{"id":147207,"date":"2024-05-12T16:18:12","date_gmt":"2024-05-12T14:18:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=147207"},"modified":"2024-05-13T11:54:28","modified_gmt":"2024-05-13T09:54:28","slug":"01-ranger-ses-livres-marie-therese-peyrin-usage-des-pans-de-mur-depuis-lenfance-et-apres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/01-ranger-ses-livres-marie-therese-peyrin-usage-des-pans-de-mur-depuis-lenfance-et-apres\/","title":{"rendered":"#### nouvelles| Marie-Th\u00e9r\u00e8se Peyrin| Volontiers"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\" id=\"SENSATIONS-DE-LECTURE-ET-D'ECRITURE\">Table des chapitres 1.<strong>Sensations d\u2019\u00e9criture | Sensations de lecture<\/strong> 2.<strong>Usage des murs | Biblioth\u00e8ques<\/strong> 3.<strong>Perdre &#8230;&nbsp;| Usage des pans de mur |&nbsp;Maisons<\/strong> 4. <strong>Le livre dit moins que ce qu&rsquo;il dit<\/strong> 5.<strong>Trouvailles : Les livres, ce que les grands bibliophiles en disent | Bernard No\u00ebl citation <\/strong>6.<strong> Le livre dans le livre&#8230; que dit-il ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-gray-background-color has-background has-normal-font-size\"><em>Page unique \u00e0 scroller&#8230; ci-dessous<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left has-dark-gray-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color has-normal-font-size wp-elements-4386608f672fb72c7bbcfeea25364409\"><em>Lorsqu&rsquo;on n&rsquo;est plus oblig\u00e9.e.s de le faire, tout <strong>geste <\/strong>nouveau d&rsquo;\u00e9criture ou de lecture est une promesse qu&rsquo;on se fait \u00e0 soi-m\u00eame. Elle ne contient qu&rsquo;un passage \u00e0 l&rsquo;acte que l&rsquo;on admet <strong>volontiers <\/strong>et une part  abyssale d&rsquo;inconnu \u00e0 accueillir.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-black-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-1162da1a185ce373c03e6eff6844a6d5\"><strong><em>Et maintenant que tombe la nuit, nous sommes pareils, \u00e0 ceux qui n&rsquo;ont plus de nouvelles et qui laissent  ouverte la porte de leur maison <\/em><\/strong>. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-black-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-a3117f147aef2810f45f672f5a1c5071\"><strong>Andr\u00e9 Rochedy <\/strong>| Par le violet des roses | Cheyne \u00e9diteur<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/20231116_204010-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-149554\" style=\"aspect-ratio:1;object-fit:cover\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/20231116_204010-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/20231116_204010-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/20231116_204010-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/20231116_204010-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/20231116_204010-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong># 00 Sensations d\u2019\u00e9criture | Sensations de lecture<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Martha nous parle<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;J\u2019ai recompt\u00e9 hier matin. Des espaces d\u2019amoncellement de livres Il y en a vingt-et-un chez nous et seulement trois espaces d\u2019\u00e9criture interchangeables selon le calme rendu possible par la solitude volontaire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9criture sur le clavier de l\u2019ordinateur&nbsp;tol\u00e8re la pr\u00e9sence de quelqu\u2019un de familier, \u00e0 condition que ce ne soit pas derri\u00e8re mon dos.<\/p>\n\n\n\n<p>Lire sur l\u2019\u00e9cran du P.C&nbsp;n\u2019est jamais une sensation agr\u00e9able, la lumi\u00e8re, les reflets et les contrastes agressent mes r\u00e9tines, d\u00e8s lors, je suis oblig\u00e9e d\u2019augmenter la taille des caract\u00e8res pour rendre le travail moins fastidieux et fatigant. Au bout d\u2019une heure, une pause plus ou moins longue est n\u00e9cessaire. J\u2019en profite pour partir \u00e9plucher des l\u00e9gumes ou pr\u00e9parer un repas dans la pi\u00e8ce d\u00e9di\u00e9e, \u00e0 c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9criture sur la table de la salle \u00e0 manger est l\u2019\u00e9criture qui r\u00e9clame des livres autour et des documents, elle s\u2019\u00e9tale comme une tache d\u2019huile. C\u2019est celle que je pr\u00e9f\u00e8re mais il faut d\u00e9barrasser et nettoyer la table ( huit couverts )de ses copeaux de papier \u00e0 chaque fois, lorsqu\u2019un autre usage imp\u00e9rieux se profile. J\u2019ai la sensation d\u2019\u00eatre sur un radeau au milieu de l\u2019oc\u00e9an dans une embarcation en bois rudimentaire ( l\u2019arche de No\u00e9 biblique ?) qui sent la cire ou le goudron et le sel marin. Par-dessus, la nappe en tissu tapissier violet sombre et grenat, recouverte d\u2019une toile en plastic transparente est comme une voile \u00e0 plat. Les livres sont comme des poissons volants et fuyants qu\u2019il faut surveiller du coin de l\u2019\u0153il pour qu\u2019ils ne retombent pas comme les saumons dans une chute d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9criture sur un coin de table \u00e0 la cuisine, le dos tourn\u00e9 proche de la grande baie vitr\u00e9e est une \u00e9criture nomade sur des papiers volants, griffonn\u00e9s, parfois des emballages de pain Wasa d\u00e9coup\u00e9s en rectangle. Les notes \u00e9parses relient les moments de lecture aux moments d\u2019\u00e9criture. La sensation de pr\u00e9carit\u00e9 et de d\u00e9sinvolture est de mise.<\/p>\n\n\n\n<p>La sensation de d\u00e9cousu et de perte possible&nbsp;des \u00e9l\u00e9ments d\u2019\u00e9criture est une donn\u00e9e de d\u00e9part et elle n\u2019est plus du tout angoissante. Le temps tr\u00e9pidant s\u2019est arr\u00eat\u00e9. Rien n\u2019est urgent. Rien n\u2019est attendu de l\u2019ext\u00e9rieur. Sensation de libert\u00e9 et de confort dans l\u2019\u00e9criture et la lecture. Contrairement \u00e0&nbsp;Lydie Salvayre &nbsp;ou d\u2019autres,&nbsp;je n\u2019\u00e9cris jamais au lit.&nbsp;Cependant,&nbsp;je lis au lit&nbsp;tous les soirs, cal\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9 droit et sous la lampe, avant de m\u2019endormir, cela remplace les somnif\u00e8res. Lorsque le livre tombe, je le ramasse, je lui mets son marque page et j\u2019\u00e9teins.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Martha ne sait pas en d\u00e9clarant tout cela qu\u2019elle va remonter le temps et reconstituer tout un itin\u00e9raire de lectrice. Elle le fait volontiers. Elle dira que c\u2019est le moment.