{"id":14618,"date":"2019-09-27T23:35:47","date_gmt":"2019-09-27T21:35:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=14618"},"modified":"2019-10-30T19:19:46","modified_gmt":"2019-10-30T18:19:46","slug":"journal-du-27","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/journal-du-27\/","title":{"rendered":"La foire aux dizaines du 27"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>27\/09\/70<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dr\u00f4le de journ\u00e9e. Tromper l\u2019attente des r\u00e9sultats. Sus au sud de Paris, les malades pour passer leur bac. Malade en bonne voie de gu\u00e9rison du corps mais du reste\u00a0? Parl\u00e9 avec M. et attrap\u00e9 \u00e0 son contact une furieuse envie de gu\u00e9rir et se taire. Vu H. Je ne sais pas si le message qu\u2019il m\u2019a curieusement formul\u00e9 a pris forme dans mon cerveau embrum\u00e9. Que faire d\u2019une telle \u00e9vidence\u00a0? D\u2019une telle charge d\u2019une telle \u00e9vidence, tourn\u00e9e, retourn\u00e9e, \u00e9loign\u00e9e, enfouie. Rapetisser les portes de l\u2019univers \u00e0 sa taille \u00e7a n\u2019existe pas. Point tremblotant \u00e0 venir au loin dans l\u2019espace. Lui ai rien dit. Juste tournicot\u00e9 mon mouchoir en regardant d\u00e9barquer dans le salon une horde d\u2019ann\u00e9es juch\u00e9es tant bien que mal sur des vaisseaux spatiaux \u00e0 la P.K.Dick, aussi sur de grands animaux d\u00e9filant en poussant des cris. Pas l\u2019ombre d\u2019une image intacte et rassurante. En vrai, je me demandais si l\u2019araign\u00e9e cavalant entre les lattes de parquet et visiblement perdue allait parvenir \u00e0 rejoindre ses amis suspendus. Suspense. Tandis que me parvenait le son de sa voix aggrav\u00e9e pour la circonstance, retenue, avec plein d\u2019allers-retours ponctu\u00e9s de rajouts, de <em>quoi<\/em> et de p\u2019tits rires, l\u2019air g\u00ean\u00e9 pas tant par la gravit\u00e9 de la mission qu\u2019il s\u2019\u00e9tait impos\u00e9 que par l\u2019absence d\u2019assurance de ma puissance d\u2019action pour sa r\u00e9alisation je suppose. Je l\u2019aime bien. Mais on \u00e9coute sagement avec l\u2019int\u00e9rieur qui d\u00e9borde de la foi qu\u2019on peut dans son absolue solitude. Apr\u00e8s \u00e7a, j\u2019ai fait une balade impasse Sous-bois histoire de me calmer et me rem\u00e9morer toutes ces fins d\u2019apr\u00e8s midi \u00e0 v\u00e9lo sans penser. Et \u00e7a fait quoi de p\u00e9daler dans le vide\u00a0? Mais non\u00a0! Dans la chair de la vie qu\u2019est l\u00e0, toute l\u00e0 faisant mine de se donner sans explication. Non, se donnant tout court. Du point de vue de l\u2019\u00eatre qui attend. Qui n\u2019attend que \u00e7a. O\u00f9 aller\u00a0? J\u2019ai travers\u00e9 un mur fleuri resplendissant qui m\u2019a laiss\u00e9 sans voix, sans capacit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution au-del\u00e0, m\u00e9dus\u00e9e. Ignorante de tout surtout du po\u00e9tique en mouvement. Et il e\u00fbt fallut que je m\u2019en reparte aussit\u00f4t. Quel vaisseau, quel radeau plut\u00f4t. Contamin\u00e9e et trop faible pour cette nouvelle travers\u00e9e, la seule la vraie bien s\u00fbr. Quoi\u00a0? De quel bois, de quel r\u00eave impossible. Oh r\u00e8gne araigne araign\u00e9e du monde, velue, pauvre grotesque. D\u2019avoir pas envie de Leur ressembler en atterrissant. Avancer les deux pieds assur\u00e9s \u00e0 la surface de toute cette glace, il n\u2019y a que \u00e7a de la banquise. Attendre. