{"id":147328,"date":"2024-03-25T20:31:32","date_gmt":"2024-03-25T19:31:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=147328"},"modified":"2024-04-21T18:42:45","modified_gmt":"2024-04-21T16:42:45","slug":"nouvelles-nolwenn-letanoux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-nolwenn-letanoux\/","title":{"rendered":"#nouvelles | Nolwenn L. | titre en attente"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Cycle-nouvelles.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 Cycle-nouvelles.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-ace50d05-3d0a-4211-a531-303570fd38ba\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Cycle-nouvelles.pdf\">Cycle-nouvelles<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Cycle-nouvelles.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-ace50d05-3d0a-4211-a531-303570fd38ba\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Table<br><a href=\"#proposition1\">1-de l&rsquo;art de ranger ses livres<\/a><br><a href=\"#proposition2\">2-histoire de mes librairies<\/a> <br><a href=\"#proposition3\">3-choses perdues<\/a><br><a href=\"#proposition4\">4-livres et mat\u00e9rialit\u00e9s<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>1-de l&rsquo;art de ranger ses livres<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Dans l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re alors se retrouvent rang\u00e9s par taille, p\u00eale-m\u00eale dessus dessous derri\u00e8re devant, \u00e0 lire en premier, d\u00e9j\u00e0 lu qu\u2019on ne relira pas mais qu\u2019on garde, classique \u00e0 lire peut-\u00eatre, ceux qu\u2019on peut \u00e9ventuellement pr\u00eater et encore, ceux entass\u00e9s parce qu\u2019il faut faire de la place aux nouveaux, et parmi ceux-l\u00e0 ceux dont on se souvient plus et qu\u2019on retrouvera en triant plus tard, et celui-l\u00e0 encore qui, pour ces raisons, est l\u00e0 deux fois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Dans la petite \u00e9tag\u00e8re des toilettes, taille poche,&nbsp;<em>L\u2019affam\u00e9e<\/em>&nbsp;c\u00f4toie&nbsp;<em>Les Grandes esp\u00e9rances<\/em>. Et puis Hom\u00e8re \u00e0 peine feuillet\u00e9.&nbsp;<em>L\u2019affam\u00e9e<\/em>&nbsp;me suffirait enti\u00e8rement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Dans la pi\u00e8ce, quatre petits espaces distincts, pour quatre fonctions distinctes. D\u2019abord, la petite \u00e9tag\u00e8re au sol avec les derni\u00e8res acquisitions, c\u2019est class\u00e9 par urgence \u00e0 lire, envie de lire, si un nouveau arrive, c\u2019est normalement l\u00e0 qu\u2019il va, mais comme c\u2019est une petite \u00e9tag\u00e8re et que c\u2019est plein avec les gros Dh\u00f4tel qui ne sont pas en poche, avec la biographie de Napol\u00e9on qui prend de la place,&nbsp;<em>L\u2019\u00c9gypte des pharaons<\/em>&nbsp;et cinq gros volumes de Dolores Canon et sa m\u00e9thode d\u2019hypnose r\u00e9gressive quantique, heureusement qu\u2019il y a le fin&nbsp;<em>De la mati\u00e8re \u00e0 la lumi\u00e8re<\/em>, il est sur le dessus la pile, les derni\u00e8res arriv\u00e9es vont en g\u00e9n\u00e9ral sur le coin gauche de ma table. Ce n\u2019est donc pas class\u00e9 par genre mais par int\u00e9r\u00eat, ici Monique Wittig, ici Andr\u00e9 Breton, ici encore l\u2019<em>Ulysse<\/em>&nbsp;dont je n\u2019arriverai jamais \u00e0 d\u00e9passer les dix premi\u00e8res pages. Je devrais d\u2019ailleurs le changer d\u2019\u00e9tag\u00e8re, il n\u2019a plus sa place l\u00e0. Il devrait aller dans le renfoncement du mur o\u00f9 j\u2019ai fix\u00e9 des planches en bois dont celle du dessus est r\u00e9serv\u00e9e pour les livres gros et lourds, elle supporte normalement quinze kilos mais elle est je pense en surpoids.