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ranger ses livres&nbsp;| Usage des pans de mur |&nbsp;Biblioth\u00e8ques<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong># 01 Usage des murs | Biblioth\u00e8ques<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Approche<\/p>\n\n\n\n<p>Martin Bartlesky et sa s\u0153ur Martha se reparlent de leurs souvenirs. Ils se sont retrouv\u00e9s un jour d\u2018<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-admin\/post.php?post=136735&amp;action=edit\">automne<\/a>&nbsp;dans la maison de leurs enfances, nostalgiques et plant\u00e9s comme deux idiots sentinelles impr\u00e9vues devant la biblioth\u00e8que laiss\u00e9e d\u00e9s\u0153uvr\u00e9e depuis la mort des parents. Que faire de tous ces livres ? Faut-il les garder ? Faut-il les jeter ? Faut-il les donner ? Tu en veux ? Moi je n\u2019ai pas la place\u2026 Mais \u00e7a on ne peut pas le jeter\u2026 Tu es bien d\u2019accord ? C\u2019est toute sa vie et ses go\u00fbts sur ces \u00e9tag\u00e8res : les classiques dans des \u00e9ditions bon march\u00e9, les cartes routi\u00e8res, les num\u00e9ros de G\u00e9o, les encyclop\u00e9dies, les livres d\u2019histoire, les livres d\u2019\u0153nologie, les livres dr\u00f4les des humoristes vus \u00e0 la t\u00e9l\u00e9. . Aucun livre de valeur, il a consacr\u00e9 tout son salaire \u00e0 \u00e9lever leurs six enfants. Et pourtant il n\u2019a pas renonc\u00e9 \u00e0 se cultiver, \u00e0 entrer dans le monde entier avec sa t\u00eate pensive et parfois taciturne. Il tenait beaucoup \u00e0 cette profusion de livres que la retraite lui avait permis d\u2019amplifier et de fr\u00e9quenter. Il lisait tout le temps, m\u00eame avec la cataracte. A la fin il faisait m\u00eame semblant pour qu\u2019on ne le d\u00e9range pas. Mais il a fini par pr\u00e9f\u00e9rer la contemplation des oiseaux et des arbres. M\u00eame le journal et ses papotages en faits divers r\u00e9currents ne l\u2019int\u00e9ressait plus. Les livres ne remplacent pas la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une ancienne chambre d\u2019enfant, Bob avait rang\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s tous les livres autrefois dispers\u00e9s dans la maison. Il les avait install\u00e9s \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du petit bureau o\u00f9 il peignait parfois comme sa m\u00e8re\u2026 en autodidacte. Il avait abandonn\u00e9 la peinture \u00e0 cause de l\u2019allergie \u00e0 la t\u00e9r\u00e9benthine\u2026 selon lui, la gouache n\u2019\u00e9tait pas de la vraie peinture \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Sur deux pans de mur contigus, il avait ordonn\u00e9 les romans, les livres documentaires et les revues . Il avait mis en \u00e9vidence de vieux volumes achet\u00e9s dans des&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-admin\/post.php?post=135783&amp;action=edit\">brocantes<\/a>, car il aimait toucher les couvertures en cuir r\u00e2p\u00e9. Il avait m\u00eame \u00e9tabli une liste par ordre alphab\u00e9tique avec son \u00e9criture en script assez guind\u00e9e et nerveuse, v\u00e9ritable calligraphie un peu obsessionnelle mais tr\u00e8s lisible. Il a fait cet inventaire sur une feuille de classeur \u00e0 petits carreaux qu\u2019il a gliss\u00e9 un jour entre deux grands livres dans un coin pour ne plus y toucher. Cette liste pr\u00e9cieuse est donc rest\u00e9e inachev\u00e9e\u2026 Des livres moins surveill\u00e9s ont d\u00fb dispara\u00eetre au fil des ann\u00e9es et des visites. Mais curieusement, cet am\u00e9nagement n\u2019 a plus \u00e9t\u00e9 contest\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 sa disparition. Il avait install\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une succession d\u2019\u00e9tag\u00e8res style menuiserie norv\u00e9gienne plusieurs biblioth\u00e8ques accol\u00e9es, sans portes, un m\u00e8tre environ de largeur chacune, quarante centim\u00e8tres de profondeur, beaucoup plus solides et ouvrag\u00e9es que celles plus ordinaires, , imitation pin. un peu trop d\u00e9pareill\u00e9es. Les nouvelles en vrai bois plein et placages&nbsp;, couleur ch\u00eane clair. Il les avait toutes arrim\u00e9es entre elles et au mur avec des pattes de fixation m\u00e9talliques qu\u2019il avait voulu invisibles. En cas de tremblement de terre peut-\u00eatre , qu\u2019il y aurait eu moins de fatras.<\/p>\n\n\n\n<p>Martin et Martha s\u2019\u00e9tonnent de la raret\u00e9 de leurs livres de jeunesse sur les \u00e9tag\u00e8res. Mais leur revient l\u2019id\u00e9e que leur m\u00e8re avait&nbsp;la manie du grenier.&nbsp;Elle avait l\u2019art consomm\u00e9 d\u2019emballer et de faire dispara\u00eetre tout ce qui ne servait pas au pr\u00e9sent et \u00e0 la saison concern\u00e9e. Elle faisait le vide dans les chambres \u00e0 chaque rentr\u00e9e scolaire, jetait les choses cass\u00e9es ou abim\u00e9es, les bouquins trop corn\u00e9s ou macul\u00e9s de chocolat. Martha se souvient des tranches de la biblioth\u00e8que rose pour les filles plus petites, et celles de la biblioth\u00e8que verte pour les gar\u00e7ons plus grands. Martin en avait sur l\u2019\u00e9tag\u00e8re de son lit cosy quand il \u00e9tait pr\u00e9ado; on l\u2019avait s\u00e9par\u00e9 des deux autres frangins, il ne les supportait pas toujours. Il a besoin de calme disait la m\u00e8re, il a sale caract\u00e8re disait le p\u00e8re Il aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 rester fils unique. En tout cas, et l\u00e9gitimement, il tenait \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de ses livres , \u00e0 son stock pr\u00e9cieux, et \u00e0 sa tranquillit\u00e9. Quoi qu\u2019il en soit, la grande majorit\u00e9 parmi les livres dans les collections roses et vertes ont disparu depuis longtemps. Leurs histoires se sont \u00e9vapor\u00e9es de leur m\u00e9moire, sauf quelques-uns; Elle a connu ceux de la Comtesse de S\u00e9gur jusqu\u2019\u00e0 la naus\u00e9e, lui a fr\u00e9quent\u00e9 Jules Verne et autres pourvoyeurs d\u2019aventures et d\u2019\u00e9pop\u00e9es, plaies et bosses, morts tragiques \u00e0 volont\u00e9\u2026 Les filles restent \u00e0 la maison, les gar\u00e7ons partent dans la pampa, c\u2019est couru d\u2019avance. Les rares fois o\u00f9 ils sortent dehors ensemble quelque part, en club des 5 c\u2019est pour faire des b\u00eatises ou se mettre en danger. Les h\u00e9ros de moins d\u2019un m\u00e8tre cinquante sont toujours les plus attirants en l\u2019absence des