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>27\/09\/80<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les mots du langage int\u00e9rieur sous-tendus par ceux de l\u2019\u00e9crivain-source du moment m\u2019ont fait me sentir chez moi aujourd\u2019hui. Suivant l\u2019\u00e9lan de l\u2019\u00e9criture-source qui exprime ce que nous sommes\u00a0: animaux-langage-corps. Par moments, je d\u00e9ambule dans le couloir trop petit pour un tel d\u00e9placement de pens\u00e9es, \u00e0 d\u2019autres, je me colle \u00e0 la vitre et regarde la pluie tomber et en bas, les parapluies se d\u00e9placer en suivant des lignes g\u00e9om\u00e9triques bris\u00e9es par endroits pour former des agglom\u00e9rats. J\u2019ai quartier libre, travail \u00e0 domicile, gr\u00e8ve. Je note au hasard avant de me mettre au travail, j\u2019veux sortir. L\u2019accumulation des perceptions \u00e9maill\u00e9es de quelques pointes de r\u00e9flexions ciment\u00e9es de techniques absorb\u00e9es am\u00e9lior\u00e9es au fil de l\u2019exp\u00e9rience voil\u00e0, appelle \u00e7a vivre. Changer de cap\u00a0? C\u2019est compter sans le sens du devoir inculqu\u00e9. Devoir \u00e0 la fois de bien faire et d\u2019\u00eatre autonome et rendu s\u00e9rieusement imb\u00e9cile avec ce qu\u2019on peut attraper comme uniforme \u00e0 la descente du train. Marcher dans la combine parce qu\u2019on aime notre job et qu\u2019on est rudement fier de nos avancements. M\u00eame pas vrai. Un troupeau de gens s\u2019amasse en bas de la colline, le soleil est retentissant. On lit l\u2019innocence dans les jeunes regards grands ouverts. Ann\u00e9e 80, Soixante-huit s\u2019est fait gri\u00e8vement oubli\u00e9 et la plupart en ont omis l\u2019essentiel. Faut tenir bon oublier l\u2019aboiement int\u00e9rieur en utilisant les moyens du bord c\u2019est quoi\u00a0? Malheur aux plongeons dans le laminoir des ruptures, s\u00e9parations, maladies, accidents et le grand d\u00e9placement du puzzle \u00e0 refaire. Organiser pas jeter. Ou consid\u00e9rer que toute chose est sans appel or c\u2019est faux. Tout mot appelle un je ne sais quoi l\u2019\u00e9crire. Heureux ceux qui inscrivent le mot FIN avant de repartir \u00e0 nouveau. \u00c9criture, pierres \u00e0 \u00e9difices rat\u00e9s. M\u00eame pas monticule, \u00e9claboussures. N\u2019\u00e9coutez pas les stupidit\u00e9s blafardes perp\u00e9tr\u00e9es par les acouph\u00e8nes, \u00e9crivez-vous les uns les autres pour un jour meilleur vous rencontrer. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>27\/09\/90<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai \u00e0 peine le temps de regarder la pluie tomber par la porte-fen\u00eatre dans le beau jardin. A peine le temps de me dire ah le beau jardin. J\u2019ai tout de m\u00eame repris pied et t\u00eate baiss\u00e9e sur le travail que j\u2019essaie chaque jour d\u2019abattre avant l\u2019heure du coucher de ma petite. P\u00e9n\u00e9trer dans la chambre, tout laisser \u00e0 la porte, plus rien n\u2019entre en ligne de compte\u00a0; souffler sur les mots, les regarder s\u2019envoler autour de son berceau, les mettre en suspens et m\u2019ouvrir \u00e0 ceux \u00e9manant d\u2019elle en silence, ceux de sa respiration, cette force \u00e9trange que je ressens en la prenant contre moi. \u00c9change