&nbsp;<em>Hitchcock-Truffaut<\/em>&nbsp;y est pr\u00e8s de Degas. Goya est un peu tout seul, j\u2019ai un autre espace d\u00e9di\u00e9 aux peintres mais il n\u2019y a plus de place non plus, sinon ce serait plus pr\u00e9cis dans le rangement. Donc&nbsp;: Dali, Rodin, Goya, un gros livre sur les ateliers d\u2019artistes, le&nbsp;<em>Street Art, Les femmes des ann\u00e9es cinquante, Les Hauts lieux et leurs myst\u00e8res, Le cin\u00e9ma d\u2019horreur, Le film noir<\/em>, la collection Taschen a une grande place dans ma biblioth\u00e8que,&nbsp;<em>Cin\u00e9ma et peinture, Le cin\u00e9ma en Bretagne<\/em>,&nbsp;<em>\u00c0 la d\u00e9couverte des civilisations disparues<\/em>. Sur l\u2019\u00e9tag\u00e8re du dessous, de gros poches pos\u00e9s en tas, je ne sais plus ce qu\u2019il y a l\u00e0 mais ils ont sans doute une bonne raison d\u2019y \u00eatre. Sans doute les Tolsto\u00ef, des Dickens, et mon pr\u00e9cieux&nbsp;<em>Anna Kar\u00e9nine&nbsp;<\/em>\u00e0 la couverture d\u00e9chir\u00e9e. Et puis tout en bas, en rang\u00e9es tass\u00e9s, ceux que je ne lis pas r\u00e9guli\u00e8rement mais dont je ne me s\u00e9pare pas, am\u00e9nag\u00e9s encore en fonction de leur taille et de leur habilit\u00e9 \u00e0 bien s\u2019encastrer les uns dans les autres. Le dictionnaire cale en bas une s\u00e9rie de poches allant des&nbsp;<em>Familles d\u2019\u00e2mes<\/em>&nbsp;\u00e0&nbsp;<em>L\u2019Ant\u00e9christ<\/em>. Les philosophes complexes comblent les trous \u00e0 droite. De bas en haut, des revues Ligiea, pas commodes \u00e0 caser \u00e0 cause du format, les livres d\u2019\u00e9sot\u00e9risme d\u2019occasion, beaucoup d\u2019occasion dans ma biblioth\u00e8que parce que je suis gourmande, mes \u00e9tag\u00e8res du coup sont en surpoids. En t\u00eate de piles et c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te&nbsp;:&nbsp;<em>Le pouvoir de l\u2019attraction<\/em>&nbsp;en poche,&nbsp;<em>\u00c0 la recherche du temps perdu<\/em>, int\u00e9grale quarto d\u2019occasion et m\u00eame collection, m\u00eame occasion, l\u2019int\u00e9grale de Duras. Un peu plus bas se distingue par sa couleur bleue un guide touristique d\u2019Egypte o\u00f9 je ne suis pas encore all\u00e9e. Il y a \u00e9galement en tranches visibles:&nbsp;<em>G\u00e9om\u00e9trie C\u00e9leste, Just Kids&nbsp;<\/em>de Patti Smith,&nbsp;<em>Les civilisations englouties<\/em>&nbsp;tomes un et deux,&nbsp;<em>Superforce<\/em>, et&nbsp;<em>Se souvenir du futur<\/em>. J\u2019y vois \u00e9galement des int\u00e9grales jaunes du th\u00e9\u00e2tre de Corneille, c\u2019\u00e9tait vraiment pas cher, mais Corneille je ne sais pas pourquoi, je l\u2019ai ouvert une fois ou deux, mais c\u2019est Corneille quand m\u00eame, alors peut-\u00eatre quand je serai plus vieille. Une autre petite \u00e9tag\u00e8re au sol accueille mes livres de peinture. Je les ai mis l\u00e0 plut\u00f4t qu\u2019en bas du renfoncement car ils sont plus faciles d\u2019acc\u00e8s. Je les ai pos\u00e9s en horizontal pour bien les voir et en mettre le plus possible&nbsp;: Sally Gabori, De Sta\u00ebl (x2&nbsp;: en Provence et un pour le reste), Marl\u00e8ne Dumas, Otto Dix, Ceija Stojka, Vlaminck, Van Gogh, Jenny Saville, Emil Nolde, L\u00e9on Spillaert, et un gros Taschen sur l\u2019expressionnisme. Sur le haut de l\u2019\u00e9tag\u00e8re, Jean Paul Rioppelle, Eug\u00e8ne Carri\u00e8re, Peter Doig, un livre sur le visage et plein de petits formats \u00c9ditions Place des Victoires&nbsp;: de Modigliani \u00e0 Munch en passant par Odilon Redon, le Gr\u00e9co, C\u00e9zanne, Hopper, Soutine, Moreau, Schiele. Et puis deux Taschen format quarante, Basquiat et Caravage.