{"id":147303,"date":"2024-04-09T16:54:17","date_gmt":"2024-04-09T14:54:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=147303"},"modified":"2024-04-24T16:50:03","modified_gmt":"2024-04-24T14:50:03","slug":"1-de-lart-de-ranger-ses-livres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/1-de-lart-de-ranger-ses-livres\/","title":{"rendered":"#nouvelles | Jacques de Turenne, Ranger (dans) le brouillard"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Table des mati\u00e8res<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"#proposition1\">de l&rsquo;art de ranger ses livres<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#proposition2\">histoires de mes librairies<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#proposition3\">Inventaire de choses disparues<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>stations pour un livre <a href=\"#proposition5\">#proposition5<\/a><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-left has-normal-font-size\" id=\"proposition1\">de l&rsquo;art de ranger ses livres<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Pas trouv\u00e9 de m\u00e9thode efficace. L\u2019actuelle (la principale) \u2013 un dos de couverture pr\u00e9c\u00e9dent un autre dos, par ordre alphab\u00e9tique de nom d\u2019auteur. &nbsp;Un clavier malmen\u00e9, touches de bric et de broc, tailles h\u00e9t\u00e9roclites, plus ou moins align\u00e9es et enfonc\u00e9es, comme le piano rouge et jaune des enfants, au son court et aigrelet, \u2013 classement interrompu par des rayonnages d\u2019ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence (dictionnaires \u2013 incursions du c\u00f4t\u00e9 des sciences humaines \u2013 autres domaines) plus le rayon th\u00e9\u00e2tre et po\u00e9sie. Ajouter une diversit\u00e9 de lieux selon ceux qui sont lus ou consult\u00e9s \u00e0 un moment donn\u00e9&nbsp;: bureau \u00e0 l\u2019\u00e9tage avec ses rayons \u2013 l\u2019essentiel du petit contingent, rien \u00e0 voir avec les collections de milliers d\u2019ouvrage \u2013 biblioth\u00e8ques vitr\u00e9es du salon, \u00e9tag\u00e8re de la chambre. Circulation variable et al\u00e9atoire entre les diff\u00e9rents lieux selon les lectures du moment, selon le livre tenu en main en descendant l\u2019escalier, celui qui vient d\u2019\u00eatre rapport\u00e9 de la librairie, celui qui fait l\u2019objet d\u2019une recherche imp\u00e9rieuse\u2026 Aux livres \u00ab&nbsp;physiques&nbsp;\u00bb ajouter les exemplaires num\u00e9riques stock\u00e9s sur la liseuse dont il n\u2019existe aucune trace imm\u00e9diatement visible sauf taper le nom d\u2019auteur \u00e0 droite de la loupe, ou faire d\u00e9filer la liste des titres\u2026 Rajouter encore le dossier epub de l\u2019ordinateur avec son aura de myst\u00e8re&nbsp;: lesquels dans la liseuse, lesquels seulement dans les limbes du disque dur.<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce un rangement&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ampleur du d\u00e9sastre (la d\u00e9faillance du syst\u00e8me) lorsque le livre sur le bout de la langue (va me revenir \u2013 si si je vais te le retrouver) est \u00e9galement englouti dans une faille de l\u2019\u00e9tag\u00e8re, mais laquelle&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<p>Les lus. Les pas encore. Les plusieurs fois. Les tomb\u00e9s des mains une fois, deux fois, trois fois. Apocalypses : deux fois, trois fois\u2026 Leur pouvoir de dissimulation, obstacle, \u00e9touffement puis soudain d\u00e9chirer, soudain entra\u00eener, soudain r\u00e9v\u00e9ler\u2026 Qu\u2019est-ce qui a chang\u00e9&nbsp;? Comment font-ils tourbillonner ainsi, \u00e9carteler ainsi, suturer ainsi&nbsp;: corps et m\u00e9moire dans le vertige de mots renouvel\u00e9s. Me faudrait inventer des archives spontan\u00e9es et \u00e9ph\u00e9m\u00e8res&nbsp;: un murmure agile de notes de bas de rayonnage.