{"id":146358,"date":"2024-03-11T13:46:17","date_gmt":"2024-03-11T12:46:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=146358"},"modified":"2024-03-11T17:33:58","modified_gmt":"2024-03-11T16:33:58","slug":"autobiographies-05-reecrire-larbre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies-05-reecrire-larbre\/","title":{"rendered":"#autobiographies #05 | r\u00e9\u00e9crire l&rsquo;arbre"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"567\" height=\"756\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/marlen-sauvage-eucalyptus.jpg.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-146377\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/marlen-sauvage-eucalyptus.jpg.webp 567w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/marlen-sauvage-eucalyptus.jpg-315x420.webp 315w\" sizes=\"auto, (max-width: 567px) 100vw, 567px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Version d&rsquo;arriv\u00e9e<\/strong><br>Inattendu dans un panorama de serres et de valats, de gardons, de ravins, de routes \u00e9troites, tortueuses, de ch\u00e2taigniers et de ch\u00eanes verts (1). De taille moyenne [il me paraissait immense bien s\u00fbr, ce n\u2019est qu\u2019en consultant le net sur cette esp\u00e8ce d\u2019arbre que je l\u2019ai su \u00ab\u00a0moyen\u00a0\u00bb] \u2013 une vingtaine de m\u00e8tres [je me souviens de sa taille exacte, 19 m\u00e8tres. Nous l\u2019avions mesur\u00e9 au sol, je retenais mes larmes devant ce tronc allong\u00e9 dans l\u2019herbe et la boue] \u2013 sur un sol schisteux (2), \u00e0 peine enherb\u00e9 \u2013 de cette herbe qui s\u2019\u00e9paissit pourtant \u00e0 force de tontes successives \u2013 [en \u00e9crivant ceci, j\u2019avais repens\u00e9 au p\u00e8re de D., qui refusait de semer du gazon et r\u00e9p\u00e9tait que ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019une herbe comme une autre, \u00e0 tailler et retailler], devant la maison de pierres et de lauzes [quand aurai-je fini de parler de cette maison-l\u00e0 (3)]. Entour\u00e9 d\u2019un jasmin d\u2019hiver jaune [ma voisine en contrebas m\u2019en a avait offert un autre \u00e0 la mort de celui-ci, dans un pot \u00e9maill\u00e9 bleu sombre qui r\u00e9sistait au gel] et d\u2019un seringat blanc [je per\u00e7ois encore le parfum de cet arbuste lors de notre toute premi\u00e8re visite \u00e0 la maison de No\u00e9, parfum qui a jou\u00e9 son r\u00f4le aussi dans la d\u00e9cision d\u2019acheter. Car le dehors l\u00e0 encore avait compt\u00e9 largement autant que le dedans]. Eucalyptus. Originaire d\u2019Australie. Capable de s\u2019adapter \u00e0 diff\u00e9rents environnements, et c\u2019est bien pourquoi on le retrouve ici, en Loz\u00e8re, sur un versant m\u00e9diterran\u00e9en [ceci dit, je n\u2019ai pas souvenir d\u2019un seul autre eucalyptus autour des maisons visit\u00e9es ou devenues amies au fil de notre installation en Loz\u00e8re], certes, mais encore tr\u00e8s enneig\u00e9 durant l\u2019hiver au moment de sa plantation, une trentaine d\u2019ann\u00e9es auparavant (4). [ La neige, nous avions demand\u00e9 si elle tombait encore en hiver et si elle \u00ab\u00a0durait\u00a0\u00bb, ce qui avait amus\u00e9 un garde du Parc : \u00ab\u00a0il y a trente ans, oui, vous pouviez skier d\u2019une maison \u00e0 l\u2019autre, aujourd\u2019hui \u00e0 peine si \u00e7a tient une journ\u00e9e.