafond sur un serpentin de papier adh\u00e9sif,<em> pour un dialogue de muets aux accents effar\u00e9s.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0ta voix qui d\u00e9sarmait la violence \u00e9ventuelle de tes phrases\u00a0\u00bb, quand avec les premiers reproches il tournait les talons, s\u2019en allait on ne sait o\u00f9 d\u2019un grand geste en bougonnant tout haut des choses adress\u00e9es au ciel | \u00ab\u00a0dans la garrigue de sa voix s\u00e8che, piquante\u00a0\u00bb, l\u2019\u0153il par-dessus ses lorgnons sales, sourcilleux comme l\u2019archet qui ne l\u00e2che pas la fl\u00e8che qu\u2019il vient de d\u00e9cocher, mesure sa course, sa courbe vers la cible en plein c\u0153ur, sans l\u00e2cher les haricots qu\u2019elle continue \u00e0 \u00e9queuter, ou \u00e0 \u00e9grener, un \u00e0 un, d\u2019un geste machinal, \u00e0 les jeter dans la cocotte, \u00e0 en reprendre une poign\u00e9e dans un bassiot ou un si\u00e2 | \u00ab\u00a0la voix clope au bec, la voix \u00e0 casquette\u00a0\u00bb, \u00e0 faire crisser le pied de chaise sur le lino fendu, d\u00e9chir\u00e9, apr\u00e8s le caf\u00e9 dans le verre de vin, la clope roul\u00e9e entre les doigts gourds et deux ou trois coups de langue sur le papier, la casquette \u00e0 carreaux gris chop\u00e9e sur le frigo, les rebords noirs de crasse, plaqu\u00e9e sur le cr\u00e2ne d\u00e9garni \u00e0 faire rebiquer les boucles autour des tempes d\u2019un gris jaune, en baragouinant des syllabes m\u00e2chouill\u00e9es avec la clope qui sautait\u2026<\/p>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>notes sur l&rsquo;\u00e9tablissage du texte L\u2019expression consacr\u00e9e veut que les paroles s\u2019envolent et les \u00e9crits restent. Mais les voix\u00a0? Quand les souvenirs passent, que les visages s\u2019effacent, du temps o\u00f9 la parole ne connaissait presque rien de son pouvoir et de l\u2019\u00e9criture, ou si peu, car tout restait \u00e0 apprendre\u00a0? Tout, et aujourd\u2019hui encore, lui semblait-il. Mais les voix\u2026 Elles <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/enfances-06-voix-de-canule-et-autres-silenzio\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#enfances #06 | Voix de canule (et autres Silenzio\u00a0!)<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":158,"featured_media":141548,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[5257,5128,1],"tags":[370],"class_list":["post-141536","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-06-ryoko-sekiguchi-la-voix","category-enfances","category-atelier","tag-voix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/141536","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/158"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=141536"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/141536\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/141548"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=141536"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=141536"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=141536"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}