{"id":14595,"date":"2019-09-27T01:00:44","date_gmt":"2019-09-26T23:00:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=14595"},"modified":"2019-10-19T08:34:55","modified_gmt":"2019-10-19T06:34:55","slug":"trois-27-septembre-x-fil-berger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/trois-27-septembre-x-fil-berger\/","title":{"rendered":"#08 TROIS \u00ab 27 SEPTEMBRE \u2014 X \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-color has-background has-black-color has-medium-gray-background-color\"><strong>Mardi 27 ao\u00fbt 2019&nbsp;\u2014&nbsp;Cinqu\u00e9tral<br> <\/strong>(\u00ab&nbsp;27&nbsp;septembre&nbsp;\u00bb moins un mois)<br> <br> De z\u00e9ro heure au petit matin, je dors mal. Un r\u00eave d\u00e9sagr\u00e9able concernant mon ancien travail de correcteur, dans lequel j\u2019errais dans un b\u00e2timent des ann\u00e9es 1970 qui aurait tr\u00e8s mal vieilli en qu\u00eate de quelque chose \u00e0 v\u00e9rifier (mon emploi du temps&nbsp;? les coll\u00e8gues avec lesquels j\u2019allais travailler&nbsp;?) en compagnie d\u2019un personnage f\u00e9minin qui aurait \u00e9t\u00e9 un m\u00e9lange de mes deux filles et entour\u00e9 de diff\u00e9rentes personnes de la hi\u00e9rarchie qui se livraient \u00e0 des exp\u00e9riences de s\u00e9curit\u00e9 ridicules (test d\u2019extincteur-douche).<br> <br> R\u00e9veil \u00e0 six heures tapantes. Toutes les parties de mon squelette et toutes mes articulations douloureuses, ankylos\u00e9es. M\u00eame les petits mouvements me font mal\u2026 alors, que dire des changements de position&nbsp;! Mes essais de r\u00e9-endormissements, vains, me conduisent \u00e0 me lever un peu avant sept heures.<br> <br> Apr\u00e8s avoir v\u00e9rifi\u00e9 qu\u2019il ne restait plus de caf\u00e9, j\u2019en pr\u00e9pare une pleine cafeti\u00e8re. Une gentille petite caresse \u00e0 la minette, venue la demander d\u00e8s qu\u2019elle a entendu que je mettais le pied par terre. Un peu vaseux, je prends mes m\u00e9dicaments en attendant que le caf\u00e9 ait coul\u00e9. Une fois mon ordinateur rebranch\u00e9, je choisis de prolonger l\u2019\u00e9coute de la musique commenc\u00e9e hier soir (vari\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise 1970-1990, Voulzy, Sanson, Johnny). \u00c0 faible niveau pour ne pas r\u00e9veiller B.<br> <br> Je pars \u00e0 la recherche de messages dans mes bo\u00eetes de r\u00e9ception&nbsp;; sur la page Facebook du Tiers-Livre&nbsp;; sur le blog WordPress et j\u2019attends, impatient, le post de la vid\u00e9o de Fran\u00e7ois Bon qui va nous annoncer la proposition #08 de l\u2019atelier d\u2019\u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;Pousser la langue&nbsp;\u00bb. Je bois un peu de caf\u00e9 et m\u2019assure de le maintenir chaud en relan\u00e7ant la machine.<br> <br> \u00c0 sept heures trente-trois, la vid\u00e9o est post\u00e9e. Je mets la musique en pause et je regarde. Il s\u2019agit de l\u2019appel de Gorki (1935) \u00e0 l\u2019\u00ab&nbsp;internationale&nbsp;\u00bb des \u00e9crivains consistant \u00e0 d\u00e9crire par le menu leur journ\u00e9e du 27&nbsp;septembre. Christa Wolf, suite \u00e0 une relance de l\u2019hebdomadaire <em>Izvestia<\/em> (1960), s\u2019engage dans l\u2019exercice et s\u2019y tiendra tous les ans \u00e0 la m\u00eame date jusqu\u2019en 2000, puis de 2001 jusqu\u2019\u00e0 sa mort. Deux livres&nbsp;: <em>Un jour dans l\u2019ann\u00e9e<\/em> et <em>Mon Nouveau Si\u00e8cle.<\/em> Fran\u00e7ois Bon nous propose d\u2019\u00e9crire quelques \u00ab&nbsp;27&nbsp;septembre&nbsp;\u00bb de notre vie, de les garder en r\u00e9serve et de tous les poster simultan\u00e9ment sur le blog WordPress\u2026 le 27&nbsp;septembre 2019, avec l\u2019intention d\u2019en faire un livre.