\u00a0\u00bb C\u2019est faux, nous avons eu quelques hivers blancs, silencieux, o\u00f9 s\u2019apercevaient les traces de la renarde venue r\u00f4der autour de la maison puis du poulailler ; celles d\u2019oiseaux sur le chemin forestier qui descendait jusqu\u2019\u00e0 la Combe Del Salze ;\u00a0 celles des chats qui se risquaient dehors].\u00a0 Et de chercher qui avait pu avoir cette id\u00e9e saugrenue dans les ann\u00e9es 1970 de repiquer ici une essence exog\u00e8ne. Un Anglais, pr\u00e9sent deux mois sur douze, l\u2019\u00e9t\u00e9, [pas besoin d\u2019\u00eatre Anglais, notre voisin, bien fran\u00e7ais, avait fait le choix d\u2019esp\u00e8ces \u00e9trang\u00e8res au pays pour peupler le champ auparavant cultiv\u00e9 pour le foin], ayant aussi fait creuser une piscine \u2013 quand l\u2019eau manque [il suffisait de descendre une vingtaine de minutes \u00e0 travers la ch\u00e2taigneraie pour arriver au gardon et ses vasques plus ou moins remplies selon les \u00e9t\u00e9s.] \u2013 et que la rivi\u00e8re coule \u00e0 une vingtaine de minutes \u00e0 pied (5). Les remarques fusent. Et l\u2019on pense <em>in petto<\/em> \u00e0 deux \u00e9trangers sur une m\u00eame terre aride. Qu\u2019une possible humanit\u00e9 relie, une \u00ab\u00a0arbr\u00e9it\u00e9\u00a0\u00bb peut-\u00eatre\u2026 [j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arbre dans une autre vie, jamais ne l\u2019ai autant ressenti qu\u2019en C\u00e9vennes, aupr\u00e8s de cet eucalyptus et de nombreux ch\u00e2taigniers].<\/p>\n\n\n\n<p>Eucalyptus. Quelqu\u2019un explique sa fl\u00e8che bris\u00e9e par un hiver rude que la neige puis la glace avait alourdie, une gel\u00e9e \u00e0 -10\u00b0 C ayant eu raison de la branche point\u00e9e vers le ciel. De l\u00e0 cette silhouette l\u00e9g\u00e8rement pench\u00e9e, cette allure d\u00e9sinvolte, adolescente, gracile toujours, au feuillage l\u00e9ger, bleut\u00e9, qui sentait si fort une fois press\u00e9 entre les doigts [cette complicit\u00e9, je l\u2019ai regrett\u00e9e tellement, je saluais l\u2019eucalyptus, lui parlais, il me donnait quelques branchages fins, odorants, et je l\u2019emportais ainsi dedans, le dedans qui restait impr\u00e9gn\u00e9 de son parfum, longtemps]. D\u00e8s le premier regard, un ami. Une pr\u00e9sence, une couleur, un charisme \u00e9patant qui plantait le d\u00e9cor de la vie dans cette contr\u00e9e-l\u00e0. Rien de convenu [oui, j\u2019avais aim\u00e9 l\u2019id\u00e9e que cet \u00e9tranger puisse vivre ici, m\u2019encourageant \u00e0 m\u2019adapter moi aussi \u00e0 cette vie rude, solitaire, exigeante]. La n\u00e9cessit\u00e9 de revendiquer le droit \u00e0 un territoire, \u00e0 des r\u00eaves, \u00e0 des aspirations \u00e9lev\u00e9es sans pour autant pouvoir encore les nommer [ce territoire, je l\u2019avais pris en plein c\u0153ur \u00e0 notre premi\u00e8re vir\u00e9e dans ce coin de petites montagnes et de ch\u00e2taigniers, orang\u00e9s, \u00e0 l\u2019automne, quand les montagnes se dressent, bleu sombre dans le ciel laiteux du matin, l\u00e9g\u00e8rement embrum\u00e9es, et quelque chose s\u2019\u00e9tait nou\u00e9 dans mon ventre, je les avais reconnues, elles m\u2019avaient adopt\u00e9es, ce serait ma terre, c\u2019\u00e9tait ma terre]. Une complicit\u00e9 imm\u00e9diate honor\u00e9e de mani\u00e8re r\u00e9ciproque dans les moments de froidure qui engendraient rhumes, toux et autres bronchites. Ce parfum l\u00e9g\u00e8rement menthol\u00e9 qui emplissait