instantan\u00e9 sans interpr\u00e9tation, sensation enveloppante et douce ouvrant sur une vie d\u2019origine extra-terrestre qui a pris corps. Interf\u00e9rence indispensable au quotidien, \u00e9merveillement garanti. Du point de vue macro c\u2019est moins bien. Le soir, des nouvelles d\u2019une guerre du Golf qui repart. Du bon c\u00f4t\u00e9 de la rive s\u2019est install\u00e9e la suavit\u00e9 sur le dos des autres en face par \u00e9crans interpos\u00e9s\u00a0; \u00eatres humains loin aux prises avec rien qui nous ressemble. Et on s\u2019endort sur un monde enchant\u00e9 qui ne peut que s\u2019\u00e9crouler. Suffit d\u2019attendre, ce que nous faisons, d\u00e9bordant d\u2019activit\u00e9s de plus en plus capt\u00e9es par les ext\u00e9rieurs enfouissant le c\u0153ur de nos vies. C\u2019est comme un d\u00e9cor. On a quarante ans on se sent bien. Juste un frisson qui parcourt l\u2019\u00e9chine au constat de liquidations totales en nombres escaladant les ext\u00e9rieurs de nos cerveaux. Est-ce que tout doit dispara\u00eetre vraiment\u00a0? C\u2019est combien pour un bonheur insolent\u00a0? J\u2019vois bien qu\u2019on n\u2019a pas droit \u00e0 la pause pour s\u2019en faire une id\u00e9e. On s\u2019accroche \u00e0 la continuit\u00e9 naturelle suivant la ligne de plus forte pente de nos priorit\u00e9s. Surtout ne pas \u00e9voquer le compte \u00e0 rebours des ann\u00e9es de bonheur pour se faire taxer de Cassandre et s\u2019emp\u00eacher de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 cette histoire d\u2019entropie. Aujourd\u2019hui, j\u2019ai transform\u00e9 mon angoisse en action cr\u00e9atrice \u00e0 venir vite. Faire de l\u2019art. Avancer sur la pointe des pieds et se laisser prendre jusqu\u2019\u00e0 verser dans son foss\u00e9, son ab\u00eeme peut-\u00eatre. Visser comme faire se peut le tuyau du r\u00eave sur celui du r\u00e9el et ouvrir les vannes autrement que dans le vide. Travailler les ext\u00e9rieurs et viser la r\u00e9conciliation sinon l\u2019unit\u00e9, un embryon de clart\u00e9. Noter ce d\u00e9but comme une forme nouvelle en lutte. Se balancer en dedans des id\u00e9es de fiert\u00e9. De <em>coming out of the closet<\/em> comme ils disent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"text-align:left\"><strong>27\/09\/2000<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La solitude, cela devrait \u00eatre un amour qu\u2019on puisse rompre \u00e0 tout moment. J\u2019ai du mal \u00e0 tenir un journal puisque je suis port\u00e9e \u00e0 consigner ce qui me vient au r\u00e9veil le matin. Ce serait plut\u00f4t un nuital, \u00e0 l\u2019issue de batailles rang\u00e9es \u00e0 l\u2019ombre des r\u00eaves, chaque fois r\u00e9engag\u00e9es pour venir \u00e0 bout de la nuit bien plus que du jour. Lui est modeste et le plus souvent se laisse traverser malgr\u00e9 tout, ne chuchote que de r\u00e9p\u00e9titions qu\u2019il faudrait peut-\u00eatre sacraliser pour les supporter. J\u2019envie, entre deux parlottes avec les iris au jardin, l\u2019emploi du temps partag\u00e9 des moines ou de tout commun r\u00e9sultant de la croyance en la vie. Le train quotidien s\u2019appelle devoir envers soi-m\u00eame et les autres. Silence et dignit\u00e9, juste une \u00e9manation de corps se d\u00e9pla\u00e7ant et vaquant dans un air familier. Avec des espaces de solitude. Tout en subtilit\u00e9s de rites et d\u00e9licatesse de