<br> <br> Tr\u00e8s inqui\u00e9t\u00e9 par la consigne, car je n\u2019ai aucun souvenir de 27&nbsp;septembre, cette date n\u2019\u00e9voquant strictement rien, je reprends l\u2019\u00e9coute de mes rengaines de vari\u00e9t\u00e9s en me demandant bien comment r\u00e9ussir \u00e0 me rappeler un quelconque de mes \u00ab&nbsp;27&nbsp;septembre&nbsp;\u00bb. Tricher&nbsp;? \u00ab&nbsp;Antidater&nbsp;\u00bb quelques \u00e9v\u00e9nements marquants du pass\u00e9, quelques journ\u00e9es que je pourrais d\u00e9crire \u00ab&nbsp;par le menu&nbsp;\u00bb&nbsp;? Impossible de faire comme pour la proposition pr\u00e9c\u00e9dente, inventer de fa\u00e7on pr\u00e9cise \u00e0 partir de bribes de souvenirs une maison perdue. Il faut que je me tienne au plus proche de la proposition. L\u2019exercice consiste, \u00e0 mon sens, \u00e0 d\u00e9crire en temps r\u00e9el un vrai jour. Pas d\u2019id\u00e9e. Et nous sommes le 27 ao\u00fbt.<br> <br> Au plus vite&nbsp;: des renseignements sur Christa Wolf et, plus particuli\u00e8rement, sur <em>Un jour dans l\u2019ann\u00e9e.<\/em> Je fouine sur Amazon. Trop cher pour moi. Et puis je n\u2019arrive toujours pas \u00e0 trouver le moyen de m\u2019approcher de la consigne. M\u00eame si je lisais le livre d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre. Je cherche dans les ressources que Fran\u00e7ois Bon met \u00e0 notre disposition&nbsp;: rien. Sur la page Facebook, je demande des extraits en ligne. Me tourner vers Duras et son <em>\u00c9t\u00e9&nbsp;80.<\/em> Je lis les coupures&nbsp;: merveilleuse id\u00e9e de toujours commencer par le temps qu\u2019il fait chaque jour&nbsp;! Mais \u00e7a ne me suffira pas. Il faut que je trouve de la documentation sur Internet. Un article d\u00e9nich\u00e9 sur <em>Remue.net.<\/em> Je l\u2019imprime et je le lis. Un autre article sur un blog. Idem. Je l\u2019imprime et le lis.<br> <br> \u00c0 ce moment-l\u00e0, me vient une id\u00e9e d\u2019approche&nbsp;: nous sommes le 27&nbsp;ao\u00fbt, autrement dit \u00e0 un mois pile du 27&nbsp;septembre. J\u2019imagine aller d\u2019un point \u00e0 l\u2019autre en d\u00e9crivant chacune de mes journ\u00e9es par petits intervalles de temps. Oui, une approche du 27&nbsp;septembre\u2026 par \u00ab&nbsp;petits&nbsp;\u00bb pas.<br> <br> Il est environ neuf heures et quart. Je ne mesure pas encore la difficult\u00e9 ni, surtout, la lourdeur de la t\u00e2che&nbsp;: trente fois la description exhaustive d\u2019une journ\u00e9e\u2026 alors que, de plus, elles se ressemblent toutes ces temps-ci. Comme s\u2019il \u00e9tait besoin d\u2019en rajouter, me vient brutalement la conviction tremblotante qu\u2019il va falloir que j\u2019ach\u00e8te trente fois un quotidien national et un quotidien local afin de nourrir mes \u00e9crits. J\u2019ai bien peur, toutefois, qu\u2019\u00e0 cette p\u00e9riode de fin de vacances, il n\u2019y ait que tr\u00e8s peu de mati\u00e8re int\u00e9ressante \u00e0&nbsp; piocher dans la presse. Et puis \u00e7a va me co\u00fbter plus cher que le livre de Christa Wolf&nbsp;!<br> <br> B. est lev\u00e9e depuis un bon moment. Je vais lui demander d\u2019aller acheter les journaux, car je ne peux pas conduire. Elle est d\u2019accord et va se pr\u00e9parer. Elle part vers dix heures quinze et revient vers onze heures trente avec <em>Le Monde<\/em> et le quotidien local, <em>Le Progr\u00e8s.<\/em> Pendant ce temps, apr\u00e8s m\u2019\u00eatre lav\u00e9, je poursuis mes investigations, mais ne trouve que des \u00e9l\u00e9ments \u00e9pars qui ne me sont pas utiles. Les chansons continuent de d\u00e9filer au cours des heures qui passent.<br> <br> Au retour de B., je commence avec douleur la lecture des journaux&nbsp;: exercice infiniment laborieux pour moi qui n\u2019ai plus fait \u00e7a depuis des ann\u00e9es. Mon espace de travail n\u2019est pas adapt\u00e9 \u00e0 ce type de format et il m\u2019est impossible de prendre des notes en m\u00eame temps que je lis. L\u2019\u00e9pluchage int\u00e9gral me prend deux heures. (Je ne prends pas de repas de midi, mais je fais une courte pause.)