la pi\u00e8ce \u00e0 peine laissait-on infuser les petites feuilles dans la casserole d\u2019eau pos\u00e9e sur le po\u00eale \u00e0 bois [en dehors du fait que le po\u00eale \u00e0 bois exigeait une veille de nuit comme de jour pour \u00eatre nourri suffisamment sous peine d\u2019extinction, c\u2019\u00e9tait aussi le complice permanent des soupes et des repas mitonn\u00e9s \u00e0 petit feu, je retrouvais gr\u00e2ce \u00e0 lui les gestes de ma grand-m\u00e8re, les recettes anciennes que j\u2019adaptais au go\u00fbt du jour (6)]. Des feuilles rondes comme recouvertes d\u2019une couche de cire blanche, qui leur donne un aspect poudreux, argent\u00e9. Des feuilles \u00e0 caresser, \u00e0 sentir, \u00e0 dessiner [je r\u00eavais de tenir un herbier, ce que je n\u2019ai jamais entrepris].<\/p>\n\n\n\n<p>Eucalyptus ! Ton \u00e9corce bariol\u00e9e se d\u00e9tachait par lambeaux, se pr\u00eatant aux par\u00e9idolies les plus diverses [comme bien d\u2019autres troncs d\u2019arbres photographi\u00e9s \u00e0 l\u2019envi au d\u00e9but de mon installation en C\u00e9vennes (7)], chacun selon ses perceptions, ses projections du moment. Feuillu en toutes saisons, occultant le paysage depuis la fen\u00eatre de la chambre ou du bureau [j\u2019ai pris mille photos de ce paysage, chaque matin quasiment au r\u00e9veil me promettant d\u2019en \u00ab\u00a0faire quelque chose\u00a0\u00bb], gardien du tr\u00e9sor cach\u00e9 entre tes branches, ce paysage de montagnes et de hameaux dispers\u00e9s [le souvenir ne dit rien avec ces mots des images encore\u00a0imprim\u00e9es dans mon cerveau]. Rougeoyant au feu du soleil levant, \u00e0 celui du soleil couchant. Tes fruits comme des clochettes s\u00e8ches, gris\u00e2tres, remplis de graines et d\u2019avenir. Tomb\u00e9 de haut, contre toute attente, une nuit de grand froid et de silence, dans un vacarme assourdissant, avertissement accompagn\u00e9 de sueurs froides \u00e0 la pens\u00e9e que tu tombais ainsi, sans pr\u00e9venir, fatigu\u00e9 par une longue maladie jamais \u00e9bruit\u00e9e [je savais que tu tombais seul, \u00e7a me gla\u00e7ait le sang ; cette souffrance \u00e0 te savoir couch\u00e9 dans la nuit \u00e9tait totalement irrationnelle, mais elle \u00e9tait l\u00e0]. Eucalyptus\u2026 D\u00e9bit\u00e9 en rondins humides de pleurs, r\u00e9duit \u00e0 l\u2019\u00e9tat de bois de chauffage, parfumant une derni\u00e8re fois les pi\u00e8ces de la grande maison qu\u2019il allait falloir abandonner.<\/p>\n\n\n\n<p>Notes de bas de page <\/p>\n\n\n\n<p>\u00a01 &#8211; La \u00ab\u00a0vraie C\u00e9venne\u00a0\u00bb, disent les Anciens, celle des gardons et des vall\u00e9es \u00e9troites.<br>\u00a02 &#8211; Schiste, calcaire, granite : les trois roches qui caract\u00e9risent les paysages c\u00e9venols. Le schiste gris bleu, parfois rouge et jaune des petites vall\u00e9es ; le calcaire des Grands Causses ; le granite du mont Loz\u00e8re et du Boug\u00e8s\u2026<br>\u00a03\u00a0&#8211; La maison de No\u00e9, sur la commune de Molezon, doit son nom au second mari d\u2019une propri\u00e9taire du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, dont le charisme \u00e9tait apparemment exemplaire. La femme de No\u00e9 reposait derri\u00e8re la maison, \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un if, sa tombe seulement marqu\u00e9e par une petite pierre dress\u00e9e.