{"id":147392,"date":"2024-04-09T17:06:20","date_gmt":"2024-04-09T15:06:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=147392"},"modified":"2024-04-10T08:50:40","modified_gmt":"2024-04-10T06:50:40","slug":"nouvelles-xavier-georgin-titre-en-attente","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-xavier-georgin-titre-en-attente\/","title":{"rendered":"#nouvelles | Xavier Georgin | [sans titre encore]"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/IMG20201027150001-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-149345\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/IMG20201027150001-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/IMG20201027150001-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/IMG20201027150001-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/IMG20201027150001-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/IMG20201027150001-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Cherbourg &#8211; 27\/10\/20 \u00a9 XG<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Table des Chapitres<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"1-Proposition-Un\"><a href=\"#1-Proposition-Un\">1 Proposition Un<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Proposition 2<\/p>\n\n\n\n<p id=\"3-Proposition-Trois\"><a href=\"#proposition3\">3 Proposition Trois<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"Proposition-1\">1<\/h2>\n\n\n\n<p>Au premier \u00e9tage sur cour, la lumi\u00e8re du jour n\u2019entre jamais vraiment. Il faut que l\u2019\u00e9t\u00e9 soit l\u00e0 pour que le soleil, rebondissant sur les fen\u00eatres voisines, entre dans la chambre et lance sur l\u2019\u00e9tag\u00e8re un rectangle argent\u00e9 qu\u2019un simple nuage fait aussit\u00f4t dispara\u00eetre. Les tranches vertes des livres rang\u00e9s par s\u00e9ries brillent dans cette lumi\u00e8re provisoire. Le soir, dans l\u2019obscurit\u00e9 \u00e0 25W de l\u2019appartement, les livres prennent une teinte vert sapin. Lus et relus, certains connus quasiment par c\u0153ur, ils offrent r\u00e9confort et chaleur \u2014 et pas seulement les soirs d\u2019angine \u00e0 grelotter. Les \u00e9ditions des ann\u00e9es 1960 sont plus \u00e9paisses, leurs histoires plus longues. Ces volumes-l\u00e0 d\u00e9marrent l\u2019\u00e9tag\u00e8re. Leurs couvertures assouplies par les reprises et l\u2019humidit\u00e9 sentent le champignon. Puis viennent les plus r\u00e9cents, aux couvertures plus \u00e9paisses, aux illustrations adapt\u00e9es aux ann\u00e9es 1970.<\/p>\n\n\n\n<p>1985. D\u00e9m\u00e9nagement. L\u2019\u00e9tag\u00e8re verte s\u2019est perdue en chemin \u2014 mais qu\u2019ont bien pu devenir nos Six Compagnons&nbsp;? La nouvelle chambre se trouve au rez-de-chauss\u00e9e et donne, pass\u00e9 un petit carr\u00e9 d\u2019herbe, sur le parking de la r\u00e9sidence. Le soleil y entre le matin. Les livres ont disparu. Je ne sais pas si les manuels scolaires empil\u00e9s sur le bureau comptent, si <em>Speak English 3<sup>e<\/sup><\/em> et <em>\u00a1Ol\u00e0&nbsp;! 3<sup>e<\/sup><\/em>, corn\u00e9s et fatigu\u00e9s, avec leurs traces de doigts d\u2019\u00e9l\u00e8ves, appartiennent \u00e0 une quelconque \u00ab\u00a0biblioth\u00e8que\u00a0\u00bb ou, simplement, \u00e0 la remise du coll\u00e8ge. Le reste n\u2019est que corv\u00e9e. Il y a <em>Eug\u00e9nie Grandet<\/em>. Il y a <em>Le Cid<\/em>. Il y a <em>Au bonheur des Dames<\/em>. Et puis <em>Trois Contes<\/em>. Plus vite on les aura finis, plus vite on sera d\u00e9barrass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es passent et les livres sont de retour. La moquette de la nouvelle chambre est rose p\u00e2le. La biblioth\u00e8que est une Billy blanche. Elle croule sous le poids des cassettes et des vinyles. Les livres n\u2019y trouvent pas leur place. Dans ces ann\u00e9es de lyc\u00e9e, ils jonchent le sol. Duras, C\u00e9line, Flaubert, Tch\u00e9khov \u2014 tous en Folio. Et les Po\u00e9sie Gallimard si fragiles et qui s\u2019effeuillent si vite&nbsp;: <em>L\u2019Ombilic des Limbes<\/em>, <em>Les Fleurs du Mal<\/em>, <em>Le Parti Pris des Choses<\/em>, tous au programme du bac fran\u00e7ais. Ces ann\u00e9es de lyc\u00e9e, la biblioth\u00e8que est horizontale, \u00e9parpill\u00e9e \u00e0 m\u00eame le sol, toujours \u00e0 port\u00e9e de main quand on se retrouve avec les amis, assis en tailleur \u00e0 lire en buvant des Heineken.