contournements. D\u2019aucuns pr\u00e9f\u00e8reront que \u00e7a grouille, que personne ne s\u2019int\u00e9resse \u00e0 personne et qu\u2019au sein des m\u00e9tropoles g\u00e9r\u00e9es \u00e0 force de lois et violences polici\u00e8re, \u00e9manent accidentellement des vibrations associatives et ouvertes \u00e0 toutes les diff\u00e9rences, dans le cr\u00e9pitement magique de rencontres. En attendant, il me reste \u00e0 (re)commencer de c\u00e9l\u00e9brer la vie dans l\u2019ouverture du volet sur le jour bien lev\u00e9 et op\u00e9rer tous les gestes, toujours les m\u00eames. Tenir dans la dur\u00e9e. Il faudra bien que je me contraigne moi-m\u00eame \u00e0 quitter les lieux. L\u2019espace de rangement de ma vie. Le propulser, le lancer sur orbite. Le jeter au hasard o\u00f9 il pourra trouver \u00e0 retomber avec moi en dessous pour le r\u00e9cup\u00e9rer. Balancer les cendres de son destin comme pure bravade\u00a0! Car alors mon espace rebondira o\u00f9 il pourra en \u00e9lectron libre. Pour l\u2019heure, encore un jour \u00e0 consacrer non \u00e0 l\u2019\u00e9criture mais au travail et aux mille et une t\u00e2ches 24h chrono avec le sourire de circonstance conserv\u00e9. Les mots v\u00e9ritables, ceux que j\u2019aimerais bien pouvoir prendre le temps de d\u00e9verser apr\u00e8s soigneuse rumination sur le papier, ne sont pas un outil de communication ordinaire. Avec eux, j\u2019entre aussi bien dans l\u2019ouvroir que je me penche sur l\u2019\u00e9tabli ou que je chausse les bottes \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019\u00e9table rem\u00e9mor\u00e9e. Gr\u00e2ce pour ceux qui sont sans exister. Pure essence qui n\u2019a pas servie \u00e0 mettre le feu. C\u2019est peut-\u00eatre cela la folie des pyromanes. Lorsque j\u2019aurais achev\u00e9 ma journ\u00e9e de m\u00e8re seule \u00e0 triple casquette, je m\u2019octroierai comme tous, la plupart disons, clo\u00eetr\u00e9s derri\u00e8re leurs \u00e9crans, une flop\u00e9e d\u2019images coll\u00e9es puis j\u2019irai au lit. \u00c9cran boulot dodo. comment en sommes-nous arriv\u00e9s l\u00e0. Cette solution tragi-comique souffl\u00e9e \u00e0 quelques puissants de la plan\u00e8te Terre, d\u00fbment emport\u00e9s par les flots de leur science, aveugl\u00e9s par leur force, assujettis \u00e0 leur passion et intervenant sur l\u2019ordre des choses . Je retourne \u00e0 ma modeste part en crachant au passage sur le tout puissant \u00e9cran, vu que je commence par une course \u00e0 v\u00e9lo pour aller chercher le pain. Le vent s\u00e8che les larmes de l\u2019esprit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>27\/09\/2010<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Me r\u00e9veille. Moment d\u2019\u00e9criture dans le temps d\u2019absorption des r\u00eaves. Si fort \u00e0 ne pas pouvoir dire. Journal pr\u00e9-jour, comprendre. Plus sid\u00e9ration \u00e0 cause du poids du jour qu\u2019il va falloir affronter dans ses moindres d\u00e9tails (agenda tel, contr\u00f4le). Dur pour tous, peut-\u00eatre pas pour ceux pris dans la jouissance du mod\u00e8le dominant ou les puissamment arm\u00e9s de bonne heure (mais ne perdent rien pour attendre. Quoi\u00a0? Les nouvelles dispositions terrestres). Et pour les tardifs\u00a0? Un poing exc\u00e9d\u00e9, balanc\u00e9 en avant sur l\u2019encre noire, se d\u00e9tourne de sa route au dernier moment et vient s\u2019\u00e9craser