<br>4\u00a0&#8211; Informations donn\u00e9es par le propri\u00e9taire des lieux, alors, qui n\u2019avait fait que succ\u00e9der \u00e0 deux ou trois autres, la b\u00e2tisse figurant au cadastre de 1830 ou 1840, ayant \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e de longues ann\u00e9es, devenue grange \u00e0 foin et abri de berger, avant de trouver acqu\u00e9reur dans les ann\u00e9es 1970.<br>5\u00a0&#8211; Mais l\u2019eau ne manquait peut-\u00eatre pas alors\u2026\u00a0On conna\u00eet les d\u00e9g\u00e2ts de la s\u00e9cheresse des derni\u00e8res ann\u00e9es\u2026 En 2006, la vigne vierge qui recouvrait la fa\u00e7ade de la maison avait br\u00fbl\u00e9\u2026<br>6\u00a0&#8211;\u00a0\u00a0Cette vie \u00e0 la montagne, ce \u00ab\u00a0retour \u00e0 la terre\u00a0\u00bb n\u2019avait rien d\u2019exceptionnel pour moi qui n\u2019ai connu dans mon enfance que cette vie-l\u00e0, et bien que sans parents paysans. Mais je suis la seule de la fratrie \u00e0 avoir d\u00e9sir\u00e9 cette solitude peupl\u00e9e d\u2019arbres, de fruitiers, de poules et de canards, de lapins, de chats, de brebis, sans avoir pour autant le moindre statut de fermi\u00e8re.<br>7\u00a0&#8211;\u00a0\u00a0Ces photos ont fait les beaux jours de mon blog \u00e0 ses d\u00e9buts en 2006, et touch\u00e9 l\u2019\u0153il de celle qui reste ma plus fid\u00e8le lectrice, Brigitte C\u00e9l\u00e9rier.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Version de d\u00e9part<br><\/strong>Inattendu dans un panorama de serres et de valats, de gardons, de ravins, de routes \u00e9troites, tortueuses, de ch\u00e2taigniers et de ch\u00eanes verts. De taille moyenne \u2013 une vingtaine de m\u00e8tres \u2013 sur un sol schisteux, \u00e0 peine enherb\u00e9 \u2013 de cette herbe qui s\u2019\u00e9paissit pourtant \u00e0 force de tontes successives \u2013, devant la maison de pierres et de lauzes. Entour\u00e9 d\u2019un jasmin d\u2019hiver jaune et d\u2019un seringat blanc. Eucalyptus. Originaire d\u2019Australie. Capable de s\u2019adapter \u00e0 diff\u00e9rents environnements, et c\u2019est bien pourquoi on le retrouve ici, en Loz\u00e8re, sur un versant m\u00e9diterran\u00e9en, certes, mais encore tr\u00e8s enneig\u00e9 durant l\u2019hiver au moment de sa plantation, une trentaine d\u2019ann\u00e9es auparavant. Et de chercher qui avait pu avoir cette id\u00e9e saugrenue dans les ann\u00e9es 1970 de repiquer ici une essence exog\u00e8ne. Un Anglais, pr\u00e9sent deux mois sur douze, l\u2019\u00e9t\u00e9, ayant aussi fait creuser une piscine \u2013 quand l\u2019eau manque \u2013 et que la rivi\u00e8re coule \u00e0 une vingtaine de minutes \u00e0 pied. Les remarques fusent. Et l\u2019on pense <em>in petto<\/em> \u00e0 deux \u00e9trangers sur une m\u00eame terre aride. Qu\u2019une possible humanit\u00e9 relie, une \u00ab\u00a0arbr\u00e9it\u00e9\u00a0\u00bb peut-\u00eatre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Eucalyptus. Quelqu\u2019un explique sa fl\u00e8che bris\u00e9e par un hiver rude que la neige puis la glace avait alourdie, une gel\u00e9e \u00e0 -10\u00b0 C ayant eu raison de la branche point\u00e9e vers le ciel. De l\u00e0 cette silhouette l\u00e9g\u00e8rement pench\u00e9e, cette allure d\u00e9sinvolte, adolescente, gracile toujours, au feuillage l\u00e9ger, bleut\u00e9, qui sentait si fort une fois press\u00e9 entre les doigts. D\u00e8s le premier regard, un ami. Une pr\u00e9sence, une couleur, un charisme \u00e9patant qui