&nbsp;Les promesses \u2013 les circonstances \u2013 les surgissements \u2013 la confusion des temps \u2013 les sensations \u2013 l\u2019image inoubliable et oxyd\u00e9e du chapiteau rouge et blanc en double page \u2013 le rugissement du lion derri\u00e8re les barreaux. Faudrait garder les fulgurances, faudrait les laisser s\u2019en aller. Faudrait une biblioth\u00e8que clignotante et dedans les livres disparaissent et r\u00e9apparaissent, comme le fanal des naufrageurs qui n\u2019existent pas. Faudrait inventer un rangement fluide, qui contin\u00fbment emporterait et laisserait d\u00e9ranger, et suivant trace et oubli des d\u00e9rangements laisserait l\u2019infiniment \u00e0 d\u00e9sirer. Faudrait une biblioth\u00e8que d\u00e9raisonn\u00e9e des pages du grand jamais.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-left has-normal-font-size\" id=\"proposition2\">histoire de mes librairies<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Librairie Lello<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est obligatoire \u2013 un must \u2013 indispensable&nbsp;! etc\u2026 Inimaginable d\u2019aller \u00e0 Porto sans visiter la libraire Lello <em>une des plus belles et des plus magiques au monde.<\/em>&nbsp; Architecture n\u00e9ogothique&nbsp;: immenses escaliers \u00e0 spirale, murs de livres aux couvertures anciennes, lumi\u00e8re tamis\u00e9e dans les tons chauds&nbsp;: rouge profond, or. L\u00e0 J.K Rowlings a trouv\u00e9 l\u2019inspiration pour inventer le d\u00e9cor de l\u2019\u00e9cole des sorciers de Poudlard. En face de l\u2019entr\u00e9e une sorte de place, quelques arbres&nbsp;? Bienvenus pour l\u2019apport d\u2019ombre, m\u00eame encore assez t\u00f4t ce matin. (Le souvenir n\u2019est pas tr\u00e8s pr\u00e9cis, on se d\u00e9p\u00eache, il faut retourner \u00e0 la gare prendre le train jusqu\u2019\u00e0 l\u2019a\u00e9roport.) Une foule dense, organis\u00e9e en files d\u2019attentes compress\u00e9es derri\u00e8re de grands panneaux, tenus \u00e0 bout de bras par des guides. Cinq euros la visite. D\u00e9part de demi-heure en demi-heure. Complet jusqu\u2019\u00e0 trop tard. Envie tout \u00e0 fait douch\u00e9e. Renseignements pris J.K. Rowlings a d\u2019ailleurs d\u00e9menti&nbsp;: elle n\u2019a jamais fr\u00e9quent\u00e9 la libraire Lello. La librairie faussaire rejoint ainsi le rayon des curiosit\u00e9s et app\u00e2ts divers, comme \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres l\u2019une de l\u2019autre la v\u00e9ritable et l\u2019authentique auberge de Peyrebeille (l\u00e0 aussi un escalier, \u00e9troit bas de plafond et moins gothique pour estourbir les t\u00eates&nbsp;?) &nbsp;Nous n\u2019avons pas visit\u00e9 la librairie Lello \u2013 un must \u2013 indispensable&nbsp;! Par contre J.K. Rowlings a pass\u00e9 beaucoup de temps \u00e0 \u00e9crire au Majestic, un caf\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre de la rue Santa Catarina. Obligatoire&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Librairie Quartier Lointain&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sous les arcades de pierres, donc sombre&nbsp;: la librairie est fr\u00e9quemment \u00e9clair\u00e9e, m\u00eame en plein jour. Pas tr\u00e8s grande avec rayonnages et tables de pr\u00e9sentation des diff\u00e9rents ouvrages et BD, un tropisme affirm\u00e9 mais non exclusif pour la culture japonaise et les mangas (Comme le nom l\u2019indique). En devanture parmi d\u2019autres se c\u00f4toient la Maison