{"id":147793,"date":"2024-03-30T22:36:38","date_gmt":"2024-03-30T21:36:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=147793"},"modified":"2024-04-04T02:45:15","modified_gmt":"2024-04-04T00:45:15","slug":"nouvelles-emilie-marot-bibliotheque-nomade","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-emilie-marot-bibliotheque-nomade\/","title":{"rendered":"#nouvelles | Emilie Marot | biblioth\u00e8que nomade"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-normal-font-size\"><strong># 01 | Ma biblioth\u00e8que est nomade<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ma biblioth\u00e8que est nomade. Elle voyage. Se pose un temps. Grossit. Et puis repart.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><em>La biblioth\u00e8que de Luby<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un morceau de ma biblioth\u00e8que est en cartons. Celle de mon adolescence, de mes ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudiante et de ma premi\u00e8re ann\u00e9e d\u2019enseignement. Un peu de Vend\u00e9e, un peu de Nantes, de Rennes, de Paris et de l\u2019ann\u00e9e en Allemagne. Grosse de voyages et de rencontres. &nbsp;D\u00fbment archiv\u00e9e dans un fichier de six pages sur mon ordinateur. Vingt cartons num\u00e9rot\u00e9s entrepos\u00e9s dans les Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es, dans un village avec une \u00e9glise pas loin et de grandes fermes autour, dans une petite chambre \u00e0 l\u2019\u00e9tage contre un pan de mur blanc. Sur ces vingt cartons, dix-huit contiennent des livres. Je sais exactement o\u00f9 trouver les livres qui y sont rang\u00e9s. Ainsi <em>La Fortune des Rougon<\/em> est dans le carton num\u00e9ro 11, <em>Le Partage des eaux<\/em> dans le num\u00e9ro 12. Le fichier pr\u00e9cise que le carton num\u00e9ro 7 \u00ab&nbsp;Litt\u00e9rature allemande en V.O.&nbsp;\u00bb est \u00ab&nbsp;\u00e0 d\u00e9tailler&nbsp;\u00bb (en rouge et en italique). Les cartons num\u00e9ro 5 et 6 contiennent aussi mes livres en allemand. Je ne me rappelle plus pourquoi je n\u2019ai pas archiv\u00e9 les livres de ce carton num\u00e9ro 7. J\u2019en avais peut-\u00eatre assez. Je me souviens que le travail \u00e9tait fastidieux. &nbsp;Le carton num\u00e9ro 10 contient uniquement des livres et des cours de philosophie. Le carton num\u00e9ro 8 la litt\u00e9rature anglo-am\u00e9ricaine et la litt\u00e9rature italienne. Le carton num\u00e9ro 9 est celui de la ma\u00eetrise. Il renferme Paul Celan et Nelly Sachs<em>. Les Trois mousquetaires<\/em> sont dans le carton num\u00e9ro 17. Et puis je suis partie. Depuis j\u2019ai rachet\u00e9 certains des livres que j\u2019ai laiss\u00e9s de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0 de l\u2019Atlantique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><em>La biblioth\u00e8que de l\u2019\u00eele<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui encore, depuis bient\u00f4t un an, une grande partie des livres de ma biblioth\u00e8que est en carton.<\/p>\n\n\n\n<p>Biblioth\u00e8que essentielle pour commencer. J\u2019aurais d\u00fb noter avec quels livres je suis arriv\u00e9e. Ce devait \u00eatre mes fondamentaux. Il fallait que \u00e7a tienne dans une valise de vingt-huit kilos et dans le bagage cabine. Mes valises ont d&rsquo;ailleurs souvent \u00e9t\u00e9 des biblioth\u00e8ques de transit. Elle a grossi au fil des ans. Et elle a migr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai d\u00e9ball\u00e9 et rang\u00e9 ma biblioth\u00e8que huit fois en vingt ans. Les cartons toujours plus nombreux au fil des ans. Au point qu\u2019on se jure \u00e0 chaque d\u00e9m\u00e9nagement de ne plus jamais acheter de livres, de renouer avec la pratique de la m\u00e9diath\u00e8que. Mais je suis une tr\u00e8s mauvaise emprunteuse. Je rends toujours mes livres tr\u00e8s en retard. Ma biblioth\u00e8que a pu se poser tout de m\u00eame deux fois \u00e0 chaque fois sur un cycle de huit ans environ.<\/p>\n\n\n\n<p>Je range mes livres par genre&nbsp;: po\u00e9sie \/ r\u00e9cit (et \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, \u00e0 part, les nouvelles et la litt\u00e9rature de soi) \/ th\u00e9\u00e2tre \/ essai (et \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur par th\u00e9matique comme le f\u00e9minisme, l\u2019anticolonialisme, le travail,\u2026), ce qui est notamment pratique pour le travail. Et puis \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des genres, par ordre chronologique.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019est pos\u00e9e plusieurs fois la question de savoir o\u00f9 ranger la litt\u00e9rature carib\u00e9enne, qui elle aussi a grossi au fil des ans. A part. Comme son territoire g\u00e9ographique. Ou r\u00e9partie avec les autres livres, par genre. A vrai dire, je n\u2019ai toujours pas tranch\u00e9. Mais finalement je m\u00eale les fa\u00e7ons de ranger, notamment pour la po\u00e9sie et la litt\u00e9rature de soi. <em>A bout d&rsquo;enfance<\/em> de Patrick Chamoiseau, <em>Un C\u0153ur \u00e0 rire et \u00e0 pleurer <\/em>et <em>La Vie sans fards<\/em> de Maryse Cond\u00e9, <em>Coul\u00e9e d&rsquo;or <\/em>d&rsquo;Ernest P\u00e9pin, <em>L&rsquo;exil selon Julia<\/em>, <em>Mes Quatre femmes<\/em> et <em>Folie aller simple<\/em> de Gis\u00e8le Pineau ou encore <em>Le Dernier Matin<\/em> de Max Rippon c\u00f4toient Beauvoir, Colette, Pagnol, Perec, Rousseau, Sarraute, Sartre sur une m\u00eame \u00e9tag\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la nouvelle maison, la seule biblioth\u00e8que d\u00fbment rang\u00e9e et install\u00e9e est celle li\u00e9e aux ateliers d\u2019\u00e9criture. La biblioth\u00e8que devenue la seule essentielle. La fondamentale. D\u2019ailleurs, me suis-je dis r\u00e9cemment, la seule que j\u2019\u00e9vacuerai en cas d\u2019\u00e9ruption volcanique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p># 01 | Ma biblioth\u00e8que est nomade Ma biblioth\u00e8que est nomade. Elle voyage. Se pose un temps. Grossit. Et puis repart. La biblioth\u00e8que de Luby Un morceau de ma biblioth\u00e8que est en cartons. Celle de mon adolescence, de mes ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudiante et de ma premi\u00e8re ann\u00e9e d\u2019enseignement. 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