sur la vitre qui c\u00e8de. Sortir tout le soi dans le bruit caus\u00e9. Le regarder tranquillement, il est l\u00e0 qui git par terre au milieu du verre bris\u00e9. Petit sourire et d\u00e9camper. Je n\u2019ai jamais cess\u00e9 de fuir d\u2019\u00eatre au monde. Mais peut-\u00eatre maintenant. Est-ce que le fil de la lame vs tout ce qui atomise \u00e0 distance, lave\u00a0? De la gorge tranch\u00e9e sous l\u2019\u0153il perfide et impavide de la cam\u00e9ra venant s\u2019opposer au faisceau minuscule de ce qui va vous faire dispara\u00eetre en pressant le bouton, lavent-ils tous deux de l\u2019humanit\u00e9 qu\u2019il faudrait ici abolir dit la Terre en col\u00e8re, les deux mains sur les hanches. Plus rien n\u2019est-il lumineux autrement que pour abolir\u00a0? \u00c0 genoux. Prions pour que tous ceux qui ont trouv\u00e9 la paix au loin nous tendent la main. \u00c0 genoux l\u2019orgueil des nations \u00e7a viendra. \u00ab\u00a0Les hommes n\u2019aiment plus la vie\u00a0\u00bb a dit cette femme en se retournant vers la cam\u00e9ra son b\u00e9b\u00e9 mort dans les bras. Et ils la prennent la vie, la viole, l\u2019emprisonne et la remplace. A quoi donc nous a servi la folie sinon \u00e0 redoubler de vigilance pour douter. A quoi servira de se m\u00ealer au feu et au sang, quel rang grossir pour une force contraire, est-ce que je peux jouer avec vous\u00a0? Jouer \u00e0 quoi\u00a0? A celui qui battra l\u2019autre et l\u2019utilisera et r\u00e9ciproquement. B\u00eate et m\u00e9chant. Tu as tout juste l\u2019air d\u2019y croire encore toi-m\u00eame alors que tu es si fort. Il faut un autre substrat \u00e0 l\u2019humanit\u00e9. Ah j\u2019ai h\u00e2te qu\u2019elle disparaisse, clame des enfants en se trompant d\u2019\u00e9cho. \u00c9crivez-vous\u00a0? Parlez-vous\u00a0? Comment parvenez-vous \u00e0 vous servir du langage\u00a0? Le langage n\u2019est pas l\u00e0 pour communiquer mais pour fonder. Le langage comme \u0153il, comme oreille, comme corps. Entends-tu ton oreille siffler continument\u00a0? Jette tes lunettes et suis-moi. O\u00f9 iras-tu\u00a0? Je ne sais pas. Juste boire une tasse de th\u00e9 avec l\u2019un d\u2019entre vous. Au-del\u00e0 de ce qui existe et pleinement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, vu que j\u2019ai toujours rat\u00e9 les ext\u00e9rieurs. On fait comme on peut. Minuscules parts d\u2019ondes agissantes. Et portant le liquide chaud \u00e0 ma bouche. Et d\u00e9pla\u00e7ant une main pour m\u2019emparer de la bo\u00eete d\u2019allumettes. Et mettant le feu non rassurez-vous juste au papier dessous le petit bois dessous la b\u00fbche et bient\u00f4t, en cessant de dire le je pour entrer sortir bondir traverser. Que cherches-tu\u00a0? Que trouveras-tu\u00a0? Encore une fois l\u2019image, substrat du vivant. Le vivant, animal en voie de disparition. Le pleinement vivant qui ne fuit pas. Celui qui est l\u00e0 dans l\u2019air qu\u2019il donne \u00e0 respirer et se laisse approcher. Ou bien vas-tu courir apr\u00e8s une image de plus pour ne pas t\u2019effondrer. Oui, je sais que tu les adores. Alors vas-y cours si telle est ta maigre pitance mais ne viens pas pleurer apr\u00e8s ton entre-deux mis\u00e9rable. Pour les images, c\u2019est surtout que j\u2019veux qu\u2019on me raconte une histoire le soir pour me calmer. Qui a grandi\u00a0? Qui a sorti son pouce de la bouche\u00a0? A men\u00e9 de