des Feuilles et le dernier Pesquet. Un client commente le Pesquet et sa saturation du h\u00e9ros national \u00e0 toutes les sauces\u2026 Discussion amus\u00e9e avec la libraire sur le choix des livres en stock et sa strat\u00e9gie commerciale&nbsp;: certains sont l\u00e0 pour assurer le roulement du fond de commerce et permettre aux autres, ceux qu\u2019elle aime&nbsp;! \u2013 de trouver place suffisamment tranquille, comme celui-l\u00e0 par exemple&nbsp;: elle me tend <em>la tentative d\u2019\u00e9puisement<\/em> de G. Perec que j\u2019ai command\u00e9 pour un atelier d\u2019\u00e9criture. Elle me parle d\u2019un livre qui ne la quitte pas en ce moment, va le chercher, Robert Bober&nbsp;: par instants la vie n\u2019est pas s\u00fbre. Il rejoint donc dans ma main la tentative d\u2019\u00e9puisement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Librairie Albertine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Vient de s\u2019agrandir. Je l\u2019ai connue tout \u00e0 l\u2019\u00e9troit derri\u00e8re sa devanture verte et l\u2019\u00e9talage mouvant de la s\u00e9lection des libraires. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur tr\u00e8s peu de place entre les rayonnages et les pr\u00e9sentoirs (bacs et tables). Croisements difficiles dans l\u2019espace restreint. Miracle des soir\u00e9es au cours desquelles sont invit\u00e9s traductrices, traducteurs et autres \u00e9crivains. L\u00e0 dans l\u2019\u00e9troit couloir de l\u2019entr\u00e9e, devant la caisse, arrivent \u00e0 prendre place, en ayant tout r\u00e9organis\u00e9, repouss\u00e9, une vingtaine de petits tabourets et chaises pliantes. On \u00e9coute on questionne on discute. (Un soir, tout au bout, \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de la pi\u00e8ce, A. Markowitz et F. Morvan&nbsp;: ils expliquent comment ils ont fait maison en cr\u00e9ant leur propre maison d\u2019\u00e9dition, affirment que cette activit\u00e9 n\u2019est en rien dissociable de leur vie.) Albertine s\u2019est ensuite agrandie en gagnant un second local \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres dans une rue adjacente. Un boulanger vient \u00e9galement y vendre du pain bio. On y fait des ateliers d\u2019\u00e9criture. Depuis le trois avril Albertine a une nouvelle fois transport\u00e9 ses p\u00e9nates dans un nouveau local, plus grand, deux \u00e9tages. On peut y prendre le th\u00e9, acheter du pain, regarder les reflets dans l\u2019eau, toujours au milieu des bouquins. Je vais aller voir bient\u00f4t&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tabac presse librairie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce une librairie&nbsp;? Tourner \u00e0 droite au bout de la rue A. France, poursuivre jusqu\u2019au bout, c\u2019est-\u00e0-dire presque \u00e0 la sortie du village (on a pass\u00e9 depuis pas mal la mairie, en haut de la place \u00e0 gauche, petit portail vert sur le c\u00f4t\u00e9, acc\u00e8s au coll\u00e8ge), \u2013 on va atteindre maintenant les anciennes douches municipales (grand b\u00e2timent sombre et crasseux &#8211; n\u2019existent plus depuis longtemps.) C\u2019est juste avant, au carrefour. Ensuite la rue continue presque en ligne droite jusqu\u2019aux gorges de la Loire). Est-ce une librairie&nbsp;? Sur le trottoir le panneau avec les gros titres du journal. En devanture parmi le bric \u2013 \u00e0- brac des objets d\u00e9co, des maquettes Heller (avions militaires \u2013 voitures de sport&nbsp;?), les derniers best-seller grands formats. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur les revues \u00e0 la parade, les paquets de cigarettes les friandises les bonbons les chewing-gum, encore des bouquins \u00e9pais \u00e0 la couverture brillante. On ach\u00e8te le cendrier sur pied avec r\u00e9ceptacle \u00e0 bouton poussoir. C\u2019est pour l\u2019anniversaire ou peut-\u00eatre la f\u00eate des m\u00e8res. Le tabac presse librairie n\u2019existe plus.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Librairie inconnue d\u2019Aix en Provence<\/strong> Aucun souvenir de la librairie. Je sais (pure et inexplicable conviction) que c\u2019\u00e9tait \u00e0 Aix-en-Provence. Je sais que je fouillais dans les bacs de bouquins d\u2019occasions je sais que je piochais au hasard dans les rayons. Feuilleter, reposer, reprendre, feuilleter \u00e0 nouveau&#8230; Celui-l\u00e0 c\u2019est l\u2019odeur qui m\u2019avait mis le grappin. Un parfum d\u2019oubli et d\u2019ancien, un peu sucr\u00e9 (quelques traces encore). Couverture pass\u00e9e, d\u00e9color\u00e9e, avec les rectangles plus fonc\u00e9s l\u00e0 o\u00f9 le livre a \u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9 du soleil par d\u2019autres ouvrages plus petits\u2026 Un peu comme un livre &#8211; entonnoir (ou un avaleur) de livres qui iraient se r\u00e9duisant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de lui. Un livre gigogne&nbsp;? Je n\u2019avais encore rien lui de lui. C\u2019est l\u2019odeur, le format fin et allong\u00e9, le d\u00e9grad\u00e9 de couleurs, les gouaches d\u00e9coup\u00e9es de Julio Pomar comme autant de marque-pages. <em>Pour l\u2019amour de mourir<\/em> de malcolm lowry (sans majuscules) aux \u00c9ditions de la Diff\u00e9rence, 14 d\u2019occasion au lieu de 24 (devaient \u2013 \u00eatre des francs). Dans les vieilles rues d\u2019Aix en Provence. Une librairie gigogne \u00e9galement. Disparue aval\u00e9e elle aussi dans mes autres librairies<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-normal-font-size\" id=\"proposition3\">Inventaire de choses disparues<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>La voiture m\u00e9tallique \u00e0 p\u00e9dales<\/li>\n\n\n\n<li>La maison de P.<\/li>\n\n\n\n<li>Les archives recopi\u00e9es de l\u2019h\u00f4pital<\/li>\n\n\n\n<li>La mallette aux bijoux fantaisie<\/li>\n\n\n\n<li>La lourde veste en cuir<\/li>\n\n\n\n<li>La cantine m\u00e9tallique bleue et ses inscriptions blanches<\/li>\n\n\n\n<li>Le premier Larousse illustr\u00e9<\/li>\n\n\n\n<li>La Ford Taunus 12 M rose<\/li>\n\n\n\n<li>Une petite machine \u00e0 \u00e9crire, rouge et blanche<\/li>\n\n\n\n<li>La chapelle de P.<\/li>\n\n\n\n<li>Le grand jamais<\/li>\n\n\n\n<li>Le petit saule pleureur dans la cour<\/li>\n\n\n\n<li>Le milk-bar<\/li>\n\n\n\n<li>Le disquaire du 16 rue de la Loire<\/li>\n\n\n\n<li>L\u2019\u00e9vier blanc<\/li>\n\n\n\n<li>La fen\u00eatre de la cuisine<\/li>\n\n\n\n<li>Le cognement sourd du marteau-pilon<\/li>\n\n\n\n<li>Les rails incrust\u00e9s dans la rue<\/li>\n\n\n\n<li>La maison aux volets ferm\u00e9s<\/li>\n\n\n\n<li>La neige boueuse contre le trottoir devant l\u2019\u00e9cole<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Elle, brune, petite, enjou\u00e9e, le visage rond. Parle vite, avec un accent l\u00e9ger, agr\u00e9able, plut\u00f4t ind\u00e9finissable. (italienne ?) Elle nous dit qu\u2019il est l\u00e0, bien s\u00fbr on peut le rencontrer, <em>\u00e7a lui fera plaisir<\/em>, <em>Bruno tu peux venir&nbsp;!