{"id":14648,"date":"2019-09-27T00:11:49","date_gmt":"2019-09-26T22:11:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=14648"},"modified":"2019-09-27T00:11:50","modified_gmt":"2019-09-26T22:11:50","slug":"8-56-ans-divises-par-3-fois-27","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/8-56-ans-divises-par-3-fois-27\/","title":{"rendered":"#8, 56 ans divis\u00e9s par 3 fois 27"},"content":{"rendered":"\n<p>27\nseptembre 1970&nbsp;: encore l\u2019\u00e9poque des rentr\u00e9es scolaires\ntardives. Premier dimanche d\u2019apr\u00e8s la rentr\u00e9e. Je suis revenu\navec les miens au jardin de l\u2019impasse o\u00f9 il fait soleil comme si\nc\u2019\u00e9tait encore l\u2019\u00e9t\u00e9 et les vacances. Et pourtant, depuis,\nj\u2019ai entrevu la ville pour la premi\u00e8re fois, ses soir\u00e9es et ses\nlumi\u00e8res innombrables le soir. Je les vois encore amicales en ce\npremier dimanche qui fait un peu retour vers les vacances, o\u00f9 je\ncon\u00e7ois l\u2019id\u00e9e de dessiner \u00e0 ma fa\u00e7on le paquebot France, de\nparvenir \u00e0 dessiner tous ses hublots, comme autant de fen\u00eatres\nd\u2019une ville. La tresse des odeurs du jardin, qui \u00e9tait celui des\nvacances et qui redevient celui des dimanches, o\u00f9 il y a encore\nquelques figues m\u00fbres, du raisin qui le sera bient\u00f4t, fait un \u00e9cran\no\u00f9 se projettent les odeurs nouvelles de la semaine qui vient de\ns\u2019\u00e9couler&nbsp;: l\u2019odeur de la peinture et l\u2019odeur du neuf.<\/p>\n\n\n\n<p>27\nseptembre 1985&nbsp;: encore l\u2019\u00e9poque qui vient juste apr\u00e8s la\nrentr\u00e9e scolaire au S\u00e9n\u00e9gal. La premi\u00e8re fois que pour moi, il\nn\u2019y a pas de rentr\u00e9e scolaire. Mais je vis celle des autres. J\u2019ai\njustement dormi chez Kaw Yaya, celui qu\u2019on appelle le ma\u00eetre\nd\u2019\u00e9cole. Sa maison est remplie de lyc\u00e9ens et de lyc\u00e9ennes qui\ndoivent se lever dans le matin encore frais. Hier soir on a fait du\nfeu dans la cour et cela sent la cendre \u00e0 peine refroidie. Les\nsilhouettes que je croise portent d\u2019inhabituelles couvertures sur\nles \u00e9paules et je m\u2019\u00e9tonne de ne pas davantage frissonner, moi.\nMais c\u2019est vrai, moi, je n\u2019ai plus \u00e0 faire mes preuves de\nrentr\u00e9e scolaire.<\/p>\n\n\n\n<p>27\nseptembre 2001&nbsp;: tout autour de moi, on peut se voir dans les\njournaux, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 et m\u00eame maintenant sur internet. L\u2019explosion,\ndix jours apr\u00e8s celle des Etats-Unis, a eu lieu tout pr\u00e8s de chez\nnous. AZF&nbsp;? J\u2019en suis rest\u00e9 au nom que le grand-p\u00e8re donnait\n\u00e0 cette usine, l\u2019Onia. Jour apr\u00e8s jour, la radio ajuste le nombre\ndes morts, multiplie celui des bless\u00e9s. Demain, cela fera une\nsemaine qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 ce qu\u2019on ne sait encore quoi, au\njuste. Une semaine que j\u2019ai entendu ce bang, comme celui d\u2019un\navion passant le mur du son mais plus fort quand m\u00eame. Et puis,\njuste apr\u00e8s, le bruit de projection du verre des vitres bris\u00e9es. Il\ny a eu ensuite le temps de l\u2019incertitude, les tentatives pour\njoindre ceux de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la ville, savoir si tout allait\nbien et si on allait se revoir le soir m\u00eame. Et puis, le lendemain,\nsamedi, cette \u00e9trange f\u00eate de la figue. On avait dit qu\u2019on irait,\non avait dit qu\u2019on raconterait des histoires. Mais les histoires,\nentre temps avaient un peu chang\u00e9. Et dans deux jours, le week-end\nqui vient sera-t-il ordinaire pour nous&nbsp;?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>27 septembre 1970&nbsp;: encore l\u2019\u00e9poque des rentr\u00e9es scolaires tardives. Premier dimanche d\u2019apr\u00e8s la rentr\u00e9e. Je suis revenu avec les miens au jardin de l\u2019impasse o\u00f9 il fait soleil comme si c\u2019\u00e9tait encore l\u2019\u00e9t\u00e9 et les vacances. Et pourtant, depuis, j\u2019ai entrevu la ville pour la premi\u00e8re fois, ses soir\u00e9es et ses lumi\u00e8res innombrables le soir. 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