{"id":146631,"date":"2024-03-15T00:11:55","date_gmt":"2024-03-14T23:11:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=146631"},"modified":"2024-03-15T00:15:34","modified_gmt":"2024-03-14T23:15:34","slug":"gestes-et-usages-08-comptines-dans-la-brume","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/gestes-et-usages-08-comptines-dans-la-brume\/","title":{"rendered":"#Gestes et usages #08 | Comptines dans la brume"},"content":{"rendered":"\n<p>Une ombre charg\u00e9e comme une mule avance d&rsquo;un pas tra\u00eenant, elle porte un gigantesque sac \u00e0 dos au bas duquel pend un autre sac de voyage. L&rsquo;ombre avance p\u00e9niblement. Une comptine r\u00e9sonne dans l&rsquo;air.<br>     <em><blockquote>Petit escargot, <br>porte sur son dos, <br>sa maisonnette. <br>Aussit\u00f4t qu&rsquo;il pleut, <br>il est tout heureux, <br>il sort sa t\u00eate.<\/blockquote><\/em><br>Dans l&rsquo;air flotte une odeur de sucre et de barbe \u00e0 papa. La gaiet\u00e9 de la voix enfantine berce la marche laborieuse de l&rsquo;homme vers le prochain banc public longeant la piste cyclable. L&rsquo;homme ploie sous la charge, le pas est lent. L&rsquo;homme pose son barda sur le banc. Son visage est burin\u00e9 par la vie dans la rue. Une barbe rousse lui mange le bas du visage. Sa chevelure broussailleuse est maintenue en queue de cheval. L&rsquo;homme se fond avec le gris de la ville, seuls ses deux yeux, vifs et durs comme de la pierre, sont encore vivants.<br>L&rsquo;homme s&rsquo;accorde un peu de repos avant le soir. La nuit, il demeure sur ses gardes. Il s&rsquo;allonge sur le banc. Il cale son sac \u00e0 dos contre lui. Le banc est trop petit, il a les pieds dans le vide. Dos aux passants, il s&rsquo;endort au son de la voix d&rsquo;enfant.<br>L&rsquo;homme hait les t\u00e9n\u00e8bres, il ne dort pas quand la ville dort. Des horreurs n&rsquo;ont-elles pas lieu sous la fen\u00eatre des honn\u00eates gens dont la surdit\u00e9 garantit l&rsquo;innocence ?<br>L&rsquo;homme n&rsquo;aime plus ni la vie ni ces inconnus qui courent du matin au soir apr\u00e8s le travail, l&rsquo;argent, le sport, les enfants, les courses&#8230; Ce flux grouillant feint de l&rsquo;ignorer, passe d&rsquo;un pas press\u00e9 sans lui jeter un regard. Pour eux, il n&rsquo;existe pas, au mieux il fait partie du mobilier urbain. Ses propres fant\u00f4mes sont ses seuls amis. Il a depuis longtemps l&rsquo;absolue certitude que le bonheur ne se rencontre qu&rsquo;une seule fois. Il a pass\u00e9 son tour. Le c\u0153ur lourd d&rsquo;amertume, il \u00e9vite de poser un regard sur le monde. Le monde n&rsquo;existe que par l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;on s&rsquo;en fait, par le regard qu&rsquo;on lui porte. Dans quel monde vit-on lorsque l&rsquo;on ne veut plus le voir\u202f?<br>Parfois, surmontant son amertume, il observe les passants press\u00e9s. Il s&rsquo;\u00e9tonne de leurs regards de rongeurs apeur\u00e9s. Il sourit. Il les imagine les un derri\u00e8re les autres, cherchant \u00e0 rattraper le joueur de fl\u00fbte de Hamelin. Vers quel pr\u00e9cipice se h\u00e2te toute cette assembl\u00e9e, se demande-t-il, oubliant la pr\u00e9carit\u00e9 de sa propre existence.