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Avant de passer au dernier endroit, les trois \u00e9tag\u00e8res au mur, j\u2019en oubliais deux de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 avec des poches th\u00e9\u00e2tre et po\u00e9sie (des anthologies, des classiques), je les feuillette quand c\u2019est extr\u00eamement n\u00e9cessaire. Les deux \u00e9tag\u00e8res sont brinquebalantes, je les ai pos\u00e9es moi-m\u00eame et je ne savais pas que mon mur n\u2019\u00e9tait pas droit. Il ne faut pas trop y toucher sinon tout tombe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Le dernier endroit donc, avant je veux quand m\u00eame dire les livres sur ma table que je lis en ce moment, mini biblioth\u00e8que : Ars\u00e9ni Tarkovski,&nbsp;<em>L\u2019Instruction, L\u2019homme qui dort, L\u2019\u00e9tat d\u2019enfance, Dessiner avec le cerveau droit, Ce monde est <\/em><em>mon partage et celui du d\u00e9mon<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>Mes merveilles<\/em>. Il y a aussi&nbsp;<em>Bleak House<\/em>&nbsp;que j\u2019ai commenc\u00e9 mais je n\u2019arrive pas \u00e0 m\u2019y remettre. Il est pos\u00e9 au cas o\u00f9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Mon dernier endroit. Tout en haut, sur une \u00e9tag\u00e8re de taille moyenne, classique, six rang\u00e9es de poches pos\u00e9s horizontalement, avec environ sept \u00e0 huit livre par tas. L\u00e0 encore, c\u2019est la taille qui fait la rang\u00e9e et ils sont en haut parce que je les aime mais ne vais pas les relire de sit\u00f4t. Il y a mes Faulkner, mes Graham Hancock, mes Rostand, mes Hugo. Dessous, j\u2019ai mes deux Pl\u00e9iades&nbsp;mis en \u00e9vidence parce qu\u2019ils sont beaux&nbsp;: Jane Austen et Claude Simon. Bachelard y c\u00f4toie Jean Delumeau, Salman Rushdie Andr\u00e9 Gide, Zola et tous mes Christian Bobin.&nbsp;<em>Ressusciter<\/em>&nbsp;est pos\u00e9 en \u00e9vidence parce que je le relis souvent. Enfin, derni\u00e8re \u00e9tag\u00e8re, des livres d\u2019essais sur le cin\u00e9ma, l\u2019\u00e9criture de sc\u00e9nario,&nbsp;<em>Save the Cat<\/em>, des livres de Pipo del Bono, Artaud, et&nbsp;<em>Le Roman lumineux<\/em>&nbsp;qui est l\u00e0 aussi, m\u00eame taille, et parce que c\u2019est un de mes plus beaux souvenirs de lecture, j\u2019aime \u00e0 le voir souvent. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, le&nbsp;<em>Journal&nbsp;<\/em>de Virginia Woolf,&nbsp;<em>Le murmure<\/em>&nbsp;et mon&nbsp;<em>Stabat Mater<\/em>&nbsp;d\u00e9dicac\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\"><em>Chantecler&nbsp;<\/em>est en trois exemplaires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Je suis \u00e0 la maison.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"proposition2\"><strong>2-histoires de mes librairies<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La librairie Acqua Alta.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Venise. Elle est nich\u00e9e dans un renfoncement au bout d\u2019une rue dans le centre. Dehors, des bacs avec de vieilles cartes postales, affiches posters avec recettes de cuisine Panettone et pizza et gnocchis. Il est dit que c\u2019est la plus belle librairie du monde. Pass\u00e9 le dehors et ses bacs \u00e0 un euro et ses cartes postales pour touristes, l\u2019int\u00e9rieur est serr\u00e9. En longueur, deux gondoles remplies de nouveaut\u00e9s. Elles font la longueur de la librairie. Pass\u00e9 la derni\u00e8re gondole, deux choix&nbsp;: \u00e0 droite, un renfoncement qui d\u00e9bouche sur un canal, on peut arriver en gondole \u00e0 cette librairie bien s\u00fbr, on arrive l\u00e0. \u00c0 gauche, un endroit \u00e9trange pour photos touristiques. Des escaliers en forme d\u2019amphith\u00e9\u00e2tre constitu\u00e9s uniquement de livres pourris entass\u00e9s les uns sur les autres. Chacun son tour, on monte sur les marches livres, on s\u2019assoit, photo. C\u2019est laid, c\u2019est triste ces vies sur lesquelles on s\u2019assoit, mais les touristes aiment apparemment, puisqu\u2019on fait la queue pour \u00e7a. Quand on revient \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, en se glissant par l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des gondoles, un petit rayon livres fran\u00e7ais, des anthologies retrouv\u00e9es sans doute dans un appartement v\u00e9nitien, rien qu\u2019on apporte en voyage et qu\u2019on laisse l\u00e0, \u00e0 vendre, \u00e0 