<\/em>? Il sort de la pi\u00e8ce jusqu\u2019ici inaper\u00e7ue, porte dissimul\u00e9e derri\u00e8re un angle, en retrait du bureau. Grand, mince, cheveux blancs, regard l\u00e9g\u00e8rement embrum\u00e9, simple et \u00e9l\u00e9gant. Sourire doux. Notre premi\u00e8re acquisition \u00e0 la galerie c\u2019\u00e9tait quelques jours \u00e0 peine avant les \u00e9v\u00e8nements et la suite incessante des bouleversements. Depuis un malheur endur\u00e9 tant bien que mal c\u00e8de place au suivant en approche rapide, la plupart du temps inflig\u00e9 \u00e0 l\u2019homme par l\u2019homme \u2013 mais peut-\u00eatre en a-t-il toujours \u00e9t\u00e9 ainsi, impossible de s\u2019isoler, constamment assailli, le reproche tout pr\u00eat quand l\u2019envie de fermer les \u00e9coutilles prend trop fort&nbsp;: pas possible d\u2019\u00eatre aussi \u00e9go\u00efste, se foutre de tout&nbsp;! (Une autre mauvaiset\u00e9, celle de base en somme, la m\u00e8re de toutes les autres&nbsp;? \u2013 mais que faire&nbsp;: sur le fil. Constamment entre se pr\u00e9server et sombrer.) &nbsp;On reconstitue \u00e0 quatre le d\u00e9roulement&nbsp;: lui attentionn\u00e9 et pr\u00e9cis contre le mur blanc, elle assise derri\u00e8re l\u2019\u00e9cran, nous deux debout \u00e0 se jeter des coups d\u2019\u0153il pour v\u00e9rifier l\u2019accord des m\u00e9moires tout en \u00e9voquant. \u00c0 l\u2019\u00e9poque la jeune femme qui tenait la salle d\u2019exposition nous avait dit qu\u2019ils \u00e9taient absents pour un nouveau s\u00e9jour \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u2013 sont de grands baroudeurs, Mexique, Inde, Afrique \u2013 ont d\u2019ailleurs d\u00fb \u00e9courter pour ne pas se retrouver bloqu\u00e9s comme tant d\u2019autres. Leur amie n\u2019a pas su nous faire parvenir la facture et le certificat d\u2019authenticit\u00e9, mais elle va y rem\u00e9dier tout de suite. Elle lance sa recherche dans l\u2019ordinateur pour retrouver la photographie, ses dimensions, l\u2019ann\u00e9e. Pendant que d\u00e9filent vignettes, noms et dates, on raconte l\u2019extraordinaire&nbsp;: la nouvelle fen\u00eatre apparue dans le mur&nbsp;! Des heures \u00e0 r\u00eaver, \u00e9couter ce que se disent les passants, des bribes de conversation o\u00f9 s\u2019accrochent des lambeaux de phrases venues de plus loin encore, des gestes, des visages disparus, d\u2019autres inconnus&nbsp;; des embruns du large et des sir\u00e8nes de bateaux sous les cris d\u2019oiseaux&nbsp;; des heures \u00e0 se sentir embarqu\u00e9s, va savoir comment, soul\u00e9s de voyages, pendant toute l\u2019interdiction de sortir. Pour cette raison aussi la venue d\u2019aujourd\u2019hui, retour \u00e0 la source&nbsp;! Maintenant on se prom\u00e8ne de tableau en tableau, les mains dans le dos, une balade du dimanche en famille sur les quais. <em>C\u2019est nouveau vous ne faisiez pas \u00e7a quand on \u00e9tait venus, c\u2019est impressionnant \u2013 un coup de zoom&nbsp;!<\/em> \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des plus grands tableaux&nbsp;(aplats de couleurs vives, formes cern\u00e9es d\u2019un trait noir, sc\u00e8nes faussement na\u00efves d\u2019un temps r\u00e9volu, moissons, ports de p\u00eache peints depuis plusieurs points de vue, diff\u00e9rentes perspectives, maisons resserr\u00e9es, fa\u00e7ades blanches, toits bleus, barques, f\u00eates au village) \u2013 en format plus r\u00e9duit, allong\u00e9, vertical ou horizontal, un d\u00e9tail soudain surgit&nbsp;: des p\u00e9cheurs dans l\u2019ombre, occup\u00e9s \u00e0 ramender leurs filets au bord de la ruelle vibrante, tendue entre deux petits phares vert et rouge. Des silhouettes attroup\u00e9es devant les \u00e9tals du march\u00e9. Une rue travers\u00e9e de passants universels et familiers. Les cadres \u00e9troits enclosent des moiti\u00e9s de barques de p\u00eache, retiennent quelques corps tronqu\u00e9s comme si les m\u00e9daillons de vie tomb\u00e9s des grandes toiles s\u2019\u00e9taient pris \u00e0 grandir, pousser jusqu\u2019au d\u00e9bord et l\u2019engloutissement