parents. L\u2019intr\u00e9pidit\u00e9 en meute dans un village donne des r\u00e9cits qui eux ,ne s\u2019oublient pas. Pas la peine de vous faire un dessin. Au moins dans les livres; c\u2019est plus ou moins dans la fiction. Peut-\u00eatre au fond que \u00e7a ne compte pas comme dans les journaux de grands qui pullulent de drames et de malversations. Les livres le disent tous : le monde est plein de polissons et de criminels, les po\u00e8tes \u00e9cout\u00e9s y sont rares. Martin ne lit plus, il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le sport et la musique, le foot et la clarinette, maintenant il joue de la guitare picking. Martha est une biblioth\u00e8que ambulante. Elle a toujours des livres dans son sac \u00e0 dos, qu\u2019elle ach\u00e8te le plus petit et solide possible pour ne pas y fourguer tous les silos de ce que les librairies lui fourguent contre argent comptant. Elle lit \u00e0 outrance , lui pr\u00e9f\u00e8re le grand air ou la cave \u00e0 guitares et l\u2019accompagnement des potes en chanson. Ils ont pourtant fait de la musique ensemble \u00e0 l\u2019adolescence. Les m\u00e9lodies \u00e0 textes iconoclastes et amoureux les attiraient. De Brassens \u00e0 Barbara, en passant par Brel et L\u00e9o Ferr\u00e9, Hugues Aufray et Greame Allwright, Tr\u00e8s peu d\u2019anglais direct, mais les Beatles, Neil Young et Pink Floyd. Les bourgeois c\u2019est comme les cochons\u2026Ami remplis mon verre\u2026 Mais o\u00f9 sont les neiges d\u2019antan et Margot la berg\u00e8re qui donnait la gougoutte \u00e0 son chat, Gare au Gorille etc. L\u2019auvergnat en boucle ou la complainte des filles de joie\u2026 L\u2019aigle noir et G\u00f6ttingen\u2026 En parall\u00e8le, toutes les chansons d\u2019outre atlantique traduites par les musiciens en vogue. La horde hippie et ses gilets en poil de ch\u00e8vre, cigarette roul\u00e9e au bec, parfum \u00e9trange des fum\u00e9es psych\u00e9d\u00e9liques. L\u2019Am\u00e9rique et ses r\u00eaves d\u2019\u00e9vasion \u00e0 port\u00e9e de mange-disque et de 45 tours ray\u00e9s. L\u2019argent de poche rarissime est investi sans d\u00e9lai dans la musique au d\u00e9triment des livres. Les BD luxueuses qui font un carton comme Tintin, sont hors de port\u00e9e des porte-monnaie, on les emprunte difficilement \u00e0 la biblioth\u00e8que de coll\u00e8ge anormalement bien rang\u00e9e et contr\u00f4l\u00e9e. C\u2019est l\u00e0 que na\u00eet naturellement l\u2019envie de voler les livres ou de ne pas les rendre. Qui se fige devant les rayons des biblioth\u00e8ques officielles se procure une sensation de vertige et de frustration absolue. Il faut choisir et rendre \u00e0 la date inscrite sur le tampon. Le cauchemar des m\u00e8res de famille flanqu\u00e9es d\u2019 enfants n\u00e9gligents et d\u00e9sordonn\u00e9s. \u00c0 n\u2019en pas douter, les livres sont des tr\u00e9sors convoit\u00e9s \u00e0 cette belle \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Lorsqu\u2019on n\u2019est plus oblig\u00e9.e.s de le faire, tout&nbsp;<\/em><strong><em>geste&nbsp;<\/em><\/strong><em>nouveau d\u2019\u00e9criture ou de lecture est une promesse qu\u2019on se fait \u00e0 soi-m\u00eame. Elle ne contient qu\u2019un passage \u00e0 l\u2019acte que l\u2019on admet&nbsp;<\/em><strong><em>volontiers&nbsp;<\/em><\/strong><em>et une part abyssale d\u2019inconnu \u00e0 accueillir.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Trouver ses livres&nbsp;| Usage des pans de mur |&nbsp;Librairies<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong># 02 Evidemment on ne se procure pas les livres n\u2019importe o\u00f9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le livre est sacr\u00e9 dans cette famille -parce qu\u2019il co\u00fbte bonbon&#8230; et que les enfants ne sont jamais assez soigneux. Ils seraient capables de les d\u00e9chirer pour se les approprier. La pr\u00e9sence des livres d\u00e9clenche des esclandres et des mises en garde tonitruantes. Les premiers livres sont pr\u00eat\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire, ils sont rendus \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire. On les couvre avec du papier kraft ou \u00e0 d\u00e9faut des restes de papier cadeau. Les premiers livres achet\u00e9s le sont \u00e0 trente kilom\u00e8tres du village \u00e0 chaque rentr\u00e9e, on les revend \u00e0 la suivante sauf si un membre de la fratrie en a besoin dans l\u2019ann\u00e9e qui vient. On colle une nouvelle \u00e9tiquette sur la couverture avec les nom, pr\u00e9nom et classe de l\u2019\u00e9colier concern\u00e9. Le livre est cher, on nous le serine \u00e0 longueur de temps, il faut en prendre soin, ou mieux encore le lire en silence, mais au coll\u00e8ge, la liste toujours trop longue \u00e0 acheter Il existe pourtant une certaine fiert\u00e9 et m\u00eame une curiosit\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvrir ce que les pages d\u2019un livre neuf apportent \u00e0 la maisonn\u00e9e, le p\u00e8re en premier, il tient \u00e0 les feuilleter avant nous et nous inonde de ses recommandations. C\u2019est\u00a0<em>le savoir endimanch\u00e9<\/em>\u00a0pour tous les jours de la semaine hormis le jeudi devenu le mercredi de coupure ou le week-end, quand la fr\u00e9quentation est moindre. On \u00e9conomise la lumi\u00e8re le soir, mais il n\u2019est pas question de lire sans lampe digne de ce nom. C\u2019est la mode des petites loupiottes \u00e0 pince que l\u2019on peut d\u00e9placer dans les chambres de la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourtant une enfance o\u00f9 l\u2019on joue constamment dehors pour d\u00e9barrasser le plancher et on revient lorsque le clocher sonne l\u2019heure des repas. \u00c0 la pubert\u00e9, Martha voit ses escapades plus r\u00e9glement\u00e9es. Il n\u2019existe aucun &nbsp;livre \u00e0 la maison pour expliquer ce changement.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Martha, beaucoup plus tard, entrer dans une librairie \u00e0 Aubenas la petite ville un peu pompeuse, c\u2019est p\u00e9n\u00e9trer dans l\u2019endroit parfait, le temple attitr\u00e9 du&nbsp;<em>savoir<\/em>&nbsp;et de la&nbsp;<em>fantaisie<\/em>. Tout y accroche l\u2019\u0153il et donne imm\u00e9diatement le tournis. C\u2019est au lyc\u00e9e que l\u2019\u00e9veil \u00e0 lecture plus libre est apparu, mais elle est encore en pension pendant la semaine, les deux premi\u00e8res ann\u00e9es du coll\u00e8ge ont permis l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une biblioth\u00e8que de bonnes s\u0153urs qui les pr\u00eataient volontiers, Martha les prenait deux par deux et en changeait souvent, elle les d\u00e9vorait pendant l\u2019\u00e9tude du soir, en les cachant derri\u00e8re les livres scolaires, les pr\u00e9f\u00e9rant \u00e0 ses devoirs\u2026 les histoires de famille la passionnaient, m\u00eame les plus sombres et les plus \u00e9loign\u00e9es de son milieu social.