{"id":144092,"date":"2024-01-29T16:59:56","date_gmt":"2024-01-29T15:59:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=144092"},"modified":"2024-01-29T18:49:24","modified_gmt":"2024-01-29T17:49:24","slug":"144092-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/144092-2\/","title":{"rendered":"#gestes&#038;usages #02 | se relever"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Je suis horizontale mon dos a la souplesse du sol la peau dans la terre l\u2019herbe pousse en m\u00eame temps que moi je suis monde j\u2019apprends ma g\u00e9ographie les limites les fronti\u00e8res tout ce que j\u2019attrape devient mien je le goutte une main s\u2019approche du creux de la paupi\u00e8re cherche le chemin Le chemin pour trouver le pouce le pouce trouve l\u2019ar\u00eate longe le sillon du nez le pouce dans la bouche succion qui me satisfait pleinement une mouche au plafond des ombres qui bougent les pieds dans le bleu du ciel attrap\u00e9s je me retourne dans le draps je roule d\u2019un c\u00f4t\u00e9 l\u2019autre en culbuto et la porte o\u00f9 arrive ceux qui vont tout m\u2019apporter et la fen\u00eatre avec les feuilles coll\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re et la porte et la fen\u00eatre toute bleu et le barreau. Je suis horizontale mais je voudrais \u00eatre verticale je me dresse devant la table je tombe me rel\u00e8ve pour mieux saisir le rebord de la table je longe le c\u00f4t\u00e9 tous les c\u00f4t\u00e9s je saisis bien le contour je teste avec mes pieds grenouilles avec mes mains chercheuses d\u2019accroche ceux qui m\u2019apportent l\u2019apaisement me tendent les bras je suis verticale je vais vers les bras tendus je vole dans l\u2019espace sans appui je tiens je n\u2019ai plus de prise je tombe je me rel\u00e8ve j\u2019oscille dans le vide devant derri\u00e8re je fais marche arri\u00e8re je tombe sur les fesses \u00e0 quatre pattes je retourne \u00e0 la table je me rel\u00e8ve. Je suis verticale.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est verticale mais \u00e0 chaque entra\u00eenement redevient horizontale. Se rel\u00e8vera mais pas avant de se r\u00e9aligner sur le plancher du studio. Pour un aujourd\u2019hui neuf. Reprendre comme si c\u2019\u00e9tait pour la premi\u00e8re fois en trouvant les sensations de la colonne qui serpente le corps, en saisissant les points d\u2019appui, les espaces et les ponts. Une peau sur laquelle on ferait couler de la peinture, une silhouette qui s\u2019imprimerait sur une feuille. Picasso avec les constellations. Les points s\u2019\u00e9tirent pour prendre le bon volume, le bon \u00e9quilibre. S\u2019\u00e9tirer en \u00e9toile, de toutes ses facettes, sur les c\u00f4t\u00e9s, sur le ventre avec le sol pour correcteur, repasser pour enlever les plis d\u2019hier, les froissements d\u2019une semaine, les contractions, les verrouillages, les collages, les traces, les poussi\u00e8res. S\u2019accorder ce m\u00e9nage la. Elle s\u2019\u00e9tire au de \u00e7\u00e0 de ce qui semble \u00eatre sa limite. Arbre avec des racines, de la plus petite d\u2019entre elles, du bout du bout de ses orteils, de l\u2019algus au quintus en passant par les trois coups de pied jusqu\u2019au talon. Arbre avec des branches infinies qui pourraient mieux attraper la lumi\u00e8re, de la derni\u00e8re phalange de son pouce, de son index, de son majeur, de son annulaire, de son auriculaire. D\u00e9ployer tous les capteurs. Elle sait que c\u2019est un moment qu\u2019elle s\u2019accorde pour respirer. Que tout est dans la respiration. Allong\u00e9e pour retrouver un souffle long. Avoir un ventre m\u00e9duse qui s\u2019enroule autour du nombril pour venir irriguer les poumons avant de redescendre au plus profond du p\u00e9rin\u00e9e. Que c\u2019est dans cette posture que le ciel se rappelle en coin bleu . Que bient\u00f4t elle sera tiraill\u00e9e par l\u2019envie de regarder la pendule sur le mur du fond. Qu\u2019il faut toujours se rappeler au pr\u00e9sent. Que l\u2019attention se travaille comme la souplesse. Que le rythme de l\u2019inspire peut s\u2019allonger, se suspendre \u00e0 plein. Que le rythme de l\u2019expire peut s\u2019allonger, se suspendre \u00e0 vide. Que ce flux qui remonte la colonne, ce reflux qui descend jusqu\u2019au doigt de pied, est le moteur de sa semaine, de la phrase, de la parole, de la musique. Que l\u00e0 elle extrapole peut-\u00eatre. Qu\u2019il faut qu\u2019elle rentre de nouveau dans son corps plut\u00f4t que de penser \u00e0 passer \u00e0 la boulangerie. Qu\u2019elle doit bien remettre son pied dans sa cheville sa cheville dans son tibia et le p\u00e9ron\u00e9 dans la rotule le f\u00e9mur dans le sacrum l\u2019hum\u00e9rus dans ses omoplates l\u2019occiput au bout de sa colonne. Qu\u2019elle doit tout \u00e9tirer pour recr\u00e9er des espaces, de la main au poignet, \u00e9tirer du talon au pied , \u00e9tirer pour enlever les adh\u00e9rences. Dans la posture du f\u0153tus d\u2019un c\u00f4t\u00e9, elle allonge le bras gauche contre son oreille, la main droite s\u2019appuie sur le plancher, elle se l\u00e8ve d\u2019un c\u00f4t\u00e9 en tendant le bras,puis se red\u00e9ploie pour proc\u00e9der le la m\u00eame mani\u00e8re c\u00f4t\u00e9 gauche, r\u00e9active tous les h\u00e9misph\u00e8res.Elle est horizontale mais elle voudrait \u00eatre verticale. Elle se retourne sur le ventre, les bras repli\u00e9s en aile de sauterelle contre sa cage, elle dresse la t\u00eate en sphinx veillant \u00e0 s\u2019allonger le plus possible sans cambrer en sortant les talons, en sortant ses oreilles, elle s\u2019appuie sur ses paumes de main, sur ses genoux qu\u2019elle ouvre, s\u2019\u00e9tire comme l\u2019enfant, appuie de nouveau sur le creux de la main, accroche ses doigts de pieds, soul\u00e8ve son coccyx , chien t\u00eate en bas, bient\u00f4t fini, pose ses mains sur ses pieds, se rel\u00e8ve, d\u00e9plie sa colonne, vert\u00e8bre par vert\u00e8bre, d\u00e9ploie les bras, immenses, soul\u00e8ve le ciel immense. Se l\u00e8ve. Ensoleill\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je suis horizontale mon dos a la souplesse du sol la peau dans la terre l\u2019herbe pousse en m\u00eame temps que moi je suis monde j\u2019apprends ma g\u00e9ographie les limites les fronti\u00e8res tout ce que j\u2019attrape devient mien je le goutte une main s\u2019approche du creux de la paupi\u00e8re cherche le chemin Le chemin pour trouver le pouce le pouce <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/144092-2\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#gestes&#038;usages #02 | se relever<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":169,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[5512,5481],"tags":[],"class_list":["post-144092","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-02-echenoz-courir","category-gestesusages"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/144092","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/169"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=144092"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/144092\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=144092"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=144092"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=144092"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}