dans l\u2019immacul\u00e9 souverain&nbsp;: autour des \u00eeles&nbsp;et archipels l\u2019oc\u00e9an in\u00e9puisable, l\u2019immense r\u00e9serve blanche d\u2019o\u00f9 percent les rivages. <em>Oui mais vous comprenez c\u2019est plus de mille s\u00fbrement, plus de mille tableaux depuis que j\u2019ai commenc\u00e9 quand j\u2019avais vingt ans \u2013 alors toujours je cherche de nouvelles compositions, de nouvelles fa\u00e7ons parce que sinon, comme tous les artistes, je m\u2019\u00e9puise\u2026 \u2013 tenez l\u00e0 par exemple regardez&nbsp;: avant quand je les peignais aux moissons c\u2019\u00e9tait toujours en surplomb \u2013 depuis quelque temps je m\u2019approche je suis au m\u00eame niveau mais toujours je garde la m\u00eame id\u00e9e, la m\u00eame conviction, il faut laisser de la place\u2026 c\u2019est tr\u00e8s important, je fais tr\u00e8s attention, laisser de la place, que chacun puisse entrer dans le tableau, y rencontrer les sc\u00e8nes et les histoires qui lui appartiennent, raviver les oubli\u00e9es et m\u00eame parfois fr\u00f4ler des m\u00e9moires inconnues. C\u2019est \u00e7a mon id\u00e9e, tout le temps, depuis que je peins<\/em>. <em>Pas trop de d\u00e9tails, pas d\u2019expressions marqu\u00e9es, seuls des rappels discrets, des mirages de vie pour tout le monde.<\/em> On poursuit en silence le tour de la galerie jusqu\u2019\u00e0 la grande porte vitr\u00e9e tout au fond. Derri\u00e8re, une petite terrasse, un mur bas en pierres fonc\u00e9es, la rivi\u00e8re de cascades. Il ouvre. <em>Vous entendez la puissance&nbsp;? cette \u00e9nergie&nbsp;! c\u2019est la nature, la vie&nbsp;! Quand on part pour aller d\u00eener chez des amis, \u00e0 la campagne, on n\u2019a pas du tout \u00e7a&nbsp;; tout de suite \u00e7a nous manque, quelque chose ne va pas \u2013 comme une partie du monde qui serait amput\u00e9e<\/em>. Sur la terrasse des sculptures en r\u00e9sine, un salon de jardin aux courbes de racines et de volutes ( comme les meubles de Gaudi \u00e0 Barcelone) des statues en fer rong\u00e9, dont, sur un cheval \u00e0 l\u2019arr\u00eat une cavali\u00e8re alti\u00e8re au cou d\u00e9mesur\u00e9ment \u00e9tir\u00e9, presqu\u2019un fil&nbsp;; tout au bout une t\u00eate fine (ces visages graciles des femmes du Burundi) une goutte dans un \u00e9lan infini vers le ciel, rouille contre gris\u2026 ; il referme, reprend la longue conversation avec lui-m\u00eame&nbsp;:<em> \u2026les remous de tout ce qui dispara\u00eet, c\u2019est \u00e7a que je cherche\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-normal-font-size\" id=\"proposition5\"> Stations pour un livre<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est un immeuble minable. Orphelin. Petit, quatre ou cinq \u00e9tages. Un cube autrefois blanc et jaune pos\u00e9 sur le parking. Pas de balcons. Du linge d\u00e9fra\u00eechi suspendu \u00e0 des arcs de ficelle sous les balustrades grises. Une d\u00e9confiture d\u2019immeuble \u00e0 la d\u00e9rive. Les voitures sales, vieilles, une sur quatre parpaings, sans roues&nbsp;; l\u2019autre \u2013 capot lev\u00e9, dig\u00e8re lentement un corps. L\u2019homme sans t\u00eate, surv\u00eatement. Bien s\u00fbr la porte d\u2019entr\u00e9e \u00e9miett\u00e9e, les bo\u00eetes aux lettres d\u00e9fonc\u00e9es, certaines un trou b\u00e9ant \u00e0 l\u2019emplacement du nom, d\u2019autres surcharg\u00e9es de patronymes sur des \u00e9tiquettes de cahier coll\u00e9es \u00e0 m\u00eame\u2026, bien s\u00fbr les escaliers crasseux, la lumi\u00e8re miteuse, les godasses en vrac les trottinettes en tas devant les portes, d\u00e9bordant sur les paliers, &nbsp;bien s\u00fbr un tapis roulant d\u2019odeurs entrem\u00eal\u00e9es