bonnes actions\u00a0 riches et utiles pour les hommes les sortir de leurs orni\u00e8res, \u00e0 terme\u00a0? Riches et inutiles pour magnifier la fonction fabulatrice. Sors de chez toi de tous les mod\u00e8les et ne redoute surtout pas l\u2019\u00e9chec, empile les, les uns sur les autres maladroitement comme des cubes (sans rester sur le carreau stp) et vois. Bois l\u2019eau des mots quand tu n\u2019en peux plus. Bois l\u2019eau des mots et nourris-toi des petits gestes de rien. Trouve ta famille de livres qui t\u2019ouvre une porte pour aller de l\u2019avant. Et la peau des oignons qui te fait pleurer\u00a0? Tout doucement en admirer les couches de peaux successives et leurs couleurs \u00e0 travers tes larmes. Tes larmes sont les lames de l\u2019esprit. Le pas gagn\u00e9 sur l\u2019oubli. La solitude est l\u00e0 pour te rappeler, le grenat de la compote de myrtille et du vin, de l\u2019adolescence br\u00fbl\u00e9e aux mots de Rimbaud. O\u00f9 tout revient en boucles dans une qu\u00eate jamais aboutie. Comment cesser de virevolter entre dialogue et beaut\u00e9. Encore un peu malgr\u00e9 les signes d\u2019\u00e9nervement du temps pour savoir ce que voulait dire se laisser aller \u00e0 vivre simplement. Je sors je me rassieds, me rassis \u00e0 30 ou 40 %\u00a0; jette un \u0153il circulaire happ\u00e9 par le piano qui me parle. Jamais tu n\u2019as pu que m\u2019admirer et non pas me toucher. Et maintenant que vas-tu faire de moi. Et les tableaux accroch\u00e9s un peu partout\u00a0? Tu vas continuer \u00e0 griffer les murs de mots pr\u00eats \u00e0 \u00e9clater en lambeaux\u00a0? L\u2019\u00e9crivain-source lib\u00e8re la parole et l\u2019isolement suffisant. Est-ce que je peux jouer avec vous\u00a0? Jouer \u00e0 quoi\u00a0? Jouer \u00e0 exister\u00a0? Alors il te faudra vingt ans d\u2019initiation pour \u00e7a. A quoi\u00a0? Aux nouvelles formes de vie. Mais \u00e0 temps difficile, belles voix\u00a0; \u00e0 silence \u00e9pais, silence \u00e9clairant\u00a0; \u00e0 jours r\u00e9p\u00e9titifs, nuits de Satori. \u00c7a crie Satori dans tes r\u00eaves. \u00c7a a cri\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>27\/09\/70 Dr\u00f4le de journ\u00e9e. Tromper l\u2019attente des r\u00e9sultats. Sus au sud de Paris, les malades pour passer leur bac. Malade en bonne voie de gu\u00e9rison du corps mais du reste\u00a0? Parl\u00e9 avec M. et attrap\u00e9 \u00e0 son contact une furieuse envie de gu\u00e9rir et se taire. Vu H. Je ne sais pas si le message qu\u2019il m\u2019a curieusement formul\u00e9 a <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/journal-du-27\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">La foire aux dizaines du 27<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":154,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1090],"tags":[],"class_list":["post-14618","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2019-08-nos-27-septembre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14618","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/154"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14618"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14618\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14618"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14618"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14618"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}