<br>Il supporte l&rsquo;hiver en portant plusieurs couches de v\u00eatements. Il redoute davantage la pluie. L&rsquo;eau s\u2019immisce partout. Se maintenir au sec est si important, mais si difficile quand on vit dans la rue. Il ne va pas dans le m\u00e9tro. Il refuse les maraudes. Il aime sa solitude. Il ne veut pas de ces aides sans lendemain. Demain, n&rsquo;existe plus pour lui.<br>La nuit est tomb\u00e9e. L&rsquo;homme est assis sur son banc, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son imposant sac \u00e0 dos. Au-dessus de lui, un lampadaire \u00e9teint l&rsquo;abrite. L&rsquo;homme parle, agite les mains. La conversation est tr\u00e8s anim\u00e9e. Une brume entoure son sac \u00e0 dos. L&rsquo;homme tourne la t\u00eate vers le brouillard.<br>\u2014\u00a0Qu&rsquo;est-ce que tu connais \u00e0 la vie\u202f?<br>\u2014\u00a0Je la vis au jour le jour sur ton dos.<br>\u2014\u00a0C&rsquo;est moi qui te porte, le froid, la faim, la pluie c&rsquo;est pour moi. Toi tu arrives toujours quand on est assis, quand tout va bien.<br>\u2014\u00a0Tu crois que tout va bien ce soir\u202f? lui lance une voix depuis la brume.<br>L&rsquo;homme ne r\u00e9pond pas. Une odeur de d\u00e9tritus passe devant le banc.<br>\u2014\u00a0\u00c7a sent bizarre, dit la voix.<br>L&rsquo;homme s&rsquo;adosse au banc. P\u00e9niblement, il tente de faire la diff\u00e9rence entre ses pens\u00e9es, ses visions, les voix qu&rsquo;il entend, les odeurs qui apparaissent, et la r\u00e9alit\u00e9 si simple de ceux qui courent. Les odeurs changent de nature si soudainement. Son esprit est confus.<br>La nuit, il peut sentir le mal r\u00f4der, se promener dans l&rsquo;air. Ce n&rsquo;est pas un effluve, c&rsquo;est une sensation \u00e9trange qui s&rsquo;immisce, un ressenti effroyable.<br>Il est deux heures du matin. L&rsquo;homme est assis sur son banc. Au loin, quatre hommes marchent en titubant. Ils parlent fort, s&rsquo;apostrophent sans \u00e9gard, se sentent les rois du monde sous l&rsquo;effet de l&rsquo;alcool. Ils sont jeunes et forts. Les quatre comp\u00e8res \u00e9m\u00e9ch\u00e9s avancent d&rsquo;un pas incertain sur le boulevard. On croirait les fr\u00e8res Dalton \u00e9chapp\u00e9s de la bande dessin\u00e9e&#8230; La conviction qu&rsquo;ils mettent dans leurs propos saugrenus est burlesque. Leurs remarques d&rsquo;ivrogne pr\u00eateraient \u00e0 sourire. L&rsquo;homme les observe \u00e0 l&rsquo;ombre de son r\u00e9verb\u00e8re \u00e9teint. Il se m\u00e9fie d&rsquo;instinct de ces hommes. Il conna\u00eet le mal insidieux, omnipr\u00e9sent dans sa vie de mis\u00e8re, il conna\u00eet le malheur toujours proche.<br>Le groupe avance chavirant tant\u00f4t \u00e0 droite, tant\u00f4t \u00e0 gauche, tout en gardant miraculeusement le cap. Une brume entoure le groupe, il dispara\u00eet dans ce nuage impromptu. Quatre gros rats agit\u00e9s en \u00e9mergent, un brun, un roux et deux gris. Le roux est le plus gros, probablement le chef du groupe. Les gaspards sont bruyants. Les \u00e9clats de voix ont laiss\u00e9 place \u00e0 des couinements \u00e9tranges. Leurs gros yeux noirs, ronds, observent les alentours, leurs moustaches fr\u00e9missent. Ils l\u00e8vent la t\u00eate, hument l&rsquo;air \u00e0 la recherche d&rsquo;une odeur app\u00e9tissante. Les relents naus\u00e9abonds se font plus forts dans l&rsquo;air frais.