et ind\u00e9finissables, avec parfois des rires des appels des cris \u2013 \u00e7a rebondit sur les marches \u2013 \u00e7a roule \u2013 plus rien \u2013 une porte claque \u2013 des tours de cl\u00e9s r\u00e9sonnent comme on imagine dans les prisons. C\u2019est un immeuble foutraque \u00e0 la derni\u00e8re limite de la ville. Apr\u00e8s lui d\u00e9j\u00e0 c\u2019est la campagne, les premiers soubresauts de vert, timides, et pas bien plus loin les premiers pr\u00e9s, les arbres. Tout au loin \u00e0 l\u2019horizon d\u2019une certaine fen\u00eatre le ciel changeant rabote un peu plus les collines\u2026 Dans le souvenir on entre dans un couloir \u00e9trange, tout en longueur, une d\u00e9ambulation longue d\u2019un r\u00eave sans contours. On a laiss\u00e9 l\u2019humidit\u00e9 du hall d\u2019entr\u00e9e, le froid de l\u2019escalier, le fer noir de la rambarde, l\u2019\u00e9cho des voix entre les murs de b\u00e9ton, on a pouss\u00e9 la porte de l\u2019appartement, referm\u00e9, on avance maintenant dans un brouillard l\u00e9g\u00e8rement bleut\u00e9 et feutr\u00e9, \u00e7a n\u2019a aucun sens on se dit, on avance toujours, on d\u00e9passe des portes que l\u2019on ne franchit jamais. Les murs garnis de rayonnages solides on glisse entre des \u00e9paisseurs de livres, des superpositions de livres, des chevauchements des entrecroisements, la voix dit \u00e7a isole bien des bruits, et de l\u2019humidit\u00e9, en plus \u00e7a garde la chaleur. On suit le dos de la voix (sa tache floue dans la brume azur\u00e9e), la voix rit, on avance encore, on a peur de perdre le dos de la voix dans le brouillard, le brouillard p\u00e9n\u00e8tre dans la t\u00eate comme la fum\u00e9e lorsqu\u2019elle inonde les narines et les poumons&nbsp;; on avance dans l\u2019\u00e9cho de la voix comme si on \u00e9tait son propre reflet ou un fant\u00f4me, on avance encore on s\u2019accroche \u00e0 la voix on a peur de la perdre alors on\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a me fera vraiment plaisir apr\u00e8s tout ce temps&nbsp;! Je me ferai une joie&nbsp;! \u2013 oui une vraie joie. Pas si souvent que j\u2019ai de la visite et puis \u00e0 vrai dire je ne cherche pas trop&nbsp;! J\u2019aime bien ma solitude et les histoires qui s\u2019inventent \u00e0 ma table. Souvent je copie les noms sur les monuments des morts au milieu des places et d\u2019un coup parfois, c\u2019est inexplicable, \u00e7a fait devenir des personnages. Incroyable, l\u2019instant d\u2019avant je ne savais rien et puis je reprends le carnet, je lis les noms et sans savoir comment, inexplicable oui, j\u2019entends des mots je vois des bouts de visage \u2013 alors je commence \u00e0 noter, c\u2019est absurde, \u00e7a ne ressemble \u00e0 rien, mais j\u2019\u00e9cris, j\u2019\u00e9cris encore. Il me faut du temps en grande longueur droite devant moi. Beaucoup de temps. J\u2019oublie de manger et de boire, alors je fais un th\u00e9 et puis j\u2019\u00e9cris encore, je ne sais plus trop&nbsp;! \u2013 les gens me prendraient pour folle mais \u00e7a m\u2019est \u00e9gal, c\u2019est comme trouver des familles et des histoires d\u2019accueil. Toi c\u2019est pas pareil. \u00c7a fait tellement longtemps aussi. Apr\u00e8s on a rapidement raccroch\u00e9 \u2013 qui le premier&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours je suis impressionn\u00e9 par les qualit\u00e9s impossibles de celles et ceux qui \u00e9crivent des livres. Si on me demandait de les nommer je ne saurais pr\u00e9cis\u00e9ment lesquelles&nbsp;: t\u00e9nacit\u00e9 \u2013 imagination \u2013 discipline \u2013 \u00e9rudition &#8211; confiance\u2026 C\u2019est un grand myst\u00e8re. Un m\u00e9lange. Un