<\/p>\n\n\n\n<p>Perdre ses livres&nbsp;| Usage des pans de mur |&nbsp;Maisons<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>#03 Perdre &#8230;<\/strong><strong>&nbsp;| Usage des pans de mur |&nbsp;Maisons<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Dans chaque maison<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>se perdent les livres que l\u2019on ne range pas par cat\u00e9gories et par ordre alphab\u00e9tique. C\u2019est pour cela que l\u2019ordre des biblioth\u00e8ques avec des m\u00e9thodes obsessionnelles est tant vant\u00e9 et in\u00e9galable. Dans une biblioth\u00e8que municipale il n\u2019existe pas de livre de chevet, ni de livre laiss\u00e9 au hasard dans un coin, sauf lorsque on le consid\u00e8re comme pr\u00eat \u00e0 \u00eatre exclu des \u00e9tag\u00e8res et laiss\u00e9 sur une table pour qui veut le r\u00e9clamer et l\u2019emporter. C\u2019est un livre remis \u00e0 vau l\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Perdre un livre<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>est moins grave que perdre un \u00eatre cher. Perdre le livre d\u2019un \u00eatre cher est moins grave que perdre le souvenir de sa voix ou de son visage. Perdre la voix d\u2019un \u00eatre cher est moins grave maintenant qu\u2019on l\u2019enregistre sous toutes sortes de supports audio-visuels. On peut la faire revenir quand on veut, mais on n\u2019a plus acc\u00e8s \u00e0 ce qu\u2019elle aurait pu dire de nouveau. Perdre la nouveaut\u00e9 du Dire d\u2019un \u00eatre cher signe irr\u00e9m\u00e9diablement la s\u00e9paration physique, mais non mentale. Perdre l\u2019usage des mots correspond exactement au moment o\u00f9 l\u2019on perd un \u00eatre cher.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Perdre patience<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;est quelque chose qui arrive \u00e0 tout un.e chacun.e au contact des autres. Perdre patience est consid\u00e9r\u00e9 comme une faiblesse de caract\u00e8re et souvent comme une impolitesse. On admire ceux et celles qui font preuve d\u2019une patience dite infinie. Ils agacent aussi car la patience peut s\u2019\u00e9riger comme bouclier des \u00e9motions n\u00e9gatives. Perdre patience peut devenir une preuve de sinc\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Perdre pied<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>est une expression que l\u2019on utilise pour dire qu\u2019on ne sent plus le fond de l\u2019eau et que nager devient vital. Perdre pied permet parfois de jouer les Oph\u00e9lies dans la rivi\u00e8re sans savoir si \u00e7a finira bien. Perdre pied se vit \u00e0 pied d\u2019oeuvre. Advienne que pourra.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Perdre la face<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>n\u2019est pas agr\u00e9able \u00e0 vivre. Heureusement , \u00e7a n\u2019arrive pas tous les quatre matins. C\u2019est l\u2019exp\u00e9rience banale de la vantardise contrari\u00e9e par la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un \u00e9chec. Perdre la face est une exp\u00e9rience Janusienne. Le dire ne garantit pas de savoir faire volte-face ou esquive \u00e0 temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Perdre la t\u00eate<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;n\u2019arrive que rarement, mais c\u2019est radical. Seuls les canards parviennent \u00e0 marcher encore un peu cou-coup\u00e9. C\u2019est un souvenir de garnements que la m\u00e9moire n\u2019a pas effac\u00e9. Les filles regardent compl\u00e8tement terrifi\u00e9es. les gar\u00e7ons se moquent, hautains, vantards leur petite hache dans la main.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>\u00c0 tout perdre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;on aimerait que ce soit tout d\u2019un coup et sans pr\u00e9avis. Par surprise donc, et pas le temps de cogiter. C\u2019est l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale qui s\u2019en rapproche le mieux. La perte de conscience involontaire est plus traumatisante au r\u00e9veil que celle qui a \u00e9t\u00e9 peu ou prou accept\u00e9e pour motif m\u00e9dical. Maintenant on endort moins dans les blocs op\u00e9ratoires et la perte de contr\u00f4le est moins massive. Mais perdre la sensation d\u2019un membre ou d\u2019une partie du corps endormi est une sensation \u00e9trange que la douleur du r\u00e9veil rend sournoise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Pertes de sang<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Les filles et les femmes jeunes doivent s\u2019y soumettre. Certaines l\u2019\u00e9vitent en devenant anorexiques. Les vieilles femmes en font un signe de malignit\u00e9 matricielle. La perte de sang menstruelle est une exp\u00e9rience dont on parle peu dans la litt\u00e9rature. Certains peintres homme ou femme peignent avec leur sang. On se demande toujours ce que \u00e7a peut vouloir signifier. Les pertes de sang dans les guerres sont des ignominies. Pourquoi avez-vous labour\u00e9 le mal ? Dit-on dans la Bible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Qui perd gagne<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai jamais compris cette expression. Un bien pour un mal ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Perdre des objets<\/strong><strong>&nbsp;de valeur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>n\u2019a que la valeur qu\u2019on lui accorde. Sentimentale la plupart du temps. Mais la blessure morale peut d\u00e9clencher des ouragans de col\u00e8re. La d\u00e9possession brutale est l\u2019un des motifs de m\u00e9lancolie ou de r\u00e9pression les plus impitoyables. Perdre son sang-froid dans ces moments-l\u00e0 peu conduire au crime.