donner, pour des lecteurs un peu curieux. Non. Des anthologies sur la numismatique je crois, ou bien un pr\u00e9cis d\u2019histoire qui n\u2019est pas \u00e0 jour ou un livre sur coin d\u2019Auvergne que personne n\u2019ouvre. Une autre petite pi\u00e8ce en longueur dans laquelle il faut se glisser de profil tellement c\u2019est mince, et l\u00e0 ce sont les livres d\u2019histoire, d\u2019histoire de l\u2019art, d\u2019histoire de tout. Ici c\u2019est en anglais. Je ne sais pas si c\u2019est la plus belle librairie du monde, je n\u2019ai pas fait toutes les librairies du monde. J\u2019en retiens des gondoles atypiques biblioth\u00e8que improvis\u00e9e, j\u2019en retiens un sens de circulation pr\u00e9cis auquel il ne faut pas d\u00e9roger sous peine de se coincer entre deux \u00e9tag\u00e8res dont on ne pourra rien extraire, tellement les livres sont serr\u00e9s, tellement il ne faut pas qu\u2019on les ouvre, tellement il n\u2019y a pas de place. Une librairie vitrine, mannequin immobile autour duquel on tourne comme une curiosit\u00e9. Je cherchais&nbsp;<em>La mort \u00e0 Venise&nbsp;<\/em>en fran\u00e7ais, il n\u2019y \u00e9tait qu\u2019en anglais, j\u2019ai achet\u00e9&nbsp;<em>L\u00e9gendes v\u00e9nitiennes et histoires de fant\u00f4mes<\/em>. Marque page panneau jaune San Marco.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Gibert \u00e9sot\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur les quais, entre Notre-Dame et la place Saint Michel, la librairie Gibert \u00e9sot\u00e9rique. Quand on pousse la porte, il y a une odeur d\u2019encens. D\u00e9j\u00e0, on est ailleurs. Avec les Ovnis, avec les Illuminati, les chamans, les gu\u00e9risseurs, les m\u00e9diums, les lieux myst\u00e9rieux, les fant\u00f4mes et les anciennes civilisations. Ici se c\u00f4toient les connaisseurs en sciences occultes, en d\u00e9veloppement personnel, en religions, en hypnose, en complotisme. Il n\u2019y a pas de curieux ici, il n\u2019y a que des sp\u00e9cialistes qui se retrouvent entre sp\u00e9cialistes qui osent parler librement de l\u2019ailleurs, qu\u2019il soit mort ou tombeau antique ou mythique cit\u00e9 disparue. Ou l\u2019aura. Ou la communication avec les morts et les chiens. Les libraires sont souvent occup\u00e9s, ils portent un bracelet de pierres qui font du bien, ils sont assaillis de questions, ils connaissent leur domaine. J\u2019y ai trouv\u00e9 un livre sur Lagartha, capitale du centre de la terre creuse, le libraire en voyant le prix d\u00e9risoire m\u2019a regard\u00e9 en disant \u00ab&nbsp;c\u2019est une belle trouvaille&nbsp;\u00bb. L\u2019alchimie aussi. Et les pyramides. Ici le monde se cr\u00e9\u00e9e de mille fa\u00e7ons, se d\u00e9fait tout autant, c\u2019est un paradis du possible. Quand on en ressort, le monde est plus myst\u00e9rieux qu\u2019avant, et nous plus myst\u00e9rieux aussi, \u00e0 la recherche peut-\u00eatre, de notre famille d\u2019\u00e2mes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le paradis sur terre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le grand Gibert Joseph Boulevard Saint Michel. Escalators sur quatre \u00e9tages. C\u2019est un escalier qui m\u00e8ne au cinqui\u00e8me et dernier \u00e9tage, rayon m\u00e9decine et physique chimie. Les yeux \u00e9carquill\u00e9s devant tous les rayons comme un matin de No\u00ebl. C\u2019est une librairie r\u00e9compense. Les responsables du rayon art parlent fort. J\u2019y ai crois\u00e9 Fabrice Midal. J\u2019y ai vu une altercation entre deux hommes qui ont failli se battre devant le rayon photographie. Une fillette qui criait \u00e0 sa m\u00e8re combien la couverture d\u2019un livre \u00e9tait jolie. Les employ\u00e9s par contre, sont toujours \u00e0 trier, ranger, d\u00e9ranger, reranger. J\u2019y passe parfois des heures \u00e0 tout d\u00e9couvrir. \u00c0 alterner entre l\u2019\u00e9tage poche et l\u2019\u00e9tage du dessous. \u00c0 v\u00e9rifier r\u00e9guli\u00e8rement