<\/p>\n\n\n\n<p>La chambre suivante fait 12 m\u00b2. Il faut y faire tenir un canap\u00e9-lit, une table, une chaise, un frigidaire, une armoire pour les v\u00eatements et les provisions. En arrivant, on installe une petite \u00e9tag\u00e8re pour les livres. Ceux de Premi\u00e8re\/Terminale ont disparu. L\u2019\u00e9tag\u00e8re est remplie par James Ellroy et John Le Carr\u00e9. Rien que ces deux-l\u00e0. Class\u00e9s par ordre de parution. Et puis, j\u2019y repense, un qui les s\u00e9pare, couverture noire et jaune&nbsp;: Maurice G. Dantec. Celui-l\u00e0 sortira souvent de l\u2019\u00e9tag\u00e8re puis dispara\u00eetra, comme les Langelot de la Biblioth\u00e8que Verte.<\/p>\n\n\n\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re que le frigidaire se doit de conserver du Kiri, des saucisses de Francfort et du bon caf\u00e9, les \u00e9tag\u00e8res d\u2019aujourd\u2019hui se doivent d\u2019\u00eatre un r\u00e9confort toujours disponible, un ensemble de bonnes vibrations que l\u2019\u0153il saisit au passage du salon \u00e0 la chambre. Le peu de livres qu\u2019elles portent (par manque de place, l\u2019accessoire part chez Recyclivres) forme une vague, une ondulation de tranches Poche puis demi-poche puis grand format <a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. Le voisinage compte aussi. Les journaux de Victor Klemperer, Sylvia Plath et Paul Klee se rencontrent \u2014 comme les Royaumes Juifs de Rachel Ertel s\u2019adossent aux <em>Notes de la Forteresse<\/em> de Robert Kramer, Jean Rolin \u00e0 Fran\u00e7ois Maspero, Giorgio Bassani \u00e0 Pier Paolo Pasolini, Modiano \u00e0 Tch\u00e9khov. Emmanuelle, J\u00e9r\u00e9my, Caroline, Nathalie, Rebecca, Bruno, Fran\u00e7oise et Catherine \u2014 pr\u00e9sences amies \u2014 s&rsquo;\u00e9paulent et conversent tout \u00e0 gauche, pr\u00e8s de l&rsquo;interrupteur. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e2ge avan\u00e7ant, la liste des choses n\u00e9cessaires est de plus en plus courte. Recevoir l\u2019exil en h\u00e9ritage implique de ne pas s\u2019encombrer, de se souvenir qu\u2019en possession de trop d\u2019objets ce sont les objets qui nous poss\u00e8dent, et se rappeler, toujours, qu\u2019un jour il faudra peut-\u00eatre claquer la porte derri\u00e8re soi et fuir. Pas encore de valise sous le lit mais une liste, comme \u00e7a, fluctuante, de bouquins \u00e0 emporter. Il n\u2019y en a pas beaucoup, disons 7 ou 8. Le reste, quand la fuite s\u2019impose, c\u2019est le c\u0153ur qui le conserve.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> &nbsp;Appliquer aux disques le rangement souple des bouquins serait une h\u00e9r\u00e9sie. Je ne les ai jamais compt\u00e9s mais, \u00e0 vue de nez, ce sont mille et quelques 33 tours qui occupent le mur du salon. Class\u00e9s par ordre alphab\u00e9tique de musiciens et, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, par ordre chronologique de sortie. Celui qui s\u2019aviserait de glisser <em>Dark Side of the Moon<\/em> apr\u00e8s <em>The Final Cut<\/em> entendrait parler de moi.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"Proposition-2\">Proposition 2<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"proposition3\">3 Proposition Trois<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>\u0412\u0418\u0428\u041d\u0401\u0412\u042b\u0419 \u0421\u0410\u0414<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il fallait entendre ce texte dans sa langue d\u2019origine, avec ses mots, son rythme, ses interjections, ses silences. On a vite abandonn\u00e9 les surtitres qui d\u00e9filaient pour se laisser porter, simplement \u2014 de toute fa\u00e7on, on savait bien que les arbres seraient coup\u00e9s et le terrain livr\u00e9 au promoteur. L\u2019impression, ce soir-l\u00e0, \u00e9tait d\u2019acqu\u00e9rir pleinement quelque chose qu\u2019on poss\u00e9dait d\u00e9j\u00e0 tout en ayant conscience que notre bien, pr\u00e9cieux mais fauss\u00e9 par la traduction, \u00e9tait une chose d\u00e9valu\u00e9e, \u00e0 moiti\u00e9 perdue.