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>\u00c0 perte de vue<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;ces gravats dans la Bande de Gaza, d\u2019Ukraine ou d\u2019ailleurs. Comme si le gris poussi\u00e8re des d\u00e9combres incendi\u00e9es voulait rivaliser avec le gris des cendres froides d\u2019un feu furieux. La tache rouge ou orange des lambeaux d\u2019habits. Perte de rep\u00e8res, perte de proches, perte d\u2019espoir et perte de confiance en l\u2019humanit\u00e9. Un.e de perdu.e dix de retrouv\u00e9.e.s ? Le d\u00e9compte est faux, il est mensonger, il se terre dans la honte de pacifistes et la culpabilit\u00e9 des factions qui n\u2019ont pas su emp\u00eacher le drame, la perte \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 ? La guerre des drones; la guerre urbaine d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e par les images \u00e9dulcor\u00e9es. A perte de vue, on cherche la couleur qui bouge et survit. Sur l\u2019\u00e9cran on n\u2019y voit rien. Que des miettes de sinistr\u00e9.e.s. Perte de sens\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Perdre la vie<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;La belle affaire.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais \u00e7a fait peur, non ? On ne veut pas perdre espoir que \u00e7a dure encore un peu\u2026 Pouvoir perdre son temps, en lisant, en \u00e9crivant&#8230; sans y penser ?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>#04 Le livre dit moins que ce qu&rsquo;il dit<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Collection blanche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;abord dire qu&rsquo;en France, celles et ceux qui \u00e9crivent esp\u00e8rent, surtout en cas de pers\u00e9v\u00e9rance, publier un jour dans la collection blanche, faire partie des \u00e9lu.e.s , des connu.e.s dans les cercles \u00e9l\u00e9gants et \u00e9rudits, dans le voisinage des universitaires en vogue, passer \u00e0 LGL, La Grande Librairie, dans le giron \u00e9ph\u00e9m\u00e8re d&rsquo;un compagnonnage intimid\u00e9, parmi quelques contemporain.e.s propuls\u00e9.e.e.s par leur Maison d&rsquo;\u00e9dition concurrente et soutenu.e.s par les Libraires et les Professeurs. On dira que c&rsquo;est la version V.I.P.<\/p>\n\n\n\n<p>Je regarde celui-ci, l&rsquo;un des derniers arriv\u00e9s sur ma table de chevet :<em> Du m\u00eame bois <\/em>, de <strong><em><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=wwqdW6dBpjI\">Marion Fayolle<\/a><\/em><\/strong>, chez <strong><em>nrf Gallimard,<\/em><\/strong> couverture jaune p\u00e2le , titre et filets rouges, nom d&rsquo;auteure en caract\u00e8res noirs et texte quatri\u00e8me de couverture en caract\u00e8res noirs saillants , ce pourraient \u00eatre un autre titre, un autre auteur ou autrice, sur l&rsquo;\u00e9tag\u00e8re, on ne verrait pas trop la diff\u00e9rence de loin. Il s&rsquo;agit ici du livre d&rsquo;une ard\u00e9choise qui \u00e9crit et dessine, mais dans ce <em>volume<\/em> l\u00e0, seulement deux dessins au d\u00e9but et \u00e0 la fin, on comprend tout de suite \u00e0 qui l&rsquo;on a \u00e0 faire ! Juste une histoire, celle de <em>la gamine <\/em>qui a grandi dans une ferme, et qui a perdu son grand-p\u00e8re elle aussi, comme<strong><em> <a href=\"https:\/\/www.pol-editeur.com\/index.php?spec=auteur&amp;numauteur=5715\">Ryoko Sekiguchi<\/a>,<\/em><\/strong> une japonaise qui \u00e9crit et publie en fran\u00e7ais dans une autre collection blanche , celle des \u00e9ditions <strong><em>P.O.L<\/em><\/strong>,couverture vraiment blanche, c\u00f4tel\u00e9e, titre et nom d&rsquo;autrice bleu nuit, logo trois points du jeu de Go cher \u00e0 <strong><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Yc0o5rI5zzs&amp;t=7s\">Paul Otchakovsky -Laurens<\/a><\/strong>. Les deux univers n&rsquo;ont rien \u00e0 voir mais la sensibilit\u00e9 est semblable, utilisant tous les sens pour capter l&rsquo;environnement proche humain et non humain. La mat\u00e9rialit\u00e9 du livre ne le sait pas. On ne peut pas demander \u00e0 un livre en papier d&rsquo;\u00eatre aussi explicite envers ses lecteurs, ses lectrices , rien qu&rsquo;en le regardant ou en le manipulant. Il faut ouvrir chaque livre au milieu, \u00e0 n&rsquo;importe quelle page, pour savoir o\u00f9 l&rsquo;on est et d&rsquo;o\u00f9 \u00e7a parle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibloth\u00e8que rose &amp; verte<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Litt\u00e9rature Jeunesse <\/strong>: Ce sont des livres qui attirent d&#8217;embl\u00e9e par leurs couleurs et leurs images mais qui r\u00e9unissent des histoires reli\u00e9es entre elles par des personnages et des intrigues. Moins aust\u00e8res que les livres des grands, plus pr\u00eatables avec leur couverture renforc\u00e9e et pellicul\u00e9e. Ce sont les anc\u00eatres des s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es et des B.D., on attend la suite&#8230; Les auteur.e.s finissent par \u00eatre valid\u00e9s par le nombre d&rsquo;exemplaires vendus \u00e0 une frange donn\u00e9e de population pr\u00e9-pub\u00e8re principalement,et en cours d&rsquo;apprentissage des \u00ab\u00a0choses de la vie\u00a0\u00bb sans trop de secousses \u00e9motionnelles. A partir de 7 ans , l&rsquo;\u00e2ge de raison, et de la ma\u00eetrise de l&rsquo;alphabet appliqu\u00e9, tout est fait pour entrer dans la langue verbale \u00e9crite. Les aventures restent dans la moyenne des c\u00f4tes d&rsquo;alerte pour la biens\u00e9ance (la paix des foyers) et la conformit\u00e9 lexicale ou orthographique. Caract\u00e8res plus gros et mise en page moins dense pour les primo-apprenants, Id\u00e9al pour former le lectorat au plaisir m\u00eal\u00e9 \u00e0 l&rsquo;endurance dans l&rsquo;appropriation des textes. Les parents avis\u00e9s et d\u00e9sireux de voir leur prog\u00e9niture plonger dans le silence en m\u00eame temps que dans la lecture ont investi dans ces livres cartonn\u00e9s? ce malgr\u00e9 les probl\u00e8mes de budget de fin de mois. <em>\u00ab\u00a0La Biblioth\u00e8que Rose rassemble toutes les histoires o\u00f9 l&rsquo;humour et l&rsquo;\u00e9motion priment, tandis que La Biblioth\u00e8que Verte regroupe les livres d&rsquo;aventure et d&rsquo;action.\u00a0\u00bb<\/em> Martha et ses fr\u00e8res ont \u00ab\u00a0d\u00e9vor\u00e9\u00a0\u00bb les volumes qui \u00e9taient \u00e0 leur disposition et se les disputaient, heureusement, <strong><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Dx9GOXcU9eo&amp;t=6s\">la Comtesse de S\u00e9gur <\/a><\/strong>(1799-1874) \u00e9tait trop rose pour les gar\u00e7ons, et Jules Verne trop aventureux pour les filles, un petit monde bien genr\u00e9, chaque sexe dans sa chambre ! <strong>Les malheurs de Sophie<\/strong> et surtout <strong>Apr\u00e8s la pluie et le beau temps <\/strong>de <strong><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ZALAElfFrms\">la Comtesse de S\u00e9gur <\/a><\/strong>ont \u00e9t\u00e9 lus des centaines de fois, en boucle&nbsp;! \u2026Qu&rsquo;en reste-t-il ? Sans doute le souvenir de l&rsquo;injustice familiale et une conscience de classe sociale bien \u00e9tablie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 propos de la Biblioth\u00e8que Rose : <a href=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/culture\/livres\/jeunesse\/livres-la-bibliotheque-rose-une-collection-au-bon-parfum-de-l-enfance_6483203.html\">https:\/\/www.francetvinfo.fr\/culture\/livres\/jeunesse\/livres-la-bibliotheque-rose-une-collection-au-bon-parfum-de-l-enfance_6483203.