s\u2019il n\u2019y a pas tel ou tel artiste que j\u2019aime et dont je ne trouve jamais la monographie. Je n\u2019y demande rien, j\u2019attends. Je sais qu\u2019un jour, ce livre y sera. C\u2019est \u00e7a Gibert. J\u2019y trouverai \u00e0 chaque fois, en quelque jour un peu plus triste, de quoi me donner chaud, de quoi me faire du bien, de quoi m\u2019ouvrir le c\u0153ur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"proposition3\"><strong>3-Les choses perdues<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une paire de mitaines re\u00e7ue en cadeau<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une vie dans le bar de l\u2019Ouest<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mes dipl\u00f4mes depuis le bac<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le titre de cette chanson<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un ami et plus tard une amie<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un bracelet sur un parking<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mon premier amour bien s\u00fbr<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La recette du riz au lait<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L\u2019\u00e9chantillon de sable de la plage o\u00f9 je n\u2019avais pas pu aller<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Quelques mots avant les d\u00e9parts<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mon&nbsp;<em>Lambeaux<\/em>&nbsp;de Charles Juliet d\u00e9dicac\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La joie, un peu<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Joie<\/em>\u00a0:\u00a0la joie est une \u00e9motion ou un sentiment de satisfaction ou de plaisir, qu&rsquo;\u00e9prouve un individu au moment o\u00f9 une de ses aspirations, ou un de ses d\u00e9sirs vient \u00e0 \u00eatre satisfait d&rsquo;une mani\u00e8re r\u00e9elle ou imaginaire \u2013 ou parfois, sans raison apparente (<em>Wikip\u00e9dia<\/em>)\u00a0; \u00e9motion agr\u00e9able et profonde, sentiment exaltant ressenti par toute la conscience (<em>Le Robert<\/em>).<br><em>Un peu<\/em>\u00a0: faible quantit\u00e9 (<em>Le Robert<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">S\u2019en est all\u00e9e petit \u00e0 petit. Vient moins facilement. Sans doute \u00e7a. Les couleurs sont un peu moins vives. Les rires sonnent un peu faux. Les sourires sont de fa\u00e7ade. Tout est quelque part int\u00e9ress\u00e9, m\u00eame une certaine d\u00e9finition. La joie c\u2019\u00e9tait faire les choses pour rien. Aujourd\u2019hui il y a un peu partout la guerre, et les maladies qui amputent, les gens qui manquent et le sombre envahit. Les matins sont un peu lourds. Place alors pour la solitude des entour\u00e9s. La solitude profonde qui n\u2019a pas besoin de reconnaissance. \u00c0 permettre le manque au lieu du plein. Bougie plate. Masques durs. Ventres secs. Yeux vides. R\u00eaves petits. Discours moins longs. Plus de discours, seulement \u00e9couter. Rien \u00e0 dire. Voir mieux. Une raison \u00e0. Savoir qu\u2019on peut surmonter. On surmonte. Le c\u0153ur. L\u2019\u0153il qui go\u00fbte. Aimer pour rien. Ivre de d\u00e9couvrir. La magie merci.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"proposition4\">4- Livres et mat\u00e9rialit\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qu\u2019il me reste de l\u2019un, le plus ancien sans doute, c\u2019est un impossible. Je ne savais pas encore lire, ou bien si peu. C\u2019\u00e9tait un livre d\u2019images avec du texte dessous, il s\u2019agissait d\u2019un lapin. Format A4, mince, petite histoire, papier glac\u00e9. Il y avait, d\u00e8s le d\u00e9but face au livre, cette frustration ne pas arriver \u00e0 lire plus qu\u2019un premier mot, ce mot aujourd&rsquo;hui je ne m\u2019en souviens plus. Ce lapin \u00e9tait par contre ma premi\u00e8re raison de vouloir lire \u00e0 tout prix. Qu\u2019est-il arriv\u00e9 \u00e0 ce lapin\u00a0? Aucune id\u00e9e. Mais j\u2019ai appris \u00e0 lire.