<br>Au loin, une jeune fille arrive \u00e0 v\u00e9lo. Ses cheveux ondulent l\u00e9g\u00e8rement. C&rsquo;est presque l&rsquo;automne, l&rsquo;air est frais. Une vitesse est mal enclench\u00e9e, le bruit de la cha\u00eene annonce l&rsquo;arriv\u00e9e du v\u00e9lo. La jeune fille rentre chez elle, ses pens\u00e9es sont encore tourn\u00e9es vers l&rsquo;agr\u00e9able soir\u00e9e pass\u00e9e avec ses amis. \u00c0 peine concentr\u00e9e sur sa conduite, elle ne remarque pas le groupe qu&rsquo;elle va croiser dans quelques secondes. <br>Le rat roux regarde au loin, son museau fr\u00e9tille \u00e0 l&rsquo;odeur de la fra\u00eecheur qui approche. Il grince des dents en signe de contentement. Il plisse les yeux et savoure pleinement le moment \u00e0 venir. Il ignore ses comp\u00e8res. Un frisson parcourt son pelage graisseux. Les trois autres rats continuent leurs r\u00e9pugnantes vocalises. La jeune fille arrive \u00e0 leur hauteur. \u00c0 son passage, le gros rat la saisit par les cheveux et la fait tomber de v\u00e9lo. Elle hurle de terreur, veut se d\u00e9gager, s&rsquo;enfuir, une griffe de fer la retient. Le reste du groupe un instant saisi par la rapidit\u00e9 et la violence du geste reste fig\u00e9. Tr\u00e8s vite, le museau du rat brun brille de bave, les deux autres gris fr\u00e9tillent devant cette gourmandise \u00e0 port\u00e9e de main. <br>Inamovible, l&rsquo;homme, assis sur son banc, observe la sc\u00e8ne. Ses yeux d&rsquo;acier percent la nuit.  L&rsquo;homme regarde, immobile, le groupe bousculer la jeune fille. Aucune voiture ne passe, personne n&rsquo;interviendra. Le v\u00e9lo g\u00eet sur le sol. Le bruit de la roue qui tourne dans le vide se d\u00e9tache. L&rsquo;homme est impassible, il est en dehors du monde. Ce n&rsquo;est plus son monde. Il reste indiff\u00e9rent, ce qu&rsquo;il voit appartient peut-\u00eatre \u00e0 ses visions. Il ne sait plus. Il reste \u00e0 distance.<br>Les deux rats gris attrapent la jeune fille par les pieds. Elle tombe brutalement \u00e0 la renverse. Dans un bruit mat, sa t\u00eate heurte le sol. Engourdie par le choc, elle ne perd pas conscience. Un liquide visqueux coule dans ses cheveux. Elle appelle \u00e0 l&rsquo;aide, personne ne l&rsquo;entend. Les cris de la jeune fille se transforment en une clameur stridente insupportable. Avec les mains, l&rsquo;homme se couvre les oreilles.<br>La jeune fille est plaqu\u00e9e au sol. Un membre rugueux passe sous sa jupe. On lui arrache sa culotte. La panique l&rsquo;envahit. Elle hurle de plus belle. Elle se contorsionne pour se prot\u00e9ger, se d\u00e9gager. Ses mains repoussent en vain la masse qui l&rsquo;\u00e9crase. Soudain, un coup de poing s&rsquo;abat sur son visage et lui ouvre l&rsquo;arcade sourcili\u00e8re. Les cris cessent instantan\u00e9ment. Elle est t\u00e9tanis\u00e9e, le sang se m\u00eale aux larmes. Elle pense qu&rsquo;elle va mourir ce soir.<br>\u2014 Tu te laisses faire, tu pourras partir quand on aura fini. Sinon&#8230;<br>Elle suffoque de peur, sa vie ne tient plus qu&rsquo;\u00e0 un fil. Tout son corps tremble. <br>L&rsquo;homme est sur son banc, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son sac \u00e0 dos envelopp\u00e9 d&rsquo;un brouillard incertain. Leur conversation s&rsquo;envenime. Il tente de garder une voix basse pour rester dans l&rsquo;ombre. Passer inaper\u00e7u est sa r\u00e8gle de survie. L&rsquo;homme soupire. Le brouillard qui entoure le sac \u00e0 dos s&rsquo;\u00e9vanouit. Un jeune homme au regard bienveillant appara\u00eet. Il lui ressemble vaguement. Il fixe l&rsquo;homme assis sur le banc et semble lui dire : \u00ab\u00a0qu&rsquo;attends-tu\u00a0?