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Sur Wikip\u00e9dia retrouver les titres de la Biblioth\u00e8que Verte : <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Liste_des_romans_de_la_Biblioth%C3%A8que_verte\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Liste_des_romans_de_la_Biblioth%C3%A8que_verte<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Livres de lecture courante<\/strong>                                                                                                      <\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Les premiers ! &nbsp;<\/u><\/strong>Je vais le dire encore une fois. Ce sont les pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s&nbsp;! L&rsquo;\u00e9motion qu&rsquo;ils ont suscit\u00e9 \u00e0 leur d\u00e9couverte, tous les premiers jours de la rentr\u00e9e scolaire en primaire, leur mat\u00e9rialit\u00e9 justement, a beaucoup jou\u00e9 dans l&rsquo;amour de la lecture. L&rsquo;alphabet et la lecture silencieuse ou \u00e0 haute voix \u00ab\u00a0au doigt\u00a0\u00bb pour suivre la ligne, devant les autres restent des miracles absolus. Savoir lire entre 3 et 5 ans par \u00e9tapes non r\u00e9versibles est la plus noble conqu\u00eate de l&rsquo;enfant. Le livre devient un talisman avant de devenir un grigri.                                                                                                                                                     <\/p>\n\n\n<h1 style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/h1>\n<p><!-- \/wp:post-content --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:heading --><\/p>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>#05 Les livres, ce que les grands bibliophiles en disent | Bernard No\u00ebl citation<\/strong><\/h2>\n<p><!-- \/wp:heading --><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><em><span style=\"font-size: 14.0pt;font-family: 'Garamond',serif\">Bernard NO\u00cbL\u00a0 pour Jacques MARTINEAU<\/span><\/em><\/p>\n<h6><em>[&#8230;] Quoiqu\u2019il en soit des g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s seul nous int\u00e9resse le particulier, et tant pis s\u2019il nous conduit vers la certitude qu\u2019il n\u2019est pas de lieu plus adapt\u00e9, plus propice \u00e0 l\u2019amour que la biblioth\u00e8que : \u00e0 contretemps, \u00e0 contre tout.<\/em><\/h6>\n<h6><em>\u00a0L\u2019amour des livres n\u2019est pas que l\u2019amour des livres : il remarque et choisit en chacun d\u2019eux un certain volume, c\u2019est-\u00e0-dire de la pens\u00e9e, du rythme, des figures, un regard, une voix. Et pourquoi pas un c\u0153ur mis \u00e0 nu en m\u00eame temps qu\u2019une t\u00eate ouverte.<\/em><\/h6>\n<h6><em>Celui qui constitue une biblioth\u00e8que a devant lui plus de pass\u00e9 que de pr\u00e9sent : l\u2019infini pousse dans son dos. L\u2019\u00e9tonnant est que les noms, qu\u2019on voit en haut des livres, peuvent devenir des rencontres, et que, au grand jeu de la lecture, la vivacit\u00e9 des morts l\u2019emporte tr\u00e8s facilement sur celle des vivants. Au fond, ces derniers sont d\u2019embl\u00e9e si nombreux qu\u2019ils se mangent les uns les autres.<\/em><\/h6>\n<h6><em>\u00a0L\u2019un des enjeux d\u2019une biblioth\u00e8que est d\u2019assurer le bon voisinage de tous les temps : des vivants et des morts, des Fran\u00e7ais et des \u00e9trangers. Mais l\u2019\u00e9quilibre sera d\u2019autant plus vif qu\u2019on choisira des gens tiraill\u00e9s par leur langue et sans cesse tent\u00e9s de mettre \u00e0 mal toute l\u2019organisation qu\u2019elle peine \u00e0 construire [&#8230;]<\/em><\/h6>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:quote --><\/p>\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<h2 class=\"wp-block-heading\">#<strong>06 Le livre dans le livre&#8230; que dit-il ?<\/strong><\/h2>\n<p class=\"has-text-align-right has-normal-font-size\"><em>On ne discute pas avec un pal\u00e9ographe, on le laisse parler<\/em>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 <strong><em>G\u00e9rard de Nerval,<\/em><\/strong>LES FAUX SAULNIERS, Ang\u00e9lique..<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"has-text-align-center has-normal-font-size\"><strong>le libraire et le lecteur dans la librairie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>UN<\/strong><\/p>\n<p>Quand Benjamin Le Dru vient lui parler de son projet de livre du livre, le bon Robert si-raffin\u00e9-libraire des Nouveaut\u00e9s trouve l\u2019id\u00e9e compl\u00e8tement saugrenue et d\u00e9rangeante. Mais comme il est extr\u00eamement poli, il se contente de se taire et de sourire avant d\u2019esquisser des gestes d\u2019homme affair\u00e9 qui couperont court \u00e0 la folie douce de son visiteur exalt\u00e9. Robert, quant \u00e0 lui sait qu\u2019il se coltine \u00e0 longueur de journ\u00e9e les \u00e9paisseurs monstrueuses de bouquins \u00e0 sortir des cartons de r\u00e9ception, les listes interminables d\u2019ouvrages \u00e0 pointer sur \u00e9cran en face des prix de vente, les escadrilles d&rsquo; acariens qui lui piquent salement les yeux et la gorge; sans compter les dizaines d\u2019invendus \u00e0 d\u00e9stocker pour le retour aux \u00e9diteurs. Malgr\u00e9 cela il pr\u00e9f\u00e8re le cutter \u00e0 l\u2019arrachage, \u00e0 la sauvage, des bandes de scotch brun d\u2019emballage pour exfiltrer proprement les exemplaires \u00e0 ranger. Les couvertures sont de moins en moins solides, et elles cornent trop facilement. Il prend son temps pour manipuler les volumes neufs et bien plus encore les anciens.