<br> <br> Je rel\u00e8ve deux articles parfaitement d\u00e9nu\u00e9s d\u2019int\u00e9r\u00eat qui pourront me servir dans ma r\u00e9daction. Le premier est un papier statistique qui d\u00e9crit le meurtre par \u00e9tranglement d\u2019une femme d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es dans le Pas-de-Calais par son mari qui s\u2019est tranch\u00e9 les veines dans la foul\u00e9e. L\u2019entrefilet indique que le nombre de \u00ab&nbsp;f\u00e9minicides&nbsp;\u00bb est en augmentation par rapport au nombre de l\u2019an pass\u00e9 \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque. Je suis intrigu\u00e9 par le terme \u00ab&nbsp;f\u00e9minicide&nbsp;\u00bb et je n\u2019en vois pas l\u2019utilit\u00e9&nbsp;: un peu comme si le fait divers \u00e9tait mentionn\u00e9 juste pour mettre ce mot en valeur. Machisme, quand tu me tiens&nbsp;!<br> <br> Le deuxi\u00e8me papier parle des c\u00e9l\u00e9brations de la lib\u00e9ration de Paris et des grandes villes il y a soixante-quinze ans. Calcul de t\u00eate&nbsp;: 27&nbsp;ao\u00fbt 1944. En r\u00e9alit\u00e9, la date officielle, m\u2019apprend le journal, est le 25&nbsp;ao\u00fbt. Totalement incompr\u00e9hensible que les journaux en parlent avec deux jours de retard&nbsp;! Je prends \u00e7a comme une m\u00e9diocrit\u00e9 journalistique. De toute fa\u00e7on, je me soucie comme d\u2019une guigne de ces comm\u00e9morations. Le reste de ma lecture me laisse un puissant relent d\u2019\u00e9c\u0153urement&nbsp;: longs papiers de propagande avec, par exemple, photos de Macron et Trump se serrant la main virilement au G7 de Biarritz&nbsp;; un flic pour deux habitants autour de la ville du Pays basque, contestation musel\u00e9e&nbsp;; vaches heurt\u00e9es par un TGV, agriculteurs sous le choc\u2026 et j\u2019en passe.<br> <br> L\u2019\u00e9criture du premier jet (au stylo-plume sur un bloc-note) de ce texte a commenc\u00e9 \u00e0 quatorze heures et fini aux alentours de seize heures quinze. Deux grosses heures d\u2019\u00e9criture \u00e0 la main pour seulement commencer \u00e0 dire si peu de chose. Sentiment d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 qui me noue la gorge. Mon intention d\u2019\u00e9crire tous les jours jusqu\u2019au 27&nbsp;septembre est totalement incongrue. Il va falloir singuli\u00e8rement r\u00e9duire mon ambition. D\u2019autant plus que, depuis le d\u00e9but de l\u2019atelier d\u2019\u00e9t\u00e9, je ne produis que des textes assez courts pour, entre autres, ne pas ennuyer les autres participants. Un nouveau calcul s\u2019impose, tout en gardant l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab&nbsp;approche du 27&nbsp;septembre&nbsp;\u00bb par bonds successifs, mais en limitant \u00e0 quelques journ\u00e9es consacr\u00e9es \u00e0 cette proposition #08. En effet, d\u2019ici au 27&nbsp;septembre, quatre autres propositions vont \u00eatre faites et il faudra trouver du temps pour elles aussi. \u00c0 ce stade d\u2019\u00e9criture, je laisse stylo et papier et passe au rewriting sur traitement de texte.<br> <br> Il est dix-neuf heures pass\u00e9es et je viens de saisir sur traitement de texte le premier jet manuscrit en le modifiant et en l\u2019allongeant. La journ\u00e9e du 27&nbsp;ao\u00fbt 2019 n\u2019est cependant pas encore finie. Apr\u00e8s la vari\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, j\u2019ai \u00e9cout\u00e9 (en lisant journaux et documents et en \u00e9crivant ce texte) du krautrock (Faust, Harmonia, Neu&nbsp;!).