<br>Couverture cartonn\u00e9e \u00e9paisse, rouge.\u00a0<em>Le petit lord<\/em>. Venu d\u2019une armoire de la maison qui appartenait \u00e0 ma grand-m\u00e8re. Les livres ont dormi l\u00e0 des dizaines d\u2019ann\u00e9es dans cette armoire de bois qu\u2019on appelle normande, parce que massive, indestructible presque. Je les ai pris ces livres. Certains j\u2019ai lus. Et celui-ci,\u00a0<em>Le petit lord<\/em>, cartonn\u00e9 cuir rouge, je l\u2019ai beaucoup lu. La peau sentait le vieux, rigide comme une carcasse qui a tenu. Il me reste de lui une \u00e9motion d\u2019amour. Je ne le relirai pas. Comme je ne relirai plus\u00a0<em>Le grand Meaulnes<\/em>\u00a0pour ne garder que la magie de ce ch\u00e2teau. \u00c9tait-ce d\u2019ailleurs un ch\u00e2teau\u00a0? Je ne me souviens pas des noms, ni des histoires, parfois m\u00eame des titres. Pas de d\u00e9but milieu fin mais je me rappelle d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9merveill\u00e9e ou consol\u00e9e, je me rappelle avoir \u00e9t\u00e9 punie pour lire ces livres tard la nuit, pour vivre l&rsquo;aventure jusqu&rsquo;au bout, je me rappelle que \u00e7a n&rsquo;\u00e9tait pas bien vu. Je me rappelle donc que\u00a0<em>Le Petit Lord<\/em>\u00a0c\u2019\u00e9tait pour \u00e9gayer le triste d\u2019avant. Bobin c\u2019est pour \u00e9gayer le moyen d\u2019aujourd\u2019hui, avec ces pages qui ne sont pas trop remplies, qui permettent de s\u2019y glisser et d\u2019y d\u00e9poser un peu de nous. Et ma biblioth\u00e8que regorge de ses livres \u00e0 moiti\u00e9 remplis qui c\u00f4toient les denses et leur musique d\u2019op\u00e9ra, pour eux il faut du temps devant soi, ce sont les livres grandes occasions de la cave qu\u2019on ouvre quand c\u2019est le moment opportun. Les couvertures je les malm\u00e8ne, je les plie, \u00e7a rentre dans un sac ou dans une poche, mais l\u2019int\u00e9rieur je n\u2019y touche pas, l\u2019int\u00e9rieur c&rsquo;est sacr\u00e9. Pas corn\u00e9, pas surlign\u00e9, rien. Je veux pouvoir rouvrir le livre et faire comme si je n\u2019\u00e9tais jamais venue. J\u2019aime avoir encore, une premi\u00e8re impression et m&rsquo;\u00e9merveiller de nouveau devant cette toute premi\u00e8re phrase.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Table1-de l&rsquo;art de ranger ses livres2-histoire de mes librairies 3-choses perdues4-livres et mat\u00e9rialit\u00e9s 1-de l&rsquo;art de ranger ses livres Dans l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re alors se retrouvent rang\u00e9s par taille, p\u00eale-m\u00eale dessus dessous derri\u00e8re devant, \u00e0 lire en premier, d\u00e9j\u00e0 lu qu\u2019on ne relira pas mais qu\u2019on garde, classique \u00e0 lire peut-\u00eatre, ceux qu\u2019on peut \u00e9ventuellement pr\u00eater et encore, ceux entass\u00e9s parce qu\u2019il <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-nolwenn-letanoux\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#nouvelles | Nolwenn L. | titre en attente<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":660,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[5736,5737,5795,5837,5862],"tags":[],"class_list":["post-147328","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nouvelles-1","category-01-ranger-ses-livres","category-02-histoire-de-mes-librairies","category-03-schalansky-inventaire-de-choses-perdues","category-04-le-livre-dans-sa-materialite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147328","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/660"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=147328"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147328\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=147328"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=147328"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=147328"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}