\u00a0 Mais, au-del\u00e0 des prescriptions des agents de promotion de la cha\u00eene du livre,le flux tendu du commerce exige de ne pas accorder une attention trop prolong\u00e9e aux parutions. Il y a pourtant de petits miracles : il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 voir Robert s\u2019immobiliser \u00e0 la sauvette et en extase, une paume solide retourn\u00e9e \u00e0 plat sous le dernier <a href=\"https:\/\/www.librairie-gallimard.com\/livre\/9782073017796-chevreuse-patrick-modiano\/\">Modiano<\/a> ( pour \u00a0donner un exemple) et l\u2019autre , l\u00e9g\u00e8re, doigts \u00e9cart\u00e9s au-dessus, cherchant \u00e0 rep\u00e9rer dans la double page un motif imp\u00e9rieux de cesser toute autre activit\u00e9 que la lecture. Une tentation incompressible d\u2019abandonner la vie t\u00e2cheronne de marchand de litt\u00e9rature et parfois ambulant, s\u00e9ance tenante ! Le remarquant&#8230; on vient de sauver un grand lecteur !<\/p>\n<p>Benjamin Le Dru ne se doute de rien, ou alors il n\u2019a pas tr\u00e8s envie de savoir. Il a trop besoin d\u2019\u00eatre \u00e9cout\u00e9 pour rendre la pareille dans une librairie qui excite depuis si longtemps sa folie d\u2019\u00e9crire pour exister davantage et \u00eatre aim\u00e9. Le libraire est interchangeable \u00e0 ses yeux, ou du moins il pense qu\u2019il en sait autant que lui, -m\u00eame s\u2019il dit le contraire pour pouvoir obtenir des ristournes sur ses achats compulsifs. Mais le pourcentage de remise ne varie pas 5% pour huit ou dix passages. L\u2019augmentation du prix du papier et d\u2019autres choses encore ont fait faire un saut de kangourou boxeur aux co\u00fbts TTC.\u00a0 Il faut \u00eatre folles et fous pour continuer \u00e0 remplir autant nos maisons de toute cette parole imprim\u00e9e. Et si de plus, cerise sur le palais de Dame Tartine , il fallait \u00e0 chaque fois mat\u00e9rialiser un livre de livre, un livre pour son propre livre, un livre matriciel en quelque sorte, un peu technique au fond pour faire s\u00e9rieux, un moulage \u00a0de forme qui rende pr\u00e9visible l\u2019av\u00e8nement d\u2019un livre plus synth\u00e9tique et original. Un best-seller quoi\u00a0! Pffffff&#8230;.<\/p>\n<p>Mais personne et jamais ne s\u2019\u00e9nerve \u00e0 la Librairie des Nouveaut\u00e9s. On se croirait parfois dans une \u00e9glise&#8230;<\/p>\n<p>Benjamin Le Dru va donc garder pour lui et pour l\u2019instant son id\u00e9e de livre de livre et se contente de choisir \u00a0un peu au hasard l\u2019un des derniers livres de Jeanne Benameur chez Acte Sud\u00a0:<a href=\"https:\/\/www.actes-sud.fr\/la-patience-des-traces\">La patience des traces<\/a>. Il le pose sur le comptoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la caisse.<\/p>\n<p>Robert des Nouveaut\u00e9s\u00a0; l\u2019encaisse et lui sourit. &#8211; Voulez-vous une pochette ?<\/p>\n<figure class=\"wp-block-embed\">\n<div class=\"wp-block-embed__wrapper\">https:\/\/www.flacsu.fr\/red%C3%A9couverte-de-lyon\/librairies-lyonnaises<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<\/figure>\n<p class=\"has-normal-font-size\" style=\"text-align: center\"><strong>elle se dirige \u00e0 la voix<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>DEUX<\/strong><\/p>\n<p>Emprunter des livres pour voir ce qu&rsquo;il y a dedans est quelque chose qu&rsquo;elle ne fait plus depuis longtemps. Elle laisse les livres de pr\u00eat \u00e0 d&rsquo;autres qu&rsquo;elle car elle pr\u00e9f\u00e8re lire ceux qui viennent de sortir et bien s\u00fbr pas tous. Ce sont des coups de coeur dict\u00e9s par les informations qu&rsquo;elle r\u00e9colte en \u00e9coutant les auteur.e.s \u00e0 la radio ou dans des \u00e9missions t\u00e9l\u00e9 podcast\u00e9es. Elle se dirige \u00e0 la voix, au feeling et \u00e0 la conviction, presque une p\u00eache \u00e0 l&rsquo;espadon , elle ne veut pas d&rsquo;interm\u00e9diaire entre elle et les gens qui \u00e9crivent. La plupart sont maintenant habitu\u00e9s \u00e0 faire la promotion de leur livre et ils sont de plus en plus \u00e0 l&rsquo;aise. Cela s&rsquo;apprend. Elle est attir\u00e9e par les plus modestes et les plus discrets. Ceux qui ont pignon sur rue et qui sont adoub\u00e9s par les m\u00e9dias ne l&rsquo;int\u00e9ressent pas longtemps. Elle tente de lire quelque chose d&rsquo;eux puis elle passe \u00e0 autre chose si \u00e7a n&rsquo;accroche pas. Elle est de plus en plus difficile et s\u00e9lective, mais elle aime se laisser prendre aux jeux du hasard qui permet le surgissement sur sa route,d&rsquo; un livre tout \u00e0 fait <a href=\"https:\/\/www.pol-editeur.com\/index.php?spec=livre&amp;ISBN=2-86744-176-5\">inattendu<\/a>. Ce ne sera jamais un roman d&rsquo;aventure ( elle ex\u00e8cre les batailles, les casse-cou qui vont faire geler leurs orteils, les p\u00e9plums et les reconstitutions historiques \u00e0 grandes robes et domestiques ), ni un roman policier ( elle n&rsquo;aime ni le vice , ni la mort violente qu&rsquo;on duplique jusqu&rsquo;\u00e0 la naus\u00e9e) et pas plus, le dernier livre de vulgarisation pour les Nuls et sa couverture attrape-mouche \u00e0 gros caract\u00e8res Typo criards. Elle n&rsquo;a jamais compris \u00e0 quoi servait de couper un patronyme en plusieurs morceaux pour les montrer plus gros et \u00e9nigmatiques sur une premi\u00e8re de couverture. Un livre inattendu est un livre qu&rsquo;on lui offre, ou qu&rsquo;elle d\u00e9couvre chez quelqu&rsquo;un qu&rsquo;elle aime, c&rsquo;est depuis quelques ann\u00e9es un livre pr\u00e9lev\u00e9 dans la rue dans une bo\u00eete \u00e0 livres, c&rsquo;est un livre qui lui fait de l&rsquo;oeil \u00e0 cause du titre ou de la texture sur un coin de comptoir de libraire. Elle aime les libraires qui laissent les bouquins qu&rsquo;ils ont aim\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de leur tiroir -caisse, ce ne sont pas forc\u00e9ment les derniers parus. Elle aime les livres d&rsquo;Art et les livres Jeunesse de plus en plus cr\u00e9atifs et de plus en plus beaux. Elle aime les livres qui aiment la vie et la d\u00e9fendent. Elle aime les livres qui cherchent les v\u00e9rit\u00e9s et qui r\u00e9clament justice. Elle aime les livres qui traversent les fronti\u00e8res et les langues et les m\u00e9langent. Elle aime les livres bien \u00e9crits et g\u00e9n\u00e9reux. Elle aime \u00e0 travers les livres&#8230; Est-ce une d\u00e9rive de sa vitalit\u00e9 ?