<br> <br> Je fais une pause ensommeill\u00e9e d\u2019une bonne demi-heure puis vais manger du radis noir, une po\u00eal\u00e9e de c\u00e9r\u00e9ales et de l\u00e9gumes, du fromage et du raisin que B. a pr\u00e9par\u00e9s pour nous. Je d\u00e9cide qu\u2019on ne regardera pas de film comme nous le faisons r\u00e9guli\u00e8rement en mangeant, ce qui retarderait mon \u00e9criture de cette journ\u00e9e et je suis fatigu\u00e9. Repas tr\u00e8s silencieux. Tendu. Plaintes \u00e0 propos de la voisine. Je prends mes m\u00e9dicaments.<br> <br> Il se confirme donc, vu le peu de choses que j\u2019ai racont\u00e9es, que j\u2019\u00e9cris tr\u00e8s lentement, bien que j\u2019arrive \u00e0 suivre le d\u00e9roulement d\u2019une journ\u00e9e avec seulement un d\u00e9calage d\u00fb \u00e0 l\u2019acte m\u00eame d\u2019\u00e9criture. La fin de la journ\u00e9e est saisie directement sur l\u2019ordinateur. Je relis les deux documents trouv\u00e9s ce matin sur Christa Wolf et vais me coucher. Il faudra que je lise ses livres (voir s\u2019ils sont \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que). Il est vingt et une heures quinze. Je tente de lire un fascicule de po\u00e9sie, mais sombre en moins d\u2019une demi-heure dans un sommeil lourd. Oui, en ce 27&nbsp;ao\u00fbt 2019, je suis vraiment fatigu\u00e9 et peu motiv\u00e9 par les activit\u00e9s.<br> <br> <br> <br> <strong>Mercredi 11 septembre 2019&nbsp;\u2014&nbsp;Cinqu\u00e9tral<br> <\/strong>(\u00ab&nbsp;27&nbsp;septembre&nbsp;\u00bb moins une quinzaine)<br> <br> Depuis minuit, je dors d\u2019un sommeil profond. Un r\u00eave de culpabilit\u00e9 me r\u00e9veille \u00e0 quatre heures du matin. Je ne tarde pas trop \u00e0 me rendormir. Depuis quelques nuits, je suis moins ankylos\u00e9 et mes courbatures de tout le corps se sont bien att\u00e9nu\u00e9es. Hier, j\u2019ai mis mon t\u00e9l\u00e9phone portable \u00e0 sonner, ce que je fais tr\u00e8s rarement depuis que je suis en arr\u00eat de travail. C\u2019est lui qui me re-r\u00e9veille \u00e0 six heures trente-trois.<br> <br> Ce matin, je suis \u00e0 peine plus en forme que d\u2019habitude. Je me l\u00e8ve lentement. V\u00e9rification \u00e0 la cuisine qu\u2019il reste suffisamment de caf\u00e9 dans le thermos. Pas besoin d\u2019en refaire tout de suite. Je tra\u00eene. Il fait encore nuit. Et puis je pr\u00e9pare mes v\u00eatements et file sous la douche. Fin de la toilette \u00e0 sept heures vingt. B. s\u2019est lev\u00e9e, je n\u2019ai pas eu besoin de la r\u00e9veiller. Je prends mon caf\u00e9. J\u2019attends la lev\u00e9e de l\u2019aube finissant mon r\u00e9veil dans la p\u00e9nombre. Je prends mes m\u00e9dicaments.<br> <br> Ce matin, B. et moi avons rendez-vous &nbsp;\u00e0 huit heures trente chez notre dentiste pour une visite de contr\u00f4le et un d\u00e9tartrage. \u00c7a tombe bien car mon appareil du bas me fait mal quand je m\u00e2che. Je lui signalerai et esp\u00e8re qu\u2019elle pourra m\u2019arranger \u00e7a. Le cabinet dentaire se trouve dans la petite ville \u00e0 trente minutes de la maison. Nous partons en avance. J\u2019ai une sainte horreur d\u2019arriver en retard. Bien nous en prend&nbsp;: l\u2019acc\u00e8s est coup\u00e9 par des travaux barrant la rue. Apr\u00e8s avoir pris une d\u00e9viation par les petites venelles \u00e9troites, nous trouvons une place sur le parking du supermarch\u00e9 situ\u00e9 pas trop loin. Les travaux sont impressionnants&nbsp;: une gosse pelleteuse travaille, en l\u00e9ger et inqui\u00e9tant porte-\u00e0-faux sur un \u00e9norme tas de gravats, \u00e0 la d\u00e9molition de tout un p\u00e2t\u00e9 de vieilles b\u00e2tisses. \u00c0 huit heures vingt-six, nous voil\u00e0 dans la salle d\u2019attente. La visite se passe bien. Je me sens mieux qu\u2019en arrivant.