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>FRONTI\u00c8RES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Boris Pahor na\u00eet \u00e0 Trieste, en 1913, austro-hongrois, sujet de l\u2019empereur Fran\u00e7ois-Joseph. Apr\u00e8s la guerre, l\u2019Empire d\u00e9membr\u00e9 et les fronti\u00e8res redessin\u00e9es, il devient citoyen italien, sujet du roi Victor-Emmanuel III. En 1943, Boris Pahor s\u2019engage aux c\u00f4t\u00e9s des Partisans yougoslaves. Il est arr\u00eat\u00e9, d\u00e9port\u00e9 au camp de concentration de Natzweiler-Struthof, pr\u00e8s de Colmar, dans l\u2019ancien d\u00e9partement du Bas-Rhin devenu partie du <em>Gau Baden-Elsa\u00df<\/em>. \u00c0 la fin de la guerre, Boris Pahor retourne vivre \u00e0 Trieste. La ville est une zone trouble, disput\u00e9e, partag\u00e9e entre la nouvelle f\u00e9d\u00e9ration de Yougoslavie et la nouvelle r\u00e9publique italienne. La fronti\u00e8re actuelle n\u2019est trac\u00e9e qu\u2019en 1954. Lorsque Boris Pahor f\u00eate ses 73 ans, la carte est \u00e0 nouveau boulevers\u00e9e&nbsp;: deux pays renaissent \u00e0 quelques pas de Trieste&nbsp;: Slov\u00e9nie et Croatie. Le 30 mai 2022, Boris Pahor meurt. Quel regard cet homme de 108 ans portait-il sur le trac\u00e9 fluctuant des fronti\u00e8res&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA LIGNE DE F\u00c8RE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1990, tout \u00e9tait simple&nbsp;: pour rejoindre la maison de S. il suffisait de prendre le train t\u00f4t le matin \u00e0 la gare de l\u2019Est. Il filait sans arr\u00eat entre Paris et Meaux et prenait un rythme d\u2019omnibus en entrant dans l\u2019Aisne. Il traversait la campagne humide, les champs de colza, les hameaux sans lumi\u00e8re, et on finissait par arriver \u00e0 F\u00e8re, deux arr\u00eats avant Laon. Il n\u2019y avait plus qu\u2019\u00e0 longer la d\u00e9partementale sur 2 kilom\u00e8tres \u2014 elle allait tout droit entre les champs de betteraves avec le ch\u00e2teau d\u2019eau comme rep\u00e8re dans la plaine. Souvent, quelqu\u2019un s\u2019arr\u00eatait sans que nous ayons lev\u00e9 le pouce. On arrivait \u00e0 la maison de S. La table \u00e9tait dress\u00e9e, le feu cr\u00e9pitait dans la chemin\u00e9e. Ce chemin dix fois repris a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 le jour o\u00f9 ils ont condamn\u00e9 la ligne de F\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LE JOURNAL DU VOLEUR<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A. loue une p\u00e9niche pour f\u00eater ses 18 ans. Elle est amarr\u00e9e \u00e0 Issy-les-Moulineaux. Des types louches s\u2019incrustent et font les poches des invit\u00e9s. Ils me volent mon sac \u00e0 dos. Quelques mois plus tard, le commissariat d\u2019Orl\u00e9ans m\u2019appelle. Le voleur a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9. Je r\u00e9cup\u00e8re mes affaires. Mon agenda est devenu le journal du voleur. S\u2019y trouvent consign\u00e9s des po\u00e8mes pour une fille, des rendez-vous avec des gars et de brefs r\u00e9cits de vir\u00e9es nocturnes. C\u2019est comme une vie parall\u00e8le et partag\u00e9e que nous avons men\u00e9e, lui \u00e0 Orl\u00e9ans et moi \u00e0 Paris, ignorant tout l\u2019un de l\u2019autre, \u00e0 la pointe du Bic.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>GARA\u017dA<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il faut quitter Belgrade par l\u2019autoroute du Sud, celle qui conduit, pleine de fissures et de nids de poules, de Budapest \u00e0 Istanbul. Avant d\u2019emprunter la bretelle on passe devant l\u2019ancien garage d\u2019\u00c9tat. C\u2019est un grand b\u00e2timent de brique et de verre arm\u00e9, abandonn\u00e9, investi par les animaux sauvages. Dans le temps, c\u2019\u00e9tait l\u00e0 que vous alliez au moindre probl\u00e8me de pneu, de batterie, de joint de culasse ou m\u00eame, simplement, lorsque votre moteur faisait des bruits bizarres. Les m\u00e9caniciens d\u2019\u00c9tat \u00e9taient toujours disponibles et les pi\u00e8ces de rechange, sauf au plus sombre des ann\u00e9es 1980, toujours \u00e0 port\u00e9e de main. Ces m\u00e9caniciens connaissaient par c\u0153ur la chanson des Lada, des Yugo, des Zastava. Deux coups de coude, un serrage de vis, trois gouttes d\u2019huile et c\u2019\u00e9tait reparti pour des centaines de kilom\u00e8tres. Et si, en route, un probl\u00e8me survenait, un autre garage d\u2019\u00c9tat saurait le r\u00e9soudre. Au printemps 2023, j\u2019ai vu quatre cigognes installer leur campement des beaux jours sur les toits du garage, indiff\u00e9rentes \u00e0 la rouille, heureuses de la disparition des hommes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>SILENCE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le disquaire se trouve pr\u00e8s de Schelisches Tor, \u00e0 quelques pas d\u2019un des rares miradors encore debout. Dans le bac des arrivages, ce <em>bootleg<\/em> tout neuf de <em><a href=\"https:\/\/youtu.be\/eYCIwaeReeo?si=WYF2rHN_sSBmfoks\">Laughing Stock<\/a><\/em>, un de ces disques jamais r\u00e9\u00e9dit\u00e9s qu\u2019on r\u00eave de poss\u00e9der. L\u2019impression de la pochette est de bonne qualit\u00e9, le livret aussi. On sort d\u00e9licatement le vinyle. Les microsillons et les espaces entre les chansons sont bien l\u00e0 mais quelque chose manque, on le voit \u00e0 l\u2019\u0153il nu&nbsp;: il manque les 15 secondes de silence absolu qui ouvrent l\u2019album. L\u2019omission de ce silence d\u00e9value-t-elle les notes qui lui succ\u00e8dent&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019ESPACE VIDE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quel est cet espace vide dans la maison juive&nbsp;? C\u2019est un carr\u00e9 de 50 sur 50, sans appr\u00eat, un morceau de mur nu que doit apercevoir chaque personne en entrant. C\u2019est une imperfection volontaire, le souvenir du Temple d\u00e9truit, lieu id\u00e9al perdu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>RAIDER<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Chez le marchand de journaux au pied de l\u2019immeuble, \u00e0 droite de la caisse que tient Mme. Royer, se trouve une corbeille en m\u00e9tal. Elle contient un assortiment de sucreries. Il faut plonger la main pour extraire celles qu\u2019on veut pour le go\u00fbter. Picorettes, Nuts, Smarties, Milky Way, Mars, Treets et ces \u00ab&nbsp;deux doigts coupe-faim&nbsp;\u00bb&nbsp;: Raider. Je ne saurais dire en quelle ann\u00e9e Raider est devenu Twix mais, pour moi, quelque chose s\u2019est perdu au changement de nom. Pas seulement le beau caramel, dor\u00e9 et filant, qui collait aux doigts, mais une part de l\u2019\u00e2me de ce g\u00e2teau \u00e0 3 francs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Table des Chapitres 1 Proposition Un Proposition 2 3 Proposition Trois 1 Au premier \u00e9tage sur cour, la lumi\u00e8re du jour n\u2019entre jamais vraiment. Il faut que l\u2019\u00e9t\u00e9 soit l\u00e0 pour que le soleil, rebondissant sur les fen\u00eatres voisines, entre dans la chambre et lance sur l\u2019\u00e9tag\u00e8re un rectangle argent\u00e9 qu\u2019un simple nuage fait aussit\u00f4t dispara\u00eetre. Les tranches vertes des <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-xavier-georgin-titre-en-attente\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#nouvelles | Xavier Georgin | [sans titre encore]<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":120,"featured_media":149345,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[5736,5737,5837],"tags":[],"class_list":["post-147392","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nouvelles-1","category-01-ranger-ses-livres","category-03-schalansky-inventaire-de-choses-perdues"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147392","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/120"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=147392"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147392\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/149345"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=147392"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=147392"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=147392"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}