plantait le d\u00e9cor de la vie dans cette contr\u00e9e-l\u00e0. Rien de convenu. La n\u00e9cessit\u00e9 de revendiquer le droit \u00e0 un territoire, \u00e0 des r\u00eaves, \u00e0 des aspirations \u00e9lev\u00e9es sans pour autant pouvoir encore les nommer. Une complicit\u00e9 imm\u00e9diate honor\u00e9e de mani\u00e8re r\u00e9ciproque dans les moments de froidure qui engendraient rhumes, toux et autres bronchites. Ce parfum l\u00e9g\u00e8rement menthol\u00e9 qui emplissait la pi\u00e8ce \u00e0 peine laissait-on infuser les petites feuilles dans la casserole d\u2019eau pos\u00e9e sur le po\u00eale \u00e0 bois. Des feuilles rondes comme recouvertes d\u2019une couche de cire blanche, qui leur donne un aspect poudreux, argent\u00e9. Des feuilles \u00e0 caresser, \u00e0 sentir, \u00e0 dessiner.<\/p>\n\n\n\n<p>Eucalyptus ! Ton \u00e9corce bariol\u00e9e se d\u00e9tachait par lambeaux, se pr\u00eatant aux par\u00e9idolies les plus diverses, chacun selon ses perceptions, ses projections du moment. Feuillu en toutes saisons, occultant le paysage depuis la fen\u00eatre de la chambre ou du bureau, gardien du tr\u00e9sor cach\u00e9 entre tes branches, ce paysage de montagnes et de hameaux dispers\u00e9s. Rougeoyant au feu du soleil levant, \u00e0 celui du soleil couchant. Tes fruits comme des clochettes s\u00e8ches, gris\u00e2tres, remplis de graines et d\u2019avenir. Tomb\u00e9 de haut, contre toute attente, une nuit de grand froid et de silence, dans un vacarme assourdissant, avertissement accompagn\u00e9 de sueurs froides \u00e0 la pens\u00e9e que tu tombais ainsi, sans pr\u00e9venir, fatigu\u00e9 par une longue maladie jamais \u00e9bruit\u00e9e. Eucalyptus\u2026 D\u00e9bit\u00e9 en rondins humides de pleurs, r\u00e9duit \u00e0 l\u2019\u00e9tat de bois de chauffage, parfumant une derni\u00e8re fois les pi\u00e8ces de la grande maison qu\u2019il allait falloir abandonner.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Version d&rsquo;arriv\u00e9eInattendu dans un panorama de serres et de valats, de gardons, de ravins, de routes \u00e9troites, tortueuses, de ch\u00e2taigniers et de ch\u00eanes verts (1). De taille moyenne [il me paraissait immense bien s\u00fbr, ce n\u2019est qu\u2019en consultant le net sur cette esp\u00e8ce d\u2019arbre que je l\u2019ai su \u00ab\u00a0moyen\u00a0\u00bb] \u2013 une vingtaine de m\u00e8tres [je me souviens de sa taille <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies-05-reecrire-larbre\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#autobiographies #05 | r\u00e9\u00e9crire l&rsquo;arbre<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":165,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2820,2911],"tags":[5695,2885,1044,995],"class_list":["post-146358","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cycle_autobiographies","category-autobiographies-05-reecriture","tag-cevennes","tag-eucalyptus","tag-maison","tag-noe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/146358","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/165"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=146358"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/146358\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=146358"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=146358"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=146358"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}