<br> <br> Ce matin, il fait froid. Le ciel est blanc-gris, avec un voile de nuages plats. Quelques trou\u00e9es de bleu. Les abords de la route et les champs sont recouverts de gel\u00e9e blanche. Ph\u00e9nom\u00e8ne relativement rare pour la saison, qui dure d\u00e9j\u00e0 depuis plusieurs lev\u00e9es du jour. Notre amie mara\u00eech\u00e8re nous a dit hier soir, \u00e0 l\u2019AMAP, qu\u2019elle \u00e9tait, d\u00e9cid\u00e9ment, bien emb\u00eat\u00e9e cette ann\u00e9e pour ses plantations et pour ses r\u00e9coltes avec la m\u00e9t\u00e9o (pluies, canicules, orages, vents, gel\u00e9es pr\u00e9coces\u2026). \u00c7a commence \u00e0 faire beaucoup d\u2019ennuis, ces micro-d\u00e9r\u00e8glements, r\u00e9sultante \u00e0 petite \u00e9chelle du grand bouleversement climatique.<br> <br> En sortant de chez le dentiste, nous allons \u00e0 pied acheter les journaux&nbsp;: <em>Le Monde, Le Progr\u00e8s, La Voix du Jura.<\/em> Le passage chez le buraliste ravive mon manque de tabac et attise mon envie de refumer. Mais je ne c\u00e8de pas. Bient\u00f4t deux ans d\u2019arr\u00eat qu\u2019il serait idiot de casser. R\u00e9sister est, toutefois, ces temps-ci, particuli\u00e8rement difficile. Sur la route du retour, nous faisons le plein de diesel. Son prix est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 (1,53&nbsp;\u20ac), surtout que, par facilit\u00e9 et pour ne pas faire de d\u00e9tour, nous nous sommes approvisionn\u00e9s dans un village et pas dans un supermarch\u00e9.<br> <br> Revenu \u00e0 la maison, je rallume mon ordinateur, fouille en vain mes bo\u00eetes de r\u00e9ception, mets de la musique. J\u2019\u00e9coute la suite de la playlist Hendrix que j\u2019avais commenc\u00e9e hier soir. Par la fen\u00eatre de mon bureau, je vois une \u00e9quipe de trois couvreurs, arriv\u00e9s avec un camion-grue plein de chevrons. Ils sont en train de d\u00e9charger le mat\u00e9riel pour refaire le toit de la maison d\u2019en face. J\u2019ai \u00e0 peine le temps de passer en revue superficielle mes journaux que l\u2019\u00e9chafaudage en alu est d\u00e9j\u00e0 mont\u00e9. Leur rapidit\u00e9 me surprend. Je n\u2019ai pas regard\u00e9 l\u2019heure, mais, soit ils sont tr\u00e8s exp\u00e9riment\u00e9s et v\u00e9loces, soit j\u2019ai pass\u00e9 plus de temps que ressenti sur mon feuilletage. Il est dix heures quinze.<br> <br> Il est midi vingt et j\u2019ai fini d\u2019\u00e9plucher mes deux quotidiens plus en d\u00e9tail, tout en ayant chang\u00e9 de playlist musicale (la trilogie berlinoise de Bowie). Je retiens un premier papier \u00e0 propos de l\u2019urgence d\u2019agir et de changer le regard global de la soci\u00e9t\u00e9 sur les maladies mentales. Je me sens tout \u00e0 fait concern\u00e9 par le sujet. La deuxi\u00e8me source d\u2019int\u00e9r\u00eat regarde le traitement qui est fait, dix-huit ans apr\u00e8s, aux attentats du 11&nbsp;septembre 2001. Je trouve un article du <em>Monde<\/em> sur une s\u00e9rie de podcasts consacr\u00e9s aux th\u00e9ories du complot par France Culture et destin\u00e9s aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations, nourries de YouTube. Je vais \u00e9couter ces podcasts, qui feront sans doute beaucoup de bien \u2014&nbsp;ma position, malgr\u00e9 mon refus affich\u00e9, n\u2019\u00e9tant pas toujours tr\u00e8s saine&nbsp;\u2014 \u00e0 la mise au clair de mon opinion. Pour continuer sur le 11&nbsp;septembre, j\u2019aurais bien aim\u00e9 avoir le livre de Christa Wolf et pouvoir lire son \u00ab&nbsp;27&nbsp;septembre 2001&nbsp;\u00bb. Je trouve un autre papier dans <em>Le Progr\u00e8s<\/em> au sujet d\u2019Al-Qaida. Pour le journaliste, la menace est toujours d\u2019actualit\u00e9 et pr\u00e9cise. Il fait un amalgame qui ne dit pas son nom avec toutes les autres principales organisations islamistes et je ne juge pas cet argumentaire tr\u00e8s s\u00e9rieux. Sinon, par rapport \u00e0 ma lecture de la presse du 27&nbsp;ao\u00fbt dernier, je suis un peu r\u00e9confort\u00e9&nbsp;: les journaux ont nettement plus de choses int\u00e9ressantes \u00e0 raconter.