dosage subtil avec ses rondeurs, ses acidit\u00e9s et ses douceurs. Des aptitudes, du travail, de la conviction. De la passion. La sagesse de ne pas vouloir terminer avant d\u2019avoir seulement commenc\u00e9. Je ne sais pas ce qui me fait le plus d\u00e9faut \u00e0 m\u2019\u00e9chouer r\u00e9guli\u00e8rement dans un immense d\u00e9sert, l\u2019en de\u00e7\u00e0 total de l\u2019abandon (ou son envers, la doublure en quelque sorte.) Une perte radicale de rep\u00e8res et d\u2019envie, une grande \u00e9quivalence de tout avec tout et d\u00e9brouille-toi avec plus rien. Forc\u00e9ment l\u2019imaginer assise \u00e0 sa table, emport\u00e9e par ses personnages et leurs petites vies (elle n\u2019\u00e9crit jamais rien de grandiloquent \u2013 a comment\u00e9 religieusement la m\u00e9t\u00e9o de son quotidien \u2013 pas que du dr\u00f4le, a eu son lot de drames \u2013 s\u2019obstine \u00e0 dire la vie est belle, la vie est un aiguillon dans la chair, une rivi\u00e8re de frais immense et clair pour renouveler le baiser de la soif.) forc\u00e9ment\u2026 J\u2019ai pour ma part renonc\u00e9. \u00c0 force d\u2019\u00e9puisement. Mais comme j\u2019expliquais&nbsp;: pas crev\u00e9 de fatigue, emport\u00e9 dans les grands torrents d\u2019\u00e9criture et la sarabande des mots, non d\u2019un coup plus rien, blackout total. Elle \u2013 se fait toujours des joies. Navigue avec les phrases comme la pluie \u00e9mulsionne les pas dans la ville. J\u2019ai promis de venir donc, sans annoncer de date. Je me connais. (Le grand tarissement, un fl\u00e9chissement du corps et de l\u2019esprit nou\u00e9s, l\u2019inapp\u00e9tence du vivre etc&#8230;) Je ne savais pas pour le couloir des livres mais je connaissais depuis longtemps sa passion. Elle parlait parfois dans ses lettres d\u2019une substance invisible qui fait tout tenir, reliant les hommes entre eux ainsi que jusqu\u2019aux plus petites choses de l\u2019univers, et comment les livres racontent cette magie l\u00e0 qui n\u2019a pas de prix, \u00e7a vaut son pesant d\u2019heures et de mal de dos, m\u00eame finir en larmes de fatigue et brouillard de lettres sur l\u2019\u00e9cran&nbsp;; tout \u00e7a n\u2019a aucune importance parce que la grande libert\u00e9 trouv\u00e9e sur les ailes des bouquins c\u2019est survoler le monde \u2013 entendre les d\u00e9sirs des hommes \u2013 \u00e9couter leurs peurs aussi \u2013 \u00e7a n\u2019a pas d\u2019\u00e9quivalent quand \u00e7a t\u2019arrive&nbsp;: na\u00eetre \u00e0 nouveau en \u00e9clats, chaque fois une r\u00e9v\u00e9lation, un miracle fulgurant\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Une image. Une chambre. Petite aussi. Dans les tons de vert. Est-ce le grand arbre derri\u00e8re la fen\u00eatre&nbsp;? Le chemin rouge et cro\u00fbteux comme une langue de feu \u00e9ternellement refroidie sous le feuillage \u00e0 contre-jour&nbsp;? Le couvre-lit pelucheux avec des torsades&nbsp;? Un lit ancien avec du bois brillant aux formes lourdes et arrondies. Une voix parle et \u00e9num\u00e8re. Elle pointe du doigt. Elle sent le vert. Comme la couverture cartonn\u00e9e du livre. Dure et brillante. Dedans le monde saute au visage comme jamais. \u00c9clatant. Le monde tress\u00e9 \u00e0 la voix, \u00e0 la chaleur de la voix, le monde en carton vif pos\u00e9 sur les cuisses de la voix. Rang\u00e9 en planches color\u00e9es. On est saisi comme de tirer un rideau d\u2019un coup on plonge presque aveugl\u00e9 dans les mirages. On avance encore.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Table des mati\u00e8res de l&rsquo;art de ranger ses livres Pas trouv\u00e9 de m\u00e9thode efficace. 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