<\/p>\n<p class=\"has-normal-font-size\" style=\"text-align: center\"><strong><em>une\u00a0l\u00e9gende diabolique<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>Une telle force de la nature ne peut qu&rsquo;alimenter l&rsquo;imagination et lui trouver quelques origines diaboliques ! La l\u00e9gende raconte qu&rsquo;un jour, un seigneur de Sampzon se maria avec une jolie fille de Vallon. La belle \u00e9tait coquette et les amoureux nombreux. Le ch\u00e2telain jaloux enferma sa femme dans une tour \u00e9lev\u00e9e, situ\u00e9e sur la plate-forme du rocher de l&rsquo;Arc non creus\u00e9 par les eaux. La belle y g\u00e9missait lorsque, un jour, un p\u00e8lerin fort laid vint demander asile au ch\u00e2telain. Ce dernier le fit entrer sans m\u00e9fiance et accepta de lui montrer le beau paysage de la tour attenante \u00e0 son manoir. Pendant que le seigneur discourait, le p\u00e8lerin s&rsquo;\u00e9clipsa, d\u00e9livra la belle et fila vers le Rh\u00f4ne. Le seigneur les aper\u00e7ut du haut de sa tour, disparaissant derri\u00e8re la Combe. Aussit\u00f4t le jaloux tomba \u00e0 genoux et pria le Bon Dieu des Maris de lui rendre sa femme. Son d\u00e9sir fut exauc\u00e9. Un bruit terrible se produisit, la montagne s&rsquo;ouvrit, les eaux pass\u00e8rent sous elle et port\u00e8rent les amoureux et leur barque aux pieds du seigneur. Comme celui-ci recevait sa femme dans ses bras, le p\u00e8lerin se transforma en diable velu et cornu et il disparut avec une forte odeur<\/em><\/p>\n<p>Dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.hebdo-ardeche.fr\/actualites-ca-fait-l-actu.html\">\u00c7a fait l&rsquo;actu<\/a><br \/>06h15 &#8211; 21\/08\/2021<br \/>Par\u00a0L&rsquo;Hebdo de l&rsquo;Ard\u00e8che<\/p>\n<p><strong>TROIS<\/strong><\/p>\n<p class=\"has-normal-font-size\" style=\"text-align: center\"><strong>c&rsquo;est une l\u00e9gende et elle se noie parfois..<\/strong>.<\/p>\n<p>Comment expliquer les trous autrement que par la Nature dont ils proc\u00e8dent ? D&rsquo;abord sur terre et de plus en plus dans l&rsquo;espace, on prouve le contraire de la sagesse populaire qui dit que la Nature a horreur du vide et qu&rsquo;elle cherche \u00e0 le combler \u00e0 toute occasion. Un trou fa\u00e7onn\u00e9 par le vent ou par l&rsquo;eau impressionne toujours. Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;autres livres que ceux des g\u00e9ologues pour expliquer les m\u00e9andres et l&rsquo;\u00e9rosion qu&rsquo;ont caus\u00e9 les eaux anciennes dans le calcaire des gorges de l&rsquo;Ard\u00e8che. On n&rsquo;aurait pas pu y circuler en cano\u00eb&#8230; V\u00eatue.s de peaux de b\u00eates, on y aurait \u00e9pi\u00e9 de loin, des lionnes, des mammouths, de hy\u00e8nes, des hibous et des ours. Tout cela n&rsquo;est pas certain. On n&rsquo;a pas retrouv\u00e9 de livres, m\u00eame en pierre grav\u00e9e dans les grottes pour raconter ce qui s&rsquo;y passait.Cela n&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 les hypoth\u00e8ses de devenir mati\u00e8re \u00e0 livre. Transmettre ce que l&rsquo;on ne sait pas avec la caution des th\u00e9ories du moment est la mati\u00e8re m\u00eame de tous les livres d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. On ne sait jamais si ce que contient un livre est fiable. C&rsquo;est la raison probable de leur prolif\u00e9ration. Les \u00e9poques se m\u00e9langent et l&rsquo;on oublie les sources autant que les proc\u00e9d\u00e9s de perp\u00e9tuation des mensonges, pieux ou non. Il faudrait faire des enqu\u00eates, mais on pr\u00e9f\u00e8re les l\u00e9gendes qui font sourire et s&rsquo;esbaudir en soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>QUATRE<\/strong><\/p>\n<p class=\"has-normal-font-size\" style=\"text-align: center\"><strong>un livre dans la peau<\/strong><\/p>\n<p>Dans cette g\u00e9n\u00e9ration, ils ne se contentent pas d&rsquo;\u00e9crire dans les livres ou sur les murs, d\u00e9sormais ils \u00e9crivent \u00e0 l&rsquo;encre bleue qu&rsquo;ils se laissent injecter sous la peau. Calligraphie de leur vie, et des mots qu&rsquo;ils veulent garder, regarder et faire regarder ou cacher \u00e0 leur entourage ? Chaque nouvelle inscription, il la r\u00e9clame, la bichonne sans toutefois en faire un lieu de rencontre dans la proximit\u00e9 des piercings ou des sigles illisibles.Ce sont des tatouages figuratifs et symboliques .Une entaille quasi irr\u00e9versible \u00e0 chaque fois, pour revendiquer une id\u00e9e, un choix de vie. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne semble avoir pris de l&rsquo;ampleur sans gagner toutes les souches de la soci\u00e9t\u00e9. Auparavant, il \u00e9tait l&rsquo;apanage des marins, des gens louches dans les milieux interlopes, ou faisait partie des rituels communautaires initiatiques dans des civilisations attach\u00e9es \u00e0 leur culture et \u00e0 leur survie. Etre marqu\u00e9.e.s , de fa\u00e7on aussi visible n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 souvent le choix des individus. L&rsquo;appartenance \u00e0 l&rsquo;ethnie, au clan a engendr\u00e9 bien des contraintes de conformit\u00e9 et des douleurs subies pour la cause commune. En 2024 c&rsquo;est diff\u00e9rent. Le tatouage constitue-t-il une version ostentatoire du livre de leur vie. Un reader digest de qui ils sont \u00e0 l&rsquo;instant T ? <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=daNlHhebRtE&amp;t=10s\">Le livre dans le vivre <\/a>? La r\u00e9ponse reste ouverte.<\/p>\n<p><!-- \/wp:quote --><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Table des chapitres 1.Sensations d\u2019\u00e9criture | Sensations de lecture 2.Usage des murs | Biblioth\u00e8ques 3.Perdre &#8230;&nbsp;| Usage des pans de mur |&nbsp;Maisons 4. Le livre dit moins que ce qu&rsquo;il dit 5.Trouvailles : Les livres, ce que les grands bibliophiles en disent | Bernard No\u00ebl citation 6. Le livre dans le livre&#8230; que dit-il ? Page unique \u00e0 scroller&#8230; ci-dessous <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/01-ranger-ses-livres-marie-therese-peyrin-usage-des-pans-de-mur-depuis-lenfance-et-apres\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#### nouvelles| Marie-Th\u00e9r\u00e8se Peyrin| Volontiers<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":498,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[5736,5737,5795,1],"tags":[5747,228],"class_list":["post-147207","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nouvelles-1","category-01-ranger-ses-livres","category-02-histoire-de-mes-librairies","category-atelier","tag-brocante","tag-enfance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147207","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/498"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=147207"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147207\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=147207"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=147207"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=147207"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}