<br> <br> Par exemple, ce 11&nbsp;septembre 2019, c\u2019est la date de sortie du film <em>Jeanne,<\/em> de Bruno Dumont. Les critiques sont dithyrambiques et je suis impatient de le voir, comme suite de <em>Jeannette,<\/em> qui est \u00e0 mon sens un des plus beaux films de ces derni\u00e8res ann\u00e9es en France. Bruno Dumont dit que \u00ab&nbsp;[le personnage] d\u00e9montre les possibilit\u00e9s de la gr\u00e2ce dans la nature humaine&nbsp;\u00bb et que \u00ab&nbsp;la Jeanne de P\u00e9guy est avant tout une r\u00e9volt\u00e9e et fait ainsi le pont entre mystique et politique&nbsp;; mais le plus beau, c\u2019est qu\u2019elle reste humaine&nbsp;\u00bb. Cette mani\u00e8re dont ressort Charles P\u00e9guy depuis quelque temps m\u2019enchante, car elle rejoint la base de mon travail, qui cherche \u00e0 associer le transcendantal \u00ab&nbsp;baroque&nbsp;\u00bb et l\u2019insurrection \u00ab&nbsp;\u0153uvri\u00e8re&nbsp;\u00bb.<br> <br> Comme \u00e0 mon habitude, je commence \u00e0 \u00e9crire ce texte \u00e0 la main, puis je fais une pause. Il est treize heures quarante-cinq. Avant que je passe \u00e0 la saisie et \u00e0 la r\u00e9\u00e9criture de mon premier jet sur traitement de texte, B. et une de nos voisines m\u2019invitent \u00e0 faire un tour du \u00ab&nbsp;parcours sportif&nbsp;\u00bb dans le bois qui entoure le village. Je prends mon b\u00e2ton de marche et leur embo\u00eete le pas. Ce chemin fait une boucle assez large et est parsem\u00e9 de plates-formes et d\u2019agr\u00e8s aujourd\u2019hui en ruines, destin\u00e9s \u00e0 l\u2019origine \u00e0 faire des mouvements de gymnastique ludique tout au long de la marche. Ces installations surann\u00e9es rajoutent un charme \u00e0 la balade, qui dure environ deux heures.<br> <br> Il est seize heures quinze quand B. et moi repassons le seuil de notre maison. Nous d\u00e9cidons de boire un tcha\u00ef pour nous poser un peu. Je vais pouvoir attaquer la transcription de mon \u00ab&nbsp;manuscrit&nbsp;\u00bb sous Word. Je relance la musique, interrompue par ma sortie inattendue. Comme je tape sur le clavier comme un gendarme, avec deux doigts, et que je transforme la plupart des phrases, \u00e7a me prend encore deux bonnes heures. Une pause avant de manger. Il est dix-huit heures trente.<br> <br> Nous pr\u00e9parons un filet mignon avec des carottes blondes et des haricots pourpre. Quarante minutes \u00e0 feu doux. Nous mangeons devant un film, <em>American Psycho,<\/em> que nous interrompons \u00e0 la moiti\u00e9 car il ne nous int\u00e9resse pas le moins du monde. Comme nous avons tr\u00e8s bien mang\u00e9, je commence \u00e0 \u00eatre fatigu\u00e9. Nous d\u00e9cidons, B. et moi, d\u2019aller nous coucher. Apr\u00e8s avoir pris mes m\u00e9dicaments, je lis au lit pendant vingt minutes et m\u2019endors jusqu\u2019\u00e0 minuit d\u2019un sommeil profond.<br> <br> <br> <br> <strong>Jeudi 26&nbsp;septembre 2019&nbsp;\u2014&nbsp;Cinqu\u00e9tral<br> <\/strong>(\u00ab&nbsp;27&nbsp;septembre&nbsp;\u00bb moins un jour)<br> <br> De minuit \u00e0 cinq heures, je dors d\u2019un sommeil lourd et ankylos\u00e9. Un r\u00eave \u00e0 connotations familiales me r\u00e9veille. Je r\u00e9ussis sans trop de mal \u00e0 me rendormir, mais pour trois petits quarts d\u2019heure seulement. Ce qui me donne quand m\u00eame une autre occasion de r\u00eave, l\u00e0 encore familial, d\u00e9sagr\u00e9able, maussade et violent. Des petits c\u00e2lins \u00e0 notre minouche, descendue me dire bonjour. Libations matinales. Pr\u00e9paration du caf\u00e9. Un plein thermos pour que B. le trouve tr\u00e8s chaud quand elle se l\u00e8vera tout \u00e0 l\u2019heure. Je file dans mon bureau et commence \u00e0 saisir cette journ\u00e9e. Directement sur l\u2019ordi, cette fois. Je bois mon caf\u00e9 et prends mes m\u00e9dicaments. La playlist \u00ab&nbsp;Zappa in New York 1977&nbsp;\u00bb, interrompue hier soir, est relanc\u00e9e. C\u2019est un remaster et j\u2019ai une super image st\u00e9r\u00e9o.