\u00a0\u00bb<br>L&rsquo;homme se r\u00e9signe, se l\u00e8ve et avance d&rsquo;un pas tra\u00eenant vers les quatre lascars. La voix enfantine r\u00e9sonne. Une comptine envahit l&rsquo;air.<br><em><blockquote>Petit navire qui tourne et vire<br>Petit navire prends garde \u00e0 toi<br>Ou la baleine te mangera&#8230;<\/blockquote><\/em><br>Sans se pr\u00e9cipiter, l&rsquo;homme saisit un b\u00e2ton et poursuit son avanc\u00e9e vers le groupe de rats. Le gros roux est sur la jeune fille, les deux gris lui tiennent chacun une jambe et le brun lui bloque les bras. Le gourdin s&rsquo;abat sur un gris puis sur un second, les couinements fusent. Le roux se tourne, le museau mena\u00e7ant, luisant de bave. Un rapide coup de massue lui ferme sa gueule r\u00e9pugnante. La douleur inonde son cerveau, il roule sur le c\u00f4t\u00e9 et l\u00e2che un cri per\u00e7ant. Le brun, plus prudent, s&rsquo;\u00e9loigne.<br>Les rats se regroupent face \u00e0 leur adversaire. Ils se tiennent sur leurs pattes arri\u00e8re en posture de d\u00e9fense. Ils exhibent des dents hideuses. Ils gonflent leur corps pour para\u00eetre plus gros et plus grands. Ils poussent des cris affreux. Leur longue queue s&rsquo;agite, elle a quelque chose du serpent. Leur ventre palpite. Le groupe est \u00e9lectris\u00e9, pr\u00eat \u00e0 l&rsquo;attaque.<br>Pour les contrer, l&rsquo;homme agite son b\u00e2ton de droite \u00e0 gauche. Il jette un \u0153il \u00e0 la jeune fille et d\u00e9signe d&rsquo;un rapide signe de t\u00eate le v\u00e9lo gisant au sol. Tremblante, elle se l\u00e8ve, rajuste d&rsquo;une main les v\u00eatements d\u00e9chir\u00e9s, macul\u00e9s de sang. Les cheveux en bataille, le visage tum\u00e9fi\u00e9, l&rsquo;un de ses yeux est gonfl\u00e9, presque ferm\u00e9. Elle redresse son v\u00e9lo. Douloureusement, elle jette un dernier regard \u00e0 l&rsquo;homme. Elle est incapable de parler. Son cerveau ne fonctionne plus normalement. Elle regrettera longtemps de n&rsquo;avoir pas pu articuler un mot, merci. L&rsquo;homme grogne. Elle enfourche son v\u00e9lo. Les pleurs et le bruit du d\u00e9railleur d\u00e9fectueux s&rsquo;\u00e9loignent.<br>L&rsquo;homme mouline l&rsquo;air de son b\u00e2ton. Le rat roux lance un couinement suraigu, signal de l&rsquo;attaque. Les quatre rats se jettent sur l&rsquo;homme. Quelque chose le p\u00e9n\u00e8tre brusquement. Il s\u2019effondre, surpris. Une vive douleur lui d\u00e9chire le ventre. Sa main sur l&rsquo;abdomen se couvre d&rsquo;un liquide chaud. Les rats s&rsquo;affolent et d\u00e9talent.<br>L&rsquo;homme est allong\u00e9 sur le sol. Il se tourne le visage vers le jeune homme. Il n&rsquo;y a personne, seul le sac \u00e0 dos est pos\u00e9 sur le banc. L&rsquo;homme ferme les yeux. <br><em><blockquote>Petit navire prends garde \u00e0 toi<br>Ou la baleine te mangera&#8230;<\/blockquote><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une ombre charg\u00e9e comme une mule avance d&rsquo;un pas tra\u00eenant, elle porte un gigantesque sac \u00e0 dos au bas duquel pend un autre sac de voyage. L&rsquo;ombre avance p\u00e9niblement. Une comptine r\u00e9sonne dans l&rsquo;air. Petit escargot, porte sur son dos, sa maisonnette. Aussit\u00f4t qu&rsquo;il pleut, il est tout heureux, il sort sa t\u00eate. 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