<br> <br> Nuit noire. Il pleut. Assez fort. Air frais. Temps d\u2019\u00e9quinoxe. \u00c0 ma fen\u00eatre, pench\u00e9 sur l\u2019appui, je constate que les couvreurs ont quasiment fini leur chantier, qu\u2019ils avaient commenc\u00e9 vers le 10&nbsp;septembre. Ils auront eu de fortes chaleurs presque tout le temps des travaux, \u00e0 l\u2019exception de quelques averses ces derniers jours, pas assez longues pour interrompre le labeur. Oui, temps d\u2019\u00e9quinoxe. Ce n\u2019est pas pour me r\u00e9jouir. Depuis le 21, les nuits gagnent r\u00e9solument sur les jours. Moi qui, plus je vieillis, ai tant besoin de lumi\u00e8re. J\u2019ai, chaque ann\u00e9e davantage, envie de sauter directement au 15&nbsp;janvier prochain&nbsp;! L\u2019aube point \u00e0 peine. Fort embrum\u00e9e. Il est sept heures et quart. Le temps tra\u00eene en longueur\u2026 il est huit heures moins cinq\u2026 les couvreurs arrivent\u2026 sous la pluie\u2026 pour faire leurs finitions. (Je ne pourrai jamais refaire ce travail que j\u2019ai pratiqu\u00e9 de 1983 \u00e0 1992.) Quel courage ils ont&nbsp;!<br> <br> \u00c7a va faire une heure que je tourne en rond dans ma t\u00eate pour savoir comment dire que cette proposition d\u2019\u00e9criture me d\u00e9range. Cette date du 27&nbsp;septembre ne m\u2019a jamais rien dit. Elle flotte, pour moi rattach\u00e9e \u00e0 rien de sp\u00e9cial dont je me souvienne. Mes carnets et agendas sont enfouis \u00e0 droite \u00e0 gauche, introuvables. Rien \u00e0 inventer de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0. Je ne sais pas ce qui a motiv\u00e9 le vieux Gorki \u00e0 choisir particuli\u00e8rement ce jour dans l\u2019ann\u00e9e, sinon, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019il ne s\u2019y passe jamais rien pour personne&nbsp;! Je comprends bien le paradoxe litt\u00e9raire que \u00ab&nbsp;ce qu\u2019on n\u2019a pas v\u00e9cu, dont on ne se souvient plus, on peut l\u2019\u00e9crire&nbsp;\u00bb\u2026 mais je me sens incapable de cr\u00e9er des \u00e9v\u00e9nements et, surtout, des journ\u00e9es compl\u00e8tes du pass\u00e9 de toute pi\u00e8ce, avec leur part majoritaire d\u2019intime peu signifiant. Comment retranscrire l\u2019\u00e9tat et les gestes intimes et quotidiens (qui diraient tant de chose de l\u2019\u00e9poque) de n\u2019importe quel 27&nbsp;septembre&nbsp;? Sachant que, pour ma conscience, je me refuse \u00e0 choisir des jours dont je me souviens le plus pr\u00e9cis\u00e9ment (il y en a vraiment tr\u00e8s peu, d\u2019ailleurs) et les translater sur un 27&nbsp;septembre fictif. La solution de traverse que j\u2019ai choisie m\u2019a parue la plus honn\u00eate avec moi-m\u00eame, et la plus proche du travail de Christa Wolf&nbsp;: sur un mois, depuis le 27&nbsp;ao\u00fbt 2019, jour de la proposition, avancer par trois sauts en racontant effectivement <em>en direct<\/em> des journ\u00e9es, et, ainsi, donner une coupe de temps <em>dans l\u2019ann\u00e9e<\/em> qui <em>tende<\/em> vers le 27&nbsp;septembre 2019 en ne le touchant que tangentiellement le 26&nbsp;septembre \u00e0 minuit. \u00c7a me g\u00eane de ne pas \u00eatre dans la consigne\u2026 mais je continue quoi qu\u2019il en soit. C\u2019est trop tard, maintenant, pour revenir \u00e0 autre chose&nbsp;!<br> <br> Long \u00e9pluchage des journaux. Rien qui me donne envie d\u2019\u00eatre relev\u00e9 de la marche du monde qui, semble-t-il, va, selon toute vraisemblance, \u00e0 sa perte. Je mange un bol de c\u00e9r\u00e9ales. Je m\u2019endors sur mon clavier. Sieste.<br> <br> Mon \u00ab&nbsp;petit somme r\u00e9parateur&nbsp;\u00bb a dur\u00e9 quatre heures, ce qui m\u2019a conduit \u00e0 dix-huit heures. Tiens, c\u2019est \u00e0 ce moment que tombe la newsletter de France Culture, je vais aller voir. Boum. Jacques Chirac a cass\u00e9 sa gitane&nbsp;! En voil\u00e0 de la nouvelle&nbsp;! Et au r\u00e9veil, avec \u00e7a\u2026 Moi qui g\u00e9missait sur la perdition du monde\u2026 Et dire qu\u2019on en arriverait (en se for\u00e7ant quand m\u00eame beaucoup) \u00e0 regretter les temps b\u00e9nis des mensonges, veuleries, truandages, vols, insultes, corruptions tout azimut, impunit\u00e9 et j\u2019en passe&nbsp;; quand on voit celui qui se pr\u00e9tend Jupiter et qui pr\u00e9tend nous gouverner \u00e0 l\u2019heure actuelle. Enfin, bref, je vais pas en faire une tartine. Moi, cet \u00e9v\u00e9nement me sert de gong salvateur pour mon texte maigrichon. Mais, entre nous, not\u2019 bon ma\u00eetre aurait \u00e9t\u00e9 mieux avis\u00e9 de passer l\u2019arme \u00e0 gauche (enfin, fa\u00e7on de parler) le 27&nbsp;septembre carr\u00e9ment. Ce qui aurait donn\u00e9 du grain \u00e0 moudre \u00e0 l\u2019internationale des \u00e9crivains qui marchent encore dans les pas de Gorki et de Christa Wolf, et qui d\u00e9crivent r\u00e9ellement et r\u00e9guli\u00e8rement leur jour dans l\u2019ann\u00e9e tous les 27&nbsp;septembre.<br> <br> Comme quoi, je peux m\u2019estimer heureux. Et \u00e7a ne m\u2019a pas emp\u00each\u00e9 de manger une d\u00e9licieuse salade de tomates au piment et au basilic&nbsp;; une po\u00eal\u00e9e de l\u00e9gumes, un bout de fromage et une grappe de raisin. Tout en discutant avec B. pendant un long moment avant de reprendre mon clavier.<br> <br> Il est vingt deux heures vingts. Je vais cesser d\u2019\u00e9crire pour aujourd\u2019hui. Je m\u2019appr\u00eate \u00e0 programmer la publication\u2026 op\u00e9ration qui m\u2019a l\u2019air compliqu\u00e9e sur WordPress, si j\u2019en crois mes camarades d\u2019atelier. Encore un petit tour sur Facebook pour voir o\u00f9 en est le dernier d\u00e9fi propos\u00e9 par Annick Brabant&nbsp;: \u00e9crire le dernier 27&nbsp;septembre ce soir avant minuit. Pour moi, \u00e7a s\u2019arr\u00eatera l\u00e0. Vivement demain pour voir le flux de textes g\u00e9n\u00e9r\u00e9&nbsp;!<br> <br> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mardi 27 ao\u00fbt 2019&nbsp;\u2014&nbsp;Cinqu\u00e9tral (\u00ab&nbsp;27&nbsp;septembre&nbsp;\u00bb moins un mois) De z\u00e9ro heure au petit matin, je dors mal. Un r\u00eave d\u00e9sagr\u00e9able concernant mon ancien travail de correcteur, dans lequel j\u2019errais dans un b\u00e2timent des ann\u00e9es 1970 qui aurait tr\u00e8s mal vieilli en qu\u00eate de quelque chose \u00e0 v\u00e9rifier (mon emploi du temps&nbsp;? les coll\u00e8gues avec lesquels j\u2019allais travailler&nbsp;?) en compagnie d\u2019un <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/trois-27-septembre-x-fil-berger\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#08 TROIS \u00ab 27 SEPTEMBRE \u2014 X \u00bb<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":225,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1090],"tags":[],"class_list":["post-14595","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2019-08-